Ecole Autrichienne

Définition :

courant néoclassique qui se distingue par l’importance accordée à l’information et à l’incertitude.

L'essentiel :

C’est l’économiste autrichien Carl Menger qui fonde, à la fin du XIXème siècle, ce qui a été nommé par la suite « l’école autrichienne », l’un des courants de la pensée marginaliste. Dans son ouvrage publié en 1871, Principe d’économie pure, il développe une conception subjective de la valeur, rompant ainsi l'école classique qui considère que c’est le travail qui fait la valeur et il expose une définition de la valeur fondée sur l'utilité marginale du bien liée à des conditions subjectives. Cette révolution marginaliste par l'école autrichienne est contemporaine de des travaux de Léon Walras (école de Lausanne) et de William Stanley Jevons (école de Cambridge). L'école néoclassique est née de ces trois théories simultanées.

Même si elle est assez éclatée, l’école autrichienne se caractérise par son approche méthodologique fondée sur l’individualisme méthodologique et par une approche subjectiviste qui font de la théorie économique une analyse de l’action humaine. Considérant que les comportements humains se fixent dans un univers incertain dans lequel l’information est limitée, les économistes de l’école autrichienne accordent une place importante au prix comme vecteur d’information. Selon Friedrich August von Hayek (1899-1992), le prix est un signal qui oriente les décisions économiques. Cette approche conduit ces économistes à une certaine mise à distance de la figure de l’homo œconomicus tel que le définissent les autres courants néoclassiques.  Ainsi, Ludwig von Mises (1881-1973) explique que les actions humaines ne se font pas dans un cadre de la rationalité parfaite de modèle de l'homo œconomicus et que ce modèle idéal est trop loin de la réalité. Le postulat d’incertitude et d’information imparfaite écarte donc l’école autrichienne de la préoccupation, très présente chez les autres néoclassiques, de modélisation d’un équilibre général. L’école autrichienne raisonne plutôt en dynamique c’est-à-dire sur la tendance vers l’équilibre en montrant que celle-ci conduit souvent au déséquilibre. Chaque décision économique traduisant une préférence génère une insatisfaction d’une autre nature et, ainsi, un déséquilibre, qui génèrera lui-même une nouvelle action. L’analyse de la figure de l'entrepreneur illustre très bien ce mécanisme dynamique et constitue un point clé de l'école autrichienne. C’est donc un courant qui intègre le mouvement, l’histoire, et le déséquilibre qui en est issu.

L’école autrichienne se caractérise aussi par la place qu’elle accorde à la monnaie qui est analysée comme une solution face à l’incertitude. Ludwig von Mises, notamment, s’éloigne explicitement de l’approche dichotomique de la monnaie, séparant sphère réelle et sphère monétaire. La monnaie est donc placée au cœur de l’analyse autrichienne. Elle seule, du fait de son absence de valeur intrinsèque, permet de fixer la valeur des biens alors que la valeur travail, retenue par les classiques, n’est pas homogène.

 

Enfin, c’est un courant qui se caractérise par une analyse dynamique de la concurrence perçue comme le mécanisme propice à l’anticipation du futur. L’acception autrichienne de la concurrence est assez éloignée du modèle de concurrence pure et parfaite chère aux autres néoclassiques. Hayek la définit comme l’expression de la liberté et explique ainsi la supériorité de l'économie de marché.

La défense de l'économie de marché est au cœur de l’école autrichienne de von Mises à Hayek. Tous critiquent l’interventionnisme étatique et, évidemment, le collectivisme et le socialisme. Dans La route de la servitude, publié en 1943, Hayek condamne la notion de justice sociale, qu’il perçoit comme un leurre reposant sur l’arbitraire, et il dénonce les effets pervers de l’intervention de l’Etat qui lui est associée. Hayek condamne toutes les interventions des autorités publiques dans la vie économique pour les déséquilibres qu’elles génèrent et il montre que l’allocation des ressources ne peut qu’être effectuée par le marché. Il va jusqu’à développer l’idée que la redistribution ne bénéficie jamais aux plus faibles et que, par le biais de la fixation du niveau d’un salaire minimum, l’intervention de l’Etat conduit à une discrimination qui finit par exclure du marché du travail des travailleurs ayant une productivité inférieure au salaire qu’ils recevraient.

3 questions à : ( à venir)

1) Quelles différence entre l’incertitude de l’école autrichienne et l’« incertain radical » de Keynes ?

2) Peut-on considérer Schumpeter comme un économiste de l’école autrichienne ?

3) Quelles est aujourd’hui la postérité de ce courant ?

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