Question 1. Définition et mesure du chômage

Plan du cours

Le chômage est un concept simple mais une réalité complexe. Il est définit comme la situation d’un individu ou d’une partie de la main-d’œuvre d’un pays sans emploi et à la recherche d’un emploi. Sur le marché du travail, le chômage apparaît lorsque la demande d’emplois des travailleurs (offre de travail) est supérieure aux offres d’emplois des entreprises (demande de travail). Un chômeur est une personne sans emploi à la recherche d’un emploi.

Si les chiffres du chômage font parfois l’objet de débat, c’est en partie parce qu’il existe deux mesures du phénomène, qui en réalité se complètent plus qu’elles ne s’excluent ne poursuivant pas les mêmes objectifs. En effet, Pôle Emploi dont la mission est de prendre en charge le service de l’emploi et d’indemnisation comptabilise les demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM). Il s’agit d’une mesure administrative du chômage qui obéit à une logique de gestion de personnes et de réglementation du service public dédié aux chômeurs plutôt qu’une mesure statistique du chômage. C’est pourquoi, comme la plupart des organismes statistiques des pays, l’INSEE se réfère aux critères établis pour le Bureau international du travail (BIT) pour mesurer le chômage. Ainsi, pour être considéré comme chômeur au sens du BIT, une personne doit remplir simultanément trois conditions : être sans emploi au cours de la semaine de référence de l’enquête, avoir effectué une démarche active de recherche d’emploi et être disponible pour travailler immédiatement. Contrairement à Pôle Emploi, la logique du BIT est avant tout économique : il s’agit de déterminer les ressources en main-d’œuvre immédiatement disponibles pour contribuer à l’emploi et par là à la richesse. De ce fait, le nombre de chômeurs peut être différent suivant la méthode employée, car la définition du chômage au sens du BIT est complètement indépendante du fait que les personnes soient ou non inscrites à Pôle emploi. Néanmoins, dans l’ensemble, l’analyse de l’évolution du chômage sur longue période à partir de ces deux mesures donne des résultats relativement proches.

La définition officielle du chômage (« au sens du BIT ») délimite en même temps les deux catégories complémentaires des chômeurs : d’une part, celle des actifs occupés (« en emploi »), qui recouvre l’ensemble des personnes qui ont un emploi salarié ou non ; d’autre part, celle des inactifs, composée par les personnes qui ne recherchent pas d’emploi ou qui ne sont pas disponibles pour en occuper un. L’ensemble formé des chômeurs et des actifs occupés constitue la population active. La réalité de la situation des personnes est toutefois plus complexe que ne suggère la séparation nette entre « chômeurs », « actifs occupés » et « inactifs ». Dans les années 1980, la notion de « halo du chômage » est apparue pour décrire des situations de personnes qui semblaient assez proches du chômage sans pour autant être comptabilisées parmi les chômeurs au sens du BIT. Ces personnes ont des situations qui se trouvent à la frontière entre chômage, emploi et inactivité. Dans le « halo du chômage », on trouve notamment les situations de sous-emplois qui concernent les personnes considérées comme actives occupées au sens du BIT mais occupant une activité réduite involontaire. C’est le cas des travailleurs qui subissent un emploi à temps partiels ou encore de ceux qui sont en chômage partiel. L’analyse des statistiques du chômage et du sous-emploi montre ainsi qu’une partie non négligeable de la population française n’a pas accès à l’emploi alors qu’elle le désirerait. Au troisième trimestre 2019, 5,4 % des personnes en emploi sont en situation de sous-emploi. Il s’agit principalement de personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage. Le taux de chômage au sens du BIT est de 8,6 % de la population active en France (hors Mayotte), et s'établit à 8,3 % en France métropolitaine.

L’analyse statistique du chômage montre qu’il s’agit d’un phénomène massif, durable et sélectif. Si le taux de chômage de la France est particulièrement élevé sur la dernière décennie, il l’est également relativement à d’autres pays dont le dynamisme du marché du travail est souvent mis en exergue, c’est notamment le cas de l’Allemagne, le Royaume Uni et les Etats-Unis. L’analyse de longue période du chômage révèle son caractère durable et massif depuis la fin des Trente Glorieuses. Ce phénomène n’est évidemment pas propre à la France, bien que son taux semble beaucoup moins refluer lorsque l’activité repart comparativement à ce qu’il se passe outre-Atlantique ou outre-Rhin.

