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Cours de Terminale ES : 2. Mondialisation, finance internationale et intégration europenne

Question 2. Quelle est la place de l'Union européenne dans l'économie globale ?

Découverte

Document 1 - Le choix de l’intégration

Après les échecs des tentatives de création de Communauté politique (1953) et de Communauté européenne de défense (1954), c’est encore Jean Monnet 1 qui va relancer l’idée européenne en créant le comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe. L’action du comité est directement à l’origine de la conférence des ministres des Affaires étrangères des Six à Messine (1er et 2 juin 1955) qui vont confier le soin à Henri Spaak2 d’établir un projet de communauté économique européenne dont l’aboutissement sera la signature des deux traités de Rome (CEE et CEEA [Communauté européenne de l’énergie atomique]) le 25 mars 1957.

A partir de cette date la construction européenne est renforcée par le rapprochement de deux pays, la France et l’Allemagne, et la rencontre de deux hommes : de Gaulle et Adenauer. [...] L’Angleterre, dès cette époque, aurait souhaité que l’Europe se dilue dans une sorte de zone de libre-échange. Elle créera d’ailleurs l’Association européenne de libre-échange (AELE) (qui comprend sept Etats : Angleterre, Autriche, Danemark, Norvège, Portugal, Suède et Suisse).

Pourtant, en 1961, devant le succès du marché commun, l’Angleterre demande son adhésion, poussée sans doute dans ce sens par les Etats-Unis favorables au développement de la CEE dans laquelle ils voient avant tout un débouché considérable pour leurs exportations. [...] De Gaulle ne manque pas une occasion de manifester son hostilité à toute construction fédéraliste. La crise de l’Europe politique est déjà ouverte. En revanche, au même moment l’intégration économique se réalise conformément aux objectifs que s’étaient fixés les auteurs du traité de Rome. Dans leur esprit c’est avant tout l’idée de créer un grand marché qui a prédominé en raison de tous les avantages techniques et financiers attachés à une telle création : transformation des structures de production, spécialisation plus poussée, qui se traduit par une baisse des coûts de production et donc à terme un relèvement des niveaux de vie.

1 Engagé auprès de de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient en 1945 commissaire au plan. Il est chargé d'appliquer le premier « plan de modernisation et d'équipement » de la France, de 1947 à 1953. Jean Monnet s'engage ensuite dans la construction européenne en participant à l'élaboration du plan Schuman qui a institué la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier). Premier président de la Haute Autorité de la CECA, jusqu'en 1955

2 Homme d'État belge (1899-1972). Il est aussi considéré comme l'un des Pères de l'Europe.

Source : Christian HEN, Jacques LEONARD, L’Europe, La découverte, 1989.

 

  1. Qui va relancer « l’idée européenne » ?

  2. Quels ont été les deux pays moteurs dans la construction européenne ? Comment pouvez-vous l’expliquer ?

  3. Pour les auteurs du Traité de Rome quels sont les objectifs de l’intégration économique ?

Document 2 - Différents degrés d’interdépendance entre Etats

L’économiste hongrois Béla Balassa décrit dans "The theory of economic integration" (1961), les différentes étapes du processus d’intégration régionale : la zone de libre-échange (free trade area), l’union douanière (customs union), le marché commun (common or single market), l’union économique et monétaire (economic union) et enfin, le stade ultime, l’union politique (political union).

 

 

  1. A quel stade d’intégration est arrivée l’Union européenne? 

  2. Complétez ce texte à l’aide de la carte mentale ci-dessus et des termes ou expressions suivants: tarif extérieur commun, librement, Union économique européenne douanière, harmonisation, marchés, Mercosur, personnes, normes, ALENA. 

La zone de libre-échange est un ensemble de pays entre lesquels les marchandises circulent ................ Une zone de libre-échange est caractérisée par le fait que chaque pays demeure totalement libre de son tarif extérieur vis-à-vis des pays non-membres de la zone, contrairement à une union ........... . L’ .................. est un exemple de zone de libre échange. L’union douanière met en place un TEC (........................................................) ainsi qu’une harmonisation des ......................... techniques et sanitaires. Le .......................... est une Union douanière comme l’était la CEE.

Le marché commun est une union douanière complétée par une ouverture de l’ensemble des............................ : marché des biens, des services, du travail, des capitaux. Il repose également sur la libre circulation des ......................... et des capitaux. Le marché commun du Golfe est un exemple de ce type d’intégration. 

