Les transformations des structures économiques et financières - Dossier documentaire

Sommaire

 L’invention de la machine à vapeur par James Watt dans les années 1770 (…) donna le coup d’envoi de la première révolution industrielle – la première grande vague technologique (…). Cette révolution démarre en Angleterre et en France, avant de se propager à d’autres pays développés, notamment les Etats-Unis. La deuxième révolution industrielle, dont l’âge d’or date de la première moitié du XXème siècle, est celle de l’électricité. Elle fait suite à l’invention de l’ampoule électrique par Thomas Edison (1879) et de la dynamo, notamment par Werner Von Siemens (1866). Surnommée la « One Big Wave » par Robert Gordon (19999), cette deuxième vague technologique traverse l’Atlantique dans l’autre sens : elle a d’abord lieu aux Etats Unis dès les années 1930 avant de se diffuser aux autres pays industrialisés après la seconde guerre mondiale (…)

Enfin la troisième révolution industrielle, celle des TIC ou « technologies de l’information et de la communication s’inscrit dans la continuité de l’invention du microprocesseur par Federico Faggin et Marcian Hoff, ingénieurs chez Intel, en 1969.

Toutefois on note un décalage temporel entre l’invention de la technologie à l’origine de la vague et le décollage de la croissance qui matérialise effectivement a vague.

Source : Philippe Aghion, Céline Antonin, et Simon Bunel, Le pouvoir de la destruction créatrice, Odile Jacob, 2020

Document 2 : taux de croissance annuel

Facile

Source : Philippe Aghion, Céline Antonin, et Simon Bunel, Le pouvoir de la destruction créatrice, Odile Jacob, 2020

 

Questions sur les documents 1 et 2 :

1/ Illustrez la phrase soulignée à l’aide des deux documents.

2/ Comment expliquer ce décalage temporel entre la découverte et les chiffres de la productivité?

3/ Au delà de la vague technologique, comment expliquer la forte productivité au Japon et dans la zone euro après 1945 ?

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1/ Illustrez la phrase soulignée à l’aide des deux documents.

On observe, en effet toujours un décalage temporel entre l’invention de la technologie et l’amélioration de la productivité :

En 1712, Thomas Newcomen est le premier à construire une machine à vapeur. James Watt va perfectionner la découverte en mettant la vapeur sous pression, mais la productivité n’augmente au Royaume Uni qu’à partir de 1830 (hors graphique).

L’ampoule électrique est inventée en 1879 aux Etats-Unis, mais il faut attendre les années 1930 pour constater une hausse forte de la productivité aux Etats Unis. Cette innovation se propage ensuite dans les autres pays industrialisés après la seconde guerre mondiale

La troisième révolution industrielle liée au microprocesseur, correspond au paradoxe de Solow qui énonçait en 1987 « nous avons les ordinateurs partout, sauf dans les statistiques », en effet alors que cette invention date de 1969, la productivité ne connaît un rebond (très léger) qu’aux Etats-Unis à partir du début des années 80, alors que le déclin de croissance de la productivité est plus important au Japon et dans la zone euro.

 

2/ Comment expliquer ce décalage temporel entre la découverte et les chiffres de la productivité ?

Le décalage temporel entre l’apparition de l’innovation et la croissance des chiffres de la productivité s’explique selon les auteurs (hors extrait) par trois raisons

Il faut un laps de temps pour que les innovations secondaires soient mise en œuvre,

il faut du temps pour que les imperfections de l’innovation principale soient corrigées et que leur coût soit réduit,

il faut du temps pour que ces technologies soient adoptées par l’ensemble des secteurs de l’économie et que les gains de productivité soient visibles.

 

3/ Au delà de la vague technologique, comment expliquer la forte productivité au Japon et dans la zone euro après 1945 ?

Le Japon et la zone euro connaissent une croissance de la productivité particulièrement spectaculaire après 1945 du fait de la période de reconstruction qui suit le 2ème conflit mondial et du fait du phénomène de rattrapage technologique de ces deux zones géographiques par rapport aux Etats Unis.