Le chômage est aussi un phénomène inégalitaire car il touche deux fois plus les jeunes actifs et les moins diplômés. On note également que le retour à l’emploi est plus difficile pour les jeunes dont le taux de chômage de longue durée est nettement plus élevé que la moyenne.

Introduction Q1

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INTRODUCTION

De nombreux travaux sociologiques ont montré le traumatisme social et psychologique de l’épreuve du chômage. Au-delà des personnes qu’il frappe, le chômage entraîne un coût important pour la société. Un coût direct qui correspond à la perte de richesse qui aurait pu être produite par les personnes inemployées, auquel s’ajoute le montant de l’indemnisation de cette situation de non-emploi. Un coût économique et social ensuite plus difficilement mesurable, mais pas pour autant négligeable, qui résultent des effets induits sur la santé, le lien social mais aussi en termes de délinquance, notamment chez les jeunes.

Ces méfaits sont bien connus, pourtant, on peut se demander pourquoi des économies dont le PIB continuent de progresser, comme la France, se caractérisent par un chômage de masse durable depuis maintenant plus de trente ans.

Pour répondre à cette question, on doit se tourner vers les travaux des économistes. Quels sont les contours et la nature du chômage ?  Pourquoi certains pays plus touchés que d’autres ? Comment peut-on expliquer le chômage ? Quelles solutions peuvent être mises en œuvre pour l’endiguer ?

Ce chapitre est l’occasion de répondre à toutes ces questions. Plus globalement, il s’agira de se demander comment pouvons-nous lutter efficacement contre le chômage.

Pour ce faire, un petit détour par la définition et la mesure du chômage s’impose (dossier n°1). Ainsi, après avoir délimité les contours du phénomène, nous en examinerons les facteurs explicatifs mis en évidence par les économistes (dossier n°2). Forts de ces grilles de lectures théoriques, nous pourrons analyser la double nature du chômage afin de mettre en exergue des solutions au chômage (dossier n°3).

 

 

Question 1 : DEFINITION ET MESURE DU CHOMAGE

Les « chiffres du chômage » reviennent de façon récurrente au cœur du débat public et sont parfois discutés. Leur publication est toujours médiatisée et leur évolution signale l’échec ou la réussite des politiques mises en œuvre par les gouvernements. Comment mesure-t-on le chômage ? Quelles sont les limites de sa mesure ? Que nous montre l’analyse des statistiques du chômage ?

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Question 1 : DEFINITION ET MESURE DU CHOMAGE

Les « chiffres du chômage » reviennent de façon récurrente au cœur du débat public et sont parfois discutés. Leur publication est toujours médiatisée et leur évolution signale l’échec ou la réussite des politiques mises en œuvre par les gouvernements. Bien comprendre ce que recouvrent le chômage et la façon dont on le mesure est un enjeu essentiel. Dans ce dossier, il s’agira donc de montrer que le chômage est un concept simple mais dont la mesure est complexe au regard des frontières entre chômage, emploi et inactivité.

Document 1 : Evolution du nombre de demandeurs d’emploi (en catégorie A1), en France métropolitaine

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Questions :

1. A quelle catégorie de la population active appartiennent les demandeurs d’emploi ?

2. Mesurer l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi en France métropolitaine depuis le 2017.

3. Formulez des hypothèses explicatives de cette évolution.

Document 2 : Chômage et Pôle Emploi

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(…)La fusion des Assedic (associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce) et de l’Anpe (Agence nationale pour l’emploi) a donné naissance au Pôle Emploi qui, désormais, se charge (…) à la fois du service de recherche d’emploi et de l’indemnisation des demandeurs d’emploi. (…) [L’]indemnisation du chômage est un système assurantiel : chaque travailleur salarié s’assure en payant, avec son employeur, des cotisations, et, si le sinistre survient, à savoir la perte de son emploi, il sera indemnisé par l’assurance-chômage. Exactement, comme pour l’assurance auto ou habitation : on paye des cotisations pour obtenir une indemnisation en cas de sinistre.(…) Reste que pour toucher l’allocation d’aide au retour à l’emploi (Are), le nom officiel des allocations de chômage, il faut réunir les conditions suivantes, d'ailleurs à peu près les mêmes qu’à l’époque des Assedic.

-. S'inscrire auprès du Pôle Emploi (…)

- Avoir perdu son emploi de façon involontaire (licenciement, fin de CDD subi par exemple). Toutefois, quelques cas de démissions dites légitimes ouvrent droit aux allocations de chômage.

