Étude de Cas

Migrations internationales de population et développement

Dans le schéma de la transition démographique, le rôle des migrations est souvent minimisé, voire omis. Or, on le sait, le XIX° siècle a connu d'importantes migrations internationales de population de l'ancien aux nouveaux mondes, mettant en valeur de nouveaux territoires ici, atténuant la pression démographique. Aujourd'hui, les barrières se sont levées mais la pression migratoire est toujours aussi intense, provenant principalement de pays en voie de développement. L'impact de ces migrations sur leur croissance est difficile à évaluer mais les bénéfices sont loin d'être mécaniques.
Migrations internationales de population et développement

 "Un homme qui est né dans un monde déjà occupé, s'il ne peut obtenir de ses parents la subsistance, et si la société n'a pas besoin de son travail, n'a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture, et en fait, il est de trop. Au grand banquet de la nature, il n'y a pas de couvert mis pour lui."

Malthus, Thomas Robert (1798), 1er édition de l'Essai sur le principe de population, passage supprimé dans les éditions ultérieures

Les migrations internationales concernent aujourd'hui 130 à 150 millions de personnes à travers le monde. Un migrant international est une personne ayant quitté son pays pour se fixer dans un autre pour au moins un an. Ce chiffre ne mesure donc pas, à proprement parler, des flux mais des stocks. Il exclut en outre les migrations touristiques internationales qui, bien qu'elles concernent un nombre plus important d'individus, constituent un phénomène à part. Malgré une augmentation de ce chiffre de 2% par an, l'image de "masses"  en mouvement est donc globalement fausse. Le temps des grandes vagues migratoires comparables à celles de la seconde moitié du XIXème siècle est révolu et la spécificité des migrations contemporaines, diversification des flux et des trajectoires des migrants, tient sans doute à plusieurs éléments liés au processus actuel de mondialisation. Si l'existence d'interactions fortes entre le développement et les migrations internationales de population ne fait pas de doute, la question de la nature de cette relation reste controversée : les migrations contribuent-elles à soulager la pression démographique des pays pauvres ou les prive-t-elle de talents nécessaires au développement ? Perçues par certains comme un facteur de réduction des tensions prévalant sur le marché du travail des pays de départ, les migrations internationales, par leur caractère sélectif, qui avantage les travailleurs qualifiés, privent pour d'autres, les États d'origine de leurs forces vives. Autre débat non tranché, celui des flux de transfert : les envois de fonds des migrants placent-ils les pays receveurs en situation de dépendance ou à l'inverse favorisent-ils leur développement ? Ces opinions contradictoires sont le reflet de la complexité même du processus migratoire, par nature dynamique, ainsi que de la grande diversité des situations observées. Cette étude de cas a pour but d'apporter un éclairage sur ces liens entre développement et migrations internationales et se concentre sur les migrations "volontaires". Les migrations "forcées" consécutives à des catastrophes naturelles, à des conflits, à des troubles politiques sont donc exclues du champ d'étude. L'accent enfin est mis sur les migrations entre pays en développement ou émergents et les pays industrialisés.

 

Les migrations de travailleurs sont-elles facteur de convergence ou de stagnation des revenus entre pays ?

L'apport de la théorie néo-classique

Le modèle néo-classique à deux secteurs propose par Lewis (1954) et formalisé par Ranis et Fei (1961) a longtemps dominé la littérature consacrée au phénomène migratoire. Lewis explique le développement par la coexistence de deux secteurs, l'un traditionnel qui, pour des raisons démographiques (natalité) et structurelles (sous-emploi rural), bénéficie d'un surplus de main d'œuvre à l'origine d'une offre illimitée de travail ; l'autre industriel qui absorbe ce surplus car la productivité marginale y est positive et croissante du fait de l'accumulation du capital et du progrès technique. Le départ des travailleurs est alors positif pour le premier secteur car il contribue entre autres choses à réduire le chômage qui y prévaut. A l'aune de cette théorie et en extrapolant ses implications à l'échelle des migrations internationales, le départ d'une partie de la main d'œuvre devrait par conséquent avoir un impact positif sur le marché du travail des pays d'origine, lesquels placent bien souvent la pression démographique et foncière au premier rang de leurs préoccupations. Ainsi les départs permettent d'atténuer la concurrence liée à la recherche d'emploi et, partant, d'élever les taux de salaire. A ce titre, les migrations de travailleurs constituent un facteur de convergence des revenus entre pays et activent le processus de rattrapage économique des régions d'émigration.

