Entreprise
Le changement de statut de La Poste en société anonyme s’inscrit dans le cadre de la libéralisation du marché des services postaux prévue en janvier 2011 et réclamée par Bruxelles. Il n’est pas sans susciter des craintes sur l’avenir du service postal, tant dans la population que parmi les employés de La Poste. Le projet de loi présenté par le gouvernement au Parlement a tenté d'y répondre.
EDF a augmenté ses tarifs réglementés pour la fourniture d’électricité aux ménages, entreprises et collectivités au cours de l’été 2009. Cette hausse a fait l’objet d’une procédure particulière, ces prix étant intégrés au « contrat de service public » signé entre l’entreprise et les pouvoirs publics en 2005. Quelle est cette procédure ? Quelle est la mesure réelle de cette augmentation de tarifs ? Quels en sont les enjeux ?
Danone est présent en Chine depuis 1987. Il a tenté d'y commercialiser des yaourts, mais s'est heurté à deux obstacles culturels : d'une part, les Chinois ne possèdent pas de petites cuillères chez eux, et d'autre part ils ne digèrent pas l'enzyme du lait de vache. Deux barrières infranchissables (en particulier la seconde !) qui obligent le groupe français à revoir sa stratégie chinoise. Au milieu des années 90, le groupe agroalimentaire français souhaite accélérer son internationalisation. La Chine est stratégique pour les entreprises françaises, qui y sont pourtant peu implantées. Quelques grands groupes ont réussi à y développer des activités conséquentes, comme EDF ou Citroën. Danone a déjà développé des projets dans les vins et spiritueux, mais aucune entreprise française n'est présente dans l'agroalimentaire. Le groupe français rachète d'abord une brasserie, puis l'un des leaders dans les boissons lactées, Wahaha. A quelques années d'euphorie succède une période de turbulences, le partenaire chinois de Danone ayant tiré de ce partenariat des profits inattendus.
L'issue de l'offre publique d'échange (OPE) lancée en début d'année par la nouvelle direction d'Eurotunnel vient tout juste d'être connue. L'entreprise a réussi son pari et échappe au dépôt de bilan. Cet épisode vient clore vingt années de déboires, qu'il est utile de rappeler pour comprendre l'enjeu actuel. Sous la IIIème République, le scandale de Panama avait contribué à alimenter le scepticisme face aux dérives de la démocratie parlementaire. De nombreux hommes politiques et hommes d'affaires s'étaient enrichis sur le dos des petits investisseurs qui avaient participé financièrement à la construction de ce Canal, créant une ouverture entre l'Atlantique et le Pacifique sans qu'il soit besoin de franchir le redoutable Cap Horn. Relier l'Angleterre au Vieux Continent : le projet est tout aussi marquant. Evoqué dès le début des années 80, il mettrait fin à l'une des données géopolitiques essentielles de l'Europe depuis des siècles : l'insularité de la Grande-Bretagne. Margaret Thatcher et François Mitterrand trouvent un terrain d'entente et Eurotunnel voit le jour. Les Britanniques ont posé une condition essentielle : pas un centime d'argent public ne doit être investi dans l'opération. Elle est donc concédée à Eurotunnel, une société créée pour l'occasion, qui gère ensuite, par appel d'offres successifs, la construction du tunnel. L'argent est levé auprès des banques, un consortium de près de 200 établissements dans le monde ayant ouvert des lignes de crédit d'un montant rarement atteint. De plus, Eurotunnel est financé par l'appel public à l'épargne. Le projet revêt une telle force symbolique, soutenue par les Etats, qu'il est de nature à attirer l'épargne individuelle. Lancé en 1987, Eurotunnel connaît rapidement des déboires et enchaîne les crises.