 

 

Document 3 : gains de productivité

Facile

En 1910, Henry Ford s’installe dans sa nouvelle usine de Highland Park, près de Detroit, conçue pour produire la Ford T. Modèle unique de la firme depuis 1909, il veut en faire, notamment grâce à son prix, la voiture de la classe moyenne américaine. Car pour conquérir un vaste marché et dépasser ses concurrents (Buick principalement, sur cette catégorie de voiture), Ford applique une politique systématique de baisse des prix de vente : de 900 dollars en 1909, le prix passe à 680 dollars en 1910, 590 en 1911 et 500 dollars en 1914. Ceci est permis par les économies d’échelle, les standardisations dues au modèle unique et les efforts des ingénieurs qui ont permis une amélioration des méthodes de production, de l’outillage et des modifications de détails sur la voiture, qui font gagner du temps et de l’argent. En 1911, avec 34 528 modèles vendus, Ford devient le premier producteur mondial.

C’est toutefois la mise en place de convoyeurs et de la chaîne de montage qui va faire bondir la productivité du travail ouvrier. L’idée n’est pourtant pas, elle non plus, nouvelle. Aux Etats-Unis, des chaînes existent dans les usines de conserve de Cincinnati dès les années 1850, où les quartiers de viande sont suspendus à des rails, tout comme, à une échelle plus grande, dans les abattoirs-fabriques de Swift et Armour, à Chicago, dans les années 1880. Vers 1890, à Pittsburgh, la Westinghouse Air Brake Company utilise déjà un convoyeur mécanique pour transporter les moules des pièces de freins pneumatiques ; la fonderie Crane de Chicago adopte à son tour ce système pour mouler des soupapes. C’est à la fin de 1912 que des ingénieurs de Ford vont s’en inspirer pour construire une première chaîne dans le secteur de la fonderie. Elle sera suivie de beaucoup d’autres, notamment pour le montage des châssis et des moteurs.

En avril 1914, il ne faut plus que 93 minutes par homme pour monter un châssis, contre 840 sept mois auparavant. Pour les moteurs, la chaîne permet de passer de 594 minutes à 238. Résultat : 248 307 Ford T sont fabriquées dans 18 usines aux Etats-Unis par 12 880 salariés (soit près de 20 voitures par salarié) et vendues, entre octobre 1913 et octobre 1914, au prix de 500 dollars l’unité. Ford a gagné son pari. Il couvre alors 45 % du marché de l’automobile particulière aux Etats-Unis. Certes, la marge sur chaque voiture, qui était de 187 dollars, n’est plus que de 116 dollars en 1914, mais cette baisse est largement compensée par la hausse des ventes.

La Grande Guerre profite à tous les constructeurs, et Ford continue à caracoler en tête des ventes. Cependant, dans les années 20, la conjoncture change sur le marché automobile. Un marché plus diversifié s’offre à l’automobile, avec la hausse du niveau de vie, le développement de la vente à crédit et l’amélioration du réseau routier. Un concurrent de Ford a compris la nouvelle donne du marché avant les concurrents : Alfred Sloan, le patron de General Motors. Il développe, au milieu des années 20, un marketing segmenté, proposant un produit et une marque déclinés du bas en haut de la gamme : Chevrolet, Pontiac, Oldsmobile, Buick et Cadillac sont produits en série et composés d’éléments standardisés ; la variété est obtenue par des combinaisons différentes de châssis, de moteurs, d’habitacles et de carrosseries. General Motors développe ainsi l’organisation du travail fordiste et la standardisation d’un grand nombre de pièces et des principaux éléments, tout en diversifiant l’offre.