- Avoir cotisé pendant une période minimale fixée actuellement à 122 jours.

- Etre apte au travail, une aptitude au travail qui s’entend médicalement parlant.

- Rechercher activement un emploi et être capable de justifier de ces recherches en cas de contrôle.

- Avoir moins de soixante ans, sauf si, entre 60 et 65 ans, les conditions pour bénéficier d’une pension de retraite à taux plein ne sont pas remplies.

Source : Capital.fr, Léa Boluze, « Les allocations chômage du Pôle Emploi, ex Assedic », Publié LE 16/12/2015 À 9H09 Mis à jour LE 11/10/2018 À 16H39, Michèle Auteuil

Note 1 : Demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi.

 

Questions :

1. Qu’est ce que Pôle emploi ? Quelles sont ses missions ?

2. A quelle catégorie de personnes s’adresse Pôle Emploi ?

Document 3 : Une partition de la population active en trois catégories : Emploi, chômage, inactivité

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La définition officielle (au sens du Bureau internationale du travail) du chômage (…) délimite en même temps les deux autres catégories complémentaires à celle des chômeurs : d’une part, celle des actifs occupés (ou « en emploi »), qui recouvre l’ensemble des personnes qui ont un emploi salarié ou non ; d’autre part, celle des inactifs, composée par les personnes qui ne recherchent pas d’emploi ou qui ne sont pas disponibles pour en occuper un. L’ensemble formé des chômeurs et des actifs occupés constitue la population active – un chômeur étant donc considéré (…) comme « actif » - et donne une mesure de l’ « offre » sur le marché du travail (c’est-à-dire le nombre de personnes « offrant » leur travail). Au total, l’ensemble de la population se répartit entre ces trois catégories : une personne est soit au chômage, soit en emploi, soit en inactivité.

Peuvent alors être définis les taux de chômage, d’emploi, et d’activité, qui, sauf mention contraire, sont généralement calculés pour la population dite « en âge de travailler », la tranche des 15-64 ans étant le plus souvent retenue dans les comparaisons internationales :

- le taux de chômage est défini comme le ratio [nombre de chômeurs/ nombre d’actifs]

- le taux d’emploi est défini comme le ratio : [nombre d’actifs occupés / population en âge de travailler]

- le taux d’activité est défini comme le ratio : [nombre d’actifs / population en âge de travailler].

Source Jérôme Gautié, Le chômage, Coll. Repères, Ed. La découverte, 2015

Questions :

1. Compléter le schéma ci-après à l’aide des mots qui conviennent :

2. Définir : population active, population inactive et chômage.

3. Définir la notion de marché de travail. Qui sont les offreurs ? Qui sont les demandeurs ?

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Questions :

Réponse : L’INSEE établit ses statistiques à partir des « Enquêtes Emploi » trimestrielles et à partir des recensements de la population. Dans la population totale, l’INSEE distingue les actifs, les personnes en emploi, les chômeurs et les inactifs.

2. Définir : population active, population inactive et chômage.

Réponse :

- La population active comprend toutes les personnes qui déclarent exercer un emploi ou chercher à exercer un emploi. Elle est composée de la « population active occupée » (l'emploi) et de la population au chômage. Elle est donc inférieure à la population potentiellement active, c'est à dire toutes les personnes en âge de travailler. Cette définition est purement conventionnelle. Elle ne retient pas l'activité des hommes ou des femmes au foyer, des bénévoles, des étudiants, qui ne sont pas rémunérés pour le travail et ne passent pas par le marché.

Pour le Bureau International du Travail (BIT), la population active occupée comprend les personnes pourvues d'un emploi. Ce sont les personnes qui ont dépassé un âge spécifique (15 ans révolus dans l'année) et qui durant une période de référence (dernière semaine précédant l'enquête) occupent un emploi salarié ou non salarié.

Le chômage peut donc être défini comme la situation d’un individu ou d’une partie de la main-d’œuvre d’un pays sans emploi et à la recherche d’un emploi. Sur le marché du travail, le chômage apparaît lorsque la demande d’emplois des travailleurs (offre de travail) est supérieure aux offres d’emplois des entreprises (demande de travail). Un chômeur est une personne sans emploi à la recherche d’un emploi.

- La population inactive comprend toutes les personnes qui ne peuvent pas légalement travailler et les personnes qui renoncent provisoirement à un travail rémunéré. Elle est composée des inactifs légaux (jeunes de moins de 16 ans, retraités) et des inactifs volontaires (étudiants, homme ou femme au foyer).

