Document 3 : La mobilisation de la « Gen Z »

Facile

« Pourquoi la génération Z se révolte-t-elle aujourd’hui ?

Il faut avoir en tête qu’en prenant une échelle très large de jeunes nés entre 1997 et 2012, la « gen Z » représente environ 25 % de la population mondiale. En Afrique, elle représente de 30 % à 35 % de la population, soit presque un tiers, contre de 15 % à 20 % en Europe. Elle est suffisamment importante dans les pays du Sud global pour porter un réel poids politique.

Le sens profond de ces mouvements est la défense des biens essentiels. Partout, le mouvement « gen Z » se révolte contre un sentiment de dépossession. A Madagascar, les jeunes s’insurgent contre les coupures d’eau et d’électricité. Au Pérou, c’est l’explosion de l’insécurité qui pose problème. Au Maroc, c’est notamment l’accès aux soins. Au Népal, la corruption et l’interdiction des réseaux sociaux ont provoqué un tollé.

Ces colères juvéniles sont très concrètes. C’est un trait saillant par rapport aux vagues précédentes. Dans les manifestations marocaines, on peut entendre : « Nous ne voulons pas de stades [en référence à la Coupe d’Afrique des nations de football, que le pays accueille en décembre], nous voulons des hôpitaux. » C’est révélateur d’un paradoxe intéressant : les adultes ont toujours associé jeunesse et sport, ou jeunesse et loisir. Mais ici, les jeunes Marocains défendent un système de santé. De même pour les manifestants malgaches : « Nous ne voulons pas du pouvoir, nous voulons de l’électricité ! » A la différence des mouvements de jeunesse des pays du Nord qui portent souvent des discours d’injustice intergénérationnelle, celui-ci ne se rebelle pas contre les générations aînées. Au contraire, les autres générations se joignent même à la révolte. […]

Quel rôle les réseaux sociaux jouent-ils dans ce mouvement ?

Bien sûr, il y a eu d’autres vagues d’indignation générationnelle dans le passé : le mouvement des « indignés » en Espagne, les « printemps arabes » en 2011, ou encore le mouvement écologique « Zero Hour » aux Etats-Unis en 2017. Cette hyperconnexion contribue à la fois à sa rapidité et à la similarité de ses modes d’action. Au Népal et au Maroc, la plateforme de messagerie instantanée Discord a particulièrement accéléré sa propagation.

Le mouvement revendique ne pas avoir de leader, est-ce une force ?

Oui, c’est une force en termes d’organisation, mais aussi une faiblesse en termes d’offre politique. Héritier des « printemps arabes », le mouvement se veut horizontal. Hors syndicats, hors partis politiques, hors structures, hors organisations non gouvernementales, hors associations étudiantes. Etre moins officiel facilite une adhésion de masse. Par ailleurs, ces mouvements ne sont pas spontanés, il y a toujours des militants qui œuvrent, dans l’ombre, à l’organisation – une stratégie qui se montre gagnante, puisque, selon les pays, les effets sont presque immédiats. »

 

Cécile Van de Velde, « La colère de la génération Z n’est pas idéologique mais pragmatique », Le Monde, 30 Octobre 2025 

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Questions : 

Question 1 : Qui sont les acteurs des actions collectives citées dans le texte ?

Question 2 : Quelles sont les revendications de la « Gen Z » ?

Question 3 : Peut-on parler de revendications post-matérialistes uniquement ?

Question 4 : Quel est le répertoire d’action collective de ces mouvements ?

Question 5 : Que peut-on dire sur leur mode d’organisation ?

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Réponses : 

Question 1 : Qui sont les acteurs des actions collectives citées dans le texte ?

Les acteurs des actions collectives cités dans le texte sont les jeunes mobilisés dans différents pays. Mais il est aussi fait référence aux syndicats, aux partis politiques, aux Organisations Non Gouvernementales et aux associations étudiantes qui ne sont pas impliqués dans le mouvement des jeunes. 

Question 2 : Quelles sont les revendications de la « Gen Z » ?

Les revendications de la « Gen Z » sont matérielles avant tout : de l’eau, de l’électricité, des hôpitaux, un accès à internet. De plus, la corruption et l’insécurité sont dénoncées. 

Question 3 : Peut-on parler de revendications post-matérialistes uniquement ?

De ce fait, on est face à des revendications qui ne sont pas post-matérialistes mais qui sont matérielles avant tout. Ces revendications sont très « concrètes » comme il est indiqué dans le texte. Ces revendications sont opposées à celles des jeunes des pays du Nord qui sont principalement post-matérialistes et portent notamment sur des enjeux de justice sociale.

Question 4 : Quel est le répertoire d’action collective de ces mouvements ?

Les modalités d’action sont la manifestation de rue organisée à l’aide d’applications et des réseaux sociaux comme Discord.

Question 5 : Que peut-on dire sur leur mode d’organisation ?

Leur mode d’organisation est « horizontal », sans leader défini, sans appui de la part d’acteurs institutionnalisés comme les syndicats, les partis politiques ou les associations étudiantes. C’est un mouvement dit « moins officiel » mais l’organisation n’est pas totalement « spontanée », des militants organisent en amont les manifestations, ce qui explique leurs succès. 

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