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Cours de Terminale ES : REGARDS CROISES : Justice sociale et inégalités

Question 1. Comment analyser et expliquer les inégalités ?

Découverte

Document 1 - Nombre de femmes et d'hommes dans les instances de direction du CAC 40, au 1er août 2009

 

1) Formulez une phrase avec les 3 valeurs en gras.

2) Quelles sont les deux entreprises du CAC 40 où la féminisation est la plus forte ? La moins forte ? Justifiez votre réponse par la lecture de deux chiffres.

Document 2 - Pour en finir avec le "plafond de verre"

Au CNRS, comme ailleurs, la situation des femmes ne s'améliore pas idéalement. La part des femmes dans le corps des chercheurs stagne aujourd'hui autour de 30 %. Et, comme dans l'ensemble des organismes de recherche et d'enseignement supérieur, leur représentation continue de fondre à mesure que l'on grimpe dans la hiérarchie. Ainsi, en 2005, les femmes ne représentent que 25 % des directeurs de recherche 2e classe (DR2), 12 % des directeurs de recherche 1re classe (DR1) et 12 % des directeurs de recherche de classe exceptionnelle (DRCE). Quelles sont les raisons de cette situation ? Comment expliquer la persistance de ce « plafond de verre », de cette barrière invisible qui bloque leur progression ? L'étude des discours a mis en évidence deux éléments rarement évoqués. En premier lieu, le rôle essentiel des femmes en matière d'organisation et de vie collective des laboratoires. Il s'agit d'une prise en charge “spontanée” de tâches d'intérêt collectif, quel que soit le niveau hiérarchique de la personne. Et cela tant en matière d'animation scientifique, d'organisation logistique, d'hygiène et de sécurité, que de formation, de vulgarisation, voire de soutien moral des uns et des autres. Un investissement indispensable à la bonne marche des laboratoires, mais qui n'est pas pris en compte dans l'évaluation et la promotion des personnels….Les succès professionnels plus fréquents des chercheurs masculins sont liés à leur plus grande capacité à déléguer à d'autres – le plus souvent des femmes – les soucis d'intendance : dans la sphère domestique mais aussi dans la sphère professionnelle. La multiplication récente de contrats temporaires avant l'obtention d'un poste stable pénalise davantage les femmes, qui sont souvent, à cette période de leur vie, rendues moins mobiles sur un plan géographique par leurs charges familiales.

Source : www2.cnrs.fr

 

 

 

1) Qu’est-ce que le plafond de verre ?

 

2) Comment peut-il se repérer au CNRS ?

 

3) Quelles explications peut-on trouver ?

Document 3 - Différences et inégalités sociales

Entre deux individus dont l’un a des cheveux bruns et l’autre des cheveux noirs, il y a une différence, mais pas, toutes choses égales par ailleurs, une inégalité. En revanche, ces différences deviennent des inégalités lorsqu’elles sont traduites en terme d’avantages ou de désavantages. Si être brun permet d’accéder à des biens refusés à un individu aux cheveux noirs, la différence devient une inégalité. Mais cette inégalité individuelle ne devient une inégalité sociale que si l’infériorité ou la supériorité est partagée par des personnes aux caractéristiques sociales identiques. Ainsi, toute différence individuelle ne peut être utilisée comme critère pour mettre en évidence des inégalités sociales. Pour qu’il y ait des inégalités sociales, il faut qu’il existe des ressources socialement valorisées, caractérisées par leur rareté et inégalement réparties entre les individus. Dans ce cas, les individus peuvent être hiérarchisés sur une échelle traduisant leur inégale possession et leur inégal accès aux ressources valorisées dans la société. Ces ressources constituent autant de critères de différenciation permettant de classer les individus. On peut distinguer les critères économiques, politiques ou symboliques ?

Source : P. Bonnewitz, Classes sociales et inégalités, collections "thèmes et débats", bréal 2004.

