PARCOURSUP : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les classes prépas

Rythme de travail, attentes, débouchés, stress, idées reçues... Vincent Barou et Béatrice Couairon, enseignants en classe préparatoire économie et commerciale voie générale (ECG) répondent à toutes les questions posées par les élèves sur Melchior.fr

ressources pédagogiques SES bac 2020 2021

 

Quel est le niveau requis pour accéder à ces classes préparatoires (moyenne générale, classement dans la classe…) ? (Manon)

VB : Il n’y a de seuil de moyenne en dessous duquel un dossier est écarté. Certes, le niveau général compte. Il doit être homogène et solide. Les appréciations des professeurs sont aussi très importantes pour déceler qui a le profil pour y réussir ou pas. Le degré d’exigence dépend de chaque classe prépa. De manière générale, plus de la moitié des élèves souhaitant entrer en prépa y entrent. Près d’un tiers de ceux qui l’intègrent n’ont eu au bac qu’une mention « assez bien » ou « passable ». Ce qui ne les empêchent pas d’intégrer une Grande école de management en passant par une ECG par exemple.

BC : Plus qu’un niveau requis, il faut que l’on sente à la lecture de votre dossier sur Parcoursup que vous avez une vraie curiosité d’esprit et un réel engagement dans votre travail. En tant que professeur, je peux vous dire qu’on préfèrera un élève qui souhaite venir en prépa en ayant ces qualités plutôt que celui qui a eu certes des bonnes notes mais dont on lit dans ses appréciations qu’il pourrait mieux faire s’il était plus motivé.

Faut-il avoir un excellent niveau en mathématiques pour intégrer une prépa économique et commerciale voie générale ? (Sophia)

VB : Les mathématiques sont une des deux matières les plus importantes en termes de volume horaire et de coefficients aux concours (attention, toutes les disciplines sont importantes en ECG !), avec l’Economie, la sociologie et l’histoire du monde contemporain (ESHMC). Un niveau satisfaisant en maths est donc conseillé pour pouvoir intégrer une prépa ECG. Pour postuler, il est nécessaire de ne pas avoir abandonné les maths en terminale (avoir conservé la spécialité, assortie ou pas de l’option « maths expertes », ou avoir pris l’option « maths complémentaires »).

J’ai conservé la spécialité SES en terminale et je me demande si cela me sera utile si je choisis un parcours avec option ESH ? (Nidal)

VB : Avoir fait des SES n’est pas un prérequis pour postuler en prépa ECG, même avec option ESH. Quel que soit le parcours choisi, le seul prérequis est de ne pas avoir abandonné les maths. Vous pouvez donc postuler même si vous n’avez jamais fait de SES. Cependant, cela ne vous desservira pas, que ce soit au niveau de votre dossier comme de votre capacité à réussir en ESH.

BC : Le programme de SES au lycée a été conçu pour vous permettre de maîtriser des connaissances en économie, sociologie et science politique et pour vous permettre de réaliser des raisonnements rigoureux dans ces disciplines scientifiques. Autant d’atouts qui peuvent vous être utiles en ESH, dont les programmes sont vraiment passionnants !

On m’a dit qu’en prépa, il faut être rigoureux pour réussir. En fait, j’ai envie d’aller en prépa mais justement pour apprendre à être plus rigoureux. Vous en pensez quoi ? (Alexandre)

BC : Votre question montre déjà que vous vous posez les bonnes questions ! C’est vrai que la prépa est le lieu par excellence où vos professeurs vont consacrer toute leur énergie pour vous aider à construire un raisonnement rigoureux, structuré, logique. Donc, très sincèrement, dès lors que vous avez la motivation de l’être davantage, j’ai envie de vous répondre : allez-y ! Le jeu en vaut la chandelle !

