Exercice
Exercice de cours

Question 2. Quels sont les répertoires de l'action politique aujourd'hui ?

Difficultés 
Exercice 1 - Cochez la case correspondante

Difficultés 
Exercice 2 - Actes de participation protestataire

Avoir déjà accompli au moins deux actes de participation protestataire par cohorte de naissance (en % des français de chaque génération)

  1. Faites une phrase donnant la signification des deux données soulignées.
  2. Comment a évolué la participation protestataire ?
Difficultés 
Exercice 3 - Liberté d'expression

Spectaculaires, les attaques informatiques menées au nom de la liberté d’expression et de la justice sociale sous l’étiquette « Anonymous » se multiplient. Dernières cibles en date : le site d’ArcelorMittal en Belgique, au début de janvier, pour protester contre la fermeture de deux hauts fourneaux ; le site du cabinet de renseignement privé américain Stratfor, sur lequel ont été dérobées des dizaines de milliers de données personnelles ; le Ministère de la Défense syrien, en août 2011, ou avant cela, en juin, le site de la police espagnole, après l’arrestation de trois membres supposés d’Anonymous dans ce pays. […] Anonymous n’est pas un, mais multiple ; il ne s’agit ni d’un groupe ni d’un réseau, mais d’un collectif ou, plus précisément, de collectifs qui s’appuient les uns sur les autres. A sa manière — extrême —, Anonymous est emblématique des mouvements de contestation qui s’étendent depuis 2011 aussi bien dans le monde arabe qu’en Europe et aux Etats-Unis. Le gouffre qui sépare ceux-ci des systèmes politiques qu’ils contestent se manifeste dans des formes d’organisation radicalement opposées. D’un côté, des structures hiérarchisées, avec des dirigeants habilités à parler au nom de tous par des procédures de délégation de pouvoir, mais dont la légitimité a été affaiblie par la corruption, le favoritisme, le détournement des institutions. De l’autre, des collectifs délibérément dépourvus de chefs, qui rejettent le principe de la représentation au profit de la participation directe de chacun à des projets concrets. Leur diversité permet que la prise de décision se fasse par agrégation rapide de participants sur un sujet précis, plutôt qu’en dégageant une majorité officielle.

 

Felix Stalder, Le monde diplomatique, février 2012.

  1. Quels sont les objectifs de ce mouvement ?
  2. Pourquoi peut-on dire que ce type d’action est politique ?
  3. Montrez qu’Anonymous est une forme particulière de participation politique non-conventionnelle.
  4. En quoi internet renouvelle-t-il les formes de l’engagement politique ?
Difficultés 
Exercice 4 - Vers le bac

Comment peut-on expliquer le développement de la participation politique non-conventionnelle ?

DOCUMENT : Dans cette « nouvelle politique », dans ce nouvel engagement politique qui se dessine, deux processus lourds sont à l'œuvre. D'une part, le répertoire d'action des citoyens s'est considérablement ouvert […]. Le citoyen peut jouer sur un clavier très important sans que les modalités de participation soient exclusives les unes des autres, et l'utilisation routinisée de tel ou tel engagement traditionnel […] peut alors se raréfier. […] D'autre part, l'engagement politique est travaillé par un profond processus d'individuation et de personnalisation. Les engagements traditionnels […] s'atomisent et se privatisent. La crise de l'engagement reflète l'inadaptation des structures de participation existantes à la tendance croissante à l'individuation. […] De nombreuses modalités nouvelles d'engagement, particulièrement chez les jeunes, sont marquées par ce processus d'individuation qui semble caractériser une « post-politique », subissant une évolution comparable à celle de la morale, de la modernité ou du matérialisme, auxquels a été attribué le même préfixe. Cette demande sociale d'une «post-politique» n'a pas encore rencontré l'offre politique qui puisse la satisfaire. Les partis et les hommes politiques sont encore pour l'essentiel porteurs des modèles d'engagement caractéristiques de la «vieille politique» (militantisme traditionnel, participation électorale régulière, etc.). La crise de la participation politique de la fin des années 1980 et du début des années 1990 n'est donc pas aussi surprenante qu'on veut bien le dire. Elle s'enracine dans cette difficulté du système politique à répondre aux nouvelles demandes des citoyens, et non dans une subite et radicale dépolitisation de ceux-ci. La crise de l'engagement n'est pas le signe d'une mort prochaine du politique. Elle est en fait une crise de mutation : de vieilles modalités d'engagement meurent et de nouvelles cherchent à naître. Celles-ci semblent dessiner le portrait d'un citoyen […] moins intensément impliqué dans les modes de participation les plus institutionnels […] et à la recherche de modes de participation de plus en plus directs et venant « court-circuiter » les instances traditionnelles de la représentation politique. Ce citoyen moins respectueux des devoirs institués et des élites, moins fidèle aux grandes organisations verticales et passant avec célérité d'un mode de participation à l'autre, n'hésitant pas à explorer les voies de l'engagement protestataire, ne sera pas le citoyen serein et paisible d'une démocratie libérale pacifiée, mais le citoyen inquiet et imprévisible d'une démocratie toujours conflictuelle.

Pascal Perrineau, Les renouveaux de l'action politique, Revue d'histoire N°60, octobre-décembre 1998.