C’est la première évolution notable du modèle fordiste, que Ford doit bien suivre à son tour. D’autres mutations suivront, jusqu’au toyotisme d’aujourd’hui, où l’on retrouve de nombreux traits du fordisme : accélération de la circulation des produits et des pièces, réduction des stocks intermédiaires, préparation poussée du travail, intensification de l’activité demandée à l’ouvrier. Certes, ce n’est plus le patron qui impose au marché un modèle unique, mais le marché qui impose une flexibilité de la production. Pourtant, Taiichi Ohno, l’architecte du système de production de Toyota, n’a pas tort en écrivant, dans L’esprit Toyota : " Je tiens Henry Ford pour un grand bonhomme. Je suis convaincu que, s’il avait été encore en vie, il aurait inventé lui-même le système que nous avons mis au point chez Toyota. "

 

Gérard Vindt, « Ford était-il fordiste ? »,  Alternatives économiques, n°220, 1er décembre 2003

Questions :

1/ Quels éléments ont favorisé les gains de productivité dans l’industrie automobile ?

2/ Pourquoi la baisse du prix de vente est elle pertinente pour les constructeurs ?

3/ En quoi le modèle de General Motors apporte-t-il une amélioration ?

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1/ Quels éléments ont favorisé les gains de productivité dans l’industrie automobile ?

La standardisation de la production et le travail à la chaine ont permis des gains de productivité considérables. Ces deux éléments permettent en effet de réaliser des économies d’échelle et d’imposer un rythme de travail aux ouvriers.

2/ Pourquoi la baisse du prix de vente est elle pertinente pour les constructeurs ?

Les gains de productivité permettent de réduire de manière importante les prix des voitures (les fameuses Ford T), la marge réalisée sur chaque voiture est plus faible pour le constructeur mais est largement compensée par l’effet volume. La voiture est un produit assez élastique à l’époque : la baisse du prix se traduit par une hausse plus que proportionnelle des quantités vendues. Cette hausse des ventes est renforcée par les hausses de salaires (five dollars a day) accordées aux salariés des usines Ford

3/ En quoi le modèle de General Motors apporte-t-il une amélioration ?

Le modèle de Ford reposait sur la production en grande série d’un modèle unique. Néanmoins, les consommateurs apprécient la diversité : A. Sloan chez General Motors a rapidement adapté la standardisation à la variété en offrant plusieurs modèles interchangeables. La variété est obtenue par des combinaisons différentes de châssis, de moteurs, d’habitacles et de carrosseries.

Document 4 : production

Facile

Questions :

1/ Comment interpréter les données concernant l’année 2000 ? (1998 pour l’indice de production ?)

2/ Comment expliquer que la productivité par heure progresse mieux que la productivité par actif occupé ?

 

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1/ Comment interpréter les données concernant l’année 2000 ? (1998 pour l’indice de production ?)

En France, en 2000, la productivité par heure a été multipliée par 16 par rapport à celle de 1896 alors que la productivité par tête a elle été multipliée par 9 par rapport à celle de 1896. L’indice de production a été multiplié par 11 entre 1896 et 1998.

2/ Comment expliquer que la productivité par heure progresse mieux que la productivité par actif occupé ?

La productivité par heure progresse plus vite que la productivité par tête parce que la durée annuelle moyenne du travail a diminué sur cette période.

Document 5 : les chemins de fer

Facile

Ce secteur [des chemins de fer] est l’un des principaux artisans du développement économique et industriel de la France au cours du XIXème siècle. Les effets d’entrainement de l’industrie du rail sur le reste de l’économie ne sont plus à démontrer. Les chemins de fer accélèrent les échanges commerciaux, stimulent la sidérurgie, la construction mécanique, l’industrie du bois et les matériaux de construction. Mais l’état embryonnaire du marché boursier ne permet pas le financement des premières lignes ferroviaires. Ce sont les capitaux anglais, au départ, puis ceux de la Haute banque qui financent la naissance de cette industrie en France. La Bourse, après avoir fait son apprentissage sur le marché des rentes, va prendre le relais des banques familiales dans le financement des entreprises. Le marché financier de Paris va contribuer pour 86 % dans le financement des travaux, les actions comme les obligations ferroviaires, figurent parmi les titres les plus convoités de la Place.

