Question 2. Qui s’engage ? Les déterminants sociodémographiques de l’engagement

Sommaire

Sujets ESH des concours Essec, HEC, ESCP, SKEMA 2021

(BO)

 

On peut relever l’influence de certaines variables sur l’engagement associatif, syndical ou politique.

Tout d’abord, le sexe a une influence sur l’engagement collectif. Hommes et femmes s’engagent mais leurs engagements diffèrent. Les femmes adhèrent plus fréquemment à des associations relevant de l’action sanitaire, sociale, humanitaire ou caritative (7,2%) que les hommes (5,6%) (données Insee 2016). Et les hommes appartiennent plus souvent à un syndicat ou à un parti politique. En 2019, 10,3 % des salariés déclarent adhérer à un syndicat, 11,0 % des hommes et 9,5 % des femmes (Dares). Ce phénomène s’explique par plusieurs raisons. Tout d’abord, la socialisation primaire prépare moins les filles que les garçons à certaines formes d’engagement. Puis, la division sexuelle du travail domestique limite les engagements des femmes à l’extérieur du foyer. Par ailleurs, même lorsqu’elles s’engagent, les femmes peuvent être invisibilisées. Les tâches les plus valorisées comme la prise de parole sont davantage destinées aux hommes, et les femmes se voient confiées des tâches subalternes.

Ensuite l’engagement varie en fonction de l’âge. En 2019, 2,7 % des salariés de moins de 30 ans étaient syndiqués, contre 14,7 % des plus de 50 ans (chiffres Enquête conditions de travail Dares-Insee, 2019). L’ancienneté et la stabilité professionnelle jouent un rôle dans cet engagement : il faut, pour se syndiquer, bénéficier d’un emploi durable.  L’importance accordée aux syndicats reste néanmoins importante chez les jeunes : selon une étude de l’association Réalités du dialogue social, publiée en 2023, sept Français sur dix âgés de 18 à 35 ans pensent qu’il est nécessaire d’avoir des syndicats au sein d’une entreprise.  Par ailleurs, l’engagement associatif des plus de 65 ans est supérieur à la moyenne, il concerne des associations centrées sur les loisirs et la convivialité. L’adhésion des jeunes (16-24 ans) à ce type d’associations est nettement moins fréquente que chez leurs aînés. 

On observe donc un effet d’âge mais aussi un effet de génération. Les nouvelles générations sont engagées politiquement mais davantage vers une participation non conventionnelle et se détournent du vote.  Dans Les citoyens qui viennent, Vincent Tiberj (2017) insiste sur cet effet de génération. Alors qu’en 2008, 71% des Français ont déjà participé à une manifestation ou pourraient le faire, 52% des personnes nées en 1930 ou avant ne peuvent l’envisager. Il semble donc qu’au fil des générations, le vote tende à devenir une forme d’action parmi d’autres, et non le seul moyen d’action légitime.

L’engagement est aussi déterminé par la Profession et Catégorie Socioprofessionnelle des individus.En effet, les Cadres et Professions Intellectuelles Supérieures sont plus fréquemment adhérents à une association relevant de l’action sanitaire et sociale ou humanitaire et caritative, à un parti ou à un syndicat que toutes les autres catégories socioprofessionnelles, et, en particulier, que les employés et ouvriers. Les professions intermédiaires (11,6 %) et les cadres (11,2 %) présentent aujourd’hui les taux de syndicalisation les plus élevés, devant les employés (9,7 %) et surtout les ouvriers (9 %) (chiffres Enquête conditions de travail Dares-Insee, 2019). Pourtant, le syndicalisme s’est historiquement développé dans l’univers industriel, autour de bastions ouvriers et de grandes confédérations comme la CGT et la CFDT. De plus, 11% des cadres sont membres d’une association d’action sanitaire et sociale ou humanitaire et caritative en 2016, contre 3,2% des ouvriers (chiffres Insee).

Enfin, le niveau de diplôme fait varier l’engagement. Le taux d’engagement des diplômés du supérieur est clairement plus élevé que celui des Français dont le diplôme est inférieur au CAP. En 2025, 26 % des diplômés du supérieur participent à une activité bénévole en association, contre seulement 12 % des titulaires du CAP ou sans diplôme, et 19 % des bacheliers. En ce qui concerne l’activité politique, que ce soit le vote, la participation à une manifestation ou le militantisme, Daniel Gaxie montre, en 1978, qu’il existe un « cens caché ». Les compétences politiques, corrélées au niveau de diplôme, déterminent la capacité à se sentir légitime à exprimer une opinion politique. 

