Première : cours et corrigés

Synthèse

  1. de la déviance à la délinquance

Comme nous l'avons vu la déviance est à la fois une situation sociale de non conformité aux normes mais aussi un processus de désignation lors d'interactions sociales; la délinquance, quant à elle, se définit en sociologie comme la partie de la déviance juridiquement sanctionnée. Elle renvoie donc expressement au contrôle social formel.

 

  1. la définition sociologique de la déviance

Pour autant, le concept de délinquance est parfois présenté dans un sens beaucoup plus large dans le débat public: associé aux actes d'incivilité ou à la violence ou encore aux transgressions des lois en vigueur à l 'exception des plus graves (on les distingue ici des crimes). Il convient donc de clarifier la distinction déviance /délinquance en insistant sur la dimension juridique retenue par la définition sociologique; celle-ci implique donc nécessairement une délimitation institutionnelle en lien avec le contrôle social formel.

 

  1. la distinction déviance/délinquance permet de s'interroger sur l'évolution des valeurs, normes, des mentalités et du contrôle social dans les sociétés.

Pour illustrer cette distinction on pourra évoquer de nombreuses situations; l'exemple de l 'avortement en France est intéressant à commenter de ce point de vue: acte délinquant jusqu'à la loi Veil puis non délinquant depuis,mais acte encore déviant pour certaines communautés religieuses.

Notions

Transgression des normes légales, classées en trois catégories selon l’ordre de gravité : la contravention, le délit, le crime.
Une norme est une règle de conduite, un principe ou un critère de référence pour l’action.

Préférence ou principe qui oriente l’action des individus.

Synthèse

Déroulé du chapitre :

QUESTION 1 : comprendre la distinction entre normes sociales et normes juridiques, et connaître la diversité des formes de contrôle social.

QUESTION 2 : comprendre que la déviance et/ou la désignation d'un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu'elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.

QUESTION 3 : comprendre que la déviance peut s'analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).

QUESTION 4: comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

QUESTION 5: comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance.

 

Conforme au programme officiel (BO)

  1. de la déviance à la délinquance

Comme nous l'avons vu la déviance est à la fois une situation sociale de non conformité aux normes mais aussi un processus de désignation lors d'interactions sociales; la délinquance, quant à elle, se définit en sociologie comme la partie de la déviance juridiquement sanctionnée. Elle renvoie donc expressement au contrôle social formel.

 

  1. la définition sociologique de la déviance

Pour autant, le concept de délinquance est parfois présenté dans un sens beaucoup plus large dans le débat public: associé aux actes d'incivilité ou à la violence ou encore aux transgressions des lois en vigueur à l 'exception des plus graves (on les distingue ici des crimes). Il convient donc de clarifier la distinction déviance /délinquance en insistant sur la dimension juridique retenue par la définition sociologique; celle-ci implique donc nécessairement une délimitation institutionnelle en lien avec le contrôle social formel.

 

  1. la distinction déviance/délinquance permet de s'interroger sur l'évolution des valeurs, normes, des mentalités et du contrôle social dans les sociétés.

Pour illustrer cette distinction on pourra évoquer de nombreuses situations; l'exemple de l 'avortement en France est intéressant à commenter de ce point de vue: acte délinquant jusqu'à la loi Veil puis non délinquant depuis,mais acte encore déviant pour certaines communautés religieuses.

Synthèse

Déroulé du chapitre :

QUESTION 1 : comprendre la distinction entre normes sociales et normes juridiques, et connaître la diversité des formes de contrôle social.

QUESTION 2 : comprendre que la déviance et/ou la désignation d'un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu'elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.

QUESTION 3 : comprendre que la déviance peut s'analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).

QUESTION 4: comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

QUESTION 5: comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance.

 

Conforme au programme officiel (BO)

  1. la déviance comme produit de différents processus sociaux

Comme nous venons de le voir, au delà de la transgression d'une norme, la déviance s'analyse aussi comme le produit de différents processus sociaux; c'est l'axe de recherche privilégié par le courant interactionniste à partir des années 60. En effet les sociologues partisans de ce point de vue estiment qu'il est nécessaire de remettre en question l'hypothèse d'uniformité des normes et des valeurs au sein d'une société. Dès lors, la déviance s'explique bien par l'interaction sociale et notamment par le fait qu'un groupe peut faire prévaloir son système de normes et de valeurs et ainsi désigner comme déviants tous ceux qui ne s'y conforment pas.

Ce constat fait donc bien de la déviance un concept relatif qui doit d'être expliqué par l'étude et la compréhension des trajectoires sociales.

 

  1. la déviance comme résultat de l 'étiquetage

Howard Becker en 1963 propose dans son essai Outsiders une étude qui fait référence dans le renouveau de l 'analyse de la déviance. Sa théorie de l 'étiquetage permet de comprendre le processus de déviance au travers de trois étapes spécifiques.

La première étape est celle de la transgression d'une norme; ce moment ne constitue pas fondamentalement la déviance car Becker explique que l 'acte peut-être «secrètement» déviant (transgressant mais non perçu comme tel) ou «pleinement» déviant ou encore «accusé à tort» (obéissant à la norme mais jugé comme déviant) selon la perception sociale de l'acte par la société.

Ainsi la déviance est bien le résultat de «l 'étiquette» (ici négative) apposée à un individu par le groupe qui a su imposer son système de normes «les entrepreneurs de morale». Il s'agit ici de la deuxième étape constitutive de la déviance: un déviant est donc: «celui auquel cette étiquette a été appliquée avec succès» selon les termes de Becker.

