Investissements directs à l’étranger

Définition :

Les investissements directs à l’étranger (IDE) sont des investissements qu’une entreprise résidant sur un territoire donné réalise dans un autre pays dans le but d’y exercer une activité économique. Par convention, on identifie comme IDE un investissement qui est fait pour posséder au moins 10 % du capital social de l’unité de production qui est l’objet de l’investissement.

L'essentiel :

Un IDE doit être distingué d’un investissement à l’étranger de portefeuille. Ce dernier consiste en une opération à visée purement financière : un agent économique investit dans une activité économique à l’étranger (par exemple dans le capital social d’une entreprise) pour en retirer des gains financiers. C’est alors un investissement de relativement faible ampleur par rapport à ce capital social (par exemple, acquérir pour 1 % de ce capital). L’IDE est réalisé par une firme multinationale : par exemple, la maison-mère de cette FMN acquiert une filiale dans un pays autre que celui de sa résidence.

Dans la mesure des IDE, une entreprise est considérée comme « résidente » dans un pays quand son siège social s’y trouve. La résidence n’est donc pas la « nationalité » de l’entreprise. Les flux d’investissement productif depuis le pays de ce siège social sont donc des IDE. Parmi eux, on distingue ce qu’on appelle les investissements « greenfield », qui correspond à la création d’une unité de production ou de commercialisation et les investissements « brownfield », rachat d’une unité déjà existante. Pour ces derniers, l’investissement peut ainsi s’inscrire dans une logique d’acquisition ou de fusion.

 

Les IDE existent depuis longtemps, ils ont été l’un des supports de la multinationalisation des entreprises lors de la « première mondialisation », au XIXe siècle. Cependant, c’est surtout à partir des années 1980 qu’ils se sont fortement développés, au profit de la globalisation financière. Ainsi, la CNUCED estime que le stock mondial d’IDE est passé d’un peu plus de 2000 milliards de dollars en 1990 à 50 000 milliards en 2025. Le flux mondial d’IDE, lui, valait environ 200 milliards de dollars en 1990, il est de plus de 1500 milliards en 2025. 

Jusqu’aux années 1990, les IDE sont principalement émis depuis les économies avancées et vont également principalement vers elles. A partir de cette période, les économies émergentes, et notamment la Chine, deviennent d’importantes destinations de ces IDE. Cela s’explique à la fois par les perspectives de croissance de ces économies et par la mondialisation de la chaîne de valeur. A partir des années 2000, les flux d’IDE depuis les économies émergentes augmente de manière rapide. En 2025, les flux d’IDE représentent 1660 milliards de dollars au niveau mondial. Les États-Unis, la Chine et le Brésil sont les trois principaux pays de provenance des IDE. Les États-Unis sont également le premier émetteur d’IDE, devant le Japon et la Chine, qui est donc, elle aussi, sur le podium des flux d’IDE sortants et entrants. 

 

Les IDE sortants peuvent avoir un effet positif pour l’emploi et l’activité du pays d’origine de la FMN. C’est le cas quand ces IDE permettent à l’entreprise de développer son activité. Cependant, ces IDE peuvent aussi être le support d’une délocalisation, qui risque de réduire l’emploi dans le pays d’origine. Les IDE entrants, eux, ont pour effet de renforcer l’activité sur le territoire national. Cela peut créer un effet d’augmentation de la concurrence, qui peut menacer les entreprises locales. Cependant, cette activité supplémentaire peut être créatrice d’emploi et créer une demande pour des produits intermédiaires ou des activités support, adressée à des entreprises locales. Les IDE favorisent aussi le transfert de technologie. Ils ont été un élément central dans la stratégie de montée de gamme de l’économie chinoise par exemple. 

 

Généralement, l’accueil des IDE est considéré comme favorable aux économies. Ces dernières cherchent alors à renforcer leur attractivité, que ce soit par des mesures purement économiques (fiscalité, investissements en infrastructure, facilités juridiques…) ou bien des mesures plus symboliques, censées améliorer « l’image de marque » du pays auprès des investisseurs. L’attractivité d’un territoire peut être ainsi vue comme sa capacité à attirer des investissements étrangers. Cette attractivité peut se mesurer par le nombre d’IDE reçus, mais aussi par des indicateurs plus complexes. Le cabinet AT Kearney a ainsi construit un indice d’attractivité, le FDICI (Foreign Direct Investment Confidence Index), qui regroupe de nombreux critères d’attractivité, regroupés en deux dimensions : « marché et infrastructures », avec par exemple les performances du marché national, les performances technologiques ou encore les infrastructures et « gouvernance et régulation », qui regroupe par exemple l’efficacité juridique, la mobilité du capital et la fiscalité. 

 

Les tensions commerciales et géopolitiques, ainsi que les préoccupations en termes de sécurité et d’autonomie des pays conduisent à une régulation des IDE. C’est ainsi que l’UE, par exemple, s’est dotée d’un outil de « filtrage » des IDE en 2020. Dans plusieurs secteurs jugés stratégiques, comme l’aéronautique, les batteries, les biotechnologies, il est vérifié que les IDE entrants ne conduisent pas à des prises de contrôle d’entreprises européennes par des entités étrangères qui pourraient être dommageables. Les IDE jugés à risque sont ceux qui concernent une « cible critique » comme des infrastructures sensibles (centrale nucléaire par exemple), des technologiques critiques (semi-conducteurs) ou duales, c’est-à-dire qui peuvent avoir un usage civil comme militaire. Le caractère critique peut aussi être lié à l’investisseur étranger (par exemple quand il est contrôlé par le gouvernement d’un État non-européen). Le filtrage des IDE repose à un système d’alerte. Le contrôle des IDE peut aussi concerner les IDE sortants : dans certains cas, les entreprises peuvent être désincitées (voire interdites) à investir dans un autre pays quand cet investissement risque de faire fuiter des technologies sensibles. Aux États-Unis, il y a par exemple un contrôle sur les IDE dans le domaine des semi-conducteurs.

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