Terminale : cours et corrigés

Synthèse

ressources pédagogiques SES bac 2020 2021

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la structure socioprofessionnelle qui se donne à voir en France est encore proche de celle héritée de la Révolution Industrielle. Cependant, au cours des décennies qui suivent, elle se transforme profondément.

1) Un monde de l’emploi qui se féminise, tout en étant caractérisé par une “double ségrégation” des femmes

Depuis le début des années 1960, l’Europe est marquée par une forte féminisation de l’emploi.

Les indicateurs de cette entrée massive des femmes sur le marché de l’emploi sont multiples. Il s’agit par exemple de la part des femmes dans la population active. En 1962, en France, les femmes représentaient ainsi 33,6 % des actifs. En 2014, sur 100 actifs, 45,8 en moyenne sont des femmes. La part des femmes dans l’emploi s’accroît elle aussi. Ainsi, en 1963, sur 100 actifs en emploi, 34 en moyenne sont des femmes, alors qu’en 2014, sur 100 actifs en emplois, 48,2 en moyenne sont des femmes. Les taux d’activité féminins eux aussi s’élèvent. En 1962, seulement 40 à 45 % des femmes ayant entre 30 et 50 ans étaient déclarées actives. En 2017, la proportion de femmes actives à ces âges est supérieure à 80 %.

Pour autant, cette entrée des femmes dans le monde du travail ne doit pas masquer le maintien de fortes disparités. Les femmes sont effet touchées par la ségrégation verticale et la ségrégation horizontale sexuées.

La ségrégation horizontale entre hommes et femmes dans la sphère professionnelle signifie que les femmes sont massivement concentrées sur certaines professions et catégories socio-professionnelles, dont la place dans la hiérarchie sociale est subordonnée. Elles sont en effet massivement présentes parmi les employés. C’est ce qui est parfois appelé le “plancher collant”, cette tendance des femmes à être “retenues” dans des professions et des postes subalternes.

A cela s’ajoute une ségrégation verticale sexuée, qui fait que les femmes voient leurs carrières ralenties par rapport à celles des hommes. Elles peuvent moins facilement accéder aux postes à responsabilités. Ici, la métaphore utilisée est celle du “plafond de verre”. Le Bureau International du Travail le définit en 1997 comme “les barrières invisibles, artificielles, créées par des préjugés comportementaux et organisationnels, qui empêchent les femmes d’accéder aux plus hautes responsabilités”.

2) Le développement de l’emploi salarié, tertiarisé et de plus en plus qualifié

La structure des emplois se modifie considérablement après la Seconde Guerre mondiale. Il se produit un “déversement” sectoriel, en raison notamment de la dynamique des gains de productivité, qui réduit les besoins en main-d’oeuvre dans certains secteurs dont l’offre excède la demande, tandis que la structure de la demande elle-même se modifie, faisant émerger de nouveaux besoins.

En France, en 1949, l’agriculture concentrait encore 30 % de la population active. En 2017, l’agriculture ne représente plus que 2,6 % de la population active en emploi. Le secteur primaire s’est donc “déversé” vers les autres secteurs d’activité.

Le secteur industriel connaît, dans la période qui suit la Seconde Guerre mondiale, une évolution contrastée. Caractérisée dans un premier temps par de forts gains de productivité et une demande fortement élastique au revenu (les ménages français, s’enrichissant pendant les Trente Glorieuses, s’équipent massivement, notamment en appareils électroménagers) l’industrie voit ses effectifs augmenter jusque dans les années 1970. Ensuite, la France, à l’instar des autres pays développés, connaît un mouvement de désindustrialisation. En 1974, selon l’INSEE, à son apogée, le secteur industriel comptait 5,6 millions d’emplois et représentait 25,4 % de l’emploi total. En 2017, on en compte 3,7 millions, représentant 13,8 % de l’emploi total. Par aileurs, la combinaison entre des gains de productivité encore élevés dans le secteur manufacturier et une demande des ménages qui se porte de plus en plus vers les services marchands a amené à une baisse des besoins en produits manufacturés, au profit des services. Enfin, avec l’essor de l’Etat-Providence, le secteur des services non-marchands s’est lui aussi développé, créant un “appel d’air” vers les professions du service public.

Cette transformation de la structure par secteurs d’activité est accompagnée d’un processus de salarisation. Celui-ci n’est pas propre à la dernière moitié du XXème siècle puisque les prémices sont perceptibles dès le XIXème siècle, mais l’accélération est nette. En 1954, l’emploi salarié représente 64,8 % de l’emploi total, en 1962, 71,7 %, en 2018, 89,5 %.

Mais, en s’accroissant, l’emploi salarié mute aussi fortement depuis 1945. Si les effectifs d’ouvriers augmentent jusqu’aux années 1970, avant de décroître, les emplois salariés non ouvriers, eux, se développent sans discontinuer. Il s’agit notamment des emplois d’encadrement dans le secteur industriel, mais aussi des emplois dans le secteur public. Cela a engendré une transformation en profondeur de la répartition de la population active française entre les différents groupes socio-professionnels, avec un gonflement net des classes moyennes et supérieures salariées mais aussi le développement du groupe des employés.

Enfin, il est à noter que l’emploi devient de plus en plus qualifié, avec notamment le développement des nouvelles classes supérieures et moyennes salariés, incarnées par la montée en puissance du groupe des cadres et de celui des professions intermédiaires.

