Déflation

Définition :

 la déflation désigne une baisse du niveau général des prix, le plus souvent mesuré par l’indice des prix (cf article inflation). Mais la notion de déflation peut avoir plusieurs sens. La déflation monétaire qui est la définition retenue ici, mais aussi la déflation financière qui correspond à une baisse générale des cours boursiers et enfin la déflation réelle qui est la baisse concomitante des prix, de la production, des revenus qui est synonyme de récession. Il ne faut pas confondre la déflation avec la désinflation qui est le freinage ou la décélération de l’inflation : les prix continuent d’augmenter mais moins vite (un taux d’inflation qui passe de 10 à 5% par exemple).

L'essentiel :

La déflation peut s’expliquer par différentes causes. Certaines déflations trouvent leurs origines dans des politiques volontairement déflationnistes (souvent pour des raisons de maintien de la valeur monétaire externe). Ceci se traduit par des mesures de rigueur monétaire et budgétaire visant à comprimer prix et coûts de production. Par exemple Pierre Laval en 1935 impose une baisse de 10% du salaire des fonctionnaires et une réduction des dépenses publiques. Plus généralement, les années 1930 furent une période de déflation pour les principaux pays capitalistes. Les prix de gros, ceux des matières premières, les prix agricoles, les prix de détail se sont effondrés. L’indice des prix à la consommation baisse ainsi de 1929 à 1933 de 28% en Italie, de 25% aux Etats-Unis et en France, de 23% en Allemagne, de 14% au Royaume-Uni.

Plus globalement, on peut retenir quatre grands types d’explications de la déflation.

D’abord, les situations de surproductions et/ou de manque de débouchés sont propices à la déflation. C’est une idée qu’on retrouve dans certaines explications des cycles Kondratiev ainsi que chez Keynes.

Dans une perspective liée aux fluctuations de l’économie, en haut de cycle, la demande n’arrive pas à suivre l’offre et cela crée une baisse des prix. Cela peut aussi s’expliquer par des problèmes de débouchés comme l’avait montré Keynes. Ce dernier mettait en avant les anticipations à la baisse des entrepreneurs comme explication principale. En effet, leur pessimisme générant une baisse des investissements, ceci contribue à une baisse des revenus distribués (baisse des salaires principalement). Dès lors, la baisse de la demande générant un problème de débouchés, cela engendre une baisse des prix. Cette baisse des prix peut précipiter certaines entreprises vers la faillite, augmentant alors les problèmes de débouchés.

On peut également s’appuyer sur les causes monétaires pour expliquer la déflation. La baisse de la masse monétaire entraine une baisse des prix, selon les principes quantitativistes (les variations des prix trouvant leur origine dans la variation de la masse monétaire). L’origine de la contraction de la masse monétaire peut être multiple : la hausse des taux d’intérêt, les restrictions dans la distribution du crédit, le remboursement par l’Etat de la dette publique à la banque centrale.

Ainsi, dans les années 1930, le krach boursier d’octobre 1929 a conduit à une baisse des avoirs des entreprises, une baisse des investissements, une baisse de la demande mais également des licenciements, des faillites, ce qui a renforcé la baisse des prix. Mais parallèlement, la crise s’est transformée en grave dépression pour des raisons monétaires puisqu’il y a eu destruction d’un 1/3 de la masse monétaire entre 1929 et 1933 aux Etats-Unis suite à aux faillites d’entreprises (annulation des crédits non remboursés) et bancaires (annulation de dépôts bancaires) et à la politique monétaire restrictive de la FED.

Enfin, on peut mettre en avant des éléments structurels générant une pression déflationniste. Ainsi la concurrence mondiale notamment des pays à bas salaires exerce, par le commerce international et les délocalisations, une pression à la baisse sur les prix et les salaires. Les progrès technologiques ainsi que les gains de productivité sont autant d’éléments qui poussent les prix à la baisse en créant des capacités de production excédentaires et en baissant les coûts de production. Les transformations des modes de production (sous-traitance, déréglementation) ainsi que la globalisation financière abaissent également les couts de production et de financement.  Enfin, le recul et le vieillissement démographique conduisent à une baisse de la demande qui engendre une déflation.

Trois questions à … Jean-Marc Daniel ?

1) La déflation est-elle toujours négative ?

2) En cause les pressions déflationnistes actuelles relèvent de causes structurelles ?

3) Quelles sont les conséquences des crises sur l’évolution des prix ?

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