L'épreuve des faits montre une réalité complexe et nuancée

La "fuite des cerveaux"

L'impact des migrations sur le marché du travail des économies d'origine est fortement lié à l'ampleur relative des flux migratoires et à la structure des qualifications des travailleurs concernés. Les chômeurs sans qualification ne sont pas en effet les seuls à choisir la voie de l'émigration. Selon le rapport 2002 de la Banque Mondiale, l'Afrique a perdu le tiers de ses cadres et professions libérales au cours des dernières décennies. De même, une étude récente menée par l'OCDE fait état d'un accroissement des flux de travailleurs hautement qualifiés principalement les flux en provenance d'Asie et d'Europe centrale et orientale. Ces flux entraînent une perte de ressources humaines précieuses pour les économies d'origine qui de ce fait ne peuvent pas tirer pleinement parti des techniques modernes agricole et industrielle. Les pénuries de main d'œuvre constatées se concentrent en effet dans des secteurs d'activité tels que la construction, la recherche, la santé, l'ingénierie ou encore l'informatique. Ces méfaits potentiels ont été stigmatisés par certains économistes. Ainsi Bhagwati suggère la mise en place d'un impôt prélevé sur les émigrants hautement qualifiés, en remboursement des aides reçues dans le passé au titre de leur éducation. Il convient néanmoins de nuancer les effets néfastes de la "fuite des cerveaux". L'étude de l'OCDE le souligne, des retombées positives existent pour les pays d'origine. Notamment lorsque les émigrés reviennent en rapatriant les compétence technologiques et entrepreneuriales acquises à l'étranger. Les effets sont alors d'autant plus tangibles qu'ils ont des capitaux à investir ou des contacts dans les milieux scientifiques et technologiques internationaux. A cet égard, l'expansion accélérée des secteurs de haute technologie dans certains pays d'Asie (en Corée du Sud notamment) a largement bénéficié du retour de migrants. En outre, le problème de la "fuite des cerveaux" n'est pas aussi aigu qu'il y paraît au premier abord. Il s'avère en effet qu'un grand nombre d'émigrants qualifiés ne trouvaient pas d'emploi dans leur pays d'origine, faute d'une demande locale adéquate dans leur domaine de qualification. L'impact potentiellement bénéfique des flux de transfert consécutifs au départ des travailleurs qualifiés n'est enfin pas négligeable comme nous le verrons plus loin.

Les flux migratoires en provenance des zones rurales des pays en développement

La conséquence de ces flux dépend fortement des caractéristiques des migrants. Les prédictions de la théorie néo-classique ne se vérifient pas lorsque la migration ne s'accompagne pas d'un accroissement de la productivité. C'est que la théorie néo-classique requiert entre autres choses que ni l'âge, ni le sexe, ni le niveau d'éducation ne constituent des éléments discriminants en matière de comportement migratoire. Or les études empiriques démontrent l'inverse. Les migrants sont, dans leur grande majorité, des hommes jeunes, éduqués et prêts à prendre davantage de risques pour réussir professionnellement que les personnes qu'ils laissent derrière eux. Ce phénomène d'autosélection des migrants n'est pas sans conséquence sur le fonctionnement des exploitations agricoles, souvent de petite taille et familiales, lesquelles sont alors privées de leur main d'œuvre la plus productive et potentiellement la plus entreprenante. Cette ponction sur les "force vives" en milieu rural nécessite soit l'embauche de travailleurs agricole lorsqu'elle est possible, soit un travail accru de la part des membres demeurés sur place, afin de maintenir la production à son niveau d'avant la migration. Dans le second cas, la réallocation des tâches au sein de l'exploitation (aux dépens le plus souvent de ceux qui sont généralement dispensés des travaux culturaux : femmes, enfants et vieillards) provoque alors une baisse de la productivité du travail, lorsque celle-ci est mesurée par le rapport de la production totale sur le nombre d'actifs. Un tel impact négatif a notamment été constaté par de Brauw, Taylor et Rozelle (1999) à partir de données collectées dans deux provinces du Nord-Est de la Chine ou par Lucas (1987) dans le cas de l'Afrique du sud.