L’union économique correspond au marché commun plus l’...................................des politiques économiques. Enfin le dernier niveau d’intégration est l’union économique et monétaire. Elle comporte la mise en place de politiques communes mais aussi la création d’une zone de parités fixes entre les membres et éventuellement la création d’une monnaie commune (comme l’ECU) voire unique (comme l’Euro). L’exemple le plus abouti de l’intégration économique est l’.......................................................

Document 3 - L’euro

Quarante ans se sont écoulés depuis la conférence de Messine, quarante ans auront été nécessaires pour passer d’une Communauté à six à une Union à quinze. Mais au 1 er janvier 1995, nous n’avons pas encore de monnaie unique, ni de nom à donner à cette monnaie. Le Sommet de Madrid, les 15 et 16 décembre 1995, décide du nom de la monnaie commune européenne : ce sera l’euro. Le Sommet précise également la date de son lancement : le 1 er janvier 1999. Pour pouvoir prétendre à l’euro, il faut non seulement avoir satisfait aux critères de Maastricht et avoir fait ratifier le traité par chaque Etat membre, mais encore s’engager à respecter dans le futur des règles communes de discipline budgétaire. Le Sommet d’Amsterdam, des 28 et 29 mai 1997, adopte le pacte de stabilité définissant ces règles au sein de la future zone euro, en reprenant les conclusions du Conseil européen de décembre 1996. Le Pacte de stabilité budgétaire et de croissance oblige les pays ayant adopté l’euro à ne pas avoir un déficit budgétaire supérieur à 3% du PIB, sous peine de sanctions s’il n’est pas corrigé dans le délai d’un an. L’objectif, à terme, est de parvenir à l’équilibre budgétaire, voire de disposer d’un excédent budgétaire. Le 1 er janvier 1999, onze des quinze pays membres de l’Union adoptent l’euro, en remplacement de leurs monnaies nationales respectives. Manquent à l’appel : le Danemark, la Grèce, le Royaume-Uni et la Suède.

Source : Henri-Louis VEDIE, L’Europe à vingt-cinq , Dunod, 2005.

 

 

  1. Comment est décrite la mise en place de la monnaie unique ?

  2. A quelles règles doivent se plier les pays souhaitant intégrer la zone euro ?

  3. Parmi les quatre pays qui n’ont pas choisi l’euro comme monnaie au 1er janvier 1999, lequel ou lesquels a (ont) depuis intégré la zone euro ?

Document 4 - Les performances économiques de la zone euro sur la période 1999-2008

Source : Jérome CREEL, Jean-Paul fitoussi, Eloi LAURENT et Jacques LE CACHEUX, Lettre de l’OCDE , n°304, 22 décembre 2008.

 

  1. Comment ont évolué les performances économiques de la zone euro entre 1992 et 2008 ?

  2. Sur la période 1999-2008, comparez les performances économiques des pays de la zone euro et celles des Etats-Unis.

  3.  En quoi l’intégration à la zone euro a t- elle été profitable?

Document 5 - La Banque centrale européenne

La création d’une Banque centrale européenne est un événement historique. Pour la première fois dans l’histoire contemporaine, plusieurs pays décident de confier à une même banque centrale la conduite d’une politique monétaire unique dans l’ensemble de la zone qu’ils constituent. Cette décision fait de la Banque centrale européenne (BCE)- à laquelle le pouvoir monétaire est officiellement transféré le 1 er janvier 1999- la première institution fédérale européenne. [...] Selon le traité de Maastricht, l’objectif de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Ses autres missions sont subordonnées à sa réalisation : « sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, (la BCE a pour mission) de soutenir les politiques économiques générales dans l’Union conformément au principe d’une économie de marché où la concurrence est libre ».Contrairement à la loi régissant le statut de la Réserve fédérale américaine, il n’est pas fait référence à un objectif de croissance ou d’emploi.

Le traité de Maastricht ne définit pas ce qu’est la stabilité des prix. Cette définition a été donnée par la BCE qui a pris en compte la définition utilisée auparavant par la Bundesbank et la Banque de France, à savoir une augmentation de l’indice des prix à la consommation ne dépassant pas 2%.

Source : Frédéric Mishkin, Monnaie, banque et marchés financiers , Pearson Education, 2007.

 

 

  1. Quelle politique est confiée à la BCE ?

  2. Quel est l’objectif principal de la BCE en menant cette politique?

  3. A l’aide d’un exemple, montrez que cet objectif n’est pas toujours conciliable avec la croissance et l’emploi.

Document 6 - Les institutions européennes
  1. Attribuez à chacune des ces institutions européennes une fonction.

