Exercice (La démocratisation du transport aérien) - Niveau Seconde)

Modéré

1) Introduction.

a) Quelle est la prénotion que l’article cherche à remettre en question ? Reformulez-la.

b) Recherchez et lisez l’un des textes dont il est fait référence dans la première phrase du texte. Montrez en quoi il s’oppose à la thèse de l’article.

c) Quel est le type de sources utilisé par l’auteur ? Combien d’enquêtes l’auteur mobilise-t-il ? Qui a conçu de telles enquêtes ?

2) Première partie

transport avion

a) Rédigez des phrases complètes, permettant de lire les nombres encadrés en rouge dans la figure 1.

b) Rédigez des phrases complètes, permettant de lire les nombres entourés  en bleu dans la figure 1.

c) Comparez les taux d’accès au transport aérien pour les ouvriers et les cadres.

d) En vous appuyant sur les définitions données ici, décrivez le mouvement de démocratisation du transport aérien entre 1974 et 2008.

3) Commentaires de la Figure 2

transport avion

a) À chaque date, quelle est la part des voyages réalisés à titre professionnel par les cadres ? par les ouvriers ?

b) Peut-on affirmer que « prendre l’avion est essentiellement destiné aux voyages de loisirs » ?

4) Commentaires de la Figure 3

transport avion

a) Quelles sont les deux destinations les plus fréquentes pour les cadres, d’une part, et pour les ouvriers, d’autre part, en 1973 ?

b) Même question en 2007.

5) À l’aide des résultats de la figure 2 et de la figure 3, discutez cette affirmation du texte : « Ce voyage professionnel, qui concerne en France désormais presque exclusivement les salariés les plus qualifiés, apparaît ainsi de plus en plus distinctif, montrant une certaine forme de polarisation. »

6) Quelle est la part de la distance totale, concentrée par les 10% des ménages les plus mobiles en 1981 ? Et en 2008 ?

7) Expliquez en quoi le transport aérien montre une forme de démocratisation ségrégative.

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1) Introduction.

a) Quelle est la prénotion que l’article cherche à remettre en question ? Reformulez-la.

La prénotion remise en question dans cet article est celle de la banalisation du transport aérien ; l’auteur cherche à montrer que la croissance du transport aérien n’a pas eu les mêmes effets pour toutes les catégories sociales. Plus précisément, l’article montre que si cette pratique se diffuse dans la société française, elle reste, d’une part, assez minoritaire et, d’autre part, plus ou moins fréquente selon les catégories sociales.

b) Recherchez et lisez l’un des textes dont il est fait référence dans la première phrase du texte. Montrez en quoi il s’oppose à la thèse de l’article.

Le titre de la première référence, un article de presse publié dans Le Figaro du 13 décembre 2019, annonce un chiffre très élevé : « Plus de 4,5 milliards de passagers dans les avions en 2019 ». Formulé ainsi, on a l’impression que, sur les milliards d’êtres humains, 4,5 ont pris l’avion, ce qui donne un taux d’accès très élevé ! Il s’agit ici du nombre de passagers transportés (en quelque sorte le nombre de sièges vendus dans les avions), étant entendu que de nombreux voyageurs auront pris l’avion plusieurs fois (très souvent, au moins deux fois, pour l’aller et le retour !). Cet article tendrait à penser que 2/3 des humains ont pris l’avion, ce qui est très loin du contenu de l’article, notamment pour le cas français.

c) Quel est le type de sources utilisé par l’auteur ? Combien d’enquêtes l’auteur mobilise-t-il ? Qui a conçu de telles enquêtes ?

Les données utilisées dans cet article sont quatre Enquêtes nationales transports (réalisées en 1974, 1981, 1993 et 2007) réalisées par l’Institut national de la statistique et des études économiques. L’objectif de ces enquêtes est la connaissance des déplacements des ménages résidant en France métropolitaine et de leur usage des moyens de transport tant collectifs qu'individuels, ainsi que la connaissance du parc des véhicules détenus par les ménages et de leur utilisation.

2) Première partie

transport avion

a) Rédigez des phrases complètes, permettant de lire les nombres encadrés en rouge dans la figure 1.

En 1974, sur 100 ouvriers, 3,4 ont pris l’avion au moins une fois. En 2008, ils sont 11,1% à avoir eu recours au transport aérien.

b) Rédigez des phrases complètes, permettant de lire les nombres entourés  en bleu dans la figure 1.

En 1974, sur 100 cadres et professions intellectuelles supérieures, 38,3 ont pris l’avion au moins une fois. En 2008, ils sont 49,7% à avoir eu recours au transport aérien.

c) Comparez les taux d’accès au transport aérien pour les ouvriers et les cadres.

À chaque date, en début comme en fin de période, les cadres ont davantage recours au transport aérien que les ouvriers. En 1974, sur 100 cadres et professions intellectuelles supérieures, 38,3 ont pris l’avion au moins une fois, contre 3,4 ouvriers sur 100 : les cadres ont ainsi 11 fois plus de chance (38,3/3,4) que les ouvriers de prendre l’avion. En 2008, l’écart reste en faveur des cadres mais se réduit : le taux d’accès des cadres (49,7%) demeure quatre fois plus grand (11,1% pour les ouvriers).

d) En vous appuyant sur les définitions données ici, décrivez le mouvement de démocratisation du transport aérien entre 1974 et 2008.

De prime abord, le transport aérien semble avoir connu une démocratisation quantitative : cela signifie que, quelle que soit leur statut social, les individus empruntent de plus en plus souvent le transport aérien. C’est en effet une pratique qui a fortement augmenté en population générale : Selon les différentes enquêtes nationales transports, 5,5% des enquêtés ont pris l’avion au cours des deux années précédentes en 1974. En 2008, ce sont 22,2 % des Français qui sont montés, au moins une fois au cours de l’année écoulée, dans un avion. Le taux a donc été multiplié par quatre, montrant une forme de banalisation du recours au transport aérien.

