Professions et catégories socioprofessionnelles (PCS)

Définition :

les PCS désignent les professions et catégories socioprofessionnelles. Il s’agit d’un outil permettant de classer les individus en catégories sociales homogènes selon leur profession. Cette nomenclature est utilisée dans de nombreuses enquêtes économiques et sociologiques, elle a été élaborée par l’Insee.

L'essentiel :

Dès 1954, l’Insee se dote d’un « code » des CSP, catégories socioprofessionnelle, permettant une lecture fine de la stratification sociale. Ce code distingue alors, d’un côté, les salariés et les non-salariés puis, au sein de la catégorie des salariés, des groupes selon le niveau hiérarchique de leur emploi. En 1982, ce code laisse la place à une nomenclature, plus adaptée à l’étude de la stratification sociale de l’époque, celle des PCS, professions et catégories socioprofessionnelles. Elle est construite comme l’emboîtement de trois niveaux : selon leur métier, les individus sont d’abord classés en professions, ces professions sont ensuite regroupées en catégories socioprofessionnelles, elles-même regroupées en groupes professionnels.

La nomenclature qui reste la plus utilisée est celle qui date d’une redéfinition des PCS en 2003, mais en 2020, l’Insee a proposé une nouvelle refonte de la nomenclature des PCS, qui est utilisée peu à peu à partir de 2021 dans les enquêtes de l’institut. Cette nomenclature garde les mêmes groupes professionnels qu’auparavant, qui sont au nombre de 8, dont 6 catégories d’actifs. Ces 6  PCS d’actifs restent subdivisés en 30 catégories, mais ces dernières comprennent maintenant 316 professions (contre 486 auparavant).

Le premier critère de classification retenu est celui du statut de l’activité, en séparant les salariés des non-salariés. Les deux premières PCS sont ainsi les agriculteurs exploitants (1) et les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (2). La PCS 1 est, elle-même, décomposée en trois catégories, selon la taille de l’exploitation (petite, moyenne ou grande). Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise, eux, sont classés en trois catégories  les artisans, les commerçants et assimilés et les chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus. Les professions libérales, qui sont non-salariés, n’appartiennent pas à ces deux catégories puisqu’elles sont regroupées avec les cadres et professions intellectuelles supérieures pour former la PCS 3. Cette dernière comprend 6 catégories : les professions libérales, les cadres de la fonction publique, les professeurs et professions scientifiques, les professions de l’information, des arts et des spectacles, les cadres administratifs et commerciaux d’entreprise et les ingénieurs et cadres techniques d’entreprise. Ce sont ainsi les professions salariées les plus qualifiées qui sont regroupées avec les professions libérales, le niveau de diplôme, ou de « capital culturel » est ainsi le point commun de toutes ces professions. Viennent ensuite, en PCS 4, les professions intermédiaires, celles qui correspondent à un niveau de qualification moyen, on y retrouve les professeurs des écoles, les professions intermédiaires de la santé et du travail social, les professions du clergé et religieuses, les professions intermédiaires administratives de la fonction publique, celles administratives et commerciales des entreprises, les techniciens et les contremaîtres et agents de maîtrise. Cette PCS regroupe ainsi tous les métiers qui se situent à un échelon intermédiaire, dans la fonction publique comme dans les entreprises, entre les cadres et dirigeants d’un côté et les professions d’ouvriers ou employés de l’autre. Les professions les moins qualifiées sont en effet décomposées entre employés et ouvriers en fonction du type de production : les employés sont des producteurs (et bien souvent des productrices puisqu’il s’agit de la PCS la plus féminisée) de services alors que les ouvriers produisent des biens. La PCS des employés (5) comprend les employés civils et agents de services de la fonction publique, les policiers et militaires, les employés administratifs d’entreprise, les employés de commerce et les personnels des services directs aux particuliers. De leur côté, les ouvriers peuvent appartenir aux catégories suivantes : les ouvriers qualifiés de type industriel, ceux de type artisanal, les chauffeurs, les ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport ou bien les ouvriers non qualifiés de type industriel ou artisanal ou encore les ouvriers agricoles.

La nomenclature des PCS donne une vision synthétique de la stratification sociale. Elle peut permettre de réfléchir à la composition de la société en classes sociales C’est cette nomenclature qui est utilisée, par exemple, pour mesurer la mobilité sociale dans les tables de mobilité, elle sert également à mesurer l’homogamie, ou est mobilisée pour l’analyse sociologique de la consommation ou encore lors d’enquêtes sur les déterminants sociaux du vote. Si les PCS sont un instrument indispensable à l’analyse des comportements sociaux, elles tendent à être de moins en moins utilisées. C’est ce qu’avait mis en avant Emmanuel Pierru et Alexis Spire dans un article : « Le crépuscule des catégories socioprofessionnelles », en 2008 dans la Revue française de science politique : ils montrent que la statistique publique tend à analyser la stratification sociale davantage sous le prisme du revenu par exemple que des PCS. La grille de lecture des PCS est aussi « concurrencée » par des tentatives de construction d’une nomenclature à l’échelle européenne, dont la première trace est celle de l’ESeC, élaborée par des chercheurs britanniques sur la base du schéma en classes sociales élaboré par John Goldthorpe. Cette nomenclature ne s’est jamais vraiment imposée, mais elle a servi à l’élaboration de l’Eseg, (European Socio-economic Groups), à laquelle l’Insee a participé et qui est construite sur la base de  9 groupes sur des critères assez proches de ceux des PCS.

La réforme des PCS en 2020 vise à répondre aussi à cette faible utilisation des PCS. Conjointement aux réformes, la réflexion a été portée sur l’extension de la nomenclature des PCS. La « grille des classes et sous-classes d’emploi » doit ainsi permettre de tenir compte des statuts d’emploi notamment. Enfin, pour rendre compte des inégalités entre ménages, des « PCS ménages » ont été élaborées, qui tiennent compte à la fois de la structure du ménage et de la PCS des adultes du ménage. La première PCS ménage est ainsi celle des ménages à dominante cadre, alors que la 6e est celle des ménages monoactifs à dominante ouvrière ou employée. Cela permet de tenir compte du fait que les inégalités entre ménages dépendent non seulement de la PCS de l’individu le plus « qualifié » du groupe, mais aussi du nombre de personnes pourvoyeuses de revenu et, par exemple, du capital culturel de chacun des adultes du ménage.

3 questions à : (à venir)

1) Les PCS sont-elles un outil pertinent pour analyser la société contemporaine ?

2) Quels sont les principaux axes de la réforme des PCS de 2020 ?

3) Qu’apporterait une nomenclature européenne ?

Terminale : Comment est structurée la société française actuelle ?