Chômage.

Définition :

Le chômage est la situation d’une personne sans emploi, qui désire en occuper un et est disponible pour le faire. Cette définition est celle qui est donnée par le Bureau international du travail et c’est celle qu’utilise l’Insee dans son enquête Emploi, qui permet l’une des principales mesures du chômage en France.

L'essentiel :

La notion de chômage est relativement récente puisque le chômage est une catégorie qui apparaît dans les recensements en France seulement en 1896. Le développement de cette notion est associé à la montée du salariat et à la coupure entre travail domestique et travail marchand. Elle est liée aussi à la gestion des populations les plus en difficulté, notamment via les bureaux de placement des chômeurs, qui sont les premiers à chercher à mesurer précisément le nombre de chômeurs et son évolution. La mesure du chômage est ainsi conventionnelle, c’est-à-dire qu’elle dépend des définitions que l’on peut donner du chômage et elle est susceptible d’évoluer selon les contextes et les périodes.

On peut distinguer deux grandes sources de mesure du chômage en France, avec une distinction que l’on retrouve dans d’autres pays entre une mesure d’ordre administratif, en lien avec les agences pour l’emploi et une autre, d’ordre plus statistique, liée à des enquêtes déclaratives.

En France, la mesure administrative est celle des demandeurs d’emploi connus par la « statistique du marché du travail », construite à partir des listes des inscrits à Pôle emploi et traitée conjointement par cet organisme et la Dares (service statistique du ministère du travail). Cette mesure distingue différentes catégories de chômeurs, codées de A à E :

- la catégorie A est celle des demandeurs d’emploi sans emploi, qui sont tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (par exemple, envoyer des CV)

- la catégorie B est celle des demandeurs d’emploi qui, dans le mois concerné, ont exercé une activité pendant une période totale de 78 heures ou moins

- la catégorie C est celle des demandeurs d’emploi qui, dans le mois concerné, ont exercé une activité pendant une période totale de plus de 78 heures

- la catégorie D est celle des demandeurs d’emploi sans emploi, qui ne sont pas tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi. Elle comprend les personnes qui sont en stage, en formation ou encore en congé maladie par exemple

- la catégorie E est celle des demandeurs d’emploi qui sont déjà en emploi

C’est la catégorie A qui est la plus souvent utilisée pour observer les variations du chômage.

 

De son côté, l’Insee a recours à l’enquête Emploi pour mesurer le chômage. C’est une enquête menée tout au long de l’année sur la base de questionnaires passés auprès d’un échantillon de 100 000 personnes représentatives qui répondent chaque trimestre. Dans cette enquête, la population active est séparée en deux : les personnes qui ont exercé une activité rémunérée, d’une heure au moins, au cours d’une semaine de référence, tout comme les personnes qui ont un emploi mais ont été absentes de façon temporaire (congé de maladie de moins d’un an, congé parental, formation, chômage partiel ou technique…) sont considérées comme faisant partie de la population active occupée, les autres sont les personnes au chômage selon la définition du BIT.

La définition du chômage au sens du BIT et celle des chômeurs de catégorie A auprès de Pôle Emploi sont assez proches mais elles ne convergent que partiellement. Par exemple, un chômeur qui a renouvelé son inscription à Pôle emploi sans faire d’autres démarches est un chômeur de catégorie A, mais il n’est pas considéré comme ayant fait une démarche active de recherche d’emploi et échappe donc à la statistique de l’Insee. À l’inverse, des changements de règles administratives, l’oubli d’une réinscription à Pôle emploi ou le suivi par une mission locale sans Pôle emploi excluent de la catégorie A des chômeurs, mais peuvent être compatibles avec l’enregistrement en tant que chômeur auprès de l’Insee. Pour des comparaisons internationales, c’est la mesure de l’Insee qui est la plus pertinente car les autres pays tendent aussi à se fier à la définition du BIT alors que les règles administratives de gestion du chômage peuvent être très variables. Il est à noter, par exemple, qu’Eurostat, l’agence de statistique de l’UE, publie des données harmonisées du taux de chômage qui s’appuie sur cette définition dans le cadre d’une enquête spécifique, l’enquête communautaire sur les forces de travail.

Dans toutes ces enquêtes, le taux de chômage se calcule comme le rapport entre la population au chômage et la population active. Ce sont le plus souvent les personnes de 15 à 64 ans qui sont retenues, même si les données d’Eurostat sont étendues à celles allant de 15 à 74 ans.

La mesure du chômage est complexe du fait des nombreuses situations intermédiaires entre l’emploi et le chômage. Si les données de Pôle emploi le mettent en évidence, elles ne suffisent pas à lever le voile sur le « halo du chômage ». L’Insee définit ce halo comme la situation des personnes inactives au sens du BIT qui, soit recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles, soit souhaitent travailler mais ne recherchent pas d’emploi, qu’elles soient disponibles ou non. Il est possible d’étendre cette notion en mettant l’accent sur les situations intermédiaires entre l’emploi et le chômage également.

Voir le cours de terminale : Comment lutter contre le chômage ?

Lire à ce propos :

3 question à : (à venir)

1) Pourquoi est-il important d’avoir une mesure fiable du chômage ?

2) Comment compte-t-on le chômage partiel ? Les chômeurs partiels sont-ils comptés comme des chômeurs ?

3) Peut-on considérer certains microentrepreneurs comme étant dans le halo du chômage ?

 

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