Crises financières et monétaires

La France a connu en 2009 sa plus grave récession depuis la crise des années 1930 avec une chute brutale de la production industrielle et une croissance négative de 2,5%. Tirant les enseignements de la Grande Dépression, les Etats et les autorités monétaires ont su mettre en œuvre un vigoureux « policy-mix » de croissance : une stratégie monétaire expansionniste conjuguée à un puissant stimulus budgétaire. Cela étant, les plans de relance ont souffert d’une insuffisante coordination, en particulier au sein de l’Union européenne.

La question de la dette grecque est devenue problématique au mois de novembre 2009. Ce pays est cependant loin d’être le seul concerné par des difficultés budgétaires consécutives à la crise. Cette situation impacte en effet autant la Grèce que l’ensemble des pays européens, voire au delà. Et les mesures pour y remédier, peu originales, sont délicates à mettre en œuvre dans le contexte actuel.

Que ce soit au FMI, à l'OCDE, à la BCE ou à l'INSEE, la reprise de l'activité économique se profile. Dès le mois d’août 2009, les Indicateurs Composites Avancés de l'OCDE montraient un redressement, confirmé par d'autres outils et de nouvelles variables (crédits immobiliers, clics sur les liens commerciaux de moteurs de recherche, etc.). Si annoncer la sortie de crise semble aujourd'hui prématuré, les hypothèses se développent quant à la forme qu'elle prendra. Pour certains économistes, celle-ci est encore devant nous. Une chose semble néanmoins certaine : elle ne signifiera pas le retour à la situation antérieure. Certaines mutations se précisent, notamment en ce qui concerne l'évolution du nombre, de la qualification et de la nature des emplois.

Face à la crise des dettes souveraines qui met à l’épreuve la solidité de la zone euro, la BCE a su déployer son action en mettant en œuvre des mesures non conventionnelles pour compléter son arsenal de politique monétaire classique face à la crise. Si son action reste controversée sur différents points, l’analyse de sa stratégie doit tenir compte de l’architecture originale de la zone euro, au sein de laquelle la banque centrale compose avec la pluralité des stratégies budgétaires des Etats souverains.

Les pays d'Europe de l'Est n'ont pas connu de telle crise depuis l'effondrement des économies planifiées communistes et leur transition douloureuse vers les privatisations et la libéralisation. Sont concernés la plupart de nouveaux pays membres de l'Union européenne – Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Slovénie, Lituanie, Lettonie, Estonie (adhésion en 2004), Roumanie  et Bulgarie (adhésion en 2007) – mais aussi la Russie, la Serbie, l'Ukraine et la Biélorussie. Parmi les nouveaux pays membres de l'UE, seules la Slovénie (1er janvier 2007) et la Slovaquie (1er janvier 2009) respectaient les critères de convergence pour intégrer la zone euro. D'après Eurostat, le cycle économique pour l'ensemble des pays de l'Union européenne a commencé à se retourner en novembre 2007. Les 10 pays d'Europe de l'Est membres de l'Union résistent-ils au ralentissement de la demande mondiale et au renchérissement du crédit ? Après une période d'euphorie (2006-2007) au cours de laquelle le PIB a, en moyenne dans l'ensemble de ces pays, augmenté de 6,3 % par an, il devrait reculer de 3 % en 2009. Toutefois, cette crise se greffe sur une dynamique de rattrapage ou de convergence : même à un rythme de croissance plus qu'honorable jusqu'en 2008, les pays les plus avancés ne rattraperont pas le niveau de vie de la zone euro avant 2020. La Slovaquie a adopté l'euro en janvier 2009 avec un niveau de vie s'élevant à 62 % de la moyenne de l'Union. Son rattrapage durera plusieurs années durant lesquelles les prix et les salaires augmenteront plus vite que dans le reste de la zone euro.

Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, la crise financière et les menaces de faillites bancaires ont amené les Etats à se porter au secours des institutions les plus fragilisées. Les aides à certaines branches industrielles en péril ont également mobilisé des ressources financières publiques considérables. L’endettement public, déjà structurellement élevé dans beaucoup de pays, se retrouve à des niveaux jusqu’alors inconnus. Cette situation nouvelle fait l’objet d’analyses divergentes quant à ses conséquences de long terme.

Un schéma Ponzi est basé sur le principe selon lequel "l'argent des nouveaux investisseurs est utilisé pour rembourser les anciens". Le 11 décembre 2008, Bernard Madoff, dirigeant de hedge-fund et ancien directeur du Nasdaq, est arrêté sous l'accusation de fraude pyramidale portant sur près de 50 milliards de dollars. Il serait donc l'instigateur du plus important et du plus long schéma de Ponzi connu.

Après l'explosion de la bulle spéculative sur les nouvelles technologies en 2001, le marché immobilier américain a connu une embellie spectaculaire. La croissance a été portée en partie par le marché des subprimes, c'est-à-dire des crédits hypothécaires proposés à des ménages à fort risque, ne présentant pas les garanties financières normalement exigées pour un emprunt immobilier. Ce type de prêt passe de 120 milliards de dollars en volume en 2001 à 600 milliards en 2006. En procédant de la sorte, les banques ont alimenté la croissance du marché immobilier, puisqu'elles ont stimulé la demande. Les emprunts contractés l'ont été le plus souvent à taux révisable. Les prêteurs ont donc répercuté sur des ménages fortement endettés la hausse des taux (rappelons que le taux directeur de la Réserve fédérale a été rehaussé de quatre points entre 2001 et 2006). Lorsque les emprunteurs ne pouvaient plus faire face à la charge de leur dette, ils revendaient le bien et pouvaient, grâce à la plus-value résultant de la hausse du marché, rembourser la banque. Les prêteurs ont par ailleurs transformé ces créances en obligations (titrisation), qu'elles ont massivement placées sur les marchés financiers. Cette technique leur permet de sortir les créances les plus douteuses de leur bilan. Début 2007, le marché des créances immobilières titrisées atteint un volume comparable à celui des bons du trésor américain ! Fin 2006, les premiers signes de ralentissement du marché immobilier sont observés. L'engrenage est alors fatal. En effet, les prix commençant à baisser, les banques ne parviennent plus à recouvrir l'intégralité des sommes prêtées. Une crise financière s'ensuit. Voici la chronologie qui a conduit à un « été noir » sur les places boursières mondiales.  

L'avenir de l'Argentine est toujours devant elle, son âge d'or trop souvent derrière. Dotée de ressources naturelles abondantes, qui sont quand même un gage de sécurité en cas d'endettement, l'Argentine a choisi la stratégie de développement peu efficace du développement autocentré. Il est vrai qu'elle avait souffert en premier de la crise des paiements américains après la crise de 1929. L'inflation est souvent la conséquence de conflits sociaux sur la répartition des revenus. Or, ses effets sur le développement sont radicaux : fuite devant la monnaie, fuite devant l'avenir (l'investissement), expatriation pour les plus aisés. La solution radicale d'une nouvelle monnaie a partiellement fonctionné pour la monnaie interne (maîtrise de l'inflation) mais non pour la monnaie externe (surévaluation). La quadrature du cercle n'a toujours pas été résolue, sans que l'on puisse assurer qu'une autre implication du FMI aurait changé substantiellement les choses.

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