Question 3. L'accès aux formations diplômantes est socialement différencié

Plan du cours

Document 1. Pourcentage de bacheliers dans une génération

Facile

 

Champs : France métropolitaine jusqu’en 1996, puis France hors Mayotte.

Sources : Depp ; ministère en charge de l’agriculture, Insee

 

  1. Complétez la phrase : En 1976, en France, sur 100 personnes d’une génération, …. avaient le baccalauréat, tandis qu’en 2017, sur 100 personnes d’une génération, …….. avaient le baccalauréat. Le pourcentage de bacheliers a donc été multiplié par …….. entre 1976 et 2017.

  2. Comment peut-on expliquer l’augmentation du % de bacheliers ?

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  1. En 1976, en France, sur 100 personnes d’une génération, 24 avaient le baccalauréat, tandis qu’en 2017, sur 100 personnes d’une génération, 80 avaient le baccalauréat.

Le pourcentage de bacheliers dans une génération a donc été multiplié par 3.3 entre 1976 et 2017.

  1. L’augmentation du pourcentage de bacheliers peut s’expliquer par la mise en place de réformes du système éducatif comme par exemple la création du bac professionnel en 1989, qui a donné accès au baccalauréat à un public plus large d’élèves. Cela correspond au mouvement de massification de l’école intervenu à partir des années 70, c’est-à-dire que l’école accueille des élèves de plus en plus nombreux et de plus en plus longtemps.

Document 2 Accès au baccalauréat selon le milieu social

Facile

 

Source: L'état de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en France (n°11 - Juillet 2018) - Insee (enquête Emploi)

  1. Faites une phrase donnant la signification de la donnée correspondant aux enfants de cadres et professions intermédiaires.

  2. En quoi le document 2 permet-il de nuancer le constat fait à partir du document 1 ? Justifiez en vous appuyant sur des données chiffrées.

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  1. En 2016, en France selon l’Insee, sur 100 enfants de cadres et de professions intermédiaires âgés de 25 à 29 ans, 78 avaient le baccalauréat.

  1. Le document 1 montre que le baccalauréat est un diplôme de plus en plus accessible mais le document 2 montre qu’il n’est pas accessible de la même façon à tous les enfants. En effet, les enfants de cadres et professions intermédiaires ont plus de chances d’être bachelier que les enfants d’ouvriers et d’employés : en 2016, sur 100 enfants de cadres et de professions intermédiaires âgés de 25 à 29 ans, 78 avaient le baccalauréat, tandis que sur 100 enfants d’employés ou d’ouvriers du même âge, 54 avaient le baccalauréat.

Document 3 Pourcentages

Facile

Pourcentages de jeunes âgés de 25 à 29 ans déclarant détenir un diplôme de l’enseignement supérieur, selon le milieu social (2014-2016)

Source : L’état de l’enseignement supérieur et de la recherche, 2018

  1. Faites une phrase donnant la signification de la donnée correspondant aux enfants d’employés et d’ouvriers.

  2. A l’aide d’un calcul de votre choix, comparez le % d’enfants de cadres et professions intermédiaires diplômés de l’enseignement supérieur à celui des enfants d’ouvriers et d’employés.

  3. Quelle conclusion les documents 2 et 3 permettent-ils de tirer ?

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  1. En 2014-2016, en France, selon L’état de l’enseignement supérieur et de la recherche, sur 100 enfants d’employés et d’ouvriers âgés de 25 à 29 ans, 38.9 déclaraient détenir un diplôme de l’enseignement supérieur.

  1. Plusieurs possibilités :

  • Calcul d’un écart en points de % : 68-39 = 29 points. Le % d’enfants de cadres et professions intermédiaires âgés de 25 à 29 ans est de 29 points supérieur à celui des enfants d’employés et d’ouvriers du même âge.