Ai-je une chance d’intégrer une école en haut de classement si je n’ai pas fait une bonne prépa ? (Erwan)

VB : Tout d’abord, il n’y a pas de “bonnes” ou de “mauvaises” prépas. Il n’y a que des prépas à des places différentes dans des palmarès (elles changent d’ailleurs régulièrement). La préparation est identique partout. Les programmes sont nationaux. Les prépas du haut des classements le doivent avant tout au fait qu’elles recrutent les meilleurs élèves, qui auront les meilleurs résultats aux concours, ce qui augmentera l’attrait de la prépa de la part des meilleurs élèves. En fait, comme le déclarait le Proviseur de Louis Legrand dans un célèbre journal du soir en 2017, les palmarès donnent « l’impression que c’est le lycée qui fait le bon élève, alors que c’est l’inverse ». Votre probabilité de réussite est donc la même partout si vous vous en donnez les moyens.

BC : Encore une fois, je rejoins en tout point la réponse de mon collègue. C’est d’autant plus important à avoir en tête que les élèves qui ne doutent pas de leur chance de réussite, réussissent mieux ! C’est ce que l’on appelle “les anticipations autoréalisatrices”. D’où l’importance de prendre en compte ce facteur : si vous voulez accroître vos chances de réussir, ce n’est pas tant le classement de votre prépa qui compte que d’avoir confiance dans vos propres qualités pour réussir !

Quelles sont les qualités qu’il faut avoir pour réussir en prépa ? (Gaétan)

VB : Comme on l’a dit précédemment, avoir un niveau solide et homogène, de bonnes appréciations, est nécessaire. Ce n’est cependant pas suffisant. On peut parfois avoir des étudiants avec un niveau très bon au lycée ou une mention « très bien » au bac qui peinent à réussir. D’un autre côté, des élèves avec un niveau plus moyen au lycée peuvent se révéler et obtenir des admissions dans les meilleures écoles. L’important est vraiment d’être curieux, motivé, d’avoir envie. L’état d’esprit est décisif.

J’ai de très bons résultats au lycée depuis la seconde. J’aimerais bien entrer en prépa mais j’ai peur que mes notes chutent sachant que je suis déjà stressée par celles de terminale. Que pouvez-vous me conseiller ? (Nora)

BC : Voici déjà, un premier conseil tout simple : essayez de ne pas vous culpabiliser, de ne pas vous stresser !
Il faut admettre que déjà en temps normal, l’année de terminale est une année particulière avec Parcoursup, mais qu’en plus avec la crise sanitaire, ce n’est pas simple de se projeter dans l’avenir.

Admettre cela est déjà important pour ne pas se culpabiliser. Ensuite, en prépa, le rapport aux notes est tout à fait différent qu’en lycée. L’enjeu par exemple cette année sur vos notes est d’avoir un bon dossier pour la suite. En prépa, nous aurez deux ans pour progresser ! Ce sont les progrès que vous allez réaliser qui vont compter. L’optique est donc différente, c’est moins une performance de court terme qu’il faut viser que les progrès que vous pourrez réaliser.

VB : N’hésitez pas ! Rien ne dit que vos notes vont dégringoler. Une baisse est cependant probable car les professeurs sont là pour vous préparer à un concours exigeant et ils ont deux ans pour cela. La note doit être comprise comme l’illustration de votre niveau à un moment donné, qui ne sera pas le vôtre à l’issue des deux années de prépa. Elle doit permettre de vous jauger par rapport aux exigences des concours et de réfléchir avec vos professeurs à ce que vous pouvez faire pour l’améliorer la fois prochaine. Une mauvaise note ne doit surtout pas décourager mais au contraire motiver pour faire mieux à l’avenir.

Quelle est la charge de travail par rapport au lycée ? (Lou-Anne)

VB : La classe prépa demande beaucoup de travail. En ECG, vous aurez entre 27 et 29 heures de cours auxquelles s’ajoutent les heures de khôlles (en moyenne 40 minutes par étudiant par semaine), les devoirs sur table et le travail personnel. Cela peut paraître beaucoup mais toutes les filières post-bac exigeantes nécessitent aussi un travail conséquent pour réussir, il n’y a pas de secret. En prépa, l’étudiant est très encadré par ses professeurs qui l’écoutent, le guident, le rassurent. Le jeu en vaut cependant la peine car la prépa est aussi une école de la vie : avoir deux ans pour essayer de donner le meilleur de soi-même permet vraiment de mieux se connaître, ce qui sera utile dans la vie future, personnelle et professionnelle. C’est aussi pour cela que deux ans de prépa sur un CV est quelque chose de valorisant.