Les transferts constituent-ils un capital productif ou une rente pour les pays d'origine ?

Les envois de fonds des travailleurs exilés sont, pour les pays d'origine, l'une des autres retombées importantes des migrations. Leur impact fait là encore l'objet d'intenses débats, qu'alimentent malheureusement de trop rares études. Il est néanmoins indéniable qu'ils représentent, à l'échelle macroéconomique, une source non négligeable de devises.

Bilan des montants en jeux et implications macroéconomiques

Le montant global des envois de fonds est estimé selon le Fonds monétaire international à plus de 105 milliards de dollars pour la seule année 1999. Ce chiffre ne prenant pas en compte ni les envois en nature, ni les transferts échappant aux circuits formels, il est probablement très en deçà de la réalité. Une enquête réalisée par Gubert en 1996 auprès de familles originaires de la région de Kayes, au Mali, a montré que près de 50% des transferts en provenance des migrants résidant en France se faisaient en nature. De façon plus précise, les envois prennent la forme de bons de commande échangeables auprès d'un commerçant contre des produits alimentaires. Le paiement est alors assuré par les migrants qui sont en relation directe avec le fournisseur. Ainsi, une partie souvent significative des transferts est acheminée de façon informelle. Les seuls flux financiers formels peuvent par leur ampleur avoir un impact considérable sur la balance des paiements des pays et réduire leur déficit d'épargne intérieure. Par exemple, les transferts représentaient en 1993, plus de 44% de la valeur des exportations et 28,2% des importations au Bangladesh. La question de l'impact des transferts à long terme sur le développement reste toutefois ouverte. Car en marge du rôle positif qu'ils peuvent jouer dans le financement des importations et de l'investissement, la situation de dépendance et donc de vulnérabilité dans laquelle ils placent les pays est bien souvent dénoncée. Les arguments allant dans ce sens sont multiples : les transferts augmenteraient la demande de biens importés au détriment des biens produits localement, et n'auraient pas d'effets multiplicateurs sur l'économie ; ils seraient source d'inflation et donc d'appréciation du taux de change réel dans des pays caractérisés par la faible flexibilité de leur appareil productif ; ils entraîneraient des comportements rentiers, etc. Malheureusement, le manque de fiabilité des données rend extrêmement difficile et périlleuse l'évaluation quantitative de l'impact net des transferts à l'échelle nationale.

Implications du côté des familles receveuses de transferts

Les enseignements de la "nouvelle économie de la migration du travail"