  • Calcul d’écart en % : ((68-39)/39)*100 = 74%. Les enfants de cadres et professions intermédiaires âgés de 25 à 29 ans ont 74% plus de chances d’être diplômés de l’enseignement supérieur à celui des enfants d’employés et d’ouvriers du même âge.

  1. Les documents 2 et 3 montrent que les enfants de milieu supérieur ont plus de chances d’accéder au baccalauréat et à des études supérieures que les enfants de milieu populaire.

Document 4 Répartition des lycéens selon leur origine sociale à la rentrée 2017 (en %)

Facile

Source : MEN

  1. Choisissez la bonne proposition :

  1. A la rentrée 2017, sur 100 enfants de milieux favorisés, 23.4 étaient en filière scientifique.

  2. A la rentrée 2017, sur 100 élèves en filière scientifique, 23.4 étaient de milieu favorisé.

  1. Montrez les différences de choix de filières selon l’origine sociale.

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  1. A la rentrée 2017, sur 100 élèves en filière scientifique, 23.4 étaient de milieu favorisé.

  2. Les enfants de milieux très favorisé sont plus présents dans la filière scientifique que dans les filières économiques et sociales ou littéraire.

C’est dans la filière littéraire que l’on trouve proportionnellement le plus d’enfants de milieu défavorisé.

Document 5 Origine sociale

Facile

Origine sociale des nouveaux bacheliers s’inscrivant dans l’enseignement supérieur en 2016 (en %)

 

Source : L’état de l’enseignement supérieur et de la recherche, 2018 - MESRI-DGESIP/DGRI-SIES

 

  1. Quelles sont les différences entre une CPGE (Classe préparatoire aux grandes écoles) et une STS (Section de technicien supérieur) ?

  1. A l’aide de données, illustrez chacune des affirmations suivantes :

  1. Les enfants d’agriculteurs exploitants sont moins présents dans l’enseignement supérieur que les enfants d’employés.

  2. Les enfants de professions libérales, de cadres et d'enseignants sont surreprésentés dans les CPGE et sous-représentés dans les filières STS.

  3. Les enfants d’ouvriers sont surreprésentés dans les STS et sous-représentés dans les CPGE.

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  1. Les CPGE recrutent les meilleures élèves de filières le plus souvent générales. Ce sont des études généralistes qui préparent à des concours d’entrée dans les grandes écoles et donc à des études longues: écoles de commerce, écoles d’ingénieurs, IEP… Les étudiants qui sortent de ces formations postulent à des postes de cadres supérieurs.

Les STS recrutent des élèves issus de bacs professionnels et technologiques en priorité. Ce sont des études de deux ans, professionnalisantes, qui s’accompagnent de stages et peuvent se faire en alternance. Elles débouchent en général sur des emplois de professions intermédiaires.

  1.  

  1. Les enfants d’agriculteurs exploitants sont moins présents dans l’enseignement supérieur que les enfants d’employés. En effet, sur 100 nouveaux bacheliers inscrits dans l’enseignement supérieur en 2016, 10.1 sont des enfants d’agriculteurs exploitants et 15.2 sont des enfants d’employés.

  2. Les enfants de professions libérales, de cadres et d'enseignants sont surreprésentés dans les classes préparatoires aux grandes écoles et sous-représentés dans les filières STS. Alors que ces enfants représentent 28% des nouveaux étudiants dans le supérieur, ils représentent 49.3% des inscrits en CPGE et seulement 13.4% des inscrits en STS.

  3. Les enfants d’ouvriers sont surreprésentés dans les STS et sous-représentés dans les classes préparatoires aux grandes écoles. Alors que les enfants d’ouvriers représentent 15.1% des nouveaux étudiants dans le supérieur, ils représentent seulement 7.2% des inscrits en CPGE mais 23.5% des inscrits en STS.