 

1) Citez des exemples de "ressources" valorisées dans une société.

 

2) Qu'est ce qu'une inégalité sociale ?

 

3) Quelle notion découle d'une société où existent des inégalités sociales ?

Documpent 4 - La répartition des revenus

 

1) Faire une lecture avec le point dont les coordonnées sont (20% ; 20%).

 

2) Qu’en déduisez-vous sur le sens économique de la bissectrice ?

 

3) Quelle part (environ) des richesses perçoit 60% de la population ?

 

4) Supposons que la courbe de concentration passe par les points x (0% ; 0%), y (80%, 10%) et z (100%, 100%). Que pourrait-on dire de la répartition par rapport à celle représentée sur le graphique ci-dessus ?

 

5) Complétez la phrase suivante en sélectionnant les mentions cohérentes : plus la courbe de concentration (s’éloigne / se rapproche) de la bissectrice et plus la répartition des richesses est (égalitaire / inégalitaire).

Document 5 - Patrimoine moyen par décile

 

1) Quel était, en 2010, le montant du patrimoine moyen de, respectivement, 50 % de la population la plus pauvre (ou la moins riche) et 10% la plus riche ?

 

2) Complétez les 2 dernières cases du tableau. Qu’en concluez-vous ?

 

3) Calculez la variation absolue du patrimoine des 10 % les plus riches et des 10 % les plus pauvres en 2004 et en 2010. Qu’en concluez-vous ?

Document 6 - Dépenses alimentaires par tête selon les déciles de revenu disponible par unité de consommation (en € par mois)

 

 

1) Quel est le montant (environ) de la dépense alimentaire affecté par la partie de la population qui dépense le plus en alimentation ? Justifiez votre réponse.

 

2) Est-ce en contradiction avec la loi d’Engel ?

 

3) Comment la structure de la consommation alimentaire reflète-t-elle des inégalités et des différences de consommation ?

Document 7 - Niveaux de salaires par sexe (mensuels nets équivalent temps complet)

Source : Insee, DADS. Année des données : 2009

 

1) Qu’est-ce que le salaire médian ?

 

2) Comment appelle-t-on la tranche de salariés qui gagnent moins de 1 127€ (mensuels nets équivalent temps complet) ?

 

3) Comment appelle-t-on le rapport entre le salaire des 10% les moins bien rémunérés et celui des 10% les mieux rémunérés <cite>?</cite><cite></cite>

 

4) Complétez la phrase ci-dessous :

Le salaire net mensuel médian s’élève à…………….. € en équivalent temps plein (données 2009). Les 10 % des salariés les moins bien rémunérés touchent moins de…………….€, et les 10 % des salariés les mieux rémunérés perçoivent plus de…………….€. Au minimum, les………………………………………………… touchent un salaire mensuel 2,9 fois plus élevé que les 10 % les………………………………………., pour un écart de salaire de……………€. Les 1 % les mieux rémunérés perçoivent au minimum un salaire de 7 499€, soit……………………… élevé que le salaire maximum des 10 % les moins bien rémunérés pour un écart de 6 372€.

 

La disparité des revenus est donc plus forte chez les……………………que chez les ……………………..ces dernières étant beaucoup moins nombreuses dans le haut de l’échelle. Le salaire minimum des 10 % des femmes les mieux rémunérées est de………………… €, contre 3 596€ pour les hommes. Si l’on prend en compte les 1 % les mieux rémunérés, c’est encore pire : les femmes gagnent………. € et les hommes 8 624€.

 
 
Document 8 - Taux de départ en week-end selon le dîplôme, le revenu, l'âge et la catégorie d'agglomération

 

 

Source : Credoc, enquête "conditions de vie et aspirations des français ", juin 2010

 

1) Montrez que la consommation de vacances est inégale.

