Cours de Première ES : 5. Régulations et déséquilibres macroéconomiques

Question 3. Quels sont les grands déséquilibres macroéconomiques ?

Découverte

Document 1 - L'évolution en 2012 du pouvoir d'achat des ménages français

Source: « Premiers touchés par les hausses d’impôts, les ménages vont perdre du pouvoir d’achat », Robequain Lucie, Les Echos, 30-31 décembre 2011, p 2.

  1. Quel est le lien entre inflation et pouvoir d’achat des ménages ?
  2. Quelle évolution du pouvoir d’achat des ménages est à prévoir, compte tenu des faits mentionnés ci-dessus ? Expliquer.
  3. Ces évolutions impactent-elles directement l’indice des prix à la consommation habituellement mesuré par l’INSEE (réponses différentes suivant les faits mentionnés)? Justifier ses réponses.
  4. Que peut-on en déduire sur la limite d’un tel indicateur ?
Document 2 - L’évolution de l’inflation en France mesurée par le taux de variation de l’indice des prix à la consommation (IPC) et l’inflation sous-jacente (ISJ)

 

Source: http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=29

  1. Rechercher la différence entre inflation mesurée par l’IPC et inflation sous-jacente. Que peut-on en déduire sur la portée du premier de ces indicateurs ? Justifier l’existence d’un calcul alternatif.
  2. Quelles tendances d’évolution sont montrées par ce graphe ? Lire les valeurs correspondant au début de 2012.
  3. Proposer des explications à l’évolution récente de l’inflation. (De nombreuses informations sont disponibles sur la page INSEE référencée en source.)
Document 3 - Ma propre mesure de l'inflation

Source: http://www.insee.fr/fr/indicateurs/indic_cons/sip/sip.html

1) L’application ainsi mise à disposition par l’INSEE permet de calculer une mesure personnelle de l’inflation. Quels paramètres sont modifiables ? Quelles limites de l’IPC sont ici mises en valeur ?

2) Si l’on suppose qu’un ménage modeste affecte une plus grande part de son budget à l’achat de denrées « de base » : que peut-il en résulter sur sa perception de l’évolution des prix ? du pouvoir d’achat ?

Document 4 - Définir le chômage

Source:http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques-de...

1) [Les questions portent sur les deux premiers paragraphes de la page] Relever les conditions nécessaires pour être qualifié de chômeur d’après le bureau international du travail et l’INSEE, d’après Pôle emploi.

2) Justifier la phrase : « Depuis fin 2007, l’INSEE s’est rapproché de l’interprétation communautaire (Eurostat) de la définition du chômage au sens du BIT ».

3) Rechercher des exemples de personnes qui ne seraient pas considérées comme chômeurs pour l’INSEE, mais chômeurs pour pôle emploi. Où seraient-ils alors classés par l’INSEE ?

Document 5 - Chômage et conjoncture économique : l'exemple de la France [document vidéo]

Source:http://www.emploiparlonsnet.fr/en-images/la-preuve-quatre-bernard-ernst-...

  1. Le responsable de Pôle-Emploi commente l’évolution des grandeurs économiques suivantes : créations d’emplois, population active, croissance, productivité horaire, chômage, demandeurs d’emplois : Quelles tendances sont relevées ?
  2. Quelles relations existe-t-il entre ces différentes évolutions ?
Document 6 - Une croissance économique équilibrée en Allemagne

[…] le PIB allemand a progressé, […] de 2,2% sur la période , soit près de quatre fois plus que le PIB tricolore. Le couple franco-allemand est peut-être bien le moteur politique de l'Europe, mais en termes de moteur économique, l'Allemagne fait cavalier seul.

Pourquoi la croissance allemande est si vigoureuse ?

C'est en effet la plus forte croissance enregistrée outre-Rhin depuis 20 ans. Faisant fi de toute modestie, le ministre allemand de l'Economie, Rainer Brüderle, parle de « reprise en format XL ». Ce sont bien sûr les exportations qui ont tiré la croissance allemande sur le trimestre. Le « made in Germany » (voitures, machines-outils, produits chimiques, etc.) a pleinement profité de la croissance de la demande mondiale, notamment asiatique et des pays émergents. Les entreprises allemandes, des grands noms comme Siemens et BMW aux PME spécialisées, ont les carnets de commande biens garnis et font tourner les chaînes de production à plein. « La hausse des dépenses d'investissement des entreprises allemandes correspond à un accroissement des capacités de production », note Catherine Stéphan, économiste chez BNP Paribas. Les exportations allemandes ont aujourd'hui retrouvé leur niveau d'avant la crise.