Document 6 : Sociologie de l'éducation

Facile

Ce sont surtout Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron qui ont fait de la sociologie de l'éducation une préoccupation importante de la sociologie contemporaine en publiant Les Héritiers (1964) et La Reproduction (1970). […] Leur thèse centrale est que l'école reproduit les inégalités sociales à travers des méthodes et des contenus d'enseignement qui privilégient implicitement une forme de culture propre aux classes dominantes. La pratique du cours magistral, qui se fonde sur l'usage d'un langage cultivé sans en dévoiler les mécanismes, induit une « complicité cultivée » entre les enseignants et les élèves des milieux culturellement favorisés, déjà accoutumés à ce type de rapport au langage. Sous couvert d'universalisme, l'école leur permettrait en fait de faire fructifier le « capital culturel » que leur transmettent leurs parents.

Source : Sciences Humaines n° 161, Juin 2005.

  1. Qu’est-ce qu’un cours magistral ?

  2. En quoi favorise-t-il la réussite des enfants des classes dominantes ?

  3. Expliquez la phrase soulignée.

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  1. Cours sans interactions avec les élèves : le professeur parle et les élèves notent.

  1. Les élèves des classes dominantes ont une culture qui leur permet de mieux comprendre le langage et les références culturelles de l’école.

On peut introduire ici la notion de capital culturel chez Pierre Bourdieu: ensemble des ressources culturelles (savoirs, savoir-faire ou compétences, maîtrise de la langue et des arts) détenues par un individu et qu'il peut mobiliser.

Les enfants issus de milieu social favorisé héritent du capital culturel de leurs parents, ce qui favorise leur réussite à l’école car l’école utilise les codes culturelles des milieux supérieurs (langage, références à des savoirs…).

  1. L’école traite tous les enfants et s’adresse à tous de la même façon mais, de cette façon, elle privilégie les enfants des classes supérieures car elle utilise les mêmes codes culturels que leurs parents.

Document 7

Facile

Dans un livre intitulé L'Inégalité des chances (1972), […] R. Boudon part du postulat […] de l'acteur social rationnel, emprunté aux théories économiques. De son point de vue, les inégalités sociales observées dans les parcours scolaires sont le résultat de la juxtaposition de stratégies divergentes, adoptées consciemment par les familles en fonction des informations dont elles disposent et de leur manière d'évaluer les avantages et les coûts d'une poursuite d'études. « L'éventualité de devenir, par exemple, instituteur, écrit R. Boudon, n'est pas perçue de la même manière par le fils d'un ouvrier et par le fils d'un membre de l'académie des sciences. » Le fils d'ouvrier se satisfera d'un statut qui constitue pour lui une progression sociale notable, alors qu'il anticipera négativement le coût psychologique et financier d'études longues, ce qui ne sera évidemment pas le cas du fils d'universitaire.

Source : Sciences Humaines n° 161, Juin 2005.

  1. Donnez des exemples d’avantages et de coûts de la poursuite d’étude.

  2. Expliquez le passage souligné.

 

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  1. Avantages de la poursuite d’étude : salaire plus élevé, moins de risques de chômage et de précarité, emploi qualifié.

Coûts de la poursuite d’étude : frais d’inscription, de logements, de transport, fournitures scolaires. De plus, les études retardent l’entrée dans la vie active et donc le moment de l’indépendance financière.

Pour décider de la poursuite d’étude de leurs enfants, les parents comparent ces coûts et ses avantages.

  1. Les aspirations des parents pour leurs enfants ne sont pas les mêmes selon le milieu social : chaque parent se réfère à sa propre position sociale pour envisager celle de son enfant. Devenir instituteur pour une enfant d’ouvrier est considéré par sa famille comme une réussite sociale alors que ce peut être considéré comme un échec dans les familles de milieu supérieur.

Ainsi, les parents n’estiment pas de la même façon les coûts et les avantages de la poursuite d’études. Dans les milieux supérieurs, les avantages sont surévalués par rapport aux coûts et dans les milieux populaires, les coûts sont surestimés par rapport aux avantages.

