Mondialisation

Synthèse

ressources pédagogiques SES bac 2020 2021

(BO)

Question 1. Comprendre le rôle des dotations factorielles et technologiques dans les échanges commerciaux et la spécialisation internationale

Question 2. Comprendre le commerce entre pays comparables (Différenciation des produits, Qualité des produits)

Question 3. Comprendre que la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d'un pays, c'est à dire son aptitude à exporter

Question 4. Comprendre l'internationalisation de la chaîne de valeur et savoir l'illustrer

Question 5. Comprendre les effets induits par le commerce international

Question 6. Réviser le vocabulaire du programme

Une firme multinationale est un groupe de sociétés ayant au moins une unité légale en France et une à l'étranger. Une firme multinationale peut être :

  • une petite et moyenne entreprise (PME)
  • une entreprise de taille intermédiaire (ETI)
  • une grande entreprise (GE).

En France, les firmes multinationales représentent près de 1% des entreprises des secteurs marchands non agricoles et non financiers mais emploient près de la moitié des salariés de ces secteurs et génèrent près de 60% de la valeur ajoutée brute produite sur le territoire français. Leurs filiales sont principalement dans l’Union européenne (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Italie, etc.) mais aussi aux États-Unis et dans les pays émergents (Chine, Brésil). La moitié des grands groupes sont implantées dans plus de 10 pays étrangers.

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Les entreprises multinationales françaises emploient beaucoup plus de salariés à l’étranger que leurs consœurs européennes et ont un chiffre d’affaires à l’étranger qui progresse plus rapidement. On recense près de 5000 firmes multinationales françaises (hors secteur bancaire et services non marchands) qui contrôlent près 44000 filiales à l’étranger dans plus de 190 pays. Leurs filiales à l’étranger emploient 6 millions de salariés. Des groupes étrangers sont aussi présents en France. Plus de 100 pays étrangers contrôlent des entreprises en France.

L’essor des firmes multinationales françaises ou étrangères s’appuie des investissements directs étrangers (IDE), soit les investissements qu'une unité institutionnelle résidente d'une économie effectue dans le but d'acquérir un intérêt durable et/ou d'exercer une influence significative sur la gestion d’une autre entreprise.

La compétitivité est la capacité à maintenir et surtout accroître ses parts de marché en affrontant la concurrence. Les firmes (et par conséquence le pays) montrent ainsi leur capacité à résister à la concurrence et à exporter.

On distingue deux types de compétitivité :

  • la compétitivité-prix qui est la capacité à conquérir des parts de marché grâce à des prix plus faibles que ses concurrents ;
  • la compétitivité  hors-prix (ou compétitivité structurelle) qui est la capacité à conquérir des parts de marché en produisant avec une meilleure qualité et/ou un meilleur service que ses concurrents.

La compétitivité est liée à de nombreux facteurs comme la spécialisation géographique, la spécialisation sectorielle, les politiques de soutien des pouvoirs publics (subventions et autres aides aux exportateurs, accès au crédit et à l’assurance, etc.). Le taux de change joue aussi un rôle puisqu’il influence le prix des produits importés et exportés. Pour un pays comme la France, la compétitivité sur les marchés hors zone euro est dépendante du taux de change de l’euro. On estime qu’une dépréciation de 10 % de l’euro par rapport à un pays partenaire hors zone euro relève la valeur des ventes d’un exportateur moyen vers ce pays d’environ 5%.

On identifie aussi une compétitivité-coût qui compare l'évolution des coûts salariaux unitaires de la France (coût du travail corrigé de celle de la productivité) à celle de ses partenaires.

La compétitivité-prix se mesure par le rapport entre les prix des exportations des pays partenaires avec le prix des exportations du pays. Plus largement, la compétitivité-prix est liée à l’évolution des coûts unitaires de production (coût du travail, prix de l’énergie, coût du capital, prix des consommations intermédiaires, etc.) nets de gains de productivité. Elle dépend donc aussi des comportements de marges des entreprises ou de l’évolution du taux de change.

