Première : cours et corrigés

Synthèse

Déroulé du chapitre :

Question 1. Comprendre et pouvoir illustrer la diversité des liens qui relient les individus au sein de différents groupes sociaux (familles, groupes de pairs, univers professionnel, associations, réseaux)

Question 2. Connaître les critères de classement des PCS 

Question 3. Comprendre et savoir illustrer le processus d’individualisation ainsi que l’évolution des formes de solidarité en connaissant la distinction classique entre solidarité « mécanique» et solidarité «organique».

Question 4. Comprendre comment les nouvelles sociabilités numériques contribuent au lien social.

Question 5. Comprendre comment différents facteurs (précarités, isolements, ségrégations, ruptures familiales) exposent les individus à l’affaiblissement ou à la rupture de liens sociaux

Conforme au programme officiel (BO)

De nouvelles sociabilités numériques : nouvelles opportunités et nouveaux liens

Les réseaux sociaux sont des applications basées sur les technologies d’Internet qui offrent un service de mise en relation d’internautes pour développer des communautés. Avec leur développement, le monde semble être à la portée des individus qui communiquent et entrent en relation plus facilement les uns avec les autres.

On trouve de multiples réseaux sociaux numériques en fonction des usages recherchés par les utilisateurs : mise en relation d’« amis » en ligne (Facebook), partage de photos et moments de vie (Snapchat, Instagram), partage d’informations (Twitter), de vidéos (YouTube), développement d’un réseau professionnel (LinkedIn). Leur point commun est souvent lié à la création d’un profil personnel (plus ou moins public) et au partage de liens avec une communauté d’utilisateurs que l’on peut gérer.

Grâce à eux, la facilité à entrer en relation avec n’importe quel individu de la planète a augmenté. L’expérience du petit monde de Stanley Milgram en 1967 nous avait appris qu’un américain était séparé d’un autre pris au hasard par l’intermédiaire de 6 relations en moyenne. La puissance des réseaux sociaux actuels aurait, selon certaines études, fait baisser cette moyenne en dessous de 5 relations.

Ces réseaux offrent alors des opportunités nouvelles pour l’individu. Qu’il s’agisse de se faire connaître, de trouver un emploi ou encore de rejoindre une communauté d’intérêts, les réseaux sociaux constituent une source de liens sociaux très puissante.

Le numérique n’est pas une substitution aux espaces matériels

Les nouveaux espaces d’information et de communication sont en lien avec les espaces matériels et renforcent la capacité à exploiter le réel. Cela signifie qu’ils permettent d’amplifier le lien social en diffusant des informations à un nombre importants d’usagers. Ce fut le cas lors de la campagne électorale américaine de 2008 où les réseaux ont, pour la première fois sans doute, décuplé la puissance des messages politiques, ont multiplié la capacité à trouver des soutiens, à convaincre.

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Les sociabilités numériques contribuent au lien social mais de quelle manière ?

Un renforcement des liens forts

On peut supposer deux effets sociologiques dans l’étude des conséquences des réseaux sociaux numériques. Ils pourraient renforcer les liens forts en permettant d’augmenter la fréquence des échanges entre amis (aux liens déjà existants) et en augmentant la fréquence des rencontres hors ligne, c’est-à-dire sans l’écran interposé entre les protagonistes. Les réseaux joueraient alors un rôle de facilitateur d’évènements ou d’occasions de sorties entre amis. On note alors leur possibilité d’augmenter la fréquence des relations concrètes entre individus.

Accroître la taille de son réseau relationnel

Ils peuvent aussi être l’occasion d’accroître la taille de son réseau relationnel. Par la multiplication des échanges, notre cercle de relations peut s’étendre à de nouvelles personnes qui feront partie de nos contacts et pourront donner lieu à des rencontres. Ceci semble conforme aux résultats récents reprenant l’étude de Milgram qui voient diminuer la distance entre les individus pris au hasard.

