L'euro existe mais l'Union européenne n'est peut-être pas une zone monétaire optimale. En effet, parmi les critères retenus par R. Mundell figurait la mobilité du travail, qui accompagne logiquement la mobilité du capital. On connaît les freins linguistiques, les difficultés liées aux régimes de protection sociale, les barrières juridiques. On n'a peut-être pas remarqué, les coûts économiques supportés par les salariés mobiles, les freins liés aux difficultés de l'insertion sociale (que l'on pense à la scolarisation des enfants)… Le goût d'Europe est stimulé par le système Erasmus qui touche les étudiants. Il reste à imaginer comment étendre ce goût à l'ensemble des jeunes générations…
Seconde : cours et corrigés
Le déficit commercial croissant des Etats-Unis vis-à-vis du Japon les a amenés à s'intéresser aux freins aux échanges que ce pays entretenait dans une multitude de secteurs abrités. Il est apparu que le Japon n'était véritablement développé – au sens propre du terme, qu'il utilisait toutes les opportunités du progrès techniques – que dans le secteur exposé (à la concurrence internationale), laissant de nombreux pans de son économie loin des pressions de la concurrence… ou proches des structures traditionnelles. Les transformations sont d'autant plus difficiles à organiser qu'elles doivent l'être dans un contexte de renversement démographique et d'ajustement de l'outil de production à la nouvelle donne du commerce international.
Il est fréquent d'opposer la Banque centrale européenne et la FED, au moins en ce qui concerne les objectifs assignés à l'une et à l'autre et, en particulier, à l'objectif de croissance et d'emploi qui entre dans les préoccupations de la seconde. En réalité, le fonctionnement des deux institutions présente des similitudes extrêmement grandes, que ce soit leur indépendance fonctionnelle, le primat de la politique monétaire dans la gestion des cycles, voire le lien causal entre l'offre de monnaie et les variations des prix… Bien entendu, la FED a une longue expérience et sa réputation a été consolidée par les mandats de P. Volcker et d'A. Greenspaan alors que la BCE doit faire la preuve et de son indépendance, et de sa capacité à maîtriser l'inflation, quand on ne la rend pas responsable du taux de change ou du taux de croissance de l'économie malgré la langueur des réformes structurelles…
On se souvient de la symbolique de la création d'un revenu minimum d'insertion adossé à un impôt sur les grosses fortunes. La traduction immédiate pouvait être plurielle, mais elle passait a priori par l'idée que l'impôt était un instrument d'égalisation des patrimoines. La réalité est beaucoup plus contrastée et il n'est pas certain que, compte tenu des capacités d'ajustement, voire de mobilisation, des acteurs sociaux, les inégalités patrimoniales se soient accrues.
On considère généralement que la dotation en matières premières constitue un avantage en termes de développement. Certes, les termes de l'échange peuvent se dégrader mais la vente de matières premières entraîne des rentrées régulières en devises qui peuvent servir de caution à un programme d'endettement international. Mais, parallèlement, un certain nombre d'effets pervers, regroupés sous l'expression de "syndrôme hollandais", viennent enrayer cette belle mécanique. Il est facile de vérifier que, sur le demi-siècle, les pays mal dotés par la nature (Japon, Corée du Sud et autres dragons) ont largement dépassé les nations assises sur des blocs de matières premières (Amérique latine, pour faire simple).
L'intégration sociale est d'abord une réalité avant d'être un concept. Celle-ci se fonde sur une histoire commune, des liens de proximité, des réalisations et des projets qui engagent l'avenir. Il est évident que l'Europe a élaboré des programmes dans tous ces domaines en commençant manifestement par des projets économiques pour toucher progressivement la population étudiante (Programme Erasmus). Reste que cela ne suffit pas. Les symboles de l'Europe (drapeau, hymne…) ayant été éliminés des textes constitutifs de l'Europe (2007), cela laisse entendre qu'il faudra trouver d'autres voies pour créer des éléments de conscience commune.
La gestion de la transition du chômage à l'emploi est une question difficile. Globalement, le système d'assurance-chômage permet aux salariés de prendre le temps de retrouver un emploi qui entre dans leur champ de compétences et où ils pourront apporter la meilleure contribution à la croissance. Cependant, il n'y a jamais de certitude qu'un tel emploi existe effectivement et une sortie trop longue du marché du travail entraîne une déqualification. D'où la difficulté de doser le degré de pression que l'ANPE et l'ASSEDIC peuvent faire peser sur les chômeurs, d'où la différence, qui n'est pas que sémantique, entre le Plan d'Aide au Retour à l'Emploi (PARE) et le Contrat d'Aide au Retour à l'Emploi (CARE)
Le droit du travail prévoit une hiérarchie des normes entre le contrat individuel, l'accord de branche et la loi. On peut dire, d'une manière générale, qu'aucun accord individuel ne peut être moins favorable qu'un accord de branche. Au contraire, les salariés peuvent toujours obtenir des accords plus favorables que la loi. Simple et clair sur le papier, ce principe peut poser des problèmes lorsque, par exemple, la loi est postérieure à un accord librement négocié. Il arrive même qu'elle mette bas l'architecture de tels accords. La difficulté consiste à donner assez de force à un principe facile à comprendre et à défendre et assez de souplesse à un système de plus en plus complexe et donc de plus en plus difficile à réguler.