Prépa & Sup : cours et corrigés

La Chine connaît une croissance exceptionnelle qui s'explique d'abord par le niveau très bas d'où elle est partie, des facilités du rattrapage dans les premières étapes du développement et de l'abondance des ressources en homme et en capital (via la diaspora en particulier). Sur aucun de ces points, il n'existe de limite. Les difficultés peuvent venir de défauts de régulation – l'existence de bulles spéculatives nourries par la dette –, des contraintes environnementales – l'opinion publique nationale y sera plus rapidement sensible que dans les pays développés durant la même phase de développement – et, sans aucun doute, du retournement démographique.

Le peak oil n'en finit pas d'être virtuellement dernière nous. Quelle que soit la date, il ne sera pas, en lui-même, douloureux. En d'autres termes, livré à lui-même, le marché est incapable d'intégrer la pénurie définitive du pétrole dans les prix actuels. La question essentielle est de savoir s'il est possible, et par quels mécanismes, de l'organiser de façon politique. A défaut, la volatilité des cours sera le scénario le plus probable à court terme et la protection de l'environnement pourrait être le moyen d'intégrer les contraintes de long terme dans le court terme

C'est un fait que le marché du pétrole n'a jamais été véritablement libre. Le monopole de la Standard Oil a été remplacé par l'oligopole des sept sœurs jusqu'à ce que les Etats producteurs s'en mêlent, par OPEP interposée. Au-delà des enjeux de pouvoir (et de rente), il y a des raisons économiques qui, historiquement, tiennent aux conditions d'exploitation des puits pétroliers. Aujourd'hui, la question principale est de savoir comment relier le prix du court terme (nécessairement lié à l'offre et à la demande instantanée) au prix du long terme – nécessairement marqué par l'épuisement des réserves, à une date et sous une forme que personne ne peut écrire d'avance.

L'euro existe mais l'Union européenne n'est peut-être pas une zone monétaire optimale. En effet, parmi les critères retenus par R. Mundell figurait la mobilité du travail, qui accompagne logiquement la mobilité du capital. On connaît les freins linguistiques, les difficultés liées aux régimes de protection sociale, les barrières juridiques. On n'a peut-être pas remarqué, les coûts économiques supportés par les salariés mobiles, les freins liés aux difficultés de l'insertion sociale (que l'on pense à la scolarisation des enfants)… Le goût d'Europe est stimulé par le système Erasmus qui touche les étudiants. Il reste à imaginer comment étendre ce goût à l'ensemble des jeunes générations…

Le déficit commercial croissant des Etats-Unis vis-à-vis du Japon les a amenés à s'intéresser aux freins aux échanges que ce pays entretenait dans une multitude de secteurs abrités. Il est apparu que le Japon n'était véritablement développé – au sens propre du terme, qu'il utilisait toutes les opportunités du progrès techniques – que dans le secteur exposé (à la concurrence internationale), laissant de nombreux pans de son économie loin des pressions de la concurrence… ou proches des structures traditionnelles. Les transformations sont d'autant plus difficiles à organiser qu'elles doivent l'être dans un contexte de renversement démographique et d'ajustement de l'outil de production à la nouvelle donne du commerce international.

Il est fréquent d'opposer la Banque centrale européenne et la FED, au moins en ce qui concerne les objectifs assignés à l'une et à l'autre et, en particulier, à l'objectif de croissance et d'emploi qui entre dans les préoccupations de la seconde. En réalité, le fonctionnement des deux institutions présente des similitudes extrêmement grandes, que ce soit leur indépendance fonctionnelle, le primat de la politique monétaire dans la gestion des cycles, voire le lien causal entre l'offre de monnaie et les variations des prix… Bien entendu, la FED a une longue expérience et sa réputation a été consolidée par les mandats de P. Volcker et d'A. Greenspaan alors que la BCE doit faire la preuve et de son indépendance, et de sa capacité à maîtriser l'inflation, quand on ne la rend pas responsable du taux de change ou du taux de croissance de l'économie malgré la langueur des réformes structurelles…

On se souvient de la symbolique de la création d'un revenu minimum d'insertion adossé à un impôt sur les grosses fortunes. La traduction immédiate pouvait être plurielle, mais elle passait a priori par l'idée que l'impôt était un instrument d'égalisation des patrimoines. La réalité est beaucoup plus contrastée et il n'est pas certain que, compte tenu des capacités d'ajustement, voire de mobilisation, des acteurs sociaux, les inégalités patrimoniales se soient accrues.

On considère généralement que la dotation en matières premières constitue un avantage en termes de développement. Certes, les termes de l'échange peuvent se dégrader mais la vente de matières premières entraîne des rentrées régulières en devises qui peuvent servir de caution à un programme d'endettement international. Mais, parallèlement, un certain nombre d'effets pervers, regroupés sous l'expression de "syndrôme hollandais", viennent enrayer cette belle mécanique. Il est facile de vérifier que, sur le demi-siècle, les pays mal dotés par la nature (Japon, Corée du Sud et autres dragons) ont largement dépassé les nations assises sur des blocs de matières premières (Amérique latine, pour faire simple).

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