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Mobiliser des liens faibles pour obtenir un avantage

Ils peuvent aussi permettre de mobiliser des liens faibles. Le sociologue Mark Granovetter a mis en évidence la force des liens faibles : en nous faisant accéder à un espace relationnel différent de nos proches, nos réseaux peuvent permettre d’accéder à des informations inconnues de notre cercle de liens forts, ce qui constitue alors un avantage. Dans la recherche d’emploi, ils pourraient ainsi jouer un rôle essentiel et particulièrement efficace.

Toutefois, certaines études récentes montrent que l’impact des réseaux sociaux reste limité quand il s’agit d’augmenter la sociabilité hors ligne. Facebook aurait comme résultat d’avoir tendance à augmenter les liens faibles plus que les liens forts. Par contre, il ne remettrait pas en cause la sociabilité puisqu’on constate que les plus gros utilisateurs de Facebook sont aussi ceux qui sortent le plus avec leurs amis et leurs proches.

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Notions

Relations entre un ensemble d'acteurs basées sur les Technologies de l'information et de la communication (TIC), créant une forme de sociabilité appelée sociabilité numérique.
Les liens forts sont des relations soutenues et fréquentes, qui existent souvent à l'intérieur des groupes primaires.
Les liens faibles sont des relations peu intenses et peu fréquentes, qui relient souvent des individus issus de groupes primaires différents.

Exercice 1. Impact perçu de Facebook sur la sociabilité et sur les pratiques de sociabilité hors ligne

Exercice
Le 08/12/2019

Synthèse

 

Déroulé du chapitre :

QUESTION 1. COMMENT INTERPRETER LA PARTICIPATION ELECTORALE À PARTIR D’INDICATEURS ?

QUESTION 2. COMMENT COMPRENDRE LA PARTICIPATION ÉLECTORALE?

QUESTION 3. POURQUOI LE VOTE EST-IL A LA FOIS UN ACTE INDIVIDUEL ET UN ACTE COLLECTIF ?

QUESTION 4. COMMENT COMPRENDRE LA VOLATILITE ÉLECTORALE?

 

Conforme au programme officiel (BO)

L’interprétation de la participation électorale requiert une comparaison dans l’espace (entre pays démocratiques ou non, entre systèmes politiques) et dans le temps (évolution du droit de suffrage), qui appréhende le constat, deux siècles après les travaux de Tocqueville, d’une tendance générale à la montée de l’abstention dans les sociétés capitalistes et démocratiques.

 

1. Les règles de calcul et de décompte des taux lies a la participation électorale

En France, l’électorat est constitué de citoyens remplissant quatre conditions (doc.1) : disposer de la nationalité française, avoir la majorité politique, jouir des droits civils et politiques, être inscrits sur la liste électorale de sa commune de rattachement. Mais la proclamation du résultat des élections dépend d’un certain nombre de règles.

Les étapes du décompte électoral

La participation électorale correspondant – toujours en France – au taux d’électeurs inscrits qui ont choisi de voter plutôt que de s’abstenir. Ainsi, on peut distinguer six catégories de citoyens concernés par une élection : les votants potentiels (qui remplissent les conditions pour voter), les inscrits sur les listes électorales, les abstentionnistes (inscrits qui ne sont pas allés voter), et les votants, qui ont déposé dans l’urne trois types de bulletins (blanc, nul, valide). Seule la troisième catégorie de bulletins correspond aux suffrages exprimés, qui représentaient lors du second tour de l’élection présidentielle de 2017 65,97% des inscrits et 88,48% des votants (doc.2).

Trois types de comportements électoraux non comptabilisées

En France, en amont, les non-inscrits, et en aval les votes blancs et nuls ne sont pas comptabilisés pour rendre compte des préférences exprimées par la participation électorale.

L’inscription sur les listes électorales

Depuis 1997, les jeunes de 18 ans sont inscrits automatiquement, et depuis le 1er janvier 2019 un nouveau système de gestion des listes électorales, le Répertoire Électoral Unique (REU, Cf. doc.3), a pour mission de centraliser toutes les modifications réalisées sur les listes électorales. L’Objectif principal est de lutter contre l’abstention en réduisant le nombre des non-inscrits. Des enquêtes ont montré que le taux de non-inscrits était relativement constant, environ 10% des électeurs potentiels.

