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La vision de la pauvreté est immédiate, sa mesure beaucoup plus difficile. Au-delà de la pauvreté absolue, le sentiment de pauvreté est relatif aux parcours individuels, aux opportunités liées au changement social, à tous les obstacles qu'A. Sen résume sous le terme de capabilité. Quant aux statistiques, elles sont marquées par beaucoup d'incertitudes. Reste que la question de la croissance. S. Kuznets avait observé que le recul des inégalités n'était pas linéaire avec le développement économique. Il n'en reste pas moins que c'est une condition nécessaire du recul de la grande pauvreté, à condition que les institutions sociales et politiques veillent à élargir les opportunités au plus grand nombre.

Derrière l'évidence que les classes sociales aient, dans le passé, déterminé les pratiques culturelles se profilait, avec le développement de la scolarisation, l'ouverture de nouveaux musées, la démocratisation de l'accès aux œuvres par l'ensemble des média, l'idée d'une homogénéisation progressive des comportements. Les faits sont plus contrastés : d'un côté, il subsiste un lien net entre l'origine socio-économique et la consommation de biens et services culturels ; de l'autre, des frontières anciennes se déplacent et particulièrement celle qui, hier, séparait culture et divertissement.

Dans l'imaginaire collectif, le luxe oscille entre l'attirance et la réprobation. Attirance pour ce qui est beau ou soi ou qui est le symbole de la réussite matérielle, réprobation morale liée à l'usage des biens et à la pratique de l'ostentation. Quant à l'économie du luxe, c'est un véritable métier qui obéit à des critères extrêmement précis quant à la qualité des produits et, surtout, quant à la communication qui les accompagne. Le poids du marketinq et, d'une manière générale, les coûts de distribution, sont extrêmement élevés dans ce secteur. Comme toujours en économie, le luxe se décline en marques, en sous-marques et, finalement, produit des effets sociaux favorables au No Logo !

La libre circulation des biens, des services et des personnes fait partie des acquis fondamentaux de la construction européenne. Comme toujours dans ce type d'évolutions structurelles, l'objectif que se sont donnés les participants fut un formidable levier de changement. En même temps, certaines des conditions de faisabilité avaient peut-être été sous-estimées et, parmi celles-ci, la structure des systèmes fiscaux. Produit de l'histoire, politiquement sensible, la fiscalité ne peut connaître que des mutations lentes, plutôt indolores sauf en période de crise grave. Une homogénéité insuffisante des assiettes, des taux et des structures de recettes entraîne des déplacements de facteurs opportunistes. En même temps, ces comportements opportunistes peuvent servir d'alibi pour ne pas réévaluer la structure et l'importance des dépenses publiques.

Les biens et services de santé ont une élasticité positive. A cela, rien que de très normal. Par ailleurs, ce sont, pour une part essentielle, des biens collectifs – les épidémies en sont la preuve contraire. Enfin, ce sont des biens premiers – bien vivre est souvent relié à être en bonne santé. L'intervention de l'Etat d'une part, la mise en place de systèmes d'assurance, de l'autre sont donc requis. La difficulté est que ces deux institutions, l'Etat et les institutions d'assurance peuvent être à la source d'effets pervers, en matière de gouvernance et de régulation comme en matière d'aléa moral. Cela justifie de rechercher toutes les formules de régulation, jusques et y compris les régulations par la rareté des prestations de services, ce qui se reflète alors dans la carte sanitaire.

Dans le schéma de la transition démographique, le rôle des migrations est souvent minimisé, voire omis. Or, on le sait, le XIX° siècle a connu d'importantes migrations internationales de population de l'ancien aux nouveaux mondes, mettant en valeur de nouveaux territoires ici, atténuant la pression démographique. Aujourd'hui, les barrières se sont levées mais la pression migratoire est toujours aussi intense, provenant principalement de pays en voie de développement. L'impact de ces migrations sur leur croissance est difficile à évaluer mais les bénéfices sont loin d'être mécaniques.

"Il n'y a rien d'étonnant à ce que la maîtrise des réserves d'énergie fossile ait été la principale préoccupation des gouvernements et de l'industrie pendant plus d'un siècle. Pendant cinq générations, la géopolitique a été dans une large mesure synonyme de "politique du pétrole". Les pays, les entreprises et les individus qui sont parvenus à s'assurer la maîtrise des flux de pétrole ont acquis une richesse sans précédent, tandis que ceux qui se sont vus refuser un accès privilégié au potentiel économique de ce que sont les géologues ont appelé "l'or noir" se sont enfoncés encore plus dans la pauvreté et ont été exploités ou marginalisés".(1)

Il n'est pas simple de faire la distinction entre les droits des diverses catégories de population, selon leur origine et leur nationalité. Ainsi, les droits des ressortissants communautaires sont très proches des droits des nationaux. Par contre, si les droits sont a priori les mêmes, la situation face à l'embauche des travailleurs français d'origine étrangère peut être moins favorable. Comme souvent, le corps social réagit à sa façon. Ainsi, les immigrés mettent en place des stratégies collectives pour contourner cette difficulté et utilisent la force du réseau pour créer un marché du travail qui leur soit partiellement spécifique. D'une manière plus générale, la France a pris conscience tardivement de ces difficultés et a engagé une véritable stratégie pour essayer de rendre la primauté au droit.

L'avenir de l'Argentine est toujours devant elle, son âge d'or trop souvent derrière. Dotée de ressources naturelles abondantes, qui sont quand même un gage de sécurité en cas d'endettement, l'Argentine a choisi la stratégie de développement peu efficace du développement autocentré. Il est vrai qu'elle avait souffert en premier de la crise des paiements américains après la crise de 1929. L'inflation est souvent la conséquence de conflits sociaux sur la répartition des revenus. Or, ses effets sur le développement sont radicaux : fuite devant la monnaie, fuite devant l'avenir (l'investissement), expatriation pour les plus aisés. La solution radicale d'une nouvelle monnaie a partiellement fonctionné pour la monnaie interne (maîtrise de l'inflation) mais non pour la monnaie externe (surévaluation). La quadrature du cercle n'a toujours pas été résolue, sans que l'on puisse assurer qu'une autre implication du FMI aurait changé substantiellement les choses.

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