 

3. Définir la notion de marché de travail. Qui sont les offreurs ? Qui sont les demandeurs ?

Réponse :

Le marché du travail est le lieu fictif de rencontre entre une offre de travail (émanant des travailleurs) et une demande de travail (émanant des employeurs). L’offre de travail correspond à la demande d’emploi. Elle correspond à la population active d’un pays. La demande de travail correspond à l’offre d’emploi. Elle correspond aux emplois offerts par les producteurs.

Document 4 : Emploi, chômage, inactivité en 2017

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Questions :

1. Dans ce tableau, quelle population correspond à l’offre de travail ? à la demande de travail ? Chiffrer chacune de ces populations. A quelle catégorie de la population correspond l’écart entre ces deux populations ?

2. A l’aide du document précédent et des données du tableau, calculer le taux d’activité, le taux d’emploi et le taux de chômage. Faites une phrase avec chaque résultat.

Document 5 : Les deux mesures du chômage : au sens du BIT et de Pôle Emploi

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VIDEO au lien suivant (jusqu’à 2 minutes 47) : https://www.franceculture.fr/economie/le-chomage-baisse-t-il-vraiment

Source : Franceculture.fr, « Le chômage baisse-t-il vraiment ? », le 11/09/2019, par Elsa Mourgues

 

Questions :

1. Quelles sont les conditions pour être comptabilisé comme chômeur pour Pôle Emploi ? pour l’INSEE ?

2. Quelles sont les conséquences de ces deux mesures ?

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Questions :

1. Quelles sont les conditions pour être comptabilisé comme chômeur pour Pôle Emploi ? pour l’INSEE ?

Réponse :

La mesure administrative de Pôle emploi compte le nombre de demandeurs d’emploi en Fin de mois (DEFM), c’est-à-dire des personnes dont la demande d’emploi n’a pas été satisfaite à la fin de chaque mois.

Il s’agit d’une mesure administrative du chômage qui obéit à une logique de gestion et de réglementation. Sont inscrits comme chômeur en catégorie A :

- les personnes sans emploi (n'ayant pas exercé aucune activité) et inscrites à Pôle emploi,

- immédiatement disponibles,

- à la recherche d'un emploi (c’est-à-dire tenues d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi).

La comptabilisation des DEFM peut être affectée par des changements de règles dans le suivi, l’accompagnement ou l’indemnisation des demandeurs d’emploi.

La définition de Pôle emploi des chômeurs (catégorie A) qui sert de base à la publication des chiffres officiels du chômage est très restrictive. Elle ne prend pas en compte des demandeurs d'emplois qui ne répondent pas à ces critères stricts :

- les catégories B et C sont des personnes sans emploi ayant eu dans le mois une activité réduite (moins de 78 heures) ou longue (plus de 78 heures) qui recherche activement un emploi.

- les catégories D et E sont également des demandeurs d'emplois qui sont provisoirement occupés, soit parce qu'ils sont en formation, soit en contrats aidés ou créateurs d’entreprise.

L’INSEE effectue une enquête emploi chaque trimestre auprès d’un échantillon représentatif de 70 000 personnes sur l’ensemble de la population. Le questionnaire s’appuie sur la définition du chômage selon les critères définis par le Bureau international du travail (BIT), ce que font l’ensemble des pays européens.

Une personne est considérée comme chômeur si elle remplit simultanément les critères suivants :

- être sans emploi au cours d’une semaine précise,

- avoir effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi (réponse à une petite annonce, inscription dans une agence d’intérim, etc.) ; le seul fait d’être inscrit à Pôle emploi ne constitue pas une démarche active de recherche d’emploi,

- être disponible pour travailler dans les deux semaines à venir.

2. Quelles sont les conséquences de ces deux mesures ?

Réponse :

Le nombre de chômeurs peut être différent suivant la mesure mais les évolutions sur longue période sont similaires. La définition du chômage au sens du BIT est complètement indépendante du fait que les personnes soient ou non inscrites à Pôle emploi.

Certaines personnes sont considérées comme au chômage au sens du BIT mais pas pour Pôle Emploi. Par exemple, des jeunes en recherche d’emploi ne s’inscrivent pas à Pôle Emploi car ils ne peuvent avoir d’indemnisation. La mesure au sens du BIT n’est pas affectée non plus par les radiations, certaines personnes sont radiées des listes de Pôle Emploi.