Document 1 : Sexe et engagement associatif

Facile

Source : Enquête IFOP 2025 pour Recherches et Solidarités, « La France associative en mouvement », octobre 2025

 

Questions : 

Question 1 : Quel pourcentage de la population a un engagement associatif 

Question 2 : Comment évolue ce pourcentage depuis 2023 

Question 3 : L’engagement associatif est-il partagé par les hommes et les femmes 

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Réponses : 

Question 1 : Quel pourcentage de la population a un engagement associatif ?

En 2025, 11,1% des Français donnent de leur temps pour une association, ils sont 11,2% des hommes et 10,9% des femmes.

Question 2 : Comment évolue ce pourcentage depuis 2023 ?

Après avoir diminué de 0,3 point de pourcentage entre 2023 et 2024, ce pourcentage a augmenté entre 2024 et 2025 de 2,2 points de pourcentage.

Question 3 : L’engagement associatif est-il partagé par les hommes et les femmes ?

Femmes et hommes s’engagent dans les associations mais les hommes s’engagent légèrement plus (11,2% des hommes en 2025 contre 10,9% des femmes). 

Document 2 : Age et engagement associatif

Facile

Source : Enquête IFOP 2025 pour Recherches et Solidarités, « La France associative en mouvement », octobre 2025

 

Questions : 

Question 1 : Calculez à l’aide d’un coefficient multiplicateur l’écart entre l’engagement associatif des plus de 65 ans et celui des moins de 35 ans en 2025.

Question 2 : Quelles tranches d’âge s’engagent le plus dans une association ?

Question 3 : Comment évolue l’engagement associatif tout au long de la vie des individus ?

Question 4 : Comment expliquer ces écarts ?

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Réponses : 

Question 1 : Calculez à l’aide d’un coefficient multiplicateur l’écart entre l’engagement associatif des plus de 65 ans et celui des moins de 35 ans en 2025.

15 % des plus de 65 ans en 2025 ont un engagement associatif, contre 7,5 % pour les moins de 35 ans. On divise le premier par le deuxième pour obtenir le coefficient multiplicateur.

Le coefficient multiplicateur est donc 2. Les plus de 65 ans sont proportionnellement deux fois plus nombreux à s’engager que les moins de 35 ans en 2025.

Question 2 : Quelles tranches d’âge s’engagent le plus dans une association ?

Les plus de 65 ans sont la classe d’âge qui s’engage le plus dans une association (15% d’entre eux ont un engagement associatif), suivis des 50-64 ans (10,8%).

Question 3 : Comment évolue l’engagement associatif tout au long de la vie des individus ?

L’engagement associatif est croissant au fil du temps dans la vie des individus. Il concerne autour de 7,5% des individus avant 50 ans puis augmente significativement puisqu’il passe à 10,8% entre 50 et 64 ans pour atteindre 15% après 65 ans.

Question 4 : Comment expliquer ces écarts ?

Les jeunes ne jouissent pas toujours de la stabilité professionnelle nécessaire à un engagement associatif ou manquent de temps quand ils ont la charge d’une famille.

De plus, l’âge de la retraite est plus propice à un engagement associatif pour nouer des sociabilités remplaçant les sociabilités professionnelles. 

Document 3 : Niveau de diplôme et engagement associatif

Facile

Source : Enquête IFOP 2025 pour Recherches et Solidarités, « La France associative en mouvement », octobre 2025

 

Questions : 

Question 1 : Quel est l’écart entre l’engagement associatif des individus avec un niveau bac et ceux avec un niveau de diplôme supérieur à Bac+2 ? 

Question 2 : Comment évolue l’engagement associatif avec le niveau de diplôme ?

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Réponses : 

Question 1 : Quel est l’écart entre l’engagement associatif des individus avec un niveau bac et ceux avec un niveau de diplôme supérieur à Bac+2 ? 

On peut calculer l’écart en points de pourcentage tout d’abord :

- l’écart entre l’engagement associatif des individus ayant un diplôme supérieur à Bac+2 et ceux avec un niveau Bac est de 20 points (57 – 37). 

Les individus avec un niveau de diplôme supérieur à Bac+2 ont un engagement supérieur de 20 points à ceux ayant le niveau Bac.