BC : Oui, en effet, la charge de travail est par nature réelle car c’est un peu le « jeu » de la préparation aux concours qui veut cela. La grande différence, sans doute, c’est qu’au lycée, le travail donné dans la plupart des cas a un caractère obligatoire. En prépa, c’est différent. Le professeur donne davantage de pistes de travail pour permettre à ses élèves de s’organiser entre ce qu’ils pourront réellement faire. C’est donc plus à géométrie variable en fonction du temps qu’ils peuvent y consacrer dans leur agenda, mais aussi de leur efficacité et de leur organisation.
Par exemple, je recommande vraiment aux élèves de travailler par petits groupes dès le début de l’année car l’intelligence collective est un ressort extraordinaire de réussite et de motivation !

Je sais depuis la seconde que je veux aller en prépa. Quels conseils me donnez-vous pour me préparer cet été ? (Arthur)

BC : Belle anticipation ! Je vois que vous êtes déjà prêt ! N’ayez aucune inquiétude car en fin d’année scolaire (en général fin juin), les prépas réunissent leurs futurs élèves pour leur présenter leurs futurs professeurs. Ils vous diront eux-mêmes le travail à réaliser pendant l’été.
Donc quelle que soit la condition sanitaire, vous serez tenu informé par votre lycée qui vous transmettra le travail à faire pendant l’été.

Est-ce qu’il y a une vie sociale lorsqu’on est en prépa ? (Lilou)

VB : Oui, heureusement ! Et c’est même très fortement conseillé pour réussir. Il est absolument nécessaire de se réserver des plages horaires durant lesquelles on coupe tout, on s’aère l’esprit. Un de mes anciens étudiants ayant intégré HEC utilise la métaphore du marathon pour expliquer ce qu’est la prépa. Il faut maintenir un rythme constant pour couper la ligne d’arrivée avec succès. Inutile de sprinter, on s’essoufflerait bien trop vite. Il faut donc se ménager des temps de récupération. Une enquête de l’Edhec en 2020 auprès d’environ 2000 étudiants de classes prépa au moment des concours montre que 84 % ont exercé une activité extra-scolaire pendant leurs deux années de préparation. Dans cette même étude, plus de 9 étudiants sur 10 recommandent la classe prépa.

Est-ce qu’en prépa, il y a une grosse concurrence entre les élèves qui veulent tous devenir « premier de la classe » ? (Amine)

BC : Je pense vraiment que la grande majorité des élèves de prépa ne voient pas les choses de cette façon ! Par contre, ils se souviennent (souvent avec nostalgie) de la très forte solidarité entre eux quand ils commencent à se sentir fatigués et que le rythme de travail reste dense. Une classe de prépa, c’est aussi un lieu de vie. On passe plusieurs heures par jour avec ses camarades, on fait son sapin de Noël, on vit ensemble et on surmonte les épreuves ensemble, les coups de blues, et on partage aussi beaucoup de complicité.

Je poursuis les spécialités SES et LLCE-Anglais, ai-je une chance d’intégrer une Prépa économiques et commerciale ? (Sandrine)

Pour postuler à une Prépa économique et commerciale, il est nécessaire de conserver les mathématiques en terminale, assortie ou pas de l’option « maths expertes », ou avoir pris l’option « maths complémentaires »).

Pouvons-nous raccrocher à Sciences Po en 3ème année après une prépa Cachan D2 ? (Thibault)

VB : Les candidatures pour Science Po se font lors de l’année de terminale pour l’intégrer juste après le bac ou alors après avoir validé un bac + 3. L’entrée à Bac + 2 n’est pas a priori possible.

Vous souhaitez poser vos questions sur les classes prépas ?

Béatrice Couairon a participé au live organisé par le quotidien Le Monde sur les classes préparatoires :