L’arrivée des actions ferroviaires, en décembre 1836, s’accompagne d’une forte spéculation. Un an après l’inauguration de la première ligne, Paris- Saint Germain, les toutes nouvelles concessions commencent à connaître des difficultés financières. Les coûts de construction apparaissent beaucoup plus importants que prévu. Les actionnaires refusent alors de libérer le reste de leur capital, ce qui provoque la première crise du secteur. De plus, les dividendes ne sont distribués qu’à partir de 1841, et ce uniquement par la compagnie Paris-Versailles Rive droite de Paris. Les épargnants apprennent bien vite que la détention d’une action peut devenir un placement très lucratif, mais dont le risque est loin d’être négligeable. La Bourse possède les caractéristiques d’un marché émergent : une forte rentabilité coïncide toujours avec un risque important.

Les pouvoirs publics cherchent alors à redéfinir le mode de financement des voies ferrées. La loi de 1842 délimite le rôle de l’État et des compagnies privées. Le premier se voit charger de l’acquisition des terrains et des travaux d’infrastructures ; tandis qu’aux secondes incombent la pose des voies et l’achat du matériel roulant. En échange, il leur est accordé l’exploitation des lignes pour des durées limitées. La construction des lignes ferroviaires connaît alors un nouvel essor, et dès 1842 de nouvelles lignes sont autorisées : Rouen-Havre, de Dieppe et de Fécamp, Montereau-Troyes, Bordeaux-Cette.

Pedro Arbulu et Jacques-Marie Vaslin, « Le financement des infrastructures par la bourse de Paris aux XIXème siècle », Revue d’économie financière n°151, 1999

 

Questions :

1/ En quoi les chemins de fer ont ils été un facteur de croissance au XIXème siècle ?

2/ Qu’est ce que l’on appelle la Haute banque ? Quel rôle joue-t-elle dans le financement des chemins de fer ?

3/ Les actions ferroviaires sont elles attractives ?

4/ Quel rôle a joué l’Etat ?

5/ Que montre l’exemple du chemin de fer en matière de financement?

 

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1/ En quoi les chemins de fer ont ils été un facteur de croissance au XIXème siècle ?

Les chemins de fer constituent une innovation majeure au XIXème siècle qui a permis de créer de nombreux emplois et d’étendre les débouchés tant pour la production agricole (extension du marché) que pour la production industrielle (qui a du fournir la matière première aux chemins de fer).

2/ Qu’est ce que l’on appelle la Haute banque ? Quel rôle joue-t-elle dans le financement des chemins de fer ?

La Haute banque regroupait les banques d’affaires parisiennes, essentiellement familiales, comme par exemple la banque Rothschild, qui au XIXème siècle, inspiraient la plus grande confiance aux clients fortunés et aux grandes entreprises à une époque où le risque lié aux défauts de paiement était très important. Ce type de banques prenait en charge le négoce de dimension internationale, le placement des emprunts d'Etat.

La Haute banque participe au financement de la naissance des chemins de fer en France.

3/ Les actions ferroviaires sont elles attractives ?

Les premières actions ferroviaires émises en 1836 attirent les épargnants et entraine une forte spéculation. Les actions ferroviaires s’avèrent être des placements rentables mais risqués, en effet, certaines concessions connaissent des difficultés financières et certains actionnaires perdent de l’argent.

4/ Quel rôle a joué l’Etat ?

L’Etat va contribuer au financement des terrains et des infrastructures (ponts, tunnels) nécessaires à la pose des voies. Cela va alléger la charge financière des compagnies ferroviaires privées qui s’occupent de poser les voies et d’acheter le matériel roulant.

5/ Que montre l’exemple du chemin de fer en matière de financement ?

Le financement des chemins de fer s’appuie à la fois sur le crédit bancaire (à ses débuts), sur l’émission d’actions et d’obligations et sur le soutien financier de l’Etat.

Document 6 : France agricole

Facile

Questions :

1/ Jusqu’à quelle date peut on dire que la France est essentiellement agricole ?