 

 

 

Document 8. Des parcours scolaires d’enfants de milieu populaire

Facile

C’est sur les conseils de ses professeurs du lycée que Mathieu, fils d’ouvrier, a suivi une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) et intégré HEC(1). Ce sont aussi des enseignants de lycée qui ont guidé Laura (Essec(1)), fille d’un ouvrier et d’une employée immigrés portugais, vers la CPGE. Ces élèves ne possèdent pas véritablement au départ d’informations sur l’orientation, leur famille ayant une faible connaissance du système scolaire. Ils profitent, en revanche, la plupart du temps, de circonstances et de rencontres avec des acteurs extérieurs à la famille pour s’informer et confirmer leurs orientations. La figure de l’enseignant comme aiguilleur scolaire est récurrente et patente. Si les conseils d’orientation peuvent être ponctuels pour certains, ils jalonnent, pour d’autres, l’ensemble de la scolarité. Erwan (qui fait Polytechnique(1)) déclare avoir eu des professeurs décisifs dans ses choix d’orientation tout au long de son parcours scolaire : à l’école primaire, une institutrice l’oriente vers un collège doté d’une classe européenne ; au collège, un professeur lui déconseille de prendre une option technologique tandis qu’un autre l’encourage notamment à s’inscrire dans un lycée renommé ; au lycée, il apprendra l’existence des CPGE ; enfin en CPGE, un enseignant lui donnera des conseils stratégiques pour augmenter ses chances d’atteindre l’X (école polytechnique).

Les orientations successives engagent inexorablement en fermant et en ouvrant des portes. Les enseignants éclairent le chemin vers la riuscita, la « bonne issue ». S’ils forment et informent, d’autres acteurs guident ces élèves de milieux populaires dans les carrefours de l’orientation scolaire. Par exemple, Stéphanie, normalienne(2), fille d’employés non diplômés, bénéficiera de l’intervention dans son orientation du père de sa meilleure amie : « Il m’a déjà fait part de l’existence des classes préparatoires, qu’évidement je ne connaissais pas, et que je n’aurais, sans doute pas, connues sans lui (…), il m’a dit qu’il fallait que j’aille à Henri IV. » […] Ces élèves, en se saisissant des informations absentes de leur cercle familial, maintiennent voire renforcent leur excellence au fil des épreuves scolaires.

  1. Grandes écoles de commerce ou d’ingénieur.

  2. Diplômée de l’Ecole Normale Supérieure, école qui propose une formation en 4 ans de haut niveau, dans des domaines variés : lettres et langues, arts et design, sciences humaines et sociales, droit, économie et management, sciences et technologies, sport.

Source : « Parcours de réussite en milieu populaire », Castets-Fontaine Benjamin, Sciences Humaines, Octobre 2011.

1) A l’aide du texte, complétez le tableau ci-dessous :

2) D’après les statistiques étudiées dans ce chapitre, pourquoi peut-on qualifier les parcours de ces jeunes de trajectoires improbables ?

3) Comment l’auteur explique-t-il ces trajectoires ?

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  1. A l’aide du texte, complétez le tableau ci-dessous :

  1. Les statistiques montrent que les enfants de milieu populaire ont moins de chances de faire des études longues, or ces jeunes sont tous issus de milieux populaires et font ou ont fait des études longues et prestigieuses.
  2. L’auteur souligne l’importance des enseignants et de l’entourage non familial pour conseiller ces jeunes en matière d’orientation. Ces conseils leur ont permis d’exploiter au mieux leurs capacités scolaires et de compenser les faibles connaissances familiales du système scolaire.

L'accès au baccalauréat a progressé.

Le baccalauréat, créé en 1808 est longtemps resté un diplôme élitiste, réservé à une minorité. A partir des années 70, sous l’effet de plusieurs réformes du système éducatif, comme la création du baccalauréat technologique en 1968 et du baccalauréat professionnel en 1985, le pourcentage de bacheliers dans une génération a beaucoup augmenté. Aujourd’hui, presque 80% des personnes d’