Enfin, la troisième étape est constituée par l'entrée dans «la carrière déviante»; l'individu intègre alors un groupe socialement organisé qui attribue à ses membres une légitimité et un sentiment d'appartenance à ce groupe et qui suppose des apprentissages et des phases socialisantes. Ainsi, Becker qui a déjà montré que la déviance n'est pas liée à une prédisposition ou une intention de trangresser prolonge le raisonnement en ajoutant l 'idée d'apprentissage où l'individu après avoir été socialement étiqueté entre dans une sorte de mécanisme autoréalisateur. La dernière dimension de cette carrière est donc une transformation identitaire des personnes étiquetées qui se reconnaissent désormais dans une sous-culture déviante, même s' il faut bien comprendre que cette carrière n'a rien d'automatique.

 

  1. la déviance comme résultat de la stigmatisation

Avec son essai Stigmate (1975), Erving Goffman insère une nouvelle perspective dans l'analyse interactionniste de la déviance; partant de l 'étymologie grecque du terme-le stygma étant la marque physique d'infamie- le sociologue propose une définition de la déviance encore plus spécifique. En effet, il énonce le fait que l 'identité d'un individu est à la fois sociale, c'est à dire composée des attendus de la société en fonction du statut et des rôles de l 'individu et réelle c'est à dire composée de ses attributs effectifs ; partant de ce principe Goffman explique que parfois l'identité sociale est disjointe de l'identité réelle. Ce décalage peut constituer un stigmate et entrainer un discrédit. Ces stigmates peuvent être de natures différentes: physiques, psychologiques, culturelles etc , et aboutissent à des sanctions sociales et/ou juridiques qui peuvent entrainer les individus dans des carrières déviantes, mais là encore il n'y a pas d'automatisme et la plupart du temps les individus tentent de contrecarrer ces stigmatisations et cherchent à masquer ces caractéristiques «non conformes».

Notions

Mécanisme mis en évidence par le sociologue Howard Becker par lequel des individus ou des groupes sont publiquement désignés comme déviants par un groupe dominant ou une institution qui leur reproche d’avoir enfreint la norme.
Attribution à un individu ou à un groupe social d’une identité sociale dévalorisante en raison de caractéristiques physiques ou sociales jugées négativement par la majorité de la collectivité.
Personnes qui ont pour fonction de définir la norme, qui repère un acte comme déviant, et qui font également appliquer cette norme.

Synthèse

Déroulé du chapitre :

QUESTION 1 : comprendre la distinction entre normes sociales et normes juridiques, et connaître la diversité des formes de contrôle social.

QUESTION 2 : comprendre que la déviance et/ou la désignation d'un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu'elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.

QUESTION 3 : comprendre que la déviance peut s'analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).

QUESTION 4: comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

QUESTION 5: comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance.

 

Conforme au programme officiel (BO)

1) la déviance se définit par rapport aux normes, elle est donc aussi relative à la période

Nous avons donc compris que la déviance se détermine comme le comportement transgressif d'une norme. Or nous avons montré dans la question 1 que les normes sont elles-même variables puisque socialement , historiquement et géographiquement situées. C'est ainsi que la déviance ne peut-être définie et délimitée de façon figée et qu'elle n'existe pas en tant que telle. La déviance est donc relative et ne se réduit pas à une simple catégorie statistique révélée par un écart à la moyenne; pour qu'il y ait déviance il faut une norme de groupe et pas seulement une opinion majoritaire.

Certains comportements jugés autrefois déviants peuvent être considérés comme «normaux» aujourd'hui: par exemple, l'homosexualité ou encore élever un enfant dans le cadre d'une famille monoparentale. De même que des comportements autrefois caractérisés comme normaux sont aujourd'hui identifiés comme déviants, par exemple fumer dans les lieux publics ou encore donner une fessée à un enfant.

 

2)Comme les normes, la déviance est également relative selon les groupes sociaux

La déviance est également relative selon les groupes sociaux étudiés; on peut illustrer cet aspect à partir de nombreux exemples; la minceur extrême de certains mannequins est considérée comme normale dans le milieu de la mode et déviante hors de ce contexte, ou encore le refus de manger des aliments issus de l 'exploitation animale est une pratique normale dans les groupes vegan et déviante pour d'autres consommateurs.

 

3) la déviance est relative selon l'espace

La déviance est également géographiquement située: selon les Etats, la consommation légale de cannabis ou les pratiques d'avortements ou encore de détention légale d'armes à feu sont identifiées comme des pratiques déviantes ou pas.

La déviance est donc définie par rapport aux normes qui sont à leur tour variables ce qui en fait tout autant un état qu'un processus comme l'établiront les théories interactionnistes.

Par ailleurs, cela se traduit également par une variabilité des sanctions selon les époques, les groupes et les sociétés. C'est aussi ce qui amène les sociologues contemporains à s'interroger les mécanismes par lesquels les groupes sociaux produisent de la déviance et donc les normes en vigueur.

Notions

Non-respect des normes, qu’elles soient juridiques ou sociales, et qui provoque une sanction sociale, variable selon que la norme transgressée relève de la loi ou de la coutume.
Théorie sociologique qui postule que la société est le produit des interactions ou actions réciproques des individus, dont Erving Goffman est le plus connu des représentants.
Punition (sanction négative) ou récompense (sanction positive) mises en œuvre par l’entourage d’un individu ou par une institution en réaction à un comportement non conforme ou au contraire exemplaire au regard de l’état des normes sociales.
S'abonner à Première : cours et corrigés

Newsletter

Suivre toute l'actualité de Melchior et être invité aux événements