 

  1. Quelle institution dont les membres sont élus au suffrage direct est une « représentation des citoyens des États membres de l’Union Européenne » ?
Document 7 - Le poids démographique de l'Union européenne

Source : Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales, Division de la population

Source : Chiffres clés de l’Europe, édition 2011, Eurostat , Commission européenne.

 

  1. Quelle est la part de l’UE-27 dans la population mondiale en 2010?

  2. Sachant qu’en 2010, la population mondiale s’élevait à 6.8 milliards d’habitants, quel était le niveau de la population dans l’UE-27 ?

  3. Quels sont les avantages et les limites du poids démographique de l’UE-27 ? 

Document 8 - L'Union européenne dans le commerce international

  1. Quelle place occupe l’UE-27 dans le commerce mondial ?

  2. Comment pouvez-vous expliquer cette place dans le commerce mondial?

  3. Pourquoi doit-on relativiser cette place ?

Document 9 - Les principaux partenaires commerciaux de l'UE - 27

Source : Eurostat (extraction du 31 août 2011)

Source : http://www.insee.fr/fr/themes 

 

 

  1. Que représente le commerce Extra UE-27 ?

  2. Qui sont les deux principaux partenaires de ce commerce ?

  3. Quelle est la situation commerciale de l’UE vis-à -vis de la Chine ? Comment pouvez-vous l’expliquer ?

Document 10 - La stratégie Europe 2020

Alors que le monde sort de la plus forte récession économique connue depuis les années 30, la stratégie Europe 2020 dévoile les réponses européennes pour rebondir après la crise qui a dévoilé les faiblesses économiques structurelles de l'Europe et faire face aux contraintes de la mondialisation, de la raréfaction des ressources et du vieillissement de la population. La Commission européenne estime que ces problèmes peuvent être surmontés, à condition que l'Europe s'engage sur la voie de la transformation qui fera d'elle un marché plus innovant et respectueux de l'environnement, favorisant le bien-être social.

La coordination de l'Union européenne pour une croissance intelligente, durable et inclusive offre trois priorités majeures pour renforcer l'économie européenne : développer une économie basée sur la connaissance et l'innovation ; promouvoir une économie renouvelable, plus verte et plus compétitive et une croissance inclusive ; soutenir une économie créatrice d'emplois, de cohésion sociale et territoriale.

Les grands axes de la stratégie sont la promotion des industries sobres en carbone, l'investissement dans le développement de nouveaux produits, l'exploitation des possibilités de l'économie numérique et la modernisation de l'éducation et de la formation.

L'Union a également fixé 5 objectifs liés entre eux pour guider et orienter les progrès :

  • remonter le taux d'emploi à au moins 75 % contre 69 % aujourd'hui ;
  • consacrer 3 % du produit intérieur brut à la recherche et au développement, au lieu des 2 % actuels, qui laissent l'Union loin derrière les Etats-Unis et le Japon ;
  • réaffirmer les objectifs de l'Union européenne en matière de lutte contre le changement climatique (dits "20/20/20"), qui sont déjà parmi les plus ambitieux du monde ;
  • proposer de réduire le taux de pauvreté de 25 %, ce qui reviendrait à faire sortir 20 millions de personnes de la pauvreté ;
  • améliorer les niveaux d'éducation en réduisant le taux d'abandon scolaire à 10 % et en portant à 40 % la proportion des personnes de 30 à 34 ans ayant obtenu un diplôme de l'enseignement supérieur ou atteint un niveau d'études équivalent.

Pour réaliser les transformations voulues, la stratégie Europe 2020 propose aux Etats membres d'adopter des objectifs nationaux à travers la mise en place de programmes de réforme propres à chacun d'eux. Par ailleurs, la stratégie Europe 2020 sera institutionnalisée dans un ensemble de lignes directrices intégrées. La Commission suivra les progrès accomplis et avertira les pays qui ne prendraient pas les mesures appropriées. Elle s'attache également à ce que la société civile, les parlements nationaux et les partenaires sociaux soient associés à la mise en œuvre de la stratégie.

La stratégie envisage sept initiatives phares qui visent à stimuler les progrès en termes de croissance et d'emploi, par exemple, l'instrument européen de micro financement grâce auquel l'UE a approuvé 45 000 microcrédits aux chômeurs et aux petites entreprises le 8 mars 2010.

