La COP30
Dix ans exactement après l’Accord de Paris, la COP30, trentième édition de la grande conférence climatique mondiale, s’est tenue du 10 au 22 novembre 2025 à Belém. Près de 56 000 participants issus de 189 pays s'y sont retrouvés : représentants des gouvernements, élus locaux, entreprises ou encore ONG.
La COP30 illustre un mécanisme central de la gouvernance mondiale : la négociation multilatérale. L'accord final, jugé « nécessaire mais imparfait », met en lumière une tension classique en sciences sociales, entre la recherche d'un bien commun (ici la stabilisation du climat) et la défense d'intérêts nationaux divergents.
Cette table ronde, organisée dans le cadre du volet Planète de Melchior, propose d’en décrypter les mécanismes, les avancées et les blocages, sous un angle économique et institutionnel, autour de quatre axes :
- Comprendre le fonctionnement d’une COP : architecture institutionnelle et processus de négociation ;
- Le financement de la transition et mécanismes économiques ;
- Les points d’avancée et verrous persistants ;
Le rôle du secteur privé dans la gouvernance climatique mondiale.
Liens avec les programmes de sciences économiques et sociales au lycée
La thématique de la COP30 et des négociations climatiques offre un terrain d’illustration privilégié pour de nombreux questionnements inscrits dans les programmes officiels de SES. La liste ci-dessous recense les principaux points de programme que les enseignants pourront relier aux échanges de la table ronde, afin de les exploiter dans le cadre de leurs cours.
Niveau Seconde
Chapitre "Comment crée-t-on des richesses et comment les mesure-t-on ?"
- Limites écologiques de la croissance,
- Limites du PIB comme indicateur de bien-être.
- La COP30 interroge le modèle de développement fondé sur l’exploitation intensive des ressources fossiles.
Chapitre "Comment se forment les prix sur un marché ?"
- Effets d’une taxe ou d’une subvention sur l’équilibre de marché.
- Les marchés carbone et la taxation du CO₂ illustrent concrètement l’impact d’instruments fiscaux sur les prix et les comportements des agents.
Niveau Première
Chapitre "Quelles sont les principales défaillances du marché ?"
- Externalités négatives (pollution, émissions de GES),
- Biens communs (climat, atmosphère),
- Intervention des pouvoirs publics.
- La COP30 est une tentative de réponse institutionnelle multilatérale à la défaillance de marché la plus globale qui soit.
Chapitre "Comment les agents économiques se financent-ils ?"
- Marché des fonds prêtables,
- Rôle de l’État,
- Financement de l’investissement.
- L’objectif de 1 300 milliards USD/an et les mécanismes de financement climat (fonds verts, obligations vertes, garanties publiques) illustrent les enjeux du financement à l’échelle internationale.
Chapitre "Comment les entreprises sont-elles organisées et gouvernées ?"
- Parties prenantes,
- Gouvernance,
- RSE.
- La participation de grands groupes (Saint-Gobain, VINCI) aux négociations climatiques illustre la prise en compte des parties prenantes extra-financières et la transformation des modèles d’affaires.
Niveau Terminale
Chapitre "Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?"
- Croissance soutenable,
- Limites écologiques (réchauffement, épuisement des ressources),
- Rôle de l’innovation verte.
- La COP30 illustre le débat entre poursuite de la croissance et respect des limites planétaires, et le rôle du progrès technique endogène dans la transition.
Chapitre "Quels sont les fondements du commerce international ?"
- Compétitivité,
- Chaîne de valeur,
- Débat libre-échange / protectionnisme.
- Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF) et les discussions sur le commerce à la COP30 illustrent les tensions entre règles commerciales et objectifs climatiques.
Chapitre "Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?"
- Intégration européenne,
- Politique de la concurrence, politique budgétaire et monétaire.
- La CDN européenne (−66 à 72,5 % d’ici 2035) et le Pacte vert illustrent la construction d’une politique climatique à l’échelle du marché unique, sous contrainte d’unanimité.
Chapitre "Quelle action publique pour l'environnement ?"
- Réglementation,
- Marchés de quotas d’émission,
- Taxation,
- Subventions à l’innovation verte,
- Bien commun,
- Stratégies de passager clandestin,
- Négociations internationales.
