Inflation.

Définition :

L’inflation est une hausse des prix générale, durable et autoentretenue. Elle est générale car la hausse des prix affecte tous les biens et services. Elle est durable car la hausse des prix doit être prolongée dans le temps. Enfin, auto-entretenue car l’inflation tend à se transmettre de proche en proche à tous les secteurs, à tous les prix, à tous les revenus. L’inflation génère une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie. On peut ainsi définir l’inflation aussi comme la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix.


L'essentiel :

Le terme inflation vient des mots latin inflatio, inflare qui signifient enflure, enfler.
Si l’inflation est un phénomène ancien, l’usage du terme est récent. Les dictionnaires économiques du 19ème siècle ne le mentionnaient pas. Au début du 20ème siècle, il signifiait alors une hausse abusive de la quantité de monnaie. La définition retenue aujourd’hui est celle vue plus haut. Le plus souvent on s’appuie sur le taux d’inflation qui est le taux de variation des prix d’une période sur l’autre. Suivant la valeur du taux d’inflation, on considère que l’ inflation rampante quand la hausse des prix annuelle entre 1 et 3%. Elle est galopante quand la hausse des prix annuelle est supérieur à 10%. Enfin, on est en situation d’hyperinflation quand la hausse des prix est supérieure à 50% par mois, soit un peu plus de 1% par jour, selon la définition donnée par Phillip Cagan en 1956.

 

Le plus souvent, l’inflation est mesurée par l’indice des prix à la consommation qui mesure l’évolution d’ensemble des prix des biens et services figurant dans la consommation des ménages. Il ne mesure pas le niveau absolu des prix pour une période donnée, mais la variation relative des prix entre 2 périodes qui donne l’évolution du coût de la vie. Il est calculé chaque mois, en France par l’INSEE, aux E-U par le Ministère du Travail. En 1912, le premier IPC en France fut établi à partir de 13 articles. Aujourd’hui, le panier, établi pour l'année, prend en compte 1 000 familles génériques de produits et de services (par exemple, chemise pour homme ou services paramédicaux) qui concernent plus de 200000 prix mensuels. Les prix, tenant compte des promotions ponctuelles et des soldes, sont relevés toutes taxes comprises par les enquêteurs de l'Insee dans 106 agglomérations. Les mêmes articles sont suivis, mois après mois, dans les mêmes points de vente ; pour chacun, il doit s’agir exactement du même modèle, de la même marque, dans le même conditionnement.

Cette mesure donne lieu à beaucoup de débats sur la qualité de la mesure de l’inflation tant il peut exister un écart entre inflation perçue et inflation constatée. Déjà dans les années 1960, la CGT, estimant que l’INSEE sous-estimait l’inflation, avait construit son propre indice des prix. De même avec le passage à l’Euro, de nombreuses critiques sont apparues accusant l’INSEE de sous-estimer l’augmentation des prix liée à l’Euro. Selon une enquête de la Commission européenne, les ménages européens considéraient en effet que l'inflation annuelle dans la zone euro avait atteint près de 9% entre 2004 et 2018, alors qu'elle n'avait été que de 1,6% sur la base de l'indice des prix pris en compte au niveau européen.

Outre l’indice des prix à la consommation, on peut mesurer l’inflation par le déflateur du PIB : PIB nominal / PIB réel, multiplié par 100. Le PIB nominal indique la valeur de la production aux prix courants ; le PIB réel la mesure aux prix de l’année de base, le déflateur du PIB mesure la variation de prix entre l’année courante et l’année de base. Autrement dit, il indique la part de la variation du PIB nominal imputable à une variation des prix et non à une variation des quantités produites. Le déflateur du PIB mesure les variations de prix dans tous les aspects de l’économie, contrairement à l’IPC, qui analyse uniquement les dépenses de consommation.

Étant plus intégratif, le déflateur du PIB tend à être favorisé et utilisé principalement par les économistes.

Aujourd’hui, la mesure de l’inflation génère de nombreux débats sur la capacité pour les indicateurs à prendre en compte l’ensemble de l’inflation dans l’économie y compris dans la sphère financière. Charles Goodhart, ancien membre du Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, soutient que les banques centrales devraient suivre l’évolution d’un indice des prix basé un panier plus large englobant le prix des actifs financiers et de l’immobilier. Irving Fisher faisait valoir la même idée en 1911. Début janvier 2020, la BCE a lancé une réflexion sur sa stratégie de politique monétaire ainsi que son objectif d'inflation, mais aussi la manière dont la stabilité des prix et l'inflation en tant que telle sont mesurées. La BCE réfléchit donc à quantifier l'inflation telle qu'elle se présente dans la réalité économique, et ce en prenant en compte une gamme de prix d'actifs plus large qu’actuellement. Exclure les prix des actifs financiers comme on le fait aujourd’hui pose problème car cela peut conduire à un diagnostic erroné sur l’inflation et donc sur des réponses de politique économiques inadéquates.

Le poids des actifs financiers dans un indice des prix élargi peut varier d'une économie à l'autre et est complexe à construire empiriquement. L'indice de la jauge d'inflation sous-jacente (UIG) de la Fed de New York est une des premières grandes tentatives d’un tel indice. L'indice UIG comprend ainsi, entre autres, les obligations d'État et d'entreprises, l'immobilier, les actions et les matières premières. Il n'est donc pas surprenant que depuis janvier 2014, l'inflation UIG soit en moyenne 75 points de base plus élevée que l'inflation IPC officielle aux États-Unis.

3 questions à : (à venir) Pierre Bezbakh ?

1) En quoi l’inflation est-elle une question importante pour l’économie ?

2)Quels problèmes posent l’inflation ?

3) Est-il difficile de bien mesurer l’inflation ?

Retour au lexique

Newsletter

Suivre toute l'actualité de Melchior et être invité aux événements