Les traînées de condensation sont des nuages artificiels, créés par la vapeur d'eau et les suies issues de la combustion du kérosène, dans des zones bien définies de l'atmosphère (les régions hyper-saturées en glace). La formation de ces traînées entraîne un effet réchauffant similaire à l'émission de gaz à effet de serre, dont la compréhension et la prédiction exactes font encore l'objet de recherches. Le phénomène étant lié à des conditions météorologiques spécifiques, il est très localisé : environ 3 % des vols seraient responsables de 80 % des traînées de condensation. Dans ce cas, la tarification moyenne de cette externalité́ sur l'ensemble des vols n'est pas l'outil de politique publique le plus efficace. Il sera préférable de cibler des mesures sur les vols concernés, par exemple par le biais d'outils normatifs[5] ou incitatifs spécifiques, qui permettront de faire baisser l'externalité́. En effet, il semble possible de réduire une partie significative (de l’ordre de 60 %) des traînées sur les vols les plus touches, par exemple avec des stratégies de modification de la trajectoire pour éviter les zones hyper-saturées en glace. La mise en œuvre de telles stratégies permettrait de réduire le coût social lié aux traînées de condensation […].
Source : Alexia LITSCHGY, « Tarification et fiscalité du transport aérien », Trésor-Éco n°367, 2025.
Question 1 : Pourquoi la note Trésor-Éco estime-t-elle que la tarification de l’ensemble des vols, par une taxe ou par des quotas d’émission, ne serait pas efficace pour limiter les traînées de condensation ?
Question 2 : Quelle stratégie doit-elle être rendue obligatoire par une réglementation ou une taxe ciblée pour réduire de plus de 60 % les externalités négatives engendrées par les traînées de condensation ?
Question 3 : Pourquoi les compagnies aériennes n’adoptent-elles pas cette stratégie d’elles-mêmes, en l’absence de réglementation ?
[5] Il s’agit de réglementations édictées par les pouvoirs publics.
[6] R. Teoh, Z. Engberg, U. Schumann, C. Voigt, M. Shapiro, S. Rohs et M. Stettler, « Global aviation contrail climate effects from 2019 to 2021 », Atmospheric Chemistry and Physics, 2024.
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Question 1 : Pourquoi la note Trésor-Éco estime-t-elle que la tarification de l’ensemble des vols, par une taxe ou par des quotas d’émission, ne serait pas efficace pour limiter les traînées de condensation ?
La tarification de l’ensemble des vols ne serait pas efficace car elle porterait sur 97 % de vols qui seraient incités à lutter contre un phénomène qui ne les concerne pas ou presque pas. 86 % des vols n’ont en effet pas de traînées de condensation et 11 % en émettent peu (20 % du total).
Question 2 : Quelle stratégie doit-elle être rendue obligatoire par une réglementation ou une taxe ciblée pour réduire de plus de 60 % les externalités négatives engendrées par les traînées de condensation ?
La réglementation doit porter sur des normes imposant des stratégies de modification de la trajectoire des vols concernés, ou de la tarification ciblée sur les vols émetteurs de traînées de condensation. Cela suffirait à réduire de 60 % ces externalités négatives.
Question 3 : Pourquoi les compagnies aériennes n’adoptent-elles pas cette stratégie d’elles-mêmes, en l’absence de réglementation ?
Les compagnies aériennes ne modifient pas d’elles-mêmes la trajectoire de leurs vols car cela augmente leurs coûts d’exploitation, le coût privé, alors que les traînées de condensation ne leur coûtent rien, c’est une externalité négative, même si elle augmente le coût social de leurs vols.[6]
[5] Il s’agit de réglementations édictées par les pouvoirs publics.
[6] R. Teoh, Z. Engberg, U. Schumann, C. Voigt, M. Shapiro, S. Rohs et M. Stettler, « Global aviation contrail climate effects from 2019 to 2021 », Atmospheric Chemistry and Physics, 2024.