Certaines personnes sont comptabilisées comme chômeur au sens de Pôle Emploi mais pas au sens du BIT. C’est le cas par exemple de certains demandeurs d’emploi qui n’ont pas effectués de démarche active de recherche d’emploi au-delà du seul renouvellement de leur inscription à Pôle Emploi.


 

Document 6 : Le « halo du chômage » et le « sous-emploi »

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Dès les années 1980, la notion du « halo » du chômage est apparue pour désigner les situations des personnes qui n’étaient pas comptabilisées comme chômeur au sens du BIT alors que, de fait, leur situation s’apparentait à celle du chômage. Plus généralement existent aux frontières des trois catégories (chômage, emploi, inactivité) des zones « floues », où il peut y avoir un écart entre la classification officielle (et donc statistique) d’une situation et sa réalité et/ou la perception que l’on peut en avoir [cf. schéma ci-contre]. (…) Le « halo » au sens large résulte de la multiplication de statuts à la frontière (mais de l’autre côté) du chômage officiellement recensé. (…)

A la frontière du chômage et de l’inactivité, l’Insee recense les personnes sans emploi et souhaitant travailler qui ne sont pas considérées comme chômeurs, mais comme inactives au sens du BIT, car ne satisfaisant pas au à au moins un des deux critères (recherche active et disponibilité dans les deux semaines suivant l’enquête). Parmi elles, les chômeurs (…) découragés(…), [l]es travailleurs de plus de 50 ans qui considèrent leur âge comme un obstacle majeur au retour à l’emploi, (…) [d]es jeunes femmes –souvent avec des enfants en bas âge- [qui ne sont] pas disponibles dans les deux semaines. (…)

A la frontière du chômage et de l’emploi, le sous-emploi regroupe, selon la définition au sens du BIT, « toutes les personnes pourvues d’un emploi salarié ou non, qu’elles soient au travail ou absentes du travail, et qui travaillent involontairement moins que la durée normale du travail dans leur activité, et qui sont à la recherche d’un travail supplémentaire ou disponibles pour un tel travail durant la période de référence ». Cette définition recouvre donc les personnes à temps partiel involontaire (ou encore « subi ») ou ayant involontairement travaillé moins qu’habituellement (du fait notamment d’un chômage partiel ou technique, du fait d’une baisse de l’activité de leur entreprise, les personnes restant alors juridiquement employées par cette dernière). (…)

Source Jérôme Gautié, Le chômage, Coll. Repères, Ed. La découverte, 2015

Questions :

1. Qu’est ce que le « halo du chômage » ?

2. Lire les données du dernier trimestre de l’année 2019.

3. Discuter : Quand le chômage diminue statistiquement diminue-t-il vraiment dans la réalité ?

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Questions :

1. Qu’est ce que le « halo du chômage » ?

Réponse : Certaines personnes ne sont pas comptabilisées comme chômeur au sens du BIT alors que leur situation est assez proche du chômage. En effet, il y a des personnes qui se trouvent dans le halo du chômage c’est-à-dire à la frontière entre chômage, emploi et inactivité sans être considérée comme chômeur au sens du BIT. Par exemple, les chômeurs découragés ne sont pas comptabilisés comme chômeurs alors qu’ils n’ont pas retrouvé d’emploi, ils sont alors à la frontière entre chômage et inactivité. C’est le cas également de demandeurs d’emploi en stage de formation, ou en pré-retraite ou encore dispensés de recherche d’emploi.

En outre, certaines personnes travaillent moins que la durée normale du travail et sont à la recherche d’un travail supplémentaire ou disponible pour occuper un emploi de durée normale. Ces personnes sont à la

frontière entre emploi et chômage, et sont selon l’INSEE en sous-emploi. C’est le cas des travailleurs en temps partiels involontaires (subis) ou des travailleurs en chômage partiel.

Le sous-emploi correspond aux personnes considérées comme actives occupées au sens du BIT mais occupant une activité réduite involontaire.

2. Lire les données du dernier trimestre de l’année 2019.

Réponse : Au dernier trimestre de l’année 2019, on dénombre 2,72 millions de chômeurs, et 1,71 millions de personnes qui se trouvent dans le « halo du chômage » en France (hors Mayotte), d’après l’INSEE.