Il s'agit également de favoriser des programmes visant à améliorer les politiques de recherche et développement et à faciliter le financement de la R&D, à accélérer le déploiement de l'internet à haut débit, et à promouvoir l'utilisation d'énergies renouvelables. A cet égard, la Commission a annoncé qu'elle allait investir près de 6,4 milliards d'euros dans la recherche et l'innovation, soit le plus grand investissement jamais réalisé par l'Europe dans ce domaine.

Source : http://ec.europa.eu/europe2020/europe-2020-in-your-country/france/index_en.htm

 

 

  1. A quelle autre stratégie, « Europe 2020 » succède t-elle ? Quels en étaient les objectifs ?

  2. A quels niveaux la stratégie « Europe 2020 » s’en distingue t- elle ?

  3. En quoi la stratégie « Europe 2020 » constitue-t-elle une réponse face à la crise ?

Document 11 - Les objectifs d'Europe 2020

 

  1. Quels sont les domaines qui intéressent la stratégie « Europe 2020 » ?

  2. Quels sont les objectifs chiffrés pour chacun de ces domaines ?

  3. Ces objectifs seront-ils faciles à atteindre ?

Document 12 - Politiques économiques et contraintes extérieures

Il faut distinguer les différents objectifs de la politique économique. Aux fonctions incompressibles de l’Etat (les fonctions régaliennes) se sont historiquement ajoutées : des politiques structurelles avec des objectifs de long terme (qui peuvent concerner la compétitivité, le tissu industriel, la recherche-développement, l’innovation, la cohésion sociale, etc.) ; des politiques microéconomiques visant à soutenir les secteurs en particulier, jugés prioritaires ; des politiques sociales de protection et de redistribution ; d’éventuelles fonctions de production au travers de la nationalisation de certaine industries ou la mise en place de services publics ; enfin, des politiques macroéconomiques de régulation conjoncturelle visant à amortir l’ampleur des cycles économiques, en particulier à éviter les récessions.

Ce sont précisément ces politiques de court terme qui sont mises en cause par la mondialisation et modifiées par l’intégration européenne : l’efficacité de mesures nationales est fortement limitée, en même temps que des mesures prises par d’autres pays ont un effet sur la conjoncture intérieure. Mais les autres champs d’intervention sont également concernés, ne serait-ce que dans la mesure où ils interfèrent avec les contraintes macroéconomiques (prestations sociales et budgets publics, financements d’infrastructures et politiques fiscales, etc.) […]

Source : C. CHAVAGNEUX, F. MILEWSKI, J. PISANI-FERRY, D. PLIHON, M. RAINELLI, J.-P. WARNIER, Les enjeux de la mondialisation ; les grandes questions économiques et sociales, La découverte, 2007.

 

 

  1. Quels sont les différents champs d’intervention des Etats européens ?

  2. Quels sont les effets de la mondialisation et de l’intégration européenne sur l’action de l’Etat ?

  3. Comment les Etats pourraient-ils procéder pour lever ces contraintes ? 

Document 13 - Les relations Etats-banques

 

Complétez ce texte à trous à l’aide du schéma et des termes suivants: Etat, coût, dévalorisation, très important, refinançant, obligations, banques. 

A partir de 2008, les Etats sont venus au secours des .............., notamment en les ..........Compte tenu de la taille des systèmes bancaires dans certains pays, le ...... pour les finances publiques a pu être ..............................Exemple : Irlande.

Par ailleurs, les banques détiennent traditionnellement de gros portefeuilles d’................ émises par leur ....................., ce qui les rend vulnérables à la .................................. des titres publics. 

Document 14 - La crise de la dette souveraine

Comme souvent dans l’histoire financière, la récente crise bancaire internationale a eu pour conséquence une crise de la dette souveraine, qui fragilise aujourd’hui l’économie mondiale, et plus particulièrement l’économie européenne. Cet « épisode » fait ainsi figure de troisième étape d’un processus qui commence avec la crise des subprimes à partir du second semestre 2006, et qui se diffuse à l’ensemble de la planète à partir du krach de l’automne 2008 par une crise de défiance envers les détenteurs de créances titrisées et un assèchement induit des liquidités sur le marché interbancaire. Alors que la mise en place de l’euro avait permis la convergence des taux d’intérêt sur la dette des Etats membres de la zone, la mutualisation par les Etats du risque porté à l’excès par les agents privés fait apparaître une forte discrimination des pays les plus fragiles par les marché financiers. La crise de liquidité sur le marché monétaire se déplace en effet sur le marché des obligations publiques dès lors que les Etats ont joué un rôle d’assureur des banques et, à travers elles, du patrimoine des ménages.