2/ Vers quelle date se situe, pour la France, le point des « trois tiers » évoqué dans le document de Jean Gadrey (voir synthèse de cours) ?

3/ A partir de quelle date peut-on parler de tertiarisation ?

4/ A quoi correspond la désindustrialisation ?

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1/ Jusqu’à quelle date peut on dire que la France est essentiellement agricole ?

Jusque vers 1870, plus de la moitié de la population active française se situe dans le secteur agricole. Néanmoins le déclin de l’agriculture a commencé dès le début du XIXème siècle. Aujourd’hui moins de 5% des actifs sont dans le secteur primaire.

2/ Vers quelle date se situe, pour la France, le point des « trois tiers » évoqué dans le document de Jean Gadrey (voir synthèse de cours) ?

Ce point des trois tiers se situe pour la France vers 1935, c’est effectivement à cette date que le poids de chaque secteur d’activité est à peu près équilibré en nombre d’actifs.

3/ A partir de quelle date peut-on parler de tertiarisation ?

Même si le secteur tertiaire progresse depuis le début du XIXème siècle la tertiarisation c’est à dire l’augmentation du poids du tertiaire dans la population active est net depuis 1970 où plus de 50% des actifs sont dans le secteur tertiaire.

4/ A quoi correspond la désindustrialisation ?

La désindustrialisation correspond à la baisse de la part du secteur secondaire dans la population active. Celle ci s’amorce vers 1973 (le point B dans le graphique de J. Gadrey, cf. synthèse du cours). Néanmoins, il faut relativiser le déclin de l’industrie car une partie des activités autrefois comptabilisée dans le secteur secondaire est aujourd’hui comptabilisée dans le secteur tertiaire du fait de l’externalisation de certaines tâches.

Document 7 : Capacités et besoins de financement en France, en % du PIB

Facile

Questions :

1/ Quels sont les agents à capacité de financement ?

2/ Les sociétés non financières et l’Etat sont ils toujours en besoin de financement ?

3/ Le besoin de financement de l’Etat peut-il influencer les modalités de financement des entreprises ?

4/ A quoi correspond un besoin de financement au niveau de la nation ?

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1/ Quels sont les agents à capacité de financement ?

Les ménages sont des agents à capacité de financement, ils ont des dépenses inférieures à leurs revenus, en moyenne.

2/ Les sociétés non financières et l’Etat sont ils toujours en besoin de financement ?

Les sociétés non financières sont la plupart du temps en besoin de financement, néanmoins entre 1990 et 2000, les sociétés non financières ont connu plusieurs années d’amélioration de leur situation financière avec des taux d’autofinancement supérieures à 100%.

L’Etat est depuis le premier choc pétrolier de 1974 en besoin de financement. La dégradation de la conjoncture entraine des recettes moins importantes et une augmentation des dépenses.

3/ Le besoin de financement de l’Etat peut-il influencer les modalités de financement des entreprises ?

Un Etat en besoin de financement est à la recherche des fonds prêtables, or, face à une offre de fonds prêtables donnée, les besoins de l’Etat peuvent venir concurrencer ceux des entreprises. La demande de fonds prêtables de l’Etat sur le marché des capitaux peut entrainer une hausse du taux d’intérêt pénalisante pour les entreprises, c’est l’effet d’éviction.

4/ A quoi correspond un besoin de financement au niveau de la nation ?

Le besoin de financement de la nation est égal au solde extérieur, corrigé de l'écart entre les revenus versés et reçus de l'étranger. Cela entraine l’obligation, pour la France, d’emprunter à l'étranger, que ce soit sous forme de crédits bancaires ou de titres.

Document 8 : les banques

Facile

Une banque est une entreprise dont la principale activité est de financer l'économie au travers de ses entreprises publiques et privées ; comme toute entreprise, elle cherche à minimiser sa prise de risque et à optimiser sa rentabilité.

Parallèlement à leurs propres exigences commerciales, les accords dits "Bâle III" obligent les établissements financiers à respecter un certain ratio de fonds propres par rapport aux crédits accordés pour consolider les structures en cas de nouvelle crise financière.