3. Discuter : Quand le chômage diminue statistiquement diminue-t-il vraiment dans la réalité ?

Réponse : De 2015 à 2019, le nombre de chômeurs au sens du BIT diminue alors que le nombre de personnes dans le halo autour du chômage augmente. Cela signifie que certaines personnes ne sont pas comptabilisées comme chômeur mais sont à la frontière entre chômage, emploi et inactivité. Dans la réalité, certaines personnes ont des situations assez proches du chômage mais ne sont pas comptabilisées comme chômeur au sens de la définition stricte du Bureau internationale du travail, soit parce qu’elles exercent une activité réduite involontaire c’est-à-dire en sous-emploi (temps partiel subi, chômage technique), soit parce qu’elles ne sont pas en recherche active de travail (découragement, formation, dispense de recherche d’emploi etc.).

Document 7  : Un chômage de masse durable important en France

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Questions :

1. Montrer l’importance relative du chômage en France sur la dernière décennie.

2. Pourquoi peut-on dire que le chômage est devenu massif depuis 1980 ? Illustrer votre réponse à partir d’un calcul pertinent.

Document 8: Un chômage inégalement réparti

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Question : En vous appuyant sur les deux documents statistiques, montrez que le chômage est un phénomène inégalitaire.

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Question : En vous appuyant sur les deux documents statistiques, montrez que le chômage est un phénomène inégalitaire.

Réponse : Le chômage ne touche pas toutes les catégories sociales de manière égale en France. Il touche de manière privilégiée les jeunes actifs et les moins diplômés.

En effet, le taux de chômage des jeunes est plus de deux fois supérieur au taux de chômage toutes catégories d’âge confondues. Près de 20% des jeunes actifs sont au chômage contre 8,2% des actifs tout âge confondu.

On note également que le retour à l’emploi est plus compliqué pour les jeunes dont le taux de chômage de longue durée est le plus élevé que les autres tranches d’âge et donc nettement supérieur à moyenne.

Ainsi, près de 5% des jeunes actifs sont au chômage depuis plus d’un an contre 3,4% des actifs tout âge confondu.

En conclusion, les jeunes sont plus touchés par le chômage et sont également plus concernés par des difficultés d’insertion dans l’emploi que les autres tranches d’âge. Le chômage est donc un phénomène inégalitaire.

Exercice 1: Reliez chaque cas à la population à laquelle il appartient.

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Réponse :

Jean, 22 ans, étudiant en sciences politiques -> population inactive

Clément, 38 ans, diplômé d’une école d’ingénieur, inscrit à Pôle Emploi -> population au chômage

Virginie, 33 ans en congé formation -> population inactive

Ingrid, infirmière au CHR d’Arras -> population active occupée

Adrien 28 ans, professeur de SES -> population active occupée

Marilou, 6 ans, inscrite en CP -> population inactive

Amélie, bénévole dans une association de protection des animaux -> population inactive

Thierry, 42 ans, auto-entrepreneur en menuiserie -> population active occupée

Maurice, 74 ans, retraité de l’éducation nationale -> population inactive

Edith, 75 ans, femme au foyer -> population inactive

Jean-Pierre, handicapé, dispensé de recherche d’emploi -> population inactive


 

Exercice 2 : Compléter les égalités suivantes à l’aide des mots qui conviennent.

Modéré

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Réponse :

Demande de travail = offre d’emplois des employeurs (entreprises) = population active occupée

Offre de travail = demande d’emplois des travailleurs = population active

Demande de travail< offre de travail = emploi < population active = chômage


 

Exercice 3 : Reliez chaque cas aux catégories de population correspondantes. [NB : il y a un intrus]

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Réponse :

Léa en recherche active d’emploi -> chômage

Clémence en pré-retraite -> halo du chômage à la frontière entre inactivité et chômage 

Valérie a été embauchée pour un contrat de travail de seulement 28 heures par mois -> halo du chômage et sous emploi. Elle est en temps partiel involontaire donc à la frontière entre emploi et chômage.

Jonathan a perdu son emploi d’horticulteur et suit une formation pour se reconvertir dans l’hôtellerie -> halo du chômage à la frontière entre inactivité et chômage

Thomas, handicapé, dispensé de recherche d’emploi -> halo du chômage à la frontière entre inactivité et chômage 

Jean a perdu la motivation dans ses recherches un emploi -> halo du chômage à la frontière entre inactivité et chômage 

Amélie, immédiatement disponible pour travailler, continue d’effectuer des recherches pour retrouver un emploi-> chômage au sens du BIT

Paul a choisi de travailler en temps partiel pour s’occuper de ses enfants -> intrus : il est actif occupé en temps partiel volontaire