Le fonctionnement de l’économie de marché - Mécanismes et concepts

Sommaire

Concurrence pure et parfaite et allocation des ressources

La compréhension des mécanismes du marché de concurrence pure et parfaite et de la formation des prix est également importante pour l’allocation des ressources : dans le modèle du marché concurrentiel, ce sont les prix qui orientent les ressources vers les secteurs où la demande est forte et qui indiquent aux producteurs quelle combinaison de facteurs choisir. Les mécanismes du marché aboutissent ainsi à une allocation des ressources qui peut, dans certains cas, être considérée comme non optimale, d’où la justification d’interventions de l’État pour pallier les défaillances du marché et modifier l’allocation des ressources qui résulterait de ses seuls mécanismes.

Le prix du marché est généralement un signal efficace pour l’allocation des ressources, car il véhicule des informations sur les biens et les services aux partenaires à l’échange, et il contribue ainsi à rendre l’économie plus productive. Cependant ce modèle est fondé sur un comportement humain de maximisation et d’optimisation, alors que l’être humain obéit à des motivations plus complexes (avec la notion de goûts et de préférences par exemple).

L’écart entre la réalité et ce modèle justifie que l’État impose des règles juridiques de la concurrence, et qu’il intervienne parfois en fixant des prix plafond (prix maximum dans le but de protéger les acheteurs) ou des prix planchers (qui visent à garantir un revenu minimum aux vendeurs).

L’économie de marché :

  • L’économie de marché consacre le primat de l’individu qui effectue des choix et celui- ci est alors capable d’exercer sa souveraineté et de décider de ce qui lui convient le mieux. Chaque acteur économique est libre d’affecter les ressources dont il dispose pour atteindre son plus grand bien-être personnel.
  • La confrontation entre les choix des individus est automatiquement arbitrée par les mécanismes de marché qui confrontent les offres et les demandes. Dans ce type d’organisation économique, les pouvoirs publics ne se voient attribuer qu’un rôle d’encadrement des marchés et de régulation de la concurrence.
  • Le maximum du bien-être collectif dans une économie de marché est atteint par le fait que chaque agent économique maximise son bien-être individuel à un niveau décentralisé.

Effet de revenu et effet de substitution

Le comportement économique du consommateur doit être précisé. Face à deux biens substituables A et B, lorsque le revenu du consommateur et le prix du bien B sont donnés, la baisse du prix du bien A provoque la hausse de sa consommation parce que deux effets se composent le plus souvent :

- La baisse du prix de A rend le produit B moins attractif et le consommateur remplace ce dernier par des unités supplémentaires du bien A (effet de substitution) ;

- La baisse du prix de A augmente le pouvoir d’achat du revenu, ce qui permet au consommateur d’acheter une quantité plus élevée du produit (effet de revenu).

Élasticité de la demande au prix

L’élasticité de la demande par rapport au prix (ou élasticité-prix de la demande) est définie par le rapport entre la variation relative de la quantité demandée et la variation relative du prix. Elle mesure la variation en pourcentage de la quantité demandée d’un bien pour une variation de 1 % de son prix. Prenons le cas par exemple d’un consommateur de tomates dont la demande diminue de 2 % quand le prix augmente de 1 %.

On note alors :

L’élasticité-prix de la demande de tomates est donc de – 2 dans ce cas de figure. La tomate constitue alors un bien ordinaire (la quantité demandée baisse quand le prix du bien augmente)

On peut dresser une typologie des différentes valeurs possibles de l’élasticité-prix.

Équilibre du marché

Équilibre du marché

L’équilibre du marché correspond à la situation où les intérêts conflictuels des consommateurs et des producteurs se compensent parfaitement. En ce point, la quantité que les consommateurs demandent est égale à la quantité que les producteurs offrent. Or, le mécanisme régulateur des prix assure que ce point d’équilibre est automatiquement atteint. Les lois de l’offre et de la demande font converger le prix du marché vers le prix d’équilibre.

Institutions et droits de propriété

Le marché est un ensemble d’institutions : il n’est pas un fait naturel, il n’émerge pas spontanément, mais il est le résultat d’une construction par les acteurs sociaux. Il a besoin qu’un certain nombre de règles soient définies pour fonctionner correctement. Ainsi, pour choisir de vendre un bien, il faut que celui-ci nous appartienne, c’est-à-dire qu’il existe des règles juridiques nous définissant comme propriétaire du bien, et garantissant cette propriété.

Il ne peut donc y avoir d’échange marchand sans détermination de droits de propriété, c’est-à-dire d’un ensemble de droits permettant d’user librement d’un bien économique dans les conditions déterminées par la loi. Les brevets, par exemple, sont des droits de propriété sur des innovations : ils permettent d’assurer l’exclusivité de l’usage d’une invention. Sans la définition juridique des brevets, il ne pourrait y avoir de vente de brevets sur un marché. De nombreux marchés sont ainsi créés régulièrement grâce à la mobilisation de différents acteurs : aujourd’hui, il est par exemple question de développer de façon plus poussée les marchés de quotas d’émissions pour inciter les entreprises à réduire leur pollution.

 

Monopole naturel

Une situation de monopole classique est le monopole naturel : une entreprise qui, du fait de ses rendements fortement croissants, se retrouve naturellement sans concurrents. C’est par exemple le cas dans des activités qui exigent un important investissement de départ (comme dans les services publics en réseaux) : dans ce cas, l’entreprise se retrouve rapidement en situation de monopole en excluant tous les autres producteurs, car la production du service coûte d’autant moins cher à l’unité qu’il est produit en grandes quantités (entraînant des baisses de prix). Les coûts fixes sont très importants, compte tenu de la taille du marché (infrastructures, entretien du réseau, recherche, etc.) et ne peuvent être amortis s’il existe plus d’une entreprise. Ensuite, lorsqu’elle se retrouve en situation de monopole naturel, l’entreprise peut fixer ses prix comme elle l’entend, ce qui peut justifier un contrôle de la part des pouvoirs publics.

Surplus du consommateur et surplus du producteur

Les consommateurs et les producteurs tirent un gain lors de l’échange, c’est ce que mesure le concept de surplus. Le surplus du consommateur se définit comme l’écart entre la dépense réalisée et la dépense totale que les consommateurs étaient prêts à engager. C’est une économie de dépense.

Le surplus du producteur se définit comme l’écart entre la somme effectivement reçue et la somme pour laquelle les producteurs étaient prêts à céder leur bien. C’est un gain de recettes.