Document 9 - Echelle des revenus déclarés par unités de consommation

 

Source : INSEE, Les revenus et les patrimoines des ménages, 2010

 

1) Qu’est-ce qu’une unité de consommation ?

 

2) Complétez la phrase suivante : 90% des ménages ont un revenu par unité de consommation……………à 3577€ ; la catégorie des ‘hauts revenus’ perçoit entre…………€ et …………€ et représente ……….% de la population. Parmi les très hauts revenus, on retrouve 0,01% de la population qui perçoit plus de ……………….€

Document 10 - Des inégalités qui se cumulent

Les inégalités entre catégories sociales peuvent être étudiées en tenant compte de différents aspects séparément les uns des autres, en se focalisant à chaque fois sur un aspect particulier, comme par exemple les revenus, le patrimoine ou la santé. De la même manière, on peut s'intéresser aussi à d'autres dimensions : l'emploi, la consommation, le logement, l'école, etc. Ces différents aspects ne sont cependant pas indépendants les uns des autres, ils entretiennent entre eux des relations étroites et complexes. ( ... )

 

Les inégalités sociales ont tendance en effet à former un processus cumulatif, au terme duquel les privilèges s'additionnent à l'un des pôles de l'échelle sociale tandis qu'à l'autre pôle se multiplient les handicaps ; elles tendent par ailleurs à se reproduire entre les générations.

 

Les inégalités face à la santé ne peuvent donc se comprendre de ce point de vue qu'en étant insérées dans le processus global, cumulatif et multidimensionnel générant pauvreté et richesse.

 

Source : A. Bihr et R. Pferfferkorn, « Santé et inégalités sociales », Raison présente, ler trimestre 2000, n °133.

1) Commentez la phrase soulignée en réalisant un schéma d’implication à l’aide des termes suivants : inégalités des revenus / inégalités face à l’emploi (chômage / accès à l’emploi/stabilité) / inégalités des conditions de carrières / inégalités de consommation / inégalités scolaires / inégalités selon l’origine sociale.

 
 
Document 11 - Part des revenus du centile supérieur dans l'ensemble des revenus avant impôt, 1990/2007

 

La mondialisation du marché des compétences et le recours croissant à la rémunération à la performance, qui a tout particulièrement bénéficié aux dirigeants et aux financiers, ainsi que les évolutions des normes de rémunération sont des explications à l’accroissement des inégalités. Les réactions comportementales aux diminutions des taux marginaux d’imposition ont également joué un rôle significatif. Les taux supérieurs de l’imposition du revenu des personnes physiques, qui avoisinaient 60 à 70 % dans les grands pays de l’OCDE, ont reflué aux alentours de 40 % en moyenne à la fin des années 2000.

 

Source : www.oecd.org/dataoecd/51/32/49177707.pdf

 

1) Qu’est-ce qu’un taux marginal d’imposition ?

 

2) Quels regroupements peut-on faire à l’aide du graphique ?

 

3) Quelles raisons expliquent que la part des revenus supérieurs ait explosé dans les années 1990 et 2000 ?

 
 
Document 12 - Poids des salariés à temps partiel, selon l'âge, 2009

 

Source OECD (2010), OECD Employment Outlouk

 

1) Faire une lecture du cas français

 

2) Quel point commun partagent quasiment tous les pays de l'OCDE ?

 
 
Document 13 - Les inégalités face à l'école

Dès la maternelle, des inégalités sociales sont visibles, particulièrement marquées dans le domaine de la logique verbale : à 4-5 ans, l’écart entre enfants de cadres (supérieurs et moyens) et enfants d’ouvriers non qualifiés est de 1,2 écart-type [*] ; mais les écarts sociaux sont également significatifs et compris entre 0,8 et 0,6 écart-type dans les autres dimensions cognitives (aisance graphique, structuration spatiale, organisation temporelle). Même si d’autres facteurs (tels que la nationalité d’origine) sont également importants, c’est la profession du père de l’enfant, en ce qu’elle résume un ensemble de caractéristiques du milieu familial, qui explique le mieux les performances des élèves (à hauteur de 14% du score global). La fréquentation de la maternelle ne réduit pas ces écarts sociaux ; ils s’accroissent au contraire légèrement, ce qui suggère que certains enfants "profitent" plus que d’autres des pédagogies à l’oeuvre à ce niveau d’enseignement.