- Ce chapitre constitue le point d’ancrage le plus direct de la table ronde dans le programme : la COP30 en est l’illustration la plus complète.
Chapitre "Quelles mutations du travail et de l'emploi ?"
- Travail et intégration sociale,
- Qualité des emplois,
- Transformation des métiers.
- La transition énergétique crée et détruit des emplois ; le mécanisme de transition juste (Belem Action Mechanism) lancé à la COP30 vise à en atténuer les impacts sociaux.
À propos des intervenants

Atika Ben Maïd
Responsable adjointe de la Division Climat et Nature de l’Agence Française de Développement
Atika Ben Maid est Responsable adjointe de la Division Climat et Nature de l'Agence Française de Développement depuis septembre 2023, et co-présidente du Groupe de travail Climat de l'IDFC depuis septembre 2023.
Avant de rejoindre le bureau de Paris, elle était Cheffe d'unité, Ressources naturelles et Finance durable, au bureau de l'AFD au Caire depuis septembre 2019. Cette unité couvre les secteurs de l'intermédiation financière, de l'eau et de l'assainissement, ainsi que du développement rural.
Auparavant, elle a dirigé l'unité Infrastructures (couvrant l'eau et l'énergie) au bureau de l'AFD en Jordanie pendant 5 ans, après avoir exercé les fonctions de conseillère politique sur les questions d'eau au ministère de la Transition écologique et inclusive.
Elle est titulaire de quatre masters en génie civil, sciences politiques, économie et finance.
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John Dulac
Responsable Groupe Changement Climatique, Saint-Gobain
John Dulac est responsable du changement climatique chez Saint-Gobain où il veille sur la progression du Groupe vers la neutralité carbone et anime les feuilles de route CO2 avec ses différentes activités. Il a rejoint Saint-Gobain en 2022, après avoir occupé les postes d'analyste principal en financement des énergies propres à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de responsable du secteur du bâtiment au sein de l'équipe « Technologies et politiques énergétiques » de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Ingénieur en environnement de formation, John est titulaire d'un double master en affaires internationales et en développement urbain durable de l'université Columbia.
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Christian Gollier
Professeur à l'école d'économie de Toulouse, Lead author des 4ème et 5ème rapports du GIEC
À l'origine de la fondation Jean-Jacques Laffont/Toulouse School of Economics avec Jean Tirole en 2007, il en a été le directeur entre 2009 et 2024 (avec une interruption). Il est spécialiste d’économie de l’incertain et du climat. Il a obtenu une Advanced ERC Grant en 2009, ainsi que trois délégations à l’Institut Universitaire de France. Il est fellow de l’Econometric Society. Il a été titulaire d'une chaire annuelle au Collège de France. Christian Gollier a publié plus de 140 articles dans des revues scientifiques internationales, ainsi que 10 livres sur le risque dont “The Economics of Risk and Time” (MIT Press), qui a remporté le “Paul A. Samuelson Award” (2001). Il est l'un des auteurs des 4ème et 5ème rapports du GIEC. En outre, il conseille régulièrement des gouvernements sur leur politique d’évaluation des investissements publics. Il a présidé l’EAERE, l’association européenne des économistes de l’environnement.
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Christian de Perthuis
Économiste, fondateur de la Chaire Économie du Climat de Paris Dauphine-PSL
Christian de Perthuis est économiste. Il a travaillé pendant dix ans sur les questions de développement agricole, en Algérie (Institut de Technologie Agricole) puis en France (Chambres d’Agriculture). Il a ensuite rejoint des instituts de recherche macroéconomique : Rexecode puis le BIPE. Il a été nommé professeur associé à l’université Paris-Dauphine en 1999. À partir de 2003, il a réorienté son activité sur les questions climatiques : à la Caisse des Dépôts où il a dirigé la Mission Climat et à l’université Paris Dauphine-PSL où il a fondé la Chaire Économie du Climat en 2009. Ses travaux sur la tarification carbone font référence. Christian de Perthuis a conduit différentes missions pour les pouvoirs publics dont la Présidence du Comité pour la Fiscalité écologique. Il est engagé dans deux ONG : Agrisud, développement agricole dans les pays moins avancés ; Langage & Intégration, inclusion des enfants souffrant de handicaps auditifs et/ou de troubles sévères du langage.
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