Les années 80 ont été marquées par un renouveau de la littérature théorique sur les migrations du travail, lequel a permis une meilleure compréhension des facteurs à l'origine de la mobilité et de ses conséquences pour les régions d'origine. Dans ce cadre d'analyse, auquel l'expression "nouvelle économie de la migration du travail (NEMT)" fait référence, le départ d'un individu n'est pas seulement motivé par l'existence d'une différence de salaire entre deux zones (ou deux pays), mais constitue également un outil auquel les familles ont recours pour diversifier leurs sources de revenu. Cette approche novatrice prend en compte les spécificités des zones de départ, essentiellement rurales, et les contraintes qui pèsent sur les populations qui y résident. Parmi ces contraintes, il y a le fait que l'essentiel des revenus des familles provient de l'activité agricole. Ces revenus varient fortement d'une année sur l'autre en raison des aléas de la production et des fluctuations des cours des produits. Cette variation a des répercussions directes sur le profil de consommation et a donc un coût important en termes de bien-être. Dans les pays développés, une façon courante de se prémunir contre un tel risque est de recourir au marché du crédit ou à celui de l'assurance. Mais au sein des zones rurales des pays en développement, l'absence de tels marchés impose bien souvent de trouver d'autres solutions. Pour les auteurs de la NEMT, l'envoi de membres de la famille en migration en est une. L'hypothèse sous-jacente est que ceux qui sont partis et ceux qui restent se partagent leurs gains respectifs dans une logique de coassurance. Les transferts des migrants viennent (par exemple) compenser une perte de revenu infligée à la famille par une mauvaise récolte, et réciproquement, le soutien financier de la famille permet (par exemple) aux migrants de subvenir à leurs besoins lorsqu'ils traversent des périodes de chômage. La migration est, de ce fait, envisagée comme un "contrat implicite" entre les migrants et leurs familles d'origine, et n'est plus conditionnée par l'existence d'une différence escomptée de rémunération entre zones de départ et d'arrivée. Alors que les théories néo-classiques n'en font nulle mention, les transferts entre membres du ménage font ici partie de la stratégie des familles à l'origine de la migration. En plus de leur rôle d'assureur, les migrants peuvent également servir d'intermédiaire financiers, en mettant à la disposition de leurs familles d'origine les ressources qui leur sont nécessaires pour être en mesure d'innover ou pour simplement prendre en charge la totalité des dépenses induites par le cycle de production (achat de semences, location de matériel, etc.). Dans cette perspective, les transferts constituent un facteur d'accroissement de la productivité agricole et lèvent les contraintes de liquidités des familles souvent responsables de la persistance d'une agriculture traditionnelle à faibles rendements.

Une réalité plus complexe

La NEMT a servi de cadre théorique à plusieurs études empiriques réalisées sur des pays en développement. Elles  montrent que si l'importance des transferts dans le revenu des ménages ne fait guère de doute, il en est tout autrement de leur impact sur la production et la productivité. Dans certains cas, les envois de fonds compensent la perte de force de travail consécutive à la migration en permettant l'embauche de salariés agricoles et l'acquisition d'équipements. C'est ce que mettent en lumière les étude de Taylor (1992) et de Taylor et Wyatt (1996) dans le cas du Mexique. Dans d'autres, les transferts s'avèrent néfastes pour l'agriculture en offrant aux familles la possibilité de conserver le même niveau de revenu tout en réduisant leur offre de travail. Un tel phénomène, que l'on peut qualifier de rentier, s'accompagne d'une contraction de la production agricole. En outre, les envois de fonds bénéficient davantage aux ménages les plus favorisés, lesquels sont peu contraints en capital, et seule une partie marginale de ces ressources est consacrée à des investissements productifs. Dans la majorité des cas, les transferts sont destinés à acheter des biens de consommation courante ou à rembourser les dettes contractées au moment du départ en migration. En fait, les études empiriques suggèrent qu'un certain nombre de conditions doivent être remplies afin que les transferts s'accompagnent d'un accroissement de la production agricole. Le réinvestissement des revenus migratoires dans l'agriculture semble, en particulier, fortement conditionné par l'environnement physique, économique ou encore institutionnel. Ainsi, des conditions climatiques particulièrement défavorables ou des infrastructures routières défaillantes peuvent en effet inciter les paysans à se détourner de l'agriculture au profit (ou non) d'autres activités. De la même façon, l'environnement économique et institutionnel affecte la rentabilité des activités agricoles par rapport aux autres activités. Le prix des produits, les types de technologie disponible et les conditions d'accès au marché peuvent, selon les cas, faciliter leur pratique ou, au contraire, la rendre plus difficile.

La migration et les transferts, facteurs de réduction de la pauvreté ?

Le manque de données fiables et de séries temporelles longues rend hasardeuse l'évaluation de l'impact de la migration et des transferts sur la pauvreté. Néanmoins, le passage en revue des études empiriques apporte quelques éléments de réponse.