Comment comptabiliser l’abstention ?

Le taux d’abstention dépend d’abord du système électoral national. Ainsi, si en France ce taux est calculé par rapport au nombre d’inscrits sur les listes électorales, aux États-Unis il est rapporté au nombre de votants potentiels (remplissant les conditions légales du vote), ce qui a tendance à en augmenter le résultat (doc.7).

La discussion sur le statut des bulletins blancs et nuls

Les votes blancs et nuls sont préalablement retirés des suffrages exprimés, leur signification politique est donc ignorée, ce qui fait débat, une loi du 21 février 2014 se limitant à décompter séparément les bulletins blancs (doc.4).

 

2. L’interprétation des taux de participation selon les pays

La différenciation entre pays autoritaires et démocratiques

Des taux de participation très élevés peuvent s’observer aussi bien dans des pays autoritaires ou dictatoriaux lors de plébiscites, c’est-à-dire de référendums portant sur une question unique liée à un changement de régime (en 1802 et 1804, légitimation du Consulat à vie et de l’Empire) ou organisés comme présentant un enjeu personnel, que dans le fonctionnement normal de pays démocratiques. Dans le second cas, c’est la culture politique nationale, les modalités du vote et son enjeu qui expliquent les scores (Cf. doc.6).

Le vote comme « technique de gouvernement »

La manière de désigner les gouvernants influe sur les résultats de l’élection. Le vote peut être direct ou indirect (dans le second cas le citoyen choisit des grands électeurs qui désignent le titulaire du rôle politique comme à l’élection présidentielle américaine ou sénatoriale française) ; il peut être obligatoire ou non (doc. 6), modalité qui peut se révéler incitative (Belgique, Luxembourg, ou encore Australie) ou non (Chypre) ; il peut plus ou moins efficacement garantir le caractère secret du scrutin (présence d’isoloir, contrôle effectif de l’identité du votant).

 

3. L’impact de l'augmentation de la population votante

Le processus historique d’augmentation de la proportion d’électeurs dans une population

L’Extension progressive du droit de suffrage, notion plus précise et neutre que le droit de vote (souvent associé au suffrage universel masculin) a élargi le collège électoral à de nouvelles fractions de la population (femmes, majorité à 18 ans, vote des ressortissants de l’UE), rendant la représentation plus effective (doc.7).

Herbert Tingsten, politiste suédois, a montré, sur la base d’enquêtes dans les pays d’Europe du Nord, qu’après l’instauration du suffrage universel masculin, puis féminin, il s’en suivait une période initiale de croissance de l’abstention d’une dizaine d’années correspondant à la nécessité d’un apprentissage politique.

 

4. L’interprétation de l'abstentionnisme

La fréquence de l’abstentionnisme

L’abstentionnisme est permanent seulement pour une minorité d’électeurs, notamment ceux que Daniel Gaxie dans son ouvrage classique Le cens caché désigne comme étant « hors-jeu », c’est-à-dire qui s’auto-excluent de la participation politique par défaut de capital culturel et de politisation. Mais il est en général épisodique et concerne surtout les élections européennes (doc.8).

Les raisons de l’abstention

On peut distinguer l’abstention passive, sociologique, qui traduit un manque d’intérêt pour la politique associé à un sentiment d’incompétence, et une abstention active, idéologique, qui témoigne d’une hostilité à l’égard d’un gouvernement ou bien un scepticisme devant la valeur ou la légitimité de la procédure électorale.

Notions

Attitude des citoyens qui ne participent pas aux consultations électorales alors qu’ils sont inscrits sur les listes électorales.
Participation électorale : Attitude des citoyens qui relève de la participation conventionnelle, et qui reflète l’implication dans la vie politique institutionnalisée, se traduisant par une participation aux différents votes qui sont organisés par la nation.
Il s’agit à la fois de la décision de voter ou de ne pas voter, ainsi que de l’orientation politique des choix effectués.
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