Pour ces raisons, les banques sont extrêmement prudentes dans leur analyse des risques. Elles ne souhaitent pas, d'une manière générale, risquer plus d'argent dans le projet que le ou les créateurs eux-mêmes. De la même manière, elles préfèrent partager les risques avec le plus de partenaires possibles pour en limiter les effets négatifs.

Cela explique en partie pourquoi certains projets de création d'entreprise rencontrent des difficultés pour obtenir un financement bancaire. Il s'agit généralement de projets :

jugés "trop audacieux",

ou présentant un plan de financement déséquilibré,

ou portés par un ou plusieurs créateurs n'ayant pas l'expérience souhaitée par la banque,

ou ne réunissant pas un niveau de fonds propres suffisant,

ou encore dont le produit/service ne semble pas répondre aux besoins du marché,

etc.

Précisons enfin que chaque établissement bancaire possède ses propres critères pour accorder ou non son concours financier à une nouvelle entreprise.

En règle générale, il est conseillé d'équilibrer les fonds propres et les emprunts au mieux (50/50). Toutefois, la banque peut réduire son exigence de fonds propres à un ratio de 30 % en moyenne (70 % d'endettement pour 30 % de fonds propres) ou inférieur lorsque le prêt finance une création d'entreprise "à risque limité" d'après les normes du secteur concerné.

Quoi qu'il en soit, une absence de fonds propres sera jugée rédhibitoire par le banquier chargé d'étudier le plan d'affaires de l'entreprise.

Comme les banques souhaitent de plus en plus partager le risque du financement d'un projet de création d'entreprise, il est souvent nécessaire de trouver des ressources complémentaires pour financer son projet. Cela peut être :

l'obtention d'un prêt d'honneur, pour compléter ses fonds propres, la création d'un "pool bancaire" : plusieurs banques financent le même projet.

https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/financements/lemprunt/recourir-a-pret-bancaire-financer-son-projet-creation

 

Questions :

1/ Pourquoi les banques peuvent elles refuser d’accorder certains crédits à des entreprises ?

2/ Quelles sont les autres sources de financement pour les entreprises ?

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1/ Pourquoi les banques peuvent elles refuser d’accorder certains crédits à des entreprises ?

Les banques cherchent à faire du profit et donc cherchent à minimiser les risques et à maximiser leur rentabilité. Par ailleurs, depuis les accords de Bâle III, mis en place en décembre 2010, les banques sont contraintes de respecter un certain ratio de fonds propres par rapport aux crédits accordés. Pour minimiser les risques encourus, la banque va donc chercher à évaluer la faisabilité du projet en prenant en compte le plan de financement et en particulier la part des fonds propres, l’étude du marché, l’expérience des entrepreneurs…).

Si certains projets semblent trop risqués, les banques peuvent refuser de les financer.

2/ Quelles sont les autres sources de financement pour les entreprises ?

Les entreprises peuvent mobiliser davantage de fonds propres, solliciter d’autres banques à travers des pools bancaires ou recourir à un prêt d’honneur octroyé à des entrepreneurs (c’est un prêt sans intérêt ni garantie que l’entrepreneur s’engage à rembourser sur honneur). Si l’entreprise a la taille suffisante elle peut émettre des actions ou des obligations.

Document 9 : Le taux d’intermédiation

Facile

Le taux d’intermédiation mesure la part prise par les institutions financières résidentes – IF – (banque centrale, établissements de crédit et assimilés, organismes de titrisation, OPCVM, sociétés d’assurance et autres intermédiaires financiers, à l’exclusion des auxiliaires financiers) dans les encours de financement dont bénéficient les agents non financiers résidents – ANF1 –. Le taux d’intermédiation au sens strict correspond à la part des seuls crédits octroyés par ces IF dans le total des financements des ANF. Le taux d’intermédiation au sens large prend en compte, outre ces crédits, les titres émis par les ANF et détenus par les IF.

source : banque de France

Question  :

En quoi ce document illustre-t-il la désintermédiation ?

