Définition
La structuration sociale désigne l’organisation de la société en groupes sociaux hiérarchisés selon l’accès inégal à des ressources socialement valorisées (revenus, prestige, santé, pouvoir politique). Elle résulte de facteurs socio-économiques (profession, statut d’activité, niveau de revenu) et socio-démographiques (genre, âge/cycle de vie, lieu de résidence, type de ménage, origine), qui différencient les positions et produisent des inégalités de conditions et de chances.
L’essentiel
Les ressources socialement valorisées (revenus, prestige, santé, pouvoir politique) ne sont pas accessibles de la même manière par tous. Il existe différents facteurs de structuration et de hiérarchisation de la société française actuelle.
Tout d’abord la structuration suit des facteurs socio-économiques.
La profession est un premier facteur de classification. La nomenclature des Professions et Catégories Socioprofessionnelles (PCS) de l’Insee permet la lecture de la stratification selon la profession en France. La profession permet de distinguer des groupes rassemblant des individus présentant une certaine homogénéité sociale. Le statut d’activité est un deuxième facteur de classification. Être inactif ou au chômage entraîne des conséquences sur les parcours des individus. Enfin, le niveau de revenus (fortement corrélé aux deux premiers facteurs évoqués) a lui aussi des incidences. On peut parler d’effets en termes de logement notamment ou de santé.
Ensuite, la structuration se fait selon des facteurs socio-démographiques.
Le genre est un facteur de structuration important. Il exerce une influence forte dans la sphère des activités économiques : les femmes perçoivent, à temps de travail identique, un salaire inférieur de 14,2 % à celui des hommes (Insee, Tableaux de bord de l’Economie française, 2025). Les femmes sont davantage touchées par le temps partiel subi, par la pauvreté et par la précarité, que les hommes. Elles sont aussi particulièrement défavorisées en matière de partage du temps domestique. Les parcours scolaires des filles et des garçons sont différenciés : les garçons se dirigent plus souvent vers les parcours les plus valorisés, ce qui a des incidences en cascade puisque cela pèse sur la destinée professionnelle des filles, amenées à occuper des postes moins prestigieux et moins bien rémunérés que ceux des hommes.
Le type de ménage dans lequel vit un individu peut aussi affecter son existence. Les ménages sont différemment exposés à la pauvreté selon leur configuration familiale. Les familles monoparentales sont les plus concernées, en effet, 34,3 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian en France en 2023. Cela s’explique à la fois par le fait qu’il n’y ait qu’un revenu pour vivre, et que celui-ci soit souvent celui de la femme, en moyenne plus faible que celui de l’homme.
Le lieu de résidence (zone urbaine, périurbaine ou rurale) peut lui aussi contribuer à dessiner un espace social hiérarchisé. Les grands pôles urbains concentrent une forte pauvreté. Cependant, ces pôles sont aussi des lieux dans lesquels les pratiques culturelles sont intenses, ce qui peut s’expliquer par l’offre très concentrée, l’existence de transports en commun, et aussi par la concentration de diplômés, notamment dans les centres-villes. En parallèle, le fait d’habiter à la campagne a une incidence sur les parcours universitaires onéreux du fait de la distance géographique. Le type de logement et sa taille participent également de la structuration sociale puisqu’il est par exemple plus facile de faire ses devoirs quand on a une chambre à soi.
L’origine géographique enfin est un facteur de structuration. Immigrés et descendants d’immigrés peuvent partager des caractéristiques en lien avec leurs origines susceptibles d’affecter leur situation professionnelle. Par ailleurs, les immigrés connaissent des difficultés particulières, liées à l’expérience de la migration. Dès lors, on peut dire que l’origine géographique joue un rôle dans la persistance des inégalités d’emploi et de salaires par exemple.
