Définition
Les termes de l’échange sont le rapport, pour un produit donné, entre l’indice des prix des exportations et celui des importations, indices exprimés selon une même année de base. Quand le prix des exportations augmente plus vite que le prix des importations, les termes de l’échange s’améliorent (et inversement). En même temps, quand les termes de l’échange s’améliorent, cela signifie que la croissance du prix des exportations est plus forte que celle des importations. La compétitivité-prix des exportations du pays se détériore alors.
L’essentiel
Le calcul des termes de l’échange pose de nombreux problèmes méthodologiques. En premier lieu, puisque les données sont en indices, le choix de la période de référence n’est pas neutre (selon que l’on prend une année de base où les prix sont élevés ou non). En second lieu, puisque le calcul d’un prix des exportations repose sur une moyenne, celui-ci peut être remis en cause si la structure des exportations ou des importations se modifie. De plus, comme on vient de le suggérer dans la définition plus haut, une amélioration des termes de l’échange peut signifier une perte de productivité dans une économie, c’est-à-dire qu’il faut plus de temps pour produire les marchandises exportées, ce qui est préjudiciable à l’économie (et inversement, une dégradation des termes de l’échange peut traduire d’importants gains de productivité, ce qui signifie qu’un pays donné peut baisser ses prix à l’exportation sans y perdre). On peut trancher cette question en calculant les termes de l’échange factoriels, qui pondèrent les prix en fonction des quantités de travail dépensées pour produire les marchandises. Au-delà de ces remarques méthodologiques, que peut-on dire des termes de l’échange pour les différents pays ?
Pour les pays développés, les termes de l’échange évoluent peu et affectent de manière modérée leur croissance. A l’opposé, dans les économies non émergentes, les termes de l’échange affectent bien davantage la croissance économique, la situation des économies émergentes apparaissant comme intermédiaire entre ces deux extrêmes. Ces différences s’expliquent par trois points, à savoir le degré d’ouverture (plus le degré d’ouverture est élevé, plus l’impact d’une variation des termes de l’échange est lui aussi élevé), la diversité et la nature des avantages comparatifs (plus une économie est diversifiée et spécialisée dans les produits de haute technologie, moins l’impact est élevé), et la capacité d’adaptation du système productif (que l’on mesure par l’élasticité-prix de l’offre de biens concurrents des importations).
Pour les pays en développement, et bien que les situations soient variables, il est clair que pour de nombreux pays les recettes d’exportation dépendent d’un petit nombre de matières premières. La question est donc de savoir comment évoluent les prix de ces matières premières. D’après Raul Prebisch (« Le développement économique de l’Amérique latine et ses principaux problèmes », 1950), le monde se divise entre pays du centre industrialisés et pays producteurs de produits primaires (périphérie). Dans les pays développés, les salaires des travailleurs sont relativement élevés, et en conséquence se répercutent sur les prix, alors que dans les pays en développement, les les travailleurs ont des rémunérations plus faibles, notamment du fait de l’absence et de la faiblesse des syndicats, ce qui tire les prix vers le bas. On assisterait ainsi à une dégradation des termes de l’échange entre les pays industrialisés et ceux qui ne le sont pas, ce qui signifie que la périphérie doit exporter de plus en plus en volume pour maintenir le bénéfice de ses exportations constant.
En réalité, plutôt qu’une détérioration régulière des termes de l’échange, on observe que les prix des matières premières sont plutôt caractérisés par une grande volatilité que par une tendance particulière. Cela peut s’expliquer par l’inélasticité de l’offre et de la demande sur le court terme. En effet, l’offre de matières premières est déterminée par des capacités existantes, qui ne peuvent pas s’adapter en quelques mois. Et la demande de son côté dépend de techniques, de structures, de coûts et d’habitudes qui ne peuvent pas changer rapidement. La volatilité des prix à court terme des matières premières s’explique donc simplement : les quantités offertes et demandées sont inélastiques, et les prix varient en conséquence.

Au passage, on fera observer que cette volatilité a un impact très fort sur le développement des nations concernées. Un choc positif risque d’entraîner un phénomène du type « malédiction des ressources naturelles » illustré par la « maladie hollandaise » : la découverte de gisements de gaz dans les années 1960 en Hollande a conduit à la migration des facteurs de production dans le secteur de l’extraction des ressources naturelles, ce qui a dégradé la productivité et la compétitivité des autres secteurs d’activité, et cela d’autant plus qu’elle s’accompagnait d’une appréciation du taux de change de la monnaie. Un choc négatif implique une diminution du revenu réel de l’économie qui se solde à terme par un ralentissement de la croissance économique.
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