Source : La France et l’Europe face à la crise économique ; la soutenabilité des finances publiques dans la crise, une analyse internationale ; La note de veille, Centre d’analyse stratégique, n°183, juin 2010.

 

  1. Qu’est ce qu’une crise de la dette souveraine ?

  2. Quelle en a été l’origine ?

  3. Quels sont les effets de cette crise au niveau des taux d’intérêt sur la dette des Etats membres de la zone euro ?

Document 15 - La gestion de la crise

La zone euro est prise depuis bientôt trois ans dans une tempête financière que les Etats membres ne parviennent pas à apaiser. Ils ne s’étaient en effet pas préparés à une telle épreuve. Les traités énoncent explicitement que chaque Etat est responsable de ses dettes et ne peut être renfloué par les autres. Ils interdisent aussi à la Banque centrale européenne de financer les déficits publics. Mais ils ne prévoient pas non plus de procédure au cas où un membre aurait des difficultés à honorer ses engagements. Or, l’intégration des marchés financiers européens est telle que la perspective d’un défaut souverain déclenche une contagion virulente.

Dans ce contexte, les Européens tâtonnent pour trouver une issue à la crise. Ils ont brisé un premier tabou en se décidant finalement, de concert avec le Fonds Monétaire international (FMI) à prêter aux pays en crise aigüe. Mais ils l’ont fait in extremis, et en échange d’une rigueur drastique qui a pour effet d’étouffer encore un peu plus l’activité dans les pays en difficulté. […] Par ailleurs, les dispositifs d’assistance financière ne sont pas à la mesure des besoins de financement de pays dont l’accès aux marchés se tend depuis plus d’un an.

Source : S. MOATTI, Une gestion de crise à reculons, Alternatives économiques, « Les chiffres de l’économie 2013 », HS n° 94, 2012.

 

  1. Quels sont les principes énoncés par les traités quant à la gestion de la dette publique ? 

  2. Quels tabous ont du être brisés pour gérer la crise ? 

  3. Ces mesures semblent-elles suffire à une sortie de crise de la zone euro ? 

Document 16 - Des pistes pour réduire les taux d'endettement

Source : P. ARTUS, « Zone euro : est-il possible de réduire les taux d’endettement par la baisse des taux d’intérêt ? », Flash Economie, n° 786, Natixis, 16 novembre 2012.

  1. Comment est le taux d’endettement total des pays étudiés ?

  2. Quel impact pourrait avoir ces trois mesures sur l’endettement total:

- Soutien à l’épargne et réduction de l’investissement,

- Défaut partiel de la dette,

- Taux d’intérêt inférieur au taux de croissance

  1. Parmi ces trois mesures, quelle est celle qui est privilégiée par les Etats-Unis depuis le début de la crise ?

Approfondissement

Faisons le point

La dynamique de la construction européenne

Dans un cadre mondialisé, l’internationalisation des échanges, des flux, l’intensification de la concurrence internationale rendent nécessaire la création de zones économiquement intégrées dont le principe fondateur est de se lier économiquement à d’autres pays en privilégiant dans un 1er temps la zone de libre échange. Ce choix de l’intégration régionale a été retenu par l’Europe. Ainsi dès l’après-guerre la construction de l’Union européenne (UE) a démarré. L’Europe était alors en ruines et il fallait tout reconstruire et trouver une solution au problème d’inimitié chronique existant entre la France et l’Allemagne.  Selon Jean Monnet il fallait l’unité de l’Europe. Il pense alors à un processus de construction « à petits pas », basé sur une collaboration franco-allemande, et propose aux deux pays de coopérer pour produire et commercialiser leur charbon et leur acier. L'idée de Jean Monnet sera reprise par Robert Schuman, qui élargira le 9 mai 1950 l’idée d’une mise en commun des ressources en charbon et en acier de la France et de l’Allemagne au sein d’une organisation ouverte aux autres pays d’Europe. En 1951, six Etats (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) signeront le premier traité européen – le traité de Paris – créant la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (la CECA). C’est ensuite en 1957 que ces 6 Etats décident de se lancer dans une collaboration plus large (économique et commerciale) en signant les traités de Rome (le 25 mars 1957). La Communauté économique européenne (CEE) est créée avec comme objectif : la réalisation progressive d’un marché commun avec une libre circulation des hommes, des produits et des capitaux. Cette grande étape de la construction européenne est complétée par la mise en place de politiques communes et d’institutions politiques (Parlement européen, Conseil de l’Union européenne, commission européenne, BCE ...).

