Mondialisation
La Chine connaît une croissance exceptionnelle qui s'explique d'abord par le niveau très bas d'où elle est partie, des facilités du rattrapage dans les premières étapes du développement et de l'abondance des ressources en homme et en capital (via la diaspora en particulier). Sur aucun de ces points, il n'existe de limite. Les difficultés peuvent venir de défauts de régulation – l'existence de bulles spéculatives nourries par la dette –, des contraintes environnementales – l'opinion publique nationale y sera plus rapidement sensible que dans les pays développés durant la même phase de développement – et, sans aucun doute, du retournement démographique.
On considère généralement que la dotation en matières premières constitue un avantage en termes de développement. Certes, les termes de l'échange peuvent se dégrader mais la vente de matières premières entraîne des rentrées régulières en devises qui peuvent servir de caution à un programme d'endettement international. Mais, parallèlement, un certain nombre d'effets pervers, regroupés sous l'expression de "syndrôme hollandais", viennent enrayer cette belle mécanique. Il est facile de vérifier que, sur le demi-siècle, les pays mal dotés par la nature (Japon, Corée du Sud et autres dragons) ont largement dépassé les nations assises sur des blocs de matières premières (Amérique latine, pour faire simple).
Le GATT était un contrat, l'OMC est une institution. Le fonctionnement du GATT était assuré par un Secrétaire général – ce qui est logique puisqu'il suffit d'enregistrer les décisions des parties prenantes ; celui de l'OMC est assuré par un Directeur – dont le mandat comporte une certaine forme d'autonomie par rapport à un contractant particulier. La réalité n'est pas toujours celle-là. Si la création d'un Organisme de règlement des différends a été un réel progrès, on voit bien que la voix de pays émergents a compliqué la donne.
Le cycle de négociations commerciales multilatérales dit " du millénaire " aurait dû être lancé à Seattle (novembre 1999) ; il l'a finalement été à Doha (novembre 2001). Depuis il n'a fait que s'enliser. Il est vrai que, par rapport aux précédents cycles, le nombre de partenaires engagés réellement dans la discussion s'est élargi et les sujets sont devenus beaucoup plus sensibles. Moins strictement commerciaux, ils relèvent de politiques publiques (l'agriculture), de questions de droits de propriété (avec l'accès des pauvres aux médicaments), de la problématique des externalités (environnement).
Le Japon a reproduit une expérience que les Etats-Unis avaient connue avant eux avec la crise de 1929. Comme eux, ils étaient une puissance financière émergente, comme eux, leur capacité d'innovation technique était révolutionnaire, comme eux, leur balance commerciale était fortement excédentaire. Excès de confiance ? En tous cas, ils ont vérifié que « les arbres ne montent pas jusqu'au ciel ». Non pas seulement les cours de bourse, mais aussi les productions industrielles. Après avoir été un modèle de rattrapage, le Japon paraît peiner à retrouver les conditions de la croissance…
Dans le schéma de la transition démographique, le rôle des migrations est souvent minimisé, voire omis. Or, on le sait, le XIX° siècle a connu d'importantes migrations internationales de population de l'ancien aux nouveaux mondes, mettant en valeur de nouveaux territoires ici, atténuant la pression démographique. Aujourd'hui, les barrières se sont levées mais la pression migratoire est toujours aussi intense, provenant principalement de pays en voie de développement. L'impact de ces migrations sur leur croissance est difficile à évaluer mais les bénéfices sont loin d'être mécaniques.