Des parcours d’orientation et de réussite distincts selon le milieu social, le territoire et le genre

Les parcours d’orientation des élèves sont profondément influencés par des facteurs tels que le genre, le milieu social et le lieu de résidence. Ces éléments déterminent souvent les possibilités de choix d'orientation, favorisant certains élèves tout en en pénalisant d'autres. Comment ces facteurs façonnent-ils les trajectoires scolaires et professionnelles ? Quelles solutions peut-on envisager pour surmonter ces inégalités ?

L'équipe de professeurs contributeurs de Melchior a lu pour vous les nombreux rapports qui mettent en lumière ces trois paradoxes présentés ci-dessous pour inviter à réfléchir aux moyens de combattre ces inégalités pour offrir à chaque élève des chances équitables d’accéder aux parcours d’orientation de leur choix. 

1. Influence du milieu social : 
Paradoxe : À niveau scolaire équivalent, un élève de milieu défavorisé optera souvent pour un parcours moins ambitieux qu'un élève de milieu favorisé.
Explications :
    - Les élèves issus de milieux défavorisés ont souvent des résultats scolaires plus faibles en raison d’une moindre maîtrise des compétences et des connaissances exigées par le système éducatif. Cette difficulté initiale réduit leurs possibilités de choix d'orientation et les conduit souvent vers des filières moins prestigieuses ou plus courtes.
    - À performance scolaire égale, les élèves de milieux défavorisés privilégient les études courtes ou professionnelles. Cela s'explique par une autocensure liée à leur environnement social, où l’ambition académique est souvent perçue comme moins accessible ou moins réaliste.
    - Par contraste, les élèves de milieux favorisés bénéficient non seulement de meilleures performances scolaires, mais aussi d'un soutien familial et d'un environnement social qui valorisent les études longues et prestigieuses, renforçant ainsi leurs ambitions.

2. Impact du territoire d'habitation :
Paradoxe : Les élèves vivant dans des grandes villes ont des aspirations à des études longues, tandis que ceux des zones rurales ou défavorisées, malgré leurs capacités, visent souvent des parcours plus courts.
Explications :
    - La proximité géographique des établissements d'enseignement supérieur et la diversité des formations offertes dans les grandes villes stimulent les aspirations à des études longues. Les élèves urbains ont accès à une multitude d’options académiques et professionnelles, ce qui les encourage à viser des parcours ambitieux.
    - En revanche, les élèves des zones rurales ou des quartiers défavorisés rencontrent des obstacles tels que l’éloignement des institutions d'enseignement supérieur et le manque de diversité des formations. Ces barrières logistiques et économiques limitent leurs choix d’orientation.
    - De plus, la composition sociale des territoires joue un rôle crucial. Dans les quartiers défavorisés, la concentration d'élèves en grande difficulté scolaire affecte négativement les conditions d'apprentissage, créant un environnement peu propice aux ambitions académiques élevées. La pression des pairs dans ces contextes peut également dissuader les élèves d’envisager des études longues.

3. Effets du genre :
Paradoxe : Bien que les filles réussissent globalement mieux à l'école, elles sont moins présentes dans les filières scientifiques et d'excellence, ce qui limite leurs perspectives professionnelles.
Explications :
    - Les filles obtiennent généralement de meilleurs résultats scolaires que les garçons et sont plus nombreuses à accéder à l'enseignement supérieur. Cependant, elles sont sous-représentées dans les filières scientifiques et les classes préparatoires, qui sont souvent les plus valorisées sur le marché du travail.
    - Cette disparité s’explique en partie par des stéréotypes de genre persistants, qui influencent les perceptions des filles et des garçons sur leurs compétences et leurs intérêts. Les filles sont moins encouragées à poursuivre des études en mathématiques et en sciences, et elles développent une moindre appétence pour ces matières, même à performances scolaires égales.
    - Une fois sur le marché du travail, ces choix d’orientation se traduisent par des inégalités salariales, car les filières scientifiques et techniques offrent généralement des rémunérations plus élevées. De plus, les femmes sont souvent confrontées à des préjugés qui sous-estiment leurs compétences, limitant ainsi leur progression professionnelle.

Nous vous invitons à lire les ressources associées à chacun de ces facteurs qui permettent de dépasser ce constat.  

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