Document 1. Monnaie

Facile

Lorsque vous rentrez dans un restaurant pour commander un repas, vous recevez quelque chose qui a de la valeur : le plaisir de la dégustation associé à l’agrément de dîner dans un environnement plaisant et le fait d’être servi. Pour payer pour cette prestation, vous tendez peut-être au restaurateur plusieurs morceaux de papier colorés portant des symboles étranges, des monuments, des cartes d’Europe (ou même le portrait d’un monarque). Vous pouvez alternativement lui tendre une carte rectangulaire en plastique sur laquelle est incrustée une bande magnétique ou même une puce électronique qu’il vous rendra plus tard. Enfin, il est aussi possible que vous lui donniez un morceau de papier avec le nom de votre banque et votre signature. Que vous payiez en liquide, par carte de paiement ou par chèque, le restaurateur est content de travailler dur pour satisfaire vos envies gastronomiques soit en échange de morceaux de papier qui n’ont pas de valeur intrinsèque, ou bien en échange de la détention temporaire de votre carte en plastique. Pour quelqu’un qui a vécu dans une économie moderne, cette coutume sociale n’est pas du tout étrange. Bien que la monnaie-papier n’ait pas de valeur intrinsèque, le restaurateur est confiant du fait que, dans le futur, une troisième personne l’acceptera en échange de quelque chose qui a de la valeur pour lui. Et cette troisième personne fait confiance à une quatrième personne pour l’accepter, qui sait aussi qu’une cinquième personne l’acceptera, etc. Pour le restaurateur et pour les autres membres de la société, vos liquidités représentent un droit sur les biens et services futurs (…) La coutume sociale de l’utilisation de la monnaie pour solder les transactions est extraordinairement utile dans une société vaste et complexe. Imaginez un instant qu’il n’y ait rien dans l’économie qui soit accepté en échange de biens et services. Les individus seraient obligés de recourir au troc – à l’échange d’un bien ou service contre un autre bien ou service – afin d’obtenir ce dont ils ont besoin. Pour que l’on vous serve votre repas, par exemple vous devez donner au restaurateur quelque chose qui a une valeur immédiate. Vous pourriez par exemple faire la vaisselle, nettoyer sa voiture ou bien lui donner la recette secrète du plat favori de votre famille. Une économie qui repose sur le troc aura des difficultés à allouer les ressources efficacement. Dans une telle économie, l’échange nécessite la double coïncidence des besoins – l’improbable concordance des désirs des deux parties de l’échange. L’existence de monnaie facilite le commerce (…). A mesure que la monnaie passe d’une personne à l’autre dans l’économie, elle facilite la production et l’échange commercial, permettant à chacun de se spécialiser dans ce qu’il ou elle fait le mieux, ce qui fait augmenter le niveau de vie de tous.

Gregory N. Mankiw, Mark P. Taylor, Principes de l’économie, De Boeck, 2010.

Questions :

1) Pourquoi un commerçant accepte-t-il, en échange du bien ou du service que vous lui achetez, du papier-monnaie qui n’a aucune valeur intrinsèque ?

2) Quel est le principal avantage de l’existence de la monnaie ?

3) Expliquez la dernière phrase du texte.

Voir la correction

  1. Parce qu’il sait pouvoir l’utiliser pour acquérir les biens et services dont il a besoin. La monnaie lui permet d’échanger plus facilement les biens et services qu’il produit contre des biens et services produits par d’autres et dont il a besoin.
  2. L’utilisation de la monnaie ne rend pas indispensable la double coïncidence des besoins (« l’improbable concordance des désirs des deux parties de l’échange »).
  3. La monnaie, en facilitant les échanges, rend possible la spécialisation de chacun dans la production de biens ou services. La division du travail peut alors s’approfondir.

Newsletter

Suivre toute l'actualité de Melchior et être invité aux événements