On peut calculer un taux de variation également :

((engagement des individus avec un diplôme supérieur à Bac+2 – engagement des diplômes du Bac) / engagement des diplômés du Bac) x100. On obtient 54%. 

Les individus avec un niveau de diplôme supérieur à Bac+2 ont un engagement supérieur de 54% à ceux ayant le niveau Bac.

Question 2 : Comment évolue l’engagement associatif avec le niveau de diplôme ?

Plus les individus sont diplômés, plus ils s’engagent dans des associations. 

Exercice 1 : qui s'engage ?

Facile

Citez les variables sociodémographiques qui influencent l’engagement politique.

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Tout d’abord, le sexe a une influence sur l’engagement politique. Hommes et femmes s’engagent mais leurs engagements diffèrent. Les femmes adhèrent plus fréquemment à des associations et les hommes appartiennent plus souvent à un syndicat ou à un parti politique

Ensuite, l’engagement varie en fonction de l’âge : il augmente avec l’âge. Et, la génération qui caractérise aussi les individus influence également l’engagement politique.

Par ailleurs, l’engagement est déterminé par la Profession et Catégorie Socioprofessionnelle des individus. En effet, les Cadres et Professions Intellectuelles Supérieures sont plus fréquemment engagés dans des partis politiques, des syndicats ou des associations que les ouvriers.

Enfin, le niveau de diplôme fait varier l’engagement. Le taux d’engagement des diplômés du supérieur est clairement plus élevé que celui des Français dont le diplôme est inférieur au CAP. 

Exercice 3 : Comportement de vote

Facile

Comportements de vote aux élections présidentielles et législatives de 2022 selon le groupe socioprofessionnel

Champ : inscrits sur les listes électorales en France (métropole ou DOM) et résidant en France en 2020 (2021 pour Mayotte) ; champ différent de celui du ministère de l'Intérieur

 

Note de l’Insee : L’abstention systématique désigne le comportement d’un électeur qui n’a participé à aucun des quatre tours des scrutins organisés dans l’année (ou trois pour les circonscriptions ayant élu leur député dès le premier tour). À l’opposé, le vote systématique désigne le comportement électoral d’une personne ayant voté à tous les scrutins. Les votants intermittents sont ceux qui ont voté au moins une fois et se sont abstenus à au moins un tour de scrutin.

Source : Insee, enquête sur la participation électorale 2022

Questions : 

Question 1 : Quel comportement de vote a été le plus courant, pour l’ensemble des inscrits, lors des élections nationales de 2022 ?

Question 2 : Que signifie le chiffre 43,4 (colonne 2, ligne 8) ?

Question 3 : Calculez l’écart face à l’abstention systématique entre les individus sans diplôme et ceux ayant un niveau supérieur au baccalauréat lors des élections nationales, en France, en 2022.

Question 4 : Comment évolue la participation au vote avec le niveau de diplôme ?

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Réponses :

Question 1 : Quel comportement de vote a été le plus courant, pour l’ensemble des inscrits, lors des élections nationales de 2022 ?

Lors des élections nationales de 2022, le vote intermittent est le comportement de vote le plus courant puisque 47,3 % des inscrits ont eu un vote intermittent alors que 36,4% des inscrits ont pratiqué un vote systématique et 16,3% une abstention systématique.

Question 2 : Que signifie le chiffre 43,4 (colonne 2, ligne 8) ?

43,4 % des inscrits ayant un diplôme supérieur au baccalauréat ont voté de façon systématique, aux élections nationales de 2022, en France.

Question 3 : Calculez l’écart face à l’abstention systématique entre les individus sans diplôme et ceux ayant un niveau supérieur au baccalauréat lors des élections nationales, en France, en 2022.

Les individus n’ayant aucun diplôme se sont abstenu environ trois fois plus que les individus ayant un diplôme supérieur au baccalauréat (30,1% des inscrits contre 9,6%) lors des élections nationales en France en 2022.

Question 4 : Comment évolue la participation au vote avec le niveau de diplôme ?

La participation au vote croît avec le niveau de diplôme. En effet, seuls 9,6 % des inscrits avec un diplôme de l’enseignement supérieur n’ont voté à aucun tour des élections nationales de 2022, contre 30,1 % parmi ceux sans diplôme. De plus, les plus diplômés ont eu davantage tendance à pratiquer un vote systématique : parmi les inscrits ayant un diplôme supérieur au baccalauréat, 43,4% ont voté de façon systématique alors qu’ils n’étaient que 28,8% pour les inscrits sans diplôme.

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