Une fois n'est pas coutume, « la consommation, publique et privée, a également contribué à la croissance du PIB », a commenté l'Office fédéral des statistiques. « Le marché du travail allemand s'améliore et les perspectives budgétaires s'améliorent, souligne Laurence Boone, chef économiste chez Barclays Capital, ce qui est de nature à rassurer les ménages allemands. » Le gouvernement d'Angela Merkel a adopté un plan d'économies de 80 milliards d'euros , destiné à réduire de moitié le déficit structurel du pays en quatre ans. Car pour les Allemands, le creusement des déficits publics est anxiogène. Par ailleurs, le taux de chômage est en fort recul . « Les Allemands ont un taux d'épargne élevé et un faible taux d'endettement, souligne Catherine Stéphan. Ils disposent donc d'une marge de manœuvre en termes de dépenses de consommation ».

Source: Lévêque Emilie, « France-Allemagne, le match de la croissance », lexpansion.lexpress.fr , 13 août 2010.

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/france-allemagne-le-match-de-la-croissance_237275.html

  1. Relever les atouts de l’Allemagne pour une croissance économique retrouvée en 2010 selon cet article ?
  2. Montrer à l’aide de cet exemple que les retours à l’équilibre internes sont liés entre eux.
  3. Montrer que les déséquilibres extérieurs sont également liés.
Document 7 - Evolution des ressources et des emplois dans la zone euro (données en volume)

  1. Intégrer dans une phrase les données en caractères gras.
  2. Quelle relation existe entre les grandeurs macroéconomiques dont les taux de variation annuels sont présentés dans ce tableau ?
  3. Identifier une année ou une période de croissance économique soutenue. Quelles composantes de la demande globale peuvent-être à l’origine de cette croissance ? Mêmes questions pour une année de croissance faible ou négative.
  4. Le commerce extérieur est-il plutôt une source de dynamisme économique pour la zone euro ? Justifier sa réponse par des chiffres appropriés. (Attention le tableau ne donne que des variations et non des grandeurs absolues)
Document 8 - La Chine dépendante conjonctuelle des autres pays

La Chine commence à subir le contrecoup du ralentissement économique des économies avancées. C’est ce qui se dessine à la lecture des statistiques du commerce extérieur chinois : la croissance des exportations a ralenti pour s’établir à 17.1% contre 24.5% en août. Les importations augmentent aussi moins vite, de 20.9% contre 30.2% en septembre. L’excédent, à 14.5 milliards de dollars, est en baisse. […]

Le porte-parole des Douanes n’a pas manqué d’insister sur les défis sérieux qui se posent actuellement aux exportateurs chinois compte tenu de la situation économique en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. […]

L’économie chinoise semble bien entrée dans une zone de turbulences. Certes, la consommation reste robuste. Mais au moment où la demande extérieure risque de flancher, les investisseurs s’inquiètent des conséquences du serrage de vis monétaire opéré depuis un an.

Source: « Pékin prend des mesures face au ralentissement économique », Grésillon Gabriel, Les Echos, 14-15 octobre 2011, p 9.

  1. Qu’en est-il de l’évolution de l’équilibre extérieur chinois d’après cet article ?
  2. Comment expliquer cette évolution ?
  3. Le solde en devient-il pour autant déficitaire ?
  4. Pourquoi le journaliste reste optimiste par rapport à la conjoncture économique ?

Approfondissement

On peut craindre trois déséquilibres macroéconomiques majeurs : le chômage, l’inflation et le déséquilibre extérieur

Un déséquilibre, au sens physique du terme, est une situation instable, à l’inverse d’un équilibre, qui par le jeu de forces contraires, peut avoir une certaine pérennité dans le temps. En économie, un déséquilibre est une situation non souhaitable, notamment car elle signifie un décalage, un désaccord entre les parties à l’échange. Si l’on situe au niveau macroéconomique, cela implique que cet état problématique est global, pour un pays, une région, un groupe de pays.

On peut citer notamment trois déséquilibres majeurs : le chômage, l’inflation, le déséquilibre extérieur. Le carré « magique » de l’économiste Nicholas Kaldor identifie d’ailleurs à l’aide de ces mêmes grandeurs une croissance économique équilibrée ou souhaitable : Celle-ci (un sommet du carré) doit être compatible avec une inflation faible ou une stabilité des prix, le plein emploi, l’équilibre extérieur (les trois autres sommets du carré, dit « magique »).

Le chômage correspond à un décalage entre la quantité d’emplois offerte ou force de travail demandée et la quantité d’emplois demandée ou force de travail offerte sur le marché du travail. L’inflation ou hausse continue, cumulative, du niveau général des prix, résulte d’un excès de la quantité de monnaie offerte par les autorités monétaires par rapport à la quantité demandée de liquidités par les agents économiques sur le marché de la monnaie. Dans une telle situation, la monnaie se déprécie, il en faut donc davantage pour acquérir le même bien ou service : le prix de ce dernier s’accroît. Enfin, le déséquilibre extérieur est la différence entre les biens et services achetés et vendus par les résidents d’un Etat. Un déficit survient lorsque les résidents achètent plus à l’étranger qu’ils ne vendent. La situation inverse est appelée excédent.