On constate en effet que la part des crédits dans le financement de l’économie (ce que l’on nomme le taux d’intermédiation étroit) diminue nettement, il a perdu 10 points entre 1996 et 2011.

Néanmoins cette désintermédiation est à nuancer :

En effet les banques financent désormais également l’économie par l’achat de titres financiers, c’est ce que l’on constate à travers le phénomène mobiliérisation des bilans bancaires. Le déclin des fonctions traditionnelles des banques via le crédit les a incitées à chercher de nouvelles sources de croissance et de profits par les activités de marché.

Ensuite, il  existe désormais d’autres intermédiaires que les seules banques : il faut tenir compte des OPCVM, mais aussi des compagnies d’assurance qui achètent des titres financiers. Ainsi, les données concernant l’intermédiation au sens large (c’est à dire  en tenant compte à la fois des crédits mais aussi des titres émis par les agents non financiers qui sont détenus par les institutions financières), montrent  que l’intermédiation financière diminue (elle a perdu 20 points entre 1996 et 2011) mais reste majoritaire (plus de 55% des financements sont intermédiés).

Les banques facilitent, grâce à leur expertise, l’accès au marché financier aux ménages mais aussi aux entreprises (les banques accompagnent ainsi les entreprises lors d’une introduction en bourse, lors d’émissions de nouvelles actions,…). L’accès direct au marché demeure compliqué et coûteux pour les agents non spécialisés que sont les entreprises et les ménages.

 

La désintermédiation est donc à nuancer: les marchés ont toujours besoin d’intermédiaires financiers ; il y a une forme de complémentarité entre finance de marché et finance intermédiée.

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En quoi ce document illustre-t-il la désintermédiation ?

On constate en effet que la part des crédits dans le financement de l’économie (ce que l’on nomme le taux d’intermédiation étroit) diminue nettement, il a perdu 10 points entre 1996 et 2011.

Néanmoins cette désintermédiation est à nuancer :

En effet les banques financent désormais également l’économie par l’achat de titres financiers, c’est ce que l’on constate à travers le phénomène mobiliérisation des bilans bancaires. Le déclin des fonctions traditionnelles des banques via le crédit les a incitées à chercher de nouvelles sources de croissance et de profits par les activités de marché.

Ensuite, il  existe désormais d’autres intermédiaires que les seules banques : il faut tenir compte des OPCVM, mais aussi des compagnies d’assurance qui achètent des titres financiers. Ainsi, les données concernant l’intermédiation au sens large (c’est à dire  en tenant compte à la fois des crédits mais aussi des titres émis par les agents non financiers qui sont détenus par les institutions financières), montrent  que l’intermédiation financière diminue (elle a perdu 20 points entre 1996 et 2011) mais reste majoritaire (plus de 55% des financements sont intermédiés).

Les banques facilitent, grâce à leur expertise, l’accès au marché financier aux ménages mais aussi aux entreprises (les banques accompagnent ainsi les entreprises lors d’une introduction en bourse, lors d’émissions de nouvelles actions,…). L’accès direct au marché demeure compliqué et coûteux pour les agents non spécialisés que sont les entreprises et les ménages.

 

La désintermédiation est donc à nuancer: les marchés ont toujours besoin d’intermédiaires financiers ; il y a une forme de complémentarité entre finance de marché et finance intermédiée.

Document 10 : le capital-risque

Facile

Le capital-risque est un mode de financement spécifique qui fournit des capitaux aux jeunes entreprises innovantes de haute technologie, que l'on appellera ici start-ups. Principale association américaine de professionnels du capital-risque, la National Venture Capital Association (NVCA) définit cette activité comme « un investissement en fonds propres de long terme, de type hands-on, dans des entreprises à fort potentiel, effectué par des investisseurs spécialisés. L'objectif des fonds de capital-risque est la croissance de la valorisation de l'entreprise ».

