Jour 1 : De la socialisation à la mobilité sociale

Niveau 1 : Réviser les bases 

Exercice 1 : les configurations familiales atypiques

Facile

Questions :

1. Quel est le rôle de la famille dans la socialisation des individus ?

2. Qu’est-ce qu’une famille « traditionnelle » ?

3. Qu’est-ce qu’une configuration familiale atypique ?

4. Précisez la signification de chaque configuration familiale atypique et associez-les aux images.

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Corrigé :

1. La famille est l’institution centrale de la socialisation primaire. Elle a donc une importance cruciale dans le processus par lequel un enfant acquiert les codes et les valeurs de la société dans laquelle il vit. Son influence doit toutefois être nuancée par l’effet parfois contradictoire des autres instances de la socialisation primaire et de la socialisation secondaire.

2. Une famille traditionnelle est composée d’un coupe et d’enfants nés de cette union (ou adoptés ensemble) et partageant le même logement.

3. Une configuration familiale atypique désigne les familles sortant du cadre traditionnel, compte tenu de leur composition, de leur taille, etc.

4. Famille monoparentale (image b) : famille comprenant un parent isolé ou un ou plusieurs enfants.

Famille recomposée (image a) : famille comprenant un couple d’adultes, mariés ou non, et au moins un enfant né d’une union précédente de l’un des conjoints.

Famille nombreuse (image d) : famille comprenant trois enfants ou plus.

Famille mixte (image c): famille caractérisée par l'union de deux personnes de nationalités différentes.

 

La sociologue Christine Mennesson étudie la « socialisation sexuée inversée », conduisant les individus d’un sexe à intégrer des éléments d’identité de genre traditionnellement associés à l’autre sexe. Les configurations familiales atypiques permettent-elles d’expliquer ces « trajectoires improbables » ? Cette activité te permettra d’en savoir plus...

Exercice 2 : Les conséquences des configurations atypique sur la socialisation

Document 10. Le caractère différencié des processus de socialisation en fonction du genre : être une femme dans le monde des hommes

Facile

ETRE UNE FEMME DANS LE MONDE DES HOMMES

Socialisation sportive et construction du genre (2005)

Auteur : Christine Mennesson

En faisant partager l'expérience singulière des footballeuses, boxeuses et femmes haltérophiles de haut niveau, Christine Mennesson analyse les conséquences de l'entrée de femmes dans des mondes traditionnellement réservés aux hommes.

Elle cherche à identifier les conditions sociales qui qui permettent à des jeunes filles de faire le « choix » de pratique des activités dites masculines. Parmi les plus significatives, on peut relever l’appartenance aux milieux populaires, l’importance de la configuration familiale et du rôle des pères dans la construction d’un habitus sportif compétitif ainsi que la socialisation sportive précoce surtout pour les boxeuses et les footballeuses.

Boxeuses et footballeuses construisent et incorporent durant leur enfance une « contre-identité » de genre. Elles valorisent les activités avec les garçons et se distinguent du « féminin » qu’elles associent à la passivité et à l’inaction. Construisant un rapport au corps socialement considéré comme masculin, elles sont en conséquence considérées comme déviantes et souvent qualifiées de garçons manqués.

Toutefois, si elles doivent faire preuve de compétences dites « masculines », elles doivent se distinguer aussi du masculin pour éviter toute stigmatisation.

Prenant une distance avec les normes sexuées dominantes les sportives défendent le modèle de la femme active, l’autonomie et la valorisation de soi, et s’opposent à certains stéréotypes de l’éternel féminin symbolisé par la femme-objet. Tenant des discours globalement favorables à l’égalité entre les hommes et les femmes, elles ne s’identifient pas pour autant aux mouvements féministes.

En étudiant des carrières des sportives dans des activités qui ne leur sont a priori pas destinées, Christine Mennesson permet de réfléchir sur la construction sociale des genres. Elle met en évidence des formes contrastées de processus de construction du genre et la complexité des rapports sociaux de sexe et de leurs effets.

Questions : 

1. Pourquoi la sociologue évoque une « expérience singulière » ?

2. Quelles sont les conditions sociales qui favorisent l’entrée des femmes dans ces activités dites masculines selon la sociologue ?

3. Les stéréotypes sont-ils uniquement véhiculés par les garçons ?

4. Que veut dire l’expression « construction sociale des genres » ? Donnez un exemple

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Questions : 

1. Pourquoi la sociologue évoque une « expérience singulière » ?

L’adjectif « singulier » montre la volonté de reconnaître la spécificité d’une pratique. Certaines pratiques sportives sont souvent privilégiées par l’un ou l’autre sexe et cette séparation devient alors un de leurs traits distinctifs.

L’expression montre aussi que lorsque l’on sort de la norme, l’on étonne, surprend et, parfois, dérange.

