Document 11 - Un exemple de lutte contre le réchauffement climatique au niveau régional :

Facile

La région Hauts-de-France fait la course en tête vers la transition énergétique. Des dizaines de millions d'euros sont injectés pour transformer les déchets en carburant et chauffer 40.000 bâtiments.

Nom de code: Rev3, comme Troisième Révolution industrielle. En 2012, Jeremy Rifkin, l’économiste américain auteur de ce concept mêlant écologie et développement, est venu en personne à Lille célébrer un audacieux pari, « parce que la région est la première au monde à adopter un plan pour favoriser une mutation accélérée vers une économie décarbonée ». En cette ancienne terre de gueules noires, où les stigmates de plus d’un siècle d’exploitation minière sont encore partout visibles, il aide alors la CCI et le conseil régional à bâtir un plan de bataille pour que les Hauts-de-France s’inscrivent parmi les pionniers du business vert.

Six ans plus tard, la région a pris de l’avance sur le chemin de la transition verte. C’est bien ici que les tout premiers contrats de transition écologique, chers à Nicolas Hulot, ont été signés. Et c’est ici que le conseil régional, piloté par Xavier Bertrand, compte bien accélérer encore. « En 2019, la région et l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) vont investir ensemble 23,5 millions d’euros pour continuer à mener à bien ce projet », assure Frédéric Nihous, conseiller régional, chargé du secteur.

Ce nouvel investissement vise, comme les précédents, à lutter contre la pollution à long terme. Déjà les politiques zéro déchet font la chasse au gaspillage. La réutilisation, massive, des ordures métamorphosées en source d’énergie renouvelable — biocarburant ou chauffage – fait baisser les émissions de CO2. Cerise sur le gâteau, l’impact sur l’emploi devrait être important: d’ici dix ans, les secteurs des énergies renouvelables, du bâtiment et des mobilités devraient créer 46.600 emplois dans les Hauts-de-France, selon l’Ademe.

Et Local

Ça gaze pour les bus de la Métropole lilloise

Comment réduire la pollution produite par les gros moteurs Diesel des bus qui parcourent des milliers de kilomètres dans la Métropole chaque jour ? Comment traiter intelligemment les déchets alimentaires et les déchets verts des habitants de la Métropole ? En faisant d’une pierre deux coups, ont répondu les ingénieurs: c’est-à-dire en fabriquant du biogaz pour alimenter les bus à partir de la méthanisation des déchets. « C’est aujourd’hui le réseau de transport qui dispose de la flotte propre la plus importante en France et en Europe », souligne un représentant d’Ilévia (ex-Transpole), qui fait tourner 428 bus fonctionnant au gaz, fabriqués par Iveco. C’est une double réussite.

Côté poubelles, le bilan est exemplaire: alors qu’en France 73% des déchets sont recyclés ou employés pour produire de l’énergie selon l’Ademe, ici, le taux atteint les 82%. Cela a un coût, bien sûr: le Centre de valorisation organique de Sequedin, où la magie verte s’opère, a nécessité 75 millions d’euros d’investissements. « Avant, tout partait à la déchetterie, maintenant, nous réutilisons les ordures », rappelle Christiane Bouchart, vice-présidente de la Métropole au développement durable, élue EELV. La revente du biocarburant qui alimente un tiers des bus (les autres fonctionnent au gaz naturel) d’Ilévia rapporte 460.000 euros chaque année. La filiale de Keolis y gagne: faire carburer ses bus au biométhane plutôt qu’au gasoil lui revient 10% moins cher. Autre avantage, cette fois pour l’ensemble de la population: les émissions de C02 sont 10% à 20% plus faibles. Quant au compost qui n’est pas utilisé pour produire du biocarburant, il est revendu aux agriculteurs: 30.000 euros par an supplémentaires entrent dans les caisses de la Métropole. Cet exemple d’économie circulaire attire des curieux du monde entier: des officiels japonais et ivoiriens sont venus observer à la loupe le laboratoire lillois avec l’ambition de copier ce pari qui roule.

Source : Rozenn le Saint, Capital, mars 2019

Question :

  1. Montrez comment les actions à l'échelle locale permettent de s'adapter aux caractéristiques des territoires et de favoriser la coopération des acteurs locaux.

 

Voir la correction

Réponse :

La région Hauts de France, en pleine restructuration économique du fait de son passé minier et industriel, constitue un « laboratoire » intéressant pour des investissements « verts » en vue d'une « transition écologique ».

Le niveau local permet d'impliquer beaucoup d'acteurs : les pouvoirs publics locaux, l'ADEME, des entreprises, les agriculteurs de la région...