 

* Une différence d’un écart-type signifie qu’environ 85% des enfants d’ouvriers ont un niveau inférieur à la moyenne des enfants de cadres, alors que si les deux groupes étaient de niveau égal, ce seraient seulement 50% d’entre eux.

 

Source : Marie Duru-Bellat est sociologue à l’Université de Bourgogne, extrait du numéro 4 de la revue Comprendre (PUF, oct. 2003)

 

1) Par quel critère les inégalités sociales sont-elles abordées ?

 

2) Quel lien, plutôt surprenant, peut-on faire entre scolarisation en classe maternelle et inégalités ?

 

3) Commentez la phrase soulignée.

 
 
Document 14 - Un échange inégal ?

Prenons d'abord le cas simple d'une marchandise à fort contenu en main-d'oeuvre, par exemple les chaussures de sport, qui était auparavant produite dans les pays industrialisés, et qui l'est désormais uniquement dans des pays à bas salaires, lesquels exportent leur production dans les premiers. Les pays à bas salaires disposent alors d'un pouvoir d'achat supplémentaire, égal à leurs exportations de chaussures, dont ils se servent pour importer des marchandises produites dans les pays industrialisés et qu’ils ne produisent pas, par exemple des avions. Supposons pour simplifier que le commerce entre les deux types de pays est équilibré : les pays riches ne produisent plus mais importent x millions de $ de chaussures mais ils produisent et exportent x millions de $ d'avions supplémentaires. Or la théorie, confirmée par les faits, montre qu'il y avait plus d'emplois dans la production de chaussures remplacée par les importations que dans la production supplémentaire d'avions, parce-que les premiers étaient en moyenne moins qualifiés et moins payés que les seconds. C'est d'ailleurs là que réside l'avantage, pour les pays riches pris dans leur ensemble, de ce genre d'échange : en travaillant moins (grâce à la production d'avions plutôt que de chaussures) ils consomment toujours autant de chaussures. On calcule ainsi que 1 million de Francs d'échanges supplémentaires entre la France et la Chine créait en 1991 3 140 emplois mais en détruisait 4 320, soit un solde négatif de 1 180 emplois détruits, dans le cadre, répétons-le, d'échanges équilibrés.

 

Source : www.cerna.mines-paristech.fr/Documents/PNG-Etudes1.pdf

 

1) Montrez que le type d’échange dont il est question s’inscrit dans une logique ricardienne.

 

2) Quels types de salariés sont concernés par les échanges ?

 

3) Comment s’interprètent les échanges en termes de commerce extérieur ? En termes d’emplois ?

 
 
Document 15 - Les inégalités relatives : niveau de vie des 10% les plus riches rapporté à celui des 10% les plus pauvres

 

 

Source : INSEE

 

 

1) Faire une lecture donnant du sens aux chiffres correspondant aux années 1970 et 2009.

 

2) Quelle périodisation peut-on faire ? Justifiez votre réponse en donnant un titre à chaque période identifiée.

