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Définition :
Le libéralisme économique est un ensemble de doctrines issues du libéralisme politique des Lumières, au XVIIème siècle, fondé sur la liberté et la promotion des droits individuels contre l’autorité arbitraire des gouvernements. Le libéralisme économique étend la sphère de la liberté au domaine économique.
L'essentiel :
Le libéralisme économique est une doctrine qui affirme que l’économie de marché (dans une économie capitaliste, puisqu’il n’existe pas d’économie de marché non capitaliste) est la meilleure manière d’assurer la croissance et d’améliorer le niveau de vie des populations. Ce dernier point est très important car on pense souvent que le libéralisme est une idéologie au service de la classe dominante, donc des plus riches. Rien n’est plus faux : les défenseurs du libéralisme pensent qu’il est le système le plus à même d’améliorer le sort des couches défavorisées de la société.
Dans une économie capitaliste, le libéralisme économique est un système basé sur la propriété privée et dans lequel les décisions de production se font par l’initiative décentralisée des agents économiques dans un but d’obtention du profit, sous la guidance d’un système de prix et dans un contexte de concurrence. L’obtention du profit est le signe que l’initiative privée rencontre les besoins sociaux, tels qu’ils s’expriment dans une demande sur les marchés.
Aujourd’hui comme hier, Adam Smith est une référence incontournable lorsqu’il s’agit de fonder la défense du libéralisme économique. Deux grands arguments sont mobilisés par Smith, le premier figurant dans la Théorie des sentiments moraux (1759), le second dans La richesse des nations (1776).
Dans La théorie des sentiments moraux, Smith développe la parabole du jeune homme pauvre et ambitieux. Il y explique que certes, ceux qui cherchent le vrai bonheur et la sagesse doivent éviter d’entrer dans le cercle de la vanité et de l’enrichissement, mais qu’il est cependant heureux qu’il y ait des gens comme les jeunes hommes ambitieux car ce sont ceux qui, sans en avoir l’intention, améliorent le sort des autres membres de la société. En d’autres termes, l’égoïsme est le ressort du développement économique. Cette argumentation est intéressante car elle met en doute le caractère moral de la recherche du profit, qui est une préoccupation importante de nos jours. Pour Smith, le ressort ultime de la recherche du profit est l’égoïsme et la vanité, et cela n’a rien de moral. C’est pourtant la voie à suivre si on souhaite un accroissement du niveau de vie des populations, par la création d’un environnement économique dans lequel on donne libre cours à la recherche des intérêts individuels.
Mais la défense d’un tel système économique doit expliquer pourquoi ce dernier ne mène pas à l’anarchie. C’est le deuxième argument exposé dans La richesse des nations. Selon Smith, il existe un système de règles, analogue aux lois de la physique newtonienne(ou lois naturelles) qui contraignent le comportement des agents. Smith formule alors une théorie de l’équilibration du système économique, dans lequel la notion de prix d’équilibre joue un rôle pivot. Cette théorie, qu’on a appelé théorie de la gravitation, exposée dans le chapitre VII du livre I de La richesse des nations, repose sur l’idée qu’il existe une situation d’équilibre dont l’atteinte représente une situation d’optimum social. Il existe des forces de rappel faisant en sorte que les agents économiques mus seulement par leur intérêt personnel agissent de telle manière que l’équilibre résulte de leurs actions. En effet, si le prix de marché est différent du prix d’équilibre, cela signifie que les facteurs de production (soit le facteur travail, soit le facteur capital) ne sont pas rémunérés à leur valeur normale. Dans les branches où le prix de marché est supérieur au prix d’équilibre, la rémunération est supérieure au taux naturel (et inversement dans les branches où le prix de marché est inférieur au prix d’équilibre). Cela incite les agents à reconsidérer leurs activités et à les déplacer vers les branches dans lesquelles les rémunérations des facteurs sont les plus avantageuses. Mais pour que ce mécanisme fonctionne, plusieurs conditions sont réunies : il faut bien sûr que les prix soient flexibles, qu’il n’y ait pas d’obstacle à la mobilité, et qu’il n’y ait pas non plus de situations d’oligopole ou de monopole.
Pour revenir à la question du sort des plus défavorisés évoquée plus haut, il est clair que, contrairement aux préoccupations contemporaines, l’égalité n’est pas un thème mis en avant par Adam Smith. Cela s’explique pour deux raisons. La première est la thèse du « trickle down » (ou ruissellement). La richesse créée par les capitalistes va se répandre graduellement vers les classes les plus défavorisées, et ce qui compte, ce n’est pas de réduire l’écart entre les riches et les pauvres, mais que le niveau de vie des plus démunis s’améliore avec la croissance économique. La deuxième raison est que, pour lui, l’inégalité n’est pas dramatique si elle s’accompagne de la mobilité sociale. Il faut que les membres de la classe inférieure aient la possibilité de grimper dans l’échelle sociale, s’ils sont prêts à faire les sacrifices nécessaires pour y parvenir (méritocratie).
On peut ajouter que le libéralisme économique d’Adam Smith ne s’accompagne pas d’un soutien inconditionnel à la classe des capitalistes. Pour Smith, l’écueil à éviter est que les capitalistes détournent le système à leur avantage, ce qui est possible quand la concurrence s’efface et que des positions de rente apparaissent. Adam Smith a des mots très durs pour les « maîtres », qu’il accuse de toujours comploter contre les travailleurs.