La fragilité des emplois est une autre tendance massive depuis trois décennies. En 1995, le sociologue Robert Castel publiait La Métamorphose de la question sociale, qui diagnostiquait une fragilisation accrue du statut salarial pour une frange plus grande de la main d’œuvre. Le chômage de masse, « l’intérim », la flexibilité des statuts (CDD), tout cela a rendu le travail plus incertain rompant avec le cycle précédent des Trente Glorieuses qui avait été une époque de stabilisation et de sécurisation de la main d’œuvre. Cette fragilisation de l’emploi épouse une tendance de fond de nos sociétés : la déstabilisation du lien salarial […]. Le parcours professionnel s’annonce plus chaotique. Pour beaucoup, la vie au travail sera faite d’alternance entre période d’activité et d’inactivité (chômage, formation, congé parental).
Jean-François Dortier, « Le travail en quête de sens », Sciences humaines n°210, décembre 2009
Questions :
-
Pourquoi peut-on parler d’une fragilisation du statut salarial après les Trente Glorieuses ?
-
Expliquez les conséquences concrètes pour l’individu de se retrouver sans emploi.
Voir la correction
- Depuis les années 1975, on observe deux phénomènes : la montée du chômage qui succède à une période de plein emploi et le développement de formes d’emplois instables, précaires (le modèle du CDI à temps complet s’estompe). Le statut salarial est fragilisé car il n’offre plus les mêmes garanties de stabilité que pendant les Trente Glorieuses.
- Sans emploi, un individu perd ses revenus du travail, perd une reconnaissance sociale et surtout une utilité. Il ne cotise plus et ne se couvre plus contre certains risques sociaux (vieillesse, retraite future). Des conséquences sur sa vie familiale et amicale peuvent se produire favorisant un processus de désaffiliation sociale selon Robert Castel.