La migration

Les études empiriques le montrent, les migrants ne sont généralement pas issus des couches les plus pauvres de la population. La raison est simple : la migration, surtout lorsqu'elle se fait à destination de l'étranger, engendre des coûts (frais de transport, coût d'obtention des documents nécessaires à la migration, coût de la vie dans le pays d'immigration pendant toute la durée de recherche d'emploi, etc.) que ne peuvent supporter les ménages les plus défavorisés. Cette contrainte est d'autant plus forte que les pauvres n'ont pas la possibilité de fournir les garanties suffisantes pour pouvoir emprunter et qu'ils ne peuvent donc compter que sur leur épargne propre pour financer le départ en migration.

Les transferts

Ils peuvent avoir des effets indirects contribuant à réduire la pauvreté. Il en est notamment ainsi lorsqu'ils servent à financer des infrastructures dans le domaine de la santé et de l'éducation, de l'eau, etc. Les valeurs de solidarité constatées au niveau familial, qui se traduisent par un partage et une redistribution des revenus migratoires, se retrouvent parfois à l'échelle des communautés villageoises dont sont originaires les migrants. L'exemple des Maliens de France est à ce titre éloquent. Regroupés en associations autour de l'objectif de développement de leurs régions d'origine, ces derniers ont, depuis une vingtaine d'années, initié et financé de multiples projets couvrant tous les aspects de la vie sociale des villages : écoles, dispensaires, travaux d'adduction d'eau, puits, magasins d'approvisionnement en biens de première nécessité, etc. En 1996, cent quatre vingt puits et forages, soixante-dix écoles, onze dispensaires et dix-neuf coopératives financés presque intégralement par les associations d'immigrés en France ont ainsi été recensés dans le seul cercle administratif de Yélimané, au Nord de la région de Kayes. A l'échelle de toute la région, 64% des infrastructures existant dans les villages sont attribués aux migrants (Libercier et Schneider, 1996).

Conclusion

Au total, le bilan des transformations induites par les migrations et les transferts est mitigé et montre que la mobilité des populations des pays du Sud ne conduit pas automatiquement au développement économique. Au contraire, dans bien des cas, la migration place les pays dans une situation de dépendance vis-vis des transferts et devient un phénomène auto-entretenu. La reconnaissance d'un impact limité des transferts sur la création de richesse et, partant sur la croissance économique des pays d'origine, ne constitue toutefois pas un argument suffisant pour freiner les flux migratoires. Le développement est en effet un processus multidimensionnel qui requiert des transformations structurelles, sociales, économiques et politiques de façon à permettre aux forces et aux ressources productives de croître et de se diversifier. En intervenant dans la vie sociale de leurs régions d'origine et en y impliquant leur familles, les migrants jettent les bases d'un développement endogène et participatif.

Bibliographie

Bhagwati, (1977), Brain Drain and Income Taxation, Pergamon Press

Banque mondiale, (2000), Le développement au seuil du XXème siècle. Rapport sur le développement dans le monde, Oxford University Press

De Brauw, Taylor et Rozelle, (1999), "Migration, remittances and productivity in China", American Economic Review, vol.89, n°2, mai, pp. 287-291

Gubert, Flore (1999), "La participation des Maliens de France au développement de la région de Kayes", Population et société au Mali, Paris, L'Harmattan

Lewis, Arthur, (1954), Economic Development with Unlimited Supplies of Labor, Manchester School of Economic and Social Studies, vol. 22, pp. 139-191

Libercier et Schneider, (1996), Les migrants, partenaires pour le développement, OCDE

Lucas, (1987), "Emigration to South Africa's mines", American Economic Review, vol. 77, pp. 313-330

OCDE, (2002), International Mobility of the Highly Skilled, Paris, OCDE

Ranis et Fei, (1961), "A theory of Economic Development", American Economic Review, vol. 51, pp. 533-565

Taylor, (1992), "Remittances and Inequality reconsidered : Direct, Indirect and Intertemporal Effects", Journal of Policy Modeling, vol.14, n°2, pp. 187-208

Taylor et Wyatt, (1996), "The Shadow Value of Migrant Remittances, Income and Inequality in a Household-farm Economy", The journal of Development Studies, vol. 32, n°6, pp. 899-91