La mesure du niveau de ces déséquilibres pose des difficultés spécifiques, il est donc nécessaire d’adopter au niveau national comme international des conventions

Il peut sembler simple de mesurer la différence entre offre et demande de travail. Dans les faits, de nombreuses situations ambivalentes entre emploi, inactivité et chômage rendent délicat, source de débat, ce calcul. Les économistes parlent d’ailleurs de « halo du chômage ». Il est alors nécessaire d’établir des conventions statistiques, au plan national comme international. En France, L’INSEE grâce à son « enquête emploi » propose une mesure du chômage conforme à celle du BIT (Bureau international du travail). Pôle emploi publie chaque mois un indicateur alternatif totalisant les demandeurs d’emplois inscrits auprès de lui. D’autres organismes établissent des statistiques dans le but de mieux rendre compte de l’ampleur du sous-emploi ou du « mal-emploi ». (Documents 4 et 5)

La hausse des prix est habituellement mesurée en France par l’INSEE, qui calcule à partir d’un panier de biens et services type un indice synthétique, pondéré, des prix à la consommation (IPC, indice des prix à la consommation). Il existe une version harmonisée au niveau européen de cet indice (IPCH : indice des prix à la consommation harmonisé). Le débat est important autour des choix effectués par l’INSEE : Quel panier de biens considérer ? Faut-il le faire évoluer souvent, alors au détriment de la comparabilité des indices dans le temps ? Faut-il en envisager plusieurs en fonction des types de ménages ? Faut-il intégrer d’autres dépenses contraintes ressortant de l’investissement ….? (Documents 1 à 3)

Le déséquilibre extérieur d’un pays est généralement mesuré par le solde de sa balance courante. La balance courante intègre entrées et sorties de biens, de services, de revenus et de transferts entre un pays et les autres. La partie « biens » de ce compte est appelée balance commerciale. La balance courante s’intègre dans la balance des paiements (Document 7).

Ces trois déséquilibres sont liés entre eux, d’abord sur le plan interne, ensuite sur le plan externe

Si l’on raisonne en premier lieu au niveau de l’économie nationale, inflation et chômage peuvent se répondre. Une faiblesse du chômage, ou situation proche du plein emploi est une contrainte pour les producteurs souhaitant servir la demande. Cette situation peut engendrer de l’inflation par deux voies : les salaires souhaités par les employés potentiels peuvent être plus élevés (inflation par les coûts), les producteurs peuvent choisir d’augmenter les prix dans la difficulté de répondre à la demande en quantité. A l’inverse, un chômage élevé peut donner lieu à une stabilité ou une baisse des salaires propice à l’absence d’inflation, voir à la déflation.

Au niveau international, l’équilibre macroéconomique entre emplois et ressources d’un pays, résumé de façon simple par l’égalité Y+M=C+I+G+X+variation des stocks peut fournir une première piste de réflexion : Cette équation peut se lire comme suit : les ressources en biens et services proviennent de la production locale (Y) ou externe (M). L’autre côté de l’équation correspond à l’emploi de ces biens et services, la demande globale. Les biens et services sont rapidement usés ou détruits (consommation C), servent à transformer d’autres biens et services (Investissement I) ou sont stockés. L’Etat (dépenses publiques G) ou les agents économiques non résidents (exportations X) peuvent aussi utiliser ces ressources. In fine, cette relation est toujours vérifiée, car une ressource est toujours utilisée d’une manière ou d’une autre, de même qu’un emploi correspond forcément à une ressource produite un jour (Document 7).

Cette égalité comptable peut nous montrer que déséquilibres internes et externes se répondent. En effet, l’insuffisance des ressources internes (Y) du fait d’une demande interne importante de biens et services (C, I ou G élevés) ou d’une demande externe forte (X), sans que celle-ci soit comblée par un stock préalable, devra être satisfaite par l’importation de biens et services (M). Il en découlera un déficit extérieur. A l’inverse, un emploi faible de ressources au niveau interne (faibles consommation (C) ou investissement intérieurs (I) par exemple) pourra combler une demande externe forte (X), si la production interne (Y) est suffisante. Il en découlera alors un excédent extérieur. Ainsi les conjonctures des pays partenaires commerciaux sont liées : le dynamisme de la demande d’un pays peut avoir un effet favorable sur ses fournisseurs. Par conséquent, les politiques conjoncturelles d’un pays ont un impact sur les pays partenaires (on parle également de contrainte extérieure). Ce constat peut être vu comme un encouragement à mener des politiques communes, aux effets cumulatifs positifs, en particulier pour les pays de l’Union Européenne, étroitement interdépendants.

Sur le plan dynamique enfin, ces déséquilibres sont liés. Par exemple, si la production de ressources au niveau interne (croissance économique) augmente moins que la demande, le pays devra tôt ou tard faire appel à la production étrangère, ce qui conduira à un déséquilibre extérieur. Cette faible croissance de la production donnera sans doute également lieu à du chômage, et donc à des déséquilibres internes (Documents 6 et 8).

À lire

Partage