La compétitivité hors-prix, de nature qualitative, est la partie de la demande non expliquée par le prix. L'adaptation à la demande, la qualité réelle ou supposée du produit, la nature des services offerts, etc. restent difficile à appréhender et il est peu aisé d’évaluer la dimension variété (cf. différenciation horizontale des produits) et la dimension qualité (cf. différenciation verticale des produits).

Elle peut néanmoins s’appréhender comme les caractéristiques des produits qui augmentent leur demande alors que le prix n’a pas baissé. En effet, le consommateur accepte de payer un prix plus élevé pour un bien ou un service s’il est de qualité, fiable, innovant, bénéficie d’une bonne image ou réputation, etc. Toutefois, le solde de la balance commerciale est un indicateur de compétitivité tout comme l'importance des investissements directs à l’étranger (IDE).

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Le Cepii a identifié trois secteurs français qui se caractérisent par une forte compétitivité hors-prix : l’aéronautique, la maroquinerie et le vin. L’Allemagne est devant la France en matière de compétitive structurelle car elle dispose d’une forte compétitivité hors-prix dans plus de domaines (pièces détachées automobile, métaux non ferreux, produits plastiques, etc.) et est souvent un leader mondial dans ces activités qui, de surcroît, représentent une forte part des exportations allemandes.

En économie, la productivité est le rapport entre une production (biens et/ou services produits) et les ressources mises en œuvre pour l'obtenir (travail, le capital technique, consommations intermédiaires, savoir-faire, etc.). Lorsque la productivité est calculée par rapport à une catégorie de ressources (cf. travail), on parle de productivité apparente.

La productivité des entreprises est centrale dans leur compétitivité. Mais l’entreprise n’est pas seule, sa productivité est aussi liée à celle de ses fournisseurs et, plus largement, à son environnement. Ainsi, les institutions (cadre réglementaire, etc.) et les infrastructures (ports, routes, réseaux de communication) tout comme les services publics (qualité du système éducatif et de santé, soutien aux innovations, etc.) participent à la compétitivité des entreprises.

Soulignons aussi que, dans certaines industries, la capacité d’exporter est aussi liée… aux importations ! L’opposition entre capacité à exporter et importations n’est plus automatique lorsque les entreprises doivent importer des composants ou biens semi-finis pour exporter des marchandises.

C’est dans ce contexte de fragmentation (ou de décomposition) des processus de production, qui amplifie l’échange de biens intermédiaires et de services, que l’on doit appréhender les concepts d’externalisation et de délocalisation de la production.

Une délocalisation est d’abord un transfert d'activités existantes du territoire national vers un autre pays. Toutefois, il n’y a pas de définition consensuelle de ce terme ! On peut ajouter plusieurs critères à la définition. Par exemple, une délocalisation est un transfert d’activité d’une entreprise d’un pays vers un autre pays sans changement de la destination des biens produits. Il y a donc transfert d’une unité de production à l’étranger ET importation des produits.

La délocalisation se définit comme « la fermeture d’une unité de production en France, suivie de sa réouverture à l’étranger, en vue de réimporter sur le territoire national les biens produits à moindre coût, et/ou de continuer à fournir les marchés d’exportation à partir de cette nouvelle implantation ». Il s’agit concrètement d’un « déménagement » de l’unité de production, via un investissement direct à l’étranger.

L’externalisation consiste à acheter des biens et des services intermédiaires auprès de fournisseurs extérieurs spécialisés. Autrement dit, la délocalisation concerne la décision de « faire faire », au lieu de « faire ». L’entreprise décide d’acquérir certains intrants (pièces, composants, etc.) et services (comptabilité, transport, etc.) auprès d’une entreprise extérieure au lieu de les produire elle-même.

L’entreprise peut donc choisir de « faire » ou « faire faire », en France ou à l’étranger. Notons qu’ici, l’externalisation à l’étranger est un cas particulier de délocalisation.