Les avantages de l’Union économique et monétaire

En 1992, en signant le traité de Maastricht qui prévoit la création d'une monnaie unique, 12 pays ont souhaité soutenir les échanges en mettant en place l’Euro comme monnaie unique et commune. Le traité de Nice a été ensuite signé en 2001 pour permettre à l'Union européenne de fonctionner avec 25 membres et même plus (aujourd’hui elle comprend 27 Etats-membres dont 17 membres de la zone euro profitent non seulement des avantages de Grand Marché (progression des débouchés, économies d’échelle, meilleure compétitivité, progression du pouvoir d’achat...) mais aussi de ceux offerts par la monnaie unique (disparition des frais et des risques de change, échanges et financement plus faciles). 

Des politiques communes sous contraintes

Avec le marché commun, c’est une politique commerciale commune qui est mise en place à la suite du Tarif extérieur commun caractéristique de l’union douanière. Dans le domaine du commerce comme dans celui de la concurrence, l’action de la Communauté remplace celle des Etats car elle est jugée plus efficace. Depuis le 1er janvier 1999 avec la mise en place de l’Euro c’est la politique monétaire qui devient commune. Les Etats ne peuvent plus agir directement par l’intermédiaire de leur banque centrale sur le niveau des taux d’intérêt. Ils ont ainsi perdu l’outil monétaire et conservent les seuls outils budgétaires pour réguler l’activité économique. Les marges de manœuvre dans ce dernier domaine sont cependant limitées car le Traité de Maastricht oblige les Etats candidats à l’intégration à la zone euro à respecter un certain nombre de critères.

L’Europe entre divergences et crise

Principalement fondée sur la suppression des obstacles aux échanges mais peu sur la coordination des politiques nationales, on observe un accroissement des divergences entre Etats-Membres en particulier quand le contexte économique n’est pas favorable. Les comportements non coopératifs sont fréquents, l’absence d’une véritable politique de relance coordonnée est regrettée. Les désaccords entre Etats progressent relançant le débat sur l’avenir de l’Europe et en particulier celui de la zone euro où un certain nombre de pays sont touchés par la crise des dettes souveraines. Depuis le krach financier de 2008, l’économie européenne est fortement ralentie, les politiques d’austérité mises en place pour assainir les finances publiques accentuent la récession. Une spinale récessive s’installe. Les dispositifs d’aide aux pays les plus endettés (Grèce, Espagne, Italie, Irlande, Portugal) sont insuffisants au regard du montant des prêts accordés et de celui des dettes cumulées.

À lire

Coup de heart de Melchior 

Tout ce qu'il faut savoir sur l'Europe : à voir et à revoir

 

Sites :
 

Toute l' Europe : le portail français sur les questions européennes www.touteleurope.eu Europe .gouv.fr, site d'information sur l' Europe et les institutions ... archives. europe .gouv.fr/ Europe : Toute l'actualité sur Le Monde.fr. www.lemonde.fr/europe/ l'office statistique de l'Union européenne - Eurostat - Europa epp.eurostat.ec.europa.eu/ statistics .../index... European .../fr Banque de France: Chiffres clés de la zone euro www.banque-france.fr Les spécificités du budget de l' Union européenne www.performance-publique.budget.gouv.fr BCE : The European Central Bank www.ecb.int/ecb/html/index.fr.html OCDE http://www.oecd.org/fr/statistiques/

 
Livres et articles :
 

G. Zucman, l'Europe après la crise, Regards croisés sur l'économie, n° 11, juin 2012. A. Brender, F. Pisani et E. Gagna, La crise des dettes souveraines, La découverte, 2012. B. Benoit, R. Saussac, J. Kogej et J.-F. Malterre, L’Europe- Le monde en fiches, Bréal, 2012. S. Berstein et P. Milza, Histoire de l’Europe : Du XIXème siècle au début du XXIè siècle, Hatier, 2006. J.-P. Piriou, Les grandes questions économiques et sociales 3, Les enjeux de la mondialisation, La Découverte, 2007. F. S. Mishkin, Monnaie, banque et marchés financiers, Pearson Education, 2007. J. Matheron, B. Mojon et J.-G. Sahuc, La crise de la dette souveraine et la politique monétaire, Banque de France, Revue de la stabilité financière, n°16, Avril 2012. M. Sylvain, F. Aubry-Louis, La gouvernance économique européenne en question face à la crise, Ecoflash, n°240, avril 2009.

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