Document n°16 : Apparition de nouvelles inégalités

Les inégalités ont changé de nature. Si subsistent évidemment les inégalités entre catégories (les riches et les pauvres, les cadres et les ouvriers, etc.), elles se sont d'une certaine façon individualisées, ce qui en change la perception. Les inégalités résultent dorénavant autant de situations (donc individuelles) qui se diversifient, que de conditions (donc sociales) qui se reproduisent. Les économistes parlent d'inégalités intra-catégorielles pour caractériser ces nouvelles inégalités. Elles ont un caractère équivoque. Elles sont en effet parfois les plus durement ressenties, car elles font ressortir des variables de trajectoires personnelles susceptibles d'être jugées comme marquées par l'échec ou l'incapacité : elles n'ont pas le caractère évidemment objectif, et donc psychologiquement « rassurant », des inégalités traditionnelles de condition. Si elles peuvent aussi être attribuées à la malchance ou à l'injustice, elles ne s'en lient pas moins dans les têtes à un nouveau rapport à l'idée de responsabilité. Cette dernière est en effet mécaniquement réhabilitée dans un monde qui valorise la singularité. La responsabilité devient indissociablement une contrainte et une valeur positive dans une société qui se réindividualise sur ce mode.

Source : Pierre Rosanvallon, La société des égaux, Le seuil, 2011, pp 309-310.

 

1) Comment distinguer les inégalités inter-catégorielles des inégalités intra-catégorielles ?

 

2) Sélectionnez, dans la liste suivante, les inégalités intra catégorielles : les cadres ont un revenu disponible moyen supérieur à celui des ouvriers / les femmes sont sous-représentées dans les institutions politiques nationales / un jeune cadre diplômé de l’enseignement supérieur à une probabilité d’embauche en CDI moindre que celle qu’a connu son père identiquement diplômé / le salaire d’un technicien d’une grande entreprise informatique est plus élevé que celui d’un technicien d’une PME du textile / les jeunes ont de plus en plus de mal à rattraper le salaire de leurs aînés / le salaire d’un cadre du privé en Ile de France est supérieur à celui d’un cadre du privé en Corrèze.

 

3) Pourquoi les nouvelles inégalités sont-elles ‘psychologiquement moins rassurantes’ dans la société actuelle ?

Approfondissement

Les inégalités sont pluridimensionnelles

La stratification sociale correspond au découpage de la société en catégories sociales : groupes présentant une homogénéité en leur sein, mais distincts les uns des autres et hiérarchisés. Elle est un système de différenciation sociale basé sur l’inégale distribution des ressources économiques, culturelles, politiques. Cependant toute différence n’est pas une inégalité ! Avoir des cheveux blonds rend différent d’avoir des cheveux bruns mais on ne peut pas parler pas de situation d’inégalité individuelle… sauf si avoir des cheveux blonds permet d’avoir accès à des biens refusés dès lors que l’on est brun ! Cela devient une inégalité sociale si l’infériorité est partagée par plusieurs personnes (document 3).

analyser les inégalités suppose préalablement de définir des outils de mesure : ceux-ci sont multiples et renvoient à la moyenne, la médiane, le rapport inter-décile, l’écart inter-décile, la courbe de Lorenz, le strobiloïde. Les inégalités sont perceptibles en matière de revenus (du travail, du patrimoine, mixtes), (document 7) d’épargne, de possession de patrimoine (document 5), d’accès différencié aux biens et aux services consommés (document 6) (document 8) (alimentation et obésité typée socialement, santé et espérance de vie typées selon le genre, lieux de logement liés aux revenus ,…), d’accès à la sphère politique (sous-représentation des femmes dans les conseils d’administration d’entreprises ou dans les institutions politiques nationales) (document 1), à l’emploi (inégalités face au chômage selon le niveau de diplôme, l’origine sociale…). Ces inégalités ne sont pas indépendantes les unes des autres et apparaissent cumulatives, s’entretenant les unes les autres ; elles font ‘système’ : ainsi le titulaire d’un salaire très élevé a plus facilement qu’un autre la possibilité d’affecter ce revenu à l’épargne financière (en acquérant des valeurs mobilières) mais également non financière (en faisant l’acquisition d’un logement) : ce stock de capital générera des flux de dividendes, de loyers, d’intérêts qui viendront accroître les revenus et par suite…le patrimoine (document 10) ; d’autre part, le déséquilibre dans la répartition des tâches domestiques au détriment des femmes ainsi que leur sur-représentation dans les formes particulières d’emplois (emplois atypiques, notamment à temps partiel non souhaité) (document 12) limitent leurs revenus et leurs perspectives d’ascension sociale ; enfin, un enfant issu d’une classe populaire n’ayant pas la possibilité d’étudier au calme (en ayant par exemple sa chambre) ne réussira pas aussi bien qu’un enfant d’un milieu favorisé dont les conditions de travail sont meilleures.