D’un point de vue micro-économique, la délocalisation est le résultat de l'arbitrage d'un producteur qui renonce à produire en France pour produire ou sous-traiter à l'étranger. Elle est liée à la réorganisation des processus de production aux niveaux régional, national et mondial. Les pressions concurrentielles, les exigences des consommateurs (produits moins chers et de meilleure qualité), les nouveaux acteurs de la mondialisation, etc. font pression sur les firmes pour réallouer leurs ressources et améliorer leur compétitivité. Optimiser, externaliser et délocaliser les activités ne doivent donc pas être dissociés des réflexions sur la productivité et la compétitivité des firmes.

D’une manière générale, la localisation des activités (donc les risques de délocalisation) s’explique par deux grands types facteurs.

  • Premièrement, les caractéristiques des emplois et des tâches dans les différents secteurs d’activités. Les travailleurs effectuant tâches routinières et sans interactions avec clients sont plus facilement délocalisables que les salariés effectuant des tâches routinières nécessitant des interactions avec la clientèle.
  • Deuxièmement, la nature et caractéristiques des produits (volume, poids, technologie, fragmentation de la chaîne de valeur, …) qui détermine la possibilité de décomposer les processus productifs et de confier certaines étapes à des sous‑traitants dans le pays ou un autre pays.

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Notions

Entreprise implantée dans plusieurs pays au moyen de filiales dont elle détient la totalité ou une partie du capital. Pour l’INSEE, une multinationale implantée en France est un groupe de sociétés ayant au moins une unité légale en France et une à l’étranger. On emploie indifféremment les termes de firme multinationale (FMN) ou de firme transnationale (FTN).
Mesure de la productivité obtenue par le rapport entre la valeur ajoutée produite et les effectifs employés. Le qualificatif « apparente » souligne que cette productivité ne résulte pas de la contribution du seul facteur travail ; elle peut aussi résulter d’un capital plus productif.

Synthèse

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(BO)

Question 1. Comprendre le rôle des dotations factorielles et technologiques dans les échanges commerciaux et la spécialisation internationale

Question 2. Comprendre le commerce entre pays comparables (Différenciation des produits, Qualité des produits)

Question 3. Comprendre que la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d'un pays, c'est à dire son aptitude à exporter

Question 4. Comprendre l'internationalisation de la chaîne de valeur et savoir l'illustrer

Question 5. Comprendre les effets induits par le commerce international

Question 6. Réviser le vocabulaire du programme

Le commerce intra-branche est un commerce croisé de biens similaires. Les échanges intra-branches sont donc les importations et les exportations de produits d’une même branche entre pays.

Par exemple, les importations et exportations d’automobiles de la France vers l’Allemagne sont des échanges intra-branches tout comme les importations et exportations de services financiers de la France vers le Royaume-Uni. Au début des années 1980, les échanges intra-branches se sont développés. Le « commerce de similitudes » (commerce intra-branches) a pris le pas sur le « commerce de différences » (commerce interbranches). Les échanges intra-branches représentent une part très importante dans les échanges au sein au sein de l’Union Européenne et des pays d’Amérique du Nord.

L’essor commercial de la Chine a, dans un premier temps, favorisé le retour des échanges traditionnels (ou interbranches). Le commerce interbranches est le commerce portant sur des produits issus de branches industrielles ou de services différentes. Il y a flux croisés (importations et exportations) de produits différents. Toutefois, le développement des chaînes de valeur mondiales a redynamisé le commerce intra-branches de produits intermédiaires (biens intermédiaires, pièces détachées, composants, etc.) dont l’échange s’intensifie avec la fragmentation des processus productifs.

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Le commerce intra-branche atteste de la convergence des structures industrielles qui est à l’origine des chaînes de valeurs. Il prend souvent la forme de commerce intra-firme, soit l’échange international de biens ou de services entre filiales d’une même firme multinationale. Soulignons cependant les échanges interbranches et les échanges intra-branches coexistent. Ainsi, la France importe des biens qu’elle ne possède pas en grande quantité (pétrole, gaz) et exporte des biens dont elle est fortement dotée (vins, médicaments, produits de beauté, etc.). Dans le même temps, elle importe et exporte des produits issus des mêmes branches de l’industrie (automobiles, machines-outils) ou des services (services financiers, tourisme).

