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Définition :
L’engagement politique est la prise de position sur les problèmes politiques et sociaux par une action ou des discours afin de participer à la conquête du pouvoir ou d’influencer le pouvoir. La notion d’engagement va de pair, en science politique, avec la notion de participation politique qui regroupe l’ensemble des pratiques sociales en lien avec la vie politique. On distingue dès lors la participation conventionnelle et la participation non conventionnelle. La participation conventionnelle est composée du vote et des activités militantes qui l’entourent et n’a pas d’aspect contestataire. La participation non conventionnelle renvoie, elle, aux actions collectives qui s’adressent aux détenteurs du pouvoir, elle est le plus souvent contestataire, peut être légale ou illégale, violente ou non violente.
L'essentiel :
L’engagement politique peut prendre plusieurs formes.
Quand un individu prend position sur un sujet politique et social par son discours et son action, il s’engage. On parle de militantisme quand la participation à une action collective est durable.
Une action collective est une action menée par un groupe pour défendre une cause et atteindre des buts communs.
L’engagement se fait tout l’abord dans des partis politiques, qui sont des organisations dont les membres se regroupent autour d'un projet politique en vue d'obtenir ou d'exercer le pouvoir. L’engagement se fait aussi dans des syndicats, qui sont, eux, des organisations dont le rôle est de défendre des intérêts professionnels. Mais l’engagement peut se faire également dans des associations c’est-à-dire des regroupements de personnes autour de projets ou d’activités, dans un but non lucratif. On parle d’engagement associatif. On parle dès lors d’un engagement collectif qui a pour but de défendre une cause et exprime une revendication collective et politique. Mais on peut aussi observer un engagement individuel, par la consommation engagée, qui a une connotation politique également. Le consommateur va orienter ses pratiques de consommation pour des motifs politiques.
L’engagement a donc à la fois une dimension individuelle et une dimension collective.
On peut relever l’influence de certaines variables sur l’engagement associatif, syndical ou politique.
Tout d’abord, le sexe exerce une influence sur l’engagement collectif. Hommes et femmes s’engagent mais leurs engagements diffèrent. Les femmes adhèrent plus fréquemment à des associations relevant de l’action sanitaire, sociale, humanitaire ou caritative (7,2%) que les hommes (5,6%) (données Insee 2016). Et les hommes appartiennent plus souvent à un syndicat ou à un parti politique.
Ensuite l’engagement varie en fonction de l’âge. En 2019, 2,7 % des salariés de moins de 30 ans étaient syndiqués, contre 14,7 % des plus de 50 ans (chiffres Enquête conditions de travail Dares-Insee, 2019). Par ailleurs, l’engagement associatif des plus de 65 ans est supérieur à la moyenne, il concerne des associations centrées sur les loisirs et la convivialité.
On observe donc un effet d’âge mais aussi un effet de génération. Les nouvelles générations sont engagées politiquement mais davantage vers une participation non conventionnelle et se détournent du vote.
L’engagement est aussi déterminé par la Profession et Catégorie Socioprofessionnelle des individus.En effet, les Cadres et Professions Intellectuelles Supérieures sont plus fréquemment adhérents à une association relevant de l’action sanitaire et sociale ou humanitaire et caritative, à un parti ou à un syndicat que toutes les autres catégories socioprofessionnelles, et, en particulier, que les employés et ouvriers. Les professions intermédiaires (11,6 %) et les cadres (11,2 %) présentent aujourd’hui les taux de syndicalisation les plus élevés, devant les employés (9,7 %) et surtout les ouvriers (9 %) (chiffres Enquête conditions de travail Dares-Insee, 2019).
Enfin, le niveau de diplôme fait varier l’engagement. Le taux d’engagement des diplômés du supérieur est clairement plus élevé que celui des Français dont le diplôme est inférieur au CAP.
L’engagement se transforme et tout d’abord ce sont les objets de l’action collective qui changent. Les conflits du travail avaient pour objectifs d’obtenir de meilleures conditions de travail et de rémunération depuis l’essor de la société industrielle au 19ème siècle. A partir des années 1960, de nouveaux enjeux de mobilisation émergent. Ces derniers valorisent le bien-être, l’autonomie de l’individu ou encore l’identité et l’affirmation des droits individuels. Se développent alors des mouvements de défense des minorités et de l’environnement. On parle de « Nouveaux Mouvements Sociaux » (Alain Touraine). On voit aussi apparaître des mouvements des « sans » (sans abris, sans papiers par exemple) qui défendent les droits des personnes en situation d’exclusion. Ces mouvements rendent visibles des parts de la population jusque-là marginalisées. On parle de luttes minoritaires.
Il faut néanmoins nuancer le déclin des conflits du travail et des enjeux matérialistes. Mais il faut voir aussi que les manifestations restent matérielles : les manifestants se mobilisent encore pour défendre leurs emplois ou encore leurs salaires. Par ailleurs, les revendications dites « post-matérialistes » ne sont pas non plus toutes nouvelles, on peut citer le féminisme qui s’est développé bien avant les années 1960.
Ensuite, l’engagement est porté par une pluralité d’acteurs dans le cadre des « sociétés post-industrielles ». Tout d’abord, l’engagement dans les organisations traditionnelles (partis politiques, syndicats) diminue. Ces organisations institutionnalisées sont en concurrence avec des associations. Des groupements émergent aussi : ce sont des mouvements ou des alliances éphémères, sans leaders identifiés. Les organisations des actions collectives sont alors souvent autonomes, décentralisées, informelles et limitées dans le temps.
Enfin, il faut parler de la place croissante de certains répertoires d’action collective (Charles Tilly) dans les actions collectives actuelles. En plus de l’internationalisation de l’action collective, on assiste à un renforcement du pouvoir des médias. Si les actions sont plus visibles médiatiquement, cela correspond aussi aux enjeux des luttes minoritaires qui souhaitent obtenir une visibilité et cherchent l’appui des médias. D’autre part, on assiste à une montée en puissance de l’expertise dans le domaine des mouvements sociaux et à la juridicisation des répertoires d’action avec les innombrables plaintes déposées annuellement par les associations. Mais si le répertoire d’action politique s’est transformé depuis le 19ème siècle et si les modes d’actions classiques, comme la grève, déclinent au profit d’actions plus spectaculaires, ils ne disparaissent pas pour autant mais s’associent à d’autres formes d’action.