La crise boursière japonaise a remis au goût du jour le véritable contexte de la crise de 1929 et des analyses théoriques et pratiques qui l'ont accompagnées. Jusqu'en 1931, c'est I. Fisher qui domine le débat, lorsqu'il analyse comment la volonté de désendettement, par la baisse des prix, accroît le fardeau de l'endettement. Le Japon a connu un mécanisme similaire, à la nuance près que la création monétaire a toujours été accommodante. Au point que l'on a pu se poser à nouveau la question de l'efficacité de la politique monétaire dans des termes véritablement keynésiens. Comme, par ailleurs, une politique active de déficit budgétaire a été menée avec des résultats plus que mitigés, il reste à attendre, près de vingt ans après, que les bilans soient définitivement apurés.
Seconde : cours et corrigés
Depuis le rapport Nora (1968), la gouvernance des entreprises publiques se cherche. Les rapports entre l'Etat, propriétaire des titres, et les directions qu'il nomme sont ambivalents. Soit que les directions exercent leur pouvoir sans véritablement rendre de comptes – et l'on risque alors des dérives du type Crédit Lyonnais, soit que les directions soient doublées par l'Etat dans les relations avec les partenaires sociaux – et leur affaiblissement même signe la faiblesse de l'Etat. De cela, on tire que la nationalisation était, sur le papier, la solution à un problème de marché, mais qu'elle pose, en retour, un problème somme toute assez classique de régulation bureaucratique.
Le Japon a reproduit une expérience que les Etats-Unis avaient connue avant eux avec la crise de 1929. Comme eux, ils étaient une puissance financière émergente, comme eux, leur capacité d'innovation technique était révolutionnaire, comme eux, leur balance commerciale était fortement excédentaire. Excès de confiance ? En tous cas, ils ont vérifié que « les arbres ne montent pas jusqu'au ciel ». Non pas seulement les cours de bourse, mais aussi les productions industrielles. Après avoir été un modèle de rattrapage, le Japon paraît peiner à retrouver les conditions de la croissance…
La vision de la pauvreté est immédiate, sa mesure beaucoup plus difficile. Au-delà de la pauvreté absolue, le sentiment de pauvreté est relatif aux parcours individuels, aux opportunités liées au changement social, à tous les obstacles qu'A. Sen résume sous le terme de capabilité. Quant aux statistiques, elles sont marquées par beaucoup d'incertitudes. Reste que la question de la croissance. S. Kuznets avait observé que le recul des inégalités n'était pas linéaire avec le développement économique. Il n'en reste pas moins que c'est une condition nécessaire du recul de la grande pauvreté, à condition que les institutions sociales et politiques veillent à élargir les opportunités au plus grand nombre.
Derrière l'évidence que les classes sociales aient, dans le passé, déterminé les pratiques culturelles se profilait, avec le développement de la scolarisation, l'ouverture de nouveaux musées, la démocratisation de l'accès aux œuvres par l'ensemble des média, l'idée d'une homogénéisation progressive des comportements. Les faits sont plus contrastés : d'un côté, il subsiste un lien net entre l'origine socio-économique et la consommation de biens et services culturels ; de l'autre, des frontières anciennes se déplacent et particulièrement celle qui, hier, séparait culture et divertissement.
Dans l'imaginaire collectif, le luxe oscille entre l'attirance et la réprobation. Attirance pour ce qui est beau ou soi ou qui est le symbole de la réussite matérielle, réprobation morale liée à l'usage des biens et à la pratique de l'ostentation. Quant à l'économie du luxe, c'est un véritable métier qui obéit à des critères extrêmement précis quant à la qualité des produits et, surtout, quant à la communication qui les accompagne. Le poids du marketinq et, d'une manière générale, les coûts de distribution, sont extrêmement élevés dans ce secteur. Comme toujours en économie, le luxe se décline en marques, en sous-marques et, finalement, produit des effets sociaux favorables au No Logo !
La libre circulation des biens, des services et des personnes fait partie des acquis fondamentaux de la construction européenne. Comme toujours dans ce type d'évolutions structurelles, l'objectif que se sont donnés les participants fut un formidable levier de changement. En même temps, certaines des conditions de faisabilité avaient peut-être été sous-estimées et, parmi celles-ci, la structure des systèmes fiscaux. Produit de l'histoire, politiquement sensible, la fiscalité ne peut connaître que des mutations lentes, plutôt indolores sauf en période de crise grave. Une homogénéité insuffisante des assiettes, des taux et des structures de recettes entraîne des déplacements de facteurs opportunistes. En même temps, ces comportements opportunistes peuvent servir d'alibi pour ne pas réévaluer la structure et l'importance des dépenses publiques.
Les biens et services de santé ont une élasticité positive. A cela, rien que de très normal. Par ailleurs, ce sont, pour une part essentielle, des biens collectifs – les épidémies en sont la preuve contraire. Enfin, ce sont des biens premiers – bien vivre est souvent relié à être en bonne santé. L'intervention de l'Etat d'une part, la mise en place de systèmes d'assurance, de l'autre sont donc requis. La difficulté est que ces deux institutions, l'Etat et les institutions d'assurance peuvent être à la source d'effets pervers, en matière de gouvernance et de régulation comme en matière d'aléa moral. Cela justifie de rechercher toutes les formules de régulation, jusques et y compris les régulations par la rareté des prestations de services, ce qui se reflète alors dans la carte sanitaire.
Dans le schéma de la transition démographique, le rôle des migrations est souvent minimisé, voire omis. Or, on le sait, le XIX° siècle a connu d'importantes migrations internationales de population de l'ancien aux nouveaux mondes, mettant en valeur de nouveaux territoires ici, atténuant la pression démographique. Aujourd'hui, les barrières se sont levées mais la pression migratoire est toujours aussi intense, provenant principalement de pays en voie de développement. L'impact de ces migrations sur leur croissance est difficile à évaluer mais les bénéfices sont loin d'être mécaniques.