3) Chômage et précarité de l’emploi, deux réalités qu’il ne faut pas occulter…

La classification socio-professionnelle de l’INSEE telle qu’elle est aujourd’hui conçue n’est pas un outil adapté pour rendre compte d’autres importantes transformations de la structure socioprofessionnelle. C’est ainsi que le chômage, masqué par le codage de l’individu dans sa profession précédente ou dans la catégorie “fourre-tout” des “Autres personnes sans activité professionnelle” n’est pas réellement mis en exergue par cet outil. Pourtant, le phénomène concerne une part croissante des actifs en France. En 1968, sur 100 actifs, on en dénombrait en moyenne 2,5 au chômage. En 1980, le taux de chômage s’élève à 5 % et n’est jamais redescendu sous cette barre. Dans les années 1990, plus d’un actif sur dix est touché. Le début des années 2000 voit le taux de chômage décroître pour atteindre 7 % en 2008, mais les effets de la crise des subprimes se font sentir ensuite, et le taux de chômage se “réinstalle” à près de 10 % entre 2014 et 2016. Il baisse à nouveau, pour atteindre 8,1 % en 2019.

Mais, pour les actifs en emploi, la situation elle aussi se dégrade, avec le développement de l’emploi atypique à partir des années 1980 (CDD, intérim, emploi à temps partiel forcé). En 1980, la précarité ne concernait que 5 % des salariés. En 1990, elle en touche 7,7 %. Depuis la fin des années 1990, ce sont plus d’un salarié sur dix qui se trouvent impactés.

Notions

Il s’agit de l’augmentation de la part des femmes dans la population active, phénomène qui augmente surtout à partir de la fin des années 1960, en lien étroit avec le processus de tertiarisation des économies.
Fait que l’emploi que possède un individu ne soit plus considéré comme un élément permanent, introduisant ainsi une incertitude face à l’avenir.
Ensemble des compétences d’un individu, c’est-à-dire des savoirs et savoir-faire nécessaires pour exercer un emploi, qui dépendent à la fois de la formation initiale et de l’expérience acquise au travail.

Exercice 2 Résumez les enseignements du dossier documentaire et du cours sous forme de carte mentale.

Exercice
Le 29/04/2020

Synthèse

Cours SES gratuits bac 2020 2021 actualité économique

La lutte contre le chômage n’est pas simple, la diversité de ses formes impliquant différentes solutions et politiques possibles dont les effets sont parfois ambivalents. L’efficacité des politiques mises en œuvre dépend en réalité du diagnostic posé quant aux origines du chômage.

Au niveau macroéconomique, il est d’usage de distinguer deux types de chômage, selon les mécanismes qui les engendrent. Les variations de l’activité économique donnent naissance à du chômage conjoncturel, que tente de réduire la politique macroéconomique conjoncturelle mobilisant les instruments monétaires (notamment le taux d’intérêt) et budgétaires (le niveau des dépenses et des recettes de l’Etat). En outre, le chômage structurel est le chômage qui ne résulte pas des variations de l’activité économique à court terme. Il englobe différentes formes de chômage qui résultent de dysfonctionnements relatifs du marché du travail.

Alors que la lutte contre le chômage conjoncturel nécessite l’emploi de politiques macro-économiques de soutien à la demande globale ; le chômage structurel appelle quant à lui la mise en œuvre de réformes structurelles qui tendent à rapprocher le fonctionnement du marché du travail concret d’un marché de concurrence pure et parfaite en réduisant les rigidités salariales, les problèmes informationnels ainsi que d’appariements entre employeurs et demandeurs d’emplois. Il est alors d’usage de mettre en œuvre des politiques d’allégement du coût du travail, de flexibilisation du marché du travail et de formation pour réduire le chômage structurel.

Les politiques d’allègement du travail permettent de diminuer le coût du travail supporté par l’employeur et de l’inciter à embaucher, en améliorant le gain supplémentaire qu’il tire du salarié nouvellement embauché. Dans le cadre d’un raisonnement néoclassique, la réduction du coût des travailleurs peu qualifiés dont la productivité est insuffisante relativement au SMIC pourrait favoriser leur embauche en rapprochant le salaire minimum du salaire d’équilibre du marché.

Les politiques de flexibilisation quant à elles permettent d’assouplir le marché du travail en favorisant un ajustement plus rapide des salaires et de la main-d’œuvre par rapport aux besoins de l’entreprise qui doit adapter sa production à l’évolution du marché. La flexibilité du marché du travail favoriserait l’exercice du processus de destruction créatrice inhérent à des économies capitalistes dont l’innovation est le moteur. La flexibilité du travail permettrait alors la destruction d’emplois peu productifs et la création d’emplois plus productifs. Différentes formes de flexibilité du travail sont possibles. La flexibilité salariale consiste à lier l'évolution des salaires aux résultats de l'entreprise. Pour s’adapter à l’évolution de l’activité économique, les entreprises peuvent également avoir recours à la flexibilité quantitative externe qui consiste à faire varier les effectifs de l’entreprise, à la flexibilité quantitative interne qui permet de moduler les heures de travail ou encore à l’externalisation qui permet de déplacer le lien contractuel avec le travailleur de l’entreprise en le reportant sur d’autres afin d’ajuster au plus près de la demande le niveau de production souhaité.

La politique de formation contribue pour sa part à réduire le chômage d’inadéquation entre offres et demandes d’emplois en favorisant les reconversions nécessaires induites par le processus de destruction créatrice d’activités et d’emplois. Ainsi, en contribuant à améliorer les appariements entre les actifs occupés (en emplois) ou non (les chômeurs) et l’employeur sur le marché du travail, la politique de formation participe à son tour à diminuer le chômage structurel.

Notions

Chômage durable, résultant des structures du pays, et qui s’installe donc dans le long terme. Ces structures défaillantes peuvent concerner la démographie, le vieillissement de l’appareil productif, une législation inadaptée, ou encore une école qui ne correspond pas tout à fait aux besoins de l’économie.
Ensemble des interventions publiques sur le marché du travail visant à remédier aux déséquilibres qui peuvent y apparaître.
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