 

Les causes multiples de ces inégalités

Les racines des inégalités sont multiples : le fait d’occuper des fonctions à responsabilité ou de direction a des conséquences importantes sur le niveau de revenu, sur le patrimoine, sur le pouvoir et sur la possibilité de reproduire la position sociale de son groupe (document 2) ; ainsi, la capacité des groupes dominants à transmettre des héritages économiques (revenus / patrimoine), culturels (les ‘bons’ goûts) et des relations sociales permettra d’assurer plus facilement la réussite scolaire et sociale des enfants (document 13). Les inégalités en matière de santé s’expliquent aussi par la pénibilité différenciée face à l’emploi et à l’attitude différente des catégories sociales face à la souffrance et à l’entretien du corps. La mondialisation et le progrès technique (exigeant une main-d’œuvre plus qualifiée) peuvent aussi participer à l’accroissement des inégalités lorsqu’ils sont à l’origine, dans les pays développés, de suppressions d’emplois non qualifiés, et de chômage structurel dans des branches de production à faible valeur ajoutée (textile) en concurrence avec la main d’œuvre de pays à bas salaires (document 14).

 
​L’évolution des inégalités dans le temps et dans l’espace

Au cours du XIXème siècle, les inégalités de revenus se sont accentuées dans les pays développés dans un contexte de révolution industrielle. Il en est de même aujourd’hui dans les pays émergents. Puis au XXème siècle, sous l’effet de la réduction des inégalités de patrimoine, les inégalités de revenus se sont réduites dans les pays développés. Ces tendances semblent corroborer la ‘courbe en cloche’ (U renversé) de S. Kuznets selon laquelle les inégalités augmentent dans les premières phases du développement économique, attribuant une prime aux plus entreprenants lors de la phase de démarrage économique. En revanche, depuis les années 1980 en France, la réduction des inégalités traditionnelles (revenus /patrimoine), semble au minimum, bloquée (document 15). D’après les travaux de T. Piketty, la part des revenus avant impôts perçus par le centile (1%) le plus riche a tendance a augmenter aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Japon et en Suède depuis les années 80 (document 11). Si la France est un des pays ou la progression des inégalités de revenus est plutôt plus faible qu’ailleurs, elle se caractérise malheureusement par de très fortes inégalités en matière de réussite scolaire et de participation des jeunes générations et des femmes aux instances de pouvoir. Les inégalités se sont de plus transformées : aux inégalités inter-catégorielles sont venues se juxtaposer des inégalités intra-catégorielles, traversant les groupes sociaux de l’intérieur (document 16)

À lire

Livres et articles :

A Bihr et R Pfefferkorn, Le système des inégalités, la Découverte, 2008« Inégalités économiques, inégalités sociales », Cahiers français, n°351, juillet août 2009
JP Fitousi et P Rosavallon, Le nouvel âge des inégalités, le Seuil, 1996S Beaud, Y Amrani, Pays de malheur, la découverte/poche 2005
T. Piketty, L’économie des inégalités, La découverte, 2004
Françoise Milewski (collectif), « Les inégalités entre les femmes et les hommes : les facteurs de précarité », La documentation française, 2005

 

 

Films :

Le goût des autres, A. Jaoui, 1999µ
Le plafond de verre, documentaire Y. Benguigui, 2005
La domination masculine, documentaire de P .Jean, 2009
La potiche, F Ozon, 2010

 

 

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