Définition :
Le développement économique correspond à une amélioration qualitative des conditions de vie des individus d’un pays. Il est souvent compris à partir de la définition qu’en propose François Perroux dans L’économie du XXe siècle : selon lui, le développement est la « combinaison des changements mentaux et sociaux d'une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global », il s’agit d’une amélioration qualitative de la vie des individus dans un pays.
L'essentiel :
La notion de développement économique émerge dans l’après seconde guerre mondiale. Le président des États-Unis, Harry Truman évoque ainsi des « régions sous-développées » que les Etats-Unis et les organismes de l’ONU récemment créés devraient soutenir.C’est ainsi que le développement devient progressivement un élément central du mandat de la Banque mondiale, qui gère notamment l’aide au développement.
En 1966 est créé le PNUD, programme des Nations-Unies pour le développement, qui cible les économies que l’on appelle alors les pays « en voie de développement » (préférée à celle souvent utilisée jusqu’alors d’économies « sous-développées »). Progressivement, cette appellation est remplacée par celle de « pays en développement ». A partir des années 1980 et suite au constat de divergences croissantes entre économies en développement, la classification s’affine. L’ONU identifie ainsi les « pays les moins avancés », qui ont un statut à part (par exemple à l’OMC) et se caractérisent par un faible revenu par tête, une faible accumulation de capital humain et une forte vulnérabilité économique. A l’opposé, certaines économies connaissent une croissance rapide, qui semble pouvoir favoriser leur développement, ce sont les économies que l’on qualifie d’émergentes et qui s’organisent, notamment au sein du groupe des BRICS, pour promouvoir une voie originale de développement économique. Si le concept de développement est parfois critiqué comme imposant aux pays du monde entier une voie qui est celle suivie par les économies occidentales, il existe, dans les organisations internationales une forme de consensus pour faire du développement un objectif central.
Les classifications des pays selon leur « stade » de développement et les politiques de développement supposent de disposer d’indicateurs pour objectiver le niveau de développement économique des pays. Dans un premier temps, c’est le PIB par habitant qui a été mobilisé, parfois le revenu par tête (revenu national brut), plus pertinent du fait qu’il tient compte des transferts internationaux de revenus, qui sont relativement importants pour les économies les plus pauvres. La Banque mondiale classifie ainsi les économies selon leur niveau de revenu national brut par habitant. En 2026, un pays est considéré comme à faible revenu quand son revenu annuel par habitant est inférieur à 1135 dollars. D’autres seuils permettent de distinguer les économies à revenu intermédiaire (faible ou fort) et les économies à revenu élevé.
Cependant, cet indicateur purement quantitatif est assez limité car le niveau de développement ne se réduit pas au revenu national. La question de l’utilisation et de la répartition de ce revenu doit aussi être prise en compte. C’est pour intégrer ces dimensions que le PNUD, sous l’impulsion d’Amartya Sen et Mahbub ul Haq a créé l’indice de développement humain en 1990. Cet indice s’inspire de la notion de « capabilités » dont le manque caractériserait les économies en développement. On peut définir ces capabilités comme la possibilité pour les individus de vivre en fonction de leurs choix et non de contraintes liées à la pauvreté.
L’IDH est un indicateur synthétique construit sur trois dimensions : un indicateur économique, un indicateur de santé et un indicateur d’éducation. Pour chacune de ces dimensions, le pays reçoit un « score » dépendant de sa distance aux valeurs mondiales les plus élevées et ces scores sont synthétisés pour donner une valeur comprise entre 0 et 1 (qui serait le niveau de développement le plus élevé). Les économies dont l’IDH est inférieur à 0,550 sont considérées comme étant à « développement humain faible », au-dessus d’elles (IDH compris entre 0,550 et 0,699) on retrouve celles à « développement humain moyen », puis les économies à « développement humain élevé » (IDH entre 0,700 et 0,799) et enfin les économies à « développement humain très élevé » (IDH supérieur ou égal à 0,800). L’intérêt est moins dans le classement pays par pays que dans cette classification par grandes catégories. Conscients de certaines limites de l’IDH, le PNUD propose des indicateurs complémentaires, tenant compte du niveau d’inégalités (IDH ajusté aux inégalités), des inégalités de genre (indice d’inégalités de genre), des spécificités des économies les plus pauvres (indice de pauvreté multidimensionnelle, des dégradations environnementales (IDH ajusté aux pressions exercées sur la planète).
La notion de développement soutenable apparaît avec le rapport « Bruntland » rédigé pour l’ONU en 1987. Le développement soutenable, ou développement durable y est défini comme un développement « qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Les « besoins » en question sont d’abord vus comme étant ceux des plus démunis. Cette approche du développement soutenable invite à tenir un équilibre entre des objectifs économiques (favoriser la croissance actuelle sans limiter celle du futur), sociaux (satisfaire les besoins premiers, lutter contre l’exclusion et développer les capabilités) et écologiques (préserver les ressources naturelles et la biodiversité et limiter la pollution).
Mise au coeur de l’action de l’ONU, cette notion de développement durable a été traduite, en 2015 par les 17 objectifs de développement durable (« sustainable development goals »), qui sont des cibles visées pour l’horizon 2030. Les 17 objectifs sont, eux-mêmes, traduits sous la forme de cibles concrètes (169 en tout). Si les objectifs environnementaux sont nombreux : recours aux énergies renouvelables (objectif 7), villes et communautés durables (11), consommation et production responsables (12), lutte contre le changement climatique (13), vie aquatique (14) et vie terrestre (15), on retrouve aussi des objectifs plus économiques et sociaux (égalité entre les sexes, lutte contre la faim, éradication de la pauvreté...). Surtout, l’idée est que ces objectifs sont considérés comme complémentaires : on ne peut viser une amélioration dans l’une des dimensions sans se soucier des autres cibles.