2. Quelles sont les conditions sociales qui favorisent l’entrée des femmes dans ces activités dites masculines selon la sociologue ?

Christine Mennesson identifie principalement quatre conditions sociales qui favorisent l’entrée des femmes dans ces activités dites masculines :

  • l’appartenance aux milieux populaires (filles d’employés et/ou d’ouvriers) ;

  • l’importance de la configuration familiale ;

  • le rôle des pères

  • une socialisation sportive précoce (cf. boxeuses et footballeuses).

3. Les stéréotypes sont-ils uniquement véhiculés par les garçons ?

Non. Christine Mennesson montrent qu’une partie des boxeuses et des footballeuses construisent et incorporent durant leur enfance une « contre-identité » de genre.

Elles reproduisent aussi les stéréotypes qui associent à le « féminin » à la passivité et à l’inaction.

4. Que veut dire l’expression « construction sociale des genres » ? Donnez un exemple

Le sexe biologique ne permet pas de séparer les individus en deux catégories (hommes et femmes). Le genre est la construction sociale de la différence des sexes. Le terme de « construction sociale » vise à souligner la mise en place de ressources, d’espaces qui facilite l’adoption de comportements.

Ces ressources sont matérielles mais aussi symbolique : le genre renvoie aux valeurs socialement rattachées au masculin et au féminin. Ces significations participent de l’organisation de la vie sociale. Pour certains sociologues, le genre, en tant que rapport social construit sur la différence, est intrinsèquement un rapport de pouvoir.

Partie 2 : Aller plus loin pour briller en Terminale

En Terminale, tu aborderas le lien entre les configurations familiales et la mobilité sociale. Mais, tout d’abord, qu’appelle-t-on « mobilité sociale ?

 

Exercice 1 : qu’est-ce que la mobilité sociale intergénérationnelle ?

Facile

Questions :

1. Pourquoi peut-on dire que Diane est « entrée dans l’élite » ?

2. Déduisez-en ce que signifie « mobilité sociale intergénérationnelle ».

3. Quel a été le principal moteur de la mobilité sociale de Diane ?

 

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1. Les parents de Diane sont ouvriers et employée. Elle fait des études à l’ENA pour intégrer la haute fonction publique, atteignant un statut social supérieur à celui de ses parents. Ce changement de statut correspond aussi à un changement de mode de vie (exemple de la salle de bains).

2. La mobilité sociale correspond au fait de changer de position dans la société : changer de profession, de statut social ou de catégorie sociale. Elle est intergénérationnelle si ce changement se produit d’une génération à l’autre.

3. Sa mobilité sociale est permise par l’école. Elle atteint un statut social favorisé grâce à sa réussite scolaire.

Les configurations familiales atypiques sont des facteurs parmi d’autres de la mobilité sociale intergénérationnelle...

 

Lire la note de lecture : la France des Belhoumi

Exercice 2 : le lien entre la composition de la fraterie et la réussite scolaire

Facile

Questions :

1. Décrivez la configuration familiale de la famille Belhoumi étudiée par Stéphane Beaud.

2. Quelle méthode a utilisé Stéphane Beaud pour réaliser son enquête ?

3. Quels sont les facteurs qui permettent d’expliquer la réussite scolaire des deux filles aînées ?

4. En quoi la configuration familiale a eu un impact sur les conditions de socialisation des cadettes ?

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Corrigé :

1. Les Belhoumi ont quitté l’Algérie pour la France dans les années 1970. C’est une famille de grande taille, composée de cinq filles (et de trois garçons, non indiqué ici). Il y a 15 ans d’écart entre le groupe des deux aînées et le groupe des trois cadettes. C’est également une famille de classe populaire (faibles ressources économiques et culturelles notamment).

2. Il a opté pour une méthodologie qualitative, menant des entretiens.

3.

- l’une d’elle a cherché dans la réussite scolaire un moyen de s’émanciper des tâches domestiques qui lui étaient déléguées

- le soutien du père

- leur lieu de résidence, l’école (mixité sociale) et le rôle des enseignants

4) Le grand écart d’âge entre les deux groupes de sœurs (15 ans d’écart) a pu modifier les conditions de socialisation des cadettes. Samira et Leïla se sont beaucoup occupées de leurs petites sœurs (“La mère va en effet, déléguer une grande partie de l’éducation des cadettes à ses filles aînées”), ce qui leur a permis de transmettre des capitaux culturels (en allant au musée, en leur faisant découvrir la lecture…), d’avoir un rôle de guide et de conseil, ce qui peut favoriser la réussite scolaire. Les deux sœurs aînées ont joué le rôle de “modèle” pour les cadettes. Cette configuration familiale a donc impacté leurs manières d’être, de penser, leurs comportements et leurs aspirations.

 

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