Les théories traditionnelles du commerce international (cf. théorie des avantages comparatifs, théorie des dotations factorielle) ne permettent pas de comprendre le commerce intra-branche puisqu’elles supposent que les pays se spécialisent dans des productions différentes et échangent selon une logique de complémentarité, il a fallu de nouvelles théories pour expliquer le développement de ce type d’échange. Certaines mettront l’accent sur la demande, d’autres sur l’offre. On dit que les produits échangés sont différenciés s'ils sont à la fois semblables (ont la même fonction ou rendent le même service) et différents (jugés différemment par les consommateurs). La différenciation du produit est l'existence de différences (objectives ou subjectives) faisant que deux produits proches ne sont pas considérés comme identiques par tous les consommateurs.

Il existe donc de nombreuses possibilités de différenciation qui peuvent porter sur :

  • la nature du produit (forme, style, design, fiabilité, innovation, etc.) ;
  • les services liés (commande à distance et livraison, délais, installation, services après-vente, etc.) ;
  • le personnel (qualification, disponibilité, etc.) ;
  • la localisation des points de vente ;
  • la technologie ;
  • l’image de la marque (symboles, évènements, etc.).

La recherche par les consommateurs de pays différents de biens différenciés est l’une des causes de l’échange intra–branche. Les explications des flux d’échanges internationaux se concentrent ici sur la demande.

Les biens qui se caractérisent par les mêmes conditions ou processus de production sont différenciés du point de vue de la demande. En effet, si les produits d’une même branche satisfont le même type de besoins, le consommateur va les distinguer. Le commerce intra-branche peut concerner :

  • des produits similaires de même gamme, on parle de différenciation horizontale. Les pays échangent des produits similaires différenciés par le design, l’image de marque, etc. On dit aussi que le commerce international concerne des variétés différentes ;
  • ou des produits similaires de gammes différentes, on parle alors de différenciation verticale. Les pays échangent de produits différents que le consommateur hiérarchise selon leur qualité. On dit aussi que le commerce international concerne des qualités différentes.

La différenciation des produits est donc une stratégie qui permet à l’entreprise de s’affirmer comme un monopole (vendeur unique). L’entreprise, qui veut se distinguer sur les marchés tente de devenir un producteur unique en proposant des produits ayant des caractéristiques distinctes de ses concurrents. La qualité des produits, la fiabilité du service après-vente, l’étendue du réseau de distribution, l’image de marque, le design des marchandises, etc., entraînent une forme de concurrence originale.

La concurrence monopolistique est une structure de marché avec de nombreux producteurs qui mettent en œuvre des stratégies de différenciation de leurs biens et services pour bénéficier d'une position de monopole. Il y a bien concurrence, car il y a de nombreux vendeurs et de nombreux acheteurs, et en même temps, recherche d’une position dominante, ou position monopolistique, car la différenciation doit rendre le producteur unique (seul sur le marché).

L’entreprise peut acquérir un avantage concurrentiel par la différenciation en créant une différence réelle entre les produits ou en identifiant et/ou influençant les préférences des consommateurs. Les dépenses de publicité sont alors centrales. L'existence simultanée d'importations et d'exportations des biens provenant d’une même branche d’activité soulignent que les consommateurs ont un goût pour la variété qui est satisfait par les productions étrangères. Un nombre croissant de flux commerciaux vont alors portés sur des variétés différentes d’un même bien (voitures, ordinateurs, téléphones portables, vêtements de sport, etc.).

En pointant le regard sur l’offre, les nouvelles théories du commerce international soulignent aussi le rôle des économies d’échelle : lorsque la taille du marché augmente et que les coûts unitaires de production diminuent, une firme a donc un avantage décisif, en matière de compétitivité-prix, sur ses concurrents.

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Notions

Modification d’une ou de plusieurs caractéristiques de son produit par une entreprise pour le distinguer de celui de ses concurrents, et ainsi faire en sorte que la concurrence ne se joue pas uniquement par les prix.
Forme de marché sur lequel les offreurs différencient leurs produits pour les rendre singuliers et profiter ainsi d’une position de monopole. Cette stratégie s’inscrit dans une concurrence hors-prix, concurrence qui porte sur des critères autres que le prix (qualité, service après-vente…).
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