Cette définition souligne la nature du financement par le capital-risque : le capital-risqueur prend des participations dans le capital social de la start-up, qui reçoit ainsi des fonds propres. Le capital-risque est un financement de moyen-long terme, les capitaux fournis étant immobilisés pendant plusieurs années, trois à cinq ans en moyenne. Idéalement, le capital-risqueur intervient activement dans la gestion de la start-up (hands-on) et, pour cela, il conjugue compétences financières et technologiques. Le capital-risqueur n'a évidemment rien d'un mécène : il mobilise ses compétences technologiques dans un objectif financier pour accroître la valeur de la firme et se rémunérer grâce aux plus-values issues de la revente des participations prises dans la start-up. La relation de financement par le capital-risque s'assimile donc à un « mariage avec promesse de divorce » [Battini, 1999].

Emmanuelle Dubocage, Dorothée Rivaud-Danset, Le capital risque, La découverte, 2006

 

Questions :

1/ Quel intérêt certaines entreprise ont elles à obtenir un financement par capital risque ?

2/ Qui est le capital-risqueur ?

3/ D’où provient l’épargne des entreprises ?

4/ Exprimer le sens des données de l'année 2013.

5/ Que peut -on déduire de ces données ?

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1/ Quel intérêt certaines entreprise ont elles à obtenir un financement par capital risque ?

Les entreprises qui recourent au financement par capital risque sont de jeunes entreprises innovantes de haute technologie, des starts-up, non encore cotées, qui donc ne pourraient pas émettre d’actions ou d’obligations.

Leurs fonds propres peuvent être insuffisants pour développer leur activité, les banques peuvent être frileuses face à ces projets risqués, ces entreprises cherchent donc l’appui d’investisseurs susceptibles de leur apporter des fonds propres. Ces fonds propres vont permettre à la fois de financer le projet, mais aussi de rassurer les institutions financières qui pourront plus facilement leur accorder un prêt.

2/ Qui est le capital-risqueur ?

Le capital-risqueur est un investisseur qui prend  des participations dans le capital de la start-up : il en devient donc en partie propriétaire en apportant des fonds à l’entreprises qui seront immobilisés à moyen terme c’est-à-dire sur un horizon de trois à cinq ans. Le capital-risqueur peut prendre part aux décisions de l’entreprise.

Le placement est risqué car il s’agit de starts-up qui se lancent dans une activité nouvelle. Néanmoins si l’activité est porteuse, la rentabilité peut être très élevée et le capital-risqueur récupère sa mise initiale en revendant ses parts lorsque l’entreprise a acquis de la valeur.

Evolution du taux de marge et du taux d'autofinancement des entreprises de 1990 à 2013 (en %)

(1) Le taux d'autofinancement mesure la part des investissements qu'un agent économique finance à partir de sa propre

épargne. Calcul : Epargne / FBCF * 100

(2) Le taux de marge mesure la part des EBE sur la valeur ajoutée. C'est un indicateur de rentabilité.

Calcul : EBE / VA * 100

 

3/ D’où provient l’épargne des entreprises ?

L'épargne d'une entreprise est une part de l' EBE, elle correspond donc aux profits non redistribués.

En 1999, l'EBE représentait 31, 75% de la VA. 99% de la FBCF était financée à partir de l'épargne des entreprises.

4/ Exprimer le sens des données de l'année 2013.

En 2013, l'EBE représentait 28% de la VA. 65% de la FBCF était financée par l'épargne des entreprises.

5/ Que peut -on déduire de ces données ?

Plus le taux de marge est important, plus le taux d'autofinancement est important. Plus les profits sont élevés, plus une entreprise à la possibilité d'accumuler de l'épargne et est en capacité de s'autofinancer.

Remarque : tout dépend du partage de l' EBE. Pour qu'une entreprise soit en capacité de s'autofinancer il faut qu'elle se constitue de l'épargne. Une entreprise peut donc réaliser de forts profits mais les reverser aux actionnaires, dans ce cas l'épargne diminue ce qui diminue sa capacité d'autofinancement.

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