Ensuite, on peut noter que cette diffusion ne s’accompagne pas d’une démocratisation qualitative complète. En effet, la démocratisation qualitative signifie que les chances d’accès entre les différents groupes sociaux se ressemblent de plus en plus. Ici, on voit que les différents groupes sociaux connaissent toujours des taux bien différenciés, même s’ils connaissent une certaine convergence : En 1974, sur 100 cadres et professions intellectuelles supérieures, 38,3 ont pris l’avion au moins une fois, contre 3,4 ouvriers sur 100 : les cadres ont ainsi 11 fois plus de chance (38,3/3,4) que les ouvriers de prendre l’avion. En 2008, l’écart reste en faveur des cadres mais se réduit : le taux d’accès des cadres (49,7%) demeure quatre fois plus grand (11,1% pour les ouvriers).

3) Commentaires de la Figure 2

transport avion

a) À chaque date, quelle est la part des voyages réalisés à titre professionnel par les cadres ? par les ouvriers ?

Pour les cadres comme pour les ouvriers, la part du voyage professionnel diminue, tandis que le voyage de loisirs augmente : sur 100 cadres qui ont pris l’avion, 76 le prennent pour un motif professionnel en 1974 ; 82 en 1981 ; 63 en 1993 et 47 en 2008. Ces taux sont respectivement de 46, 16, 26 et 1 pour les ouvriers. Autrement dit, à chaque date, les cadres font davantage de voyages professionnels, mais la part du voyage professionnel diminue au fil du temps.

b) Peut-on affirmer que « prendre l’avion est essentiellement destiné aux voyages de loisirs » ?

Si en début de période, le voyage en avion pour motif professionnel était assez fréquent, le motif de loisirs gagne cependant du terrain tout au long de la période. En 2008, c’est en effet principalement pour des motifs de loisirs que l’on prend l’avion : c’est le cas de 54% des voyages en avion des cadres et 99% des voyages des ouvriers.

4) Commentaires de la Figure 3

transport avion

a) Quelles sont les deux destinations les plus fréquentes pour les cadres, d’une part, et pour les ouvriers, d’autre part, en 1973 ?

En 1973, les deux destinations les plus fréquentes des cadres sont les mêmes que celles des ouvriers : la France et l’Europe.

b) Même question en 2007.

En 2007, les deux destinations les plus fréquentes des cadres n’ont pas évolué : la France et l’Europe restent les destinations majoritaires pour les cadres. Pour les ouvriers, c’est désormais l’Afrique qui prend la deuxième place, après l’hexagone.

5) À l’aide des résultats de la figure 2 et de la figure 3, discutez cette affirmation du texte : « Ce voyage professionnel, qui concerne en France désormais presque exclusivement les salariés les plus qualifiés, apparaît ainsi de plus en plus distinctif, montrant une certaine forme de polarisation. »

Si en début de période, le voyage en avion pour motif professionnel concernait plus souvent les cadres que les ouvriers, les différences s’accentuent au fil du temps. En effet, sur 100 cadres ayant pris l’avion en 2008, 47 l’ont pris pour des motifs professionnels, alors que ce n’est le cas que d’un ouvrier sur 100 : autrement dit, les ouvriers voyagent en avion de moins en moins pour des raisons professionnelles alors que ce motif reste important pour les cadres.

6) Quelle est la part de la distance totale, concentrée par les 10% des ménages les plus mobiles en 1981 ? Et en 2008 ?

L’article s’intéresse, dans l’avant-dernier paragraphe, à la concentration de la distance parcourue, dans le cadre des déplacements de longue distance. En 1981, les 10 % des individus les plus mobiles parcouraient un peu plus de 30 % de la mobilité de longue distance parcourue par tous les Français ; en 2008, ces 10 % les plus mobiles voyagent 60 % de l’ensemble des kilomètres réalisés par les Français pour leurs voyages. Il y a ainsi un doublement de cette concentration.

7) Expliquez en quoi le transport aérien montre une forme de démocratisation ségrégative.

On appelle démocratisation ségrégative le fait que la diffusion d’une pratique s’accompagnement d’une segmentation sociale. Ainsi, Pierre Merle parle de démocratisation ségrégative pour la démocratisation du baccalauréat, dans la mesure où si les enfants de toutes les origines sociales ont plus souvent le baccalauréat (démocratisation quantitative), ils n’ont pas les mêmes chances d’accéder à l’ensemble des filières du baccalauréat.

Dans le cas du transport aérien, on peut parler d’une démocratisation ségrégative dans la mesure où, si l’ensemble des groupes sociaux emprunte davantage l’avion, leurs pratiques sont toutefois (de plus en plus) différenciées, et ce à plusieurs égards : tout d’abord, les destinations des voyages ne sont pas les mêmes (les ouvriers privilégiant l’Afrique par exemple, tandis que les cadres ont beaucoup plus de chances de voler vers l’Asie ou l’Amérique) ; ensuite, les motifs des voyages sont de plus en plus différenciés (le voyage professionnel est bien plus fréquent parmi les plus qualifiés) ; enfin, la concentration de la distance parcourue montre certainement que derrière l’apparente démocratisation (« multiplication des voyageurs »), une petite part des passagers aériens emprunte l’avion souvent (« multiplication des voyages »). Si tout le monde vole un peu davantage, un groupe restreint emprunte beaucoup plus souvent et intensément l’avion.