Les grands courants de l’analyse économique depuis le XVIe siècle - Mécanismes et concepts

Sommaire

Demande effective : la demande effective telle que la définit Keynes est celle qu’anticipent les entrepreneurs (ex ante) : elle correspond à un seuil au-dessus duquel les entreprises ne prendront pas le risque d’embaucher et de produire par crainte d’une insuffisance de la demande. Elle se décompose en deux grandes catégories de demande : le demande de biens de consommation et la demande de biens d’investissement. Derrière la première se trouve la propension marginale à consommer décroissante (la loi psychologique fondamentale) et derrière l’autre, qui constitue le facteur le plus volatil (et donc le plus déterminant), on trouve l’efficacité marginale du capital (fondée sur les anticipations de revenus futurs des investisseurs) et la préférence pour la liquidité (qui mesure la prime à verser aux détenteurs de monnaie pour qu’ils bloquent leur épargne sur une longue période).

Effet d’encaisses réelles : s’engage, dans les années 1930,  une célèbre controverse avec A.C .Pigou sur l’effet d’encaisses réelles. Pour Pigou, le sous-emploi existe mais il ne peut être qu’un phénomène transitoire car la baisse des salaires qui provoque une diminution de la demande et du niveau général des prix, permet aussi une augmentation de la valeur réelle de l’épargne (encaisses). Pigou suppose que les agents souhaitent maintenir celle-ci au même niveau, ce qui signifie que le surplus de valeur ainsi créé servira à alimenter la demande de biens de consommation. Ce n’est pas l’avis de Keynes, pour qui le chômage peut être un phénomène durable, car l’emploi dépend du niveau de demande anticipé par les entreprises. C’est ce pessimisme qui est à l’origine de la décision d’investissement insuffisante des entreprises, d’où le chômage. Le temps est désormais venu pour le politique de prendre en charge l’économie.

Effet d’éviction pour Friedman : Pour les monétaristes la politique budgétaire de relance keynésienne est à l’origine d’une éviction financière (indirecte) car l’augmentation des dépenses publiques induit une contraction des dépenses privées en raison de la hausse des taux d’intérêt. Les entreprises privées se trouvent partiellement évincés du marché financier par les emprunts que l’Etat lance pour financer le déficit budgétaire. Les monétaristes pensent que les effets de la politique budgétaire sont moins importants que ceux de la politique monétaire en raison de la faible élasticité de la demande de monnaie au taux d’intérêt, ce qui se traduit sur le schéma IS-LM, par une courbe LM très inélastique. Dans ce cas, tout déplacement de IS vers la droite (politique budgétaire expansive financée par l’émission de titres d’Etat) conduit à une faible croissance du PIB et à une forte hausse du taux d’intérêt. Celle-ci diminue la demande d’investissement privée.

Plus-value marxiste et formes : c’est la valeur supplémentaire produite par le travail de prolétaire que le capitaliste s’approprie gratuitement. Dans son ouvrage Le Capital, Marx consacrera analyse des diverses formes possibles de plus-value, qu’il qualifie d’absolue, de relative et d’extra. La première est obtenue soit par la prolongation de la journée de travail, soit par la hausse de le l’intensité du travail. La seconde provient d’une diminution du temps de travail nécessaire et d’une augmentation correspondante du temps de travail supplémentaire, sur la base de l’augmentation de la productivité du travail. Quant à la dernière, elle résulte de la différence entre la valeur sociale de la marchandise et sa valeur réelle. Pour Marx, si le prolétaire ne peut échapper à l’exploitation et devient une « machine à produire de la plus-value, le capitaliste, lui aussi est dans l’obligation de transformer la plus-value en profit en vendant les marchandises qui lui permettront ensuite de transformer les profits en capital afin d’affronter la concurrence. L’accumulation est une loi inhérente au capitalisme et le capitaliste, une « machine à capitaliser la plus-value ».

Rendement : il s’agit de de la relation entre les variations des quantités produites (output) et les variations des facteurs de production nécessaires pour les produire (input). On distingue toutefois les rendements factoriels et les rendements d’échelle. Les premiers relient la production à une combinaison des facteurs dont l’un est fixe. Selon la loi des rendements décroissants, si des quantités successives, croissantes, et homogènes, d’un facteur variable (ex le travail) sont combinées à une quantités donnée de facteurs fixes (ex le capital), alors il y aura un moment où la productivité marginale (ici du travail) finit par décroître. Les rendements d’échelle relient la production à une combinaison de facteurs de production qui varient tous dans la même proportion. Les rendements d’échelle sont constants si la production augmente dans le même proportion que les inputs. Elle est croissante si la production augmente dans une proportion plus grande et décroissante si la production augmente dans une proportion moindre. Il est possible d’obtenir simultanément des rendements   factoriels décroissants et des rendements d’échelle constants, les deux notions étant distinctes.

Théorie de la valeur travail pour A. Smith :  Smith distingue « prix réel » et « prix nominal » : pour lui, le prix réel correspond à la valeur de chaque marchandise alors que le prix nominal représente la quantité d’argent qu’il faut céder contre un bien donné. La valeur de l’or ou de l’argent pouvant varier, le prix nominal peut changer sans qu’il y ait modification du prix réel.   Le prix réel de chaque chose, ce que chaque chose coûte réellement à celui qui veut se la procurer, c’est le travail et la peine qu’il doit s’imposer pour l’obtenir. Smith éprouve cependant des difficultés pour établir une relation entre le prix des marchandises avec la quantité de travail nécessaire pour les produire, dans la mesure où les profits et les rentes ne constituent pas une rémunération du travail. Donc, seul le salaire de l’ouvrier constitue la contrepartie d’un travail. Il en conclut simplement que la valeur réelle de toutes marchandises constituantes du prix se mesure par la quantité de travail que chacune d’elles peut acheter ou commander.

Théorie de la valeur travail pour D. Ricardo : selon Ricardo, la valeur d’échange des marchandises est proportionnelle à la quantité de travail directe et indirecte. Il ne s’intéresse pas à la valeur en soi, mais à la valeur relative des marchandises ; si en longue période (il parle de prix naturel), un bien X vaut deux biens Y, c’est qu’il est vaut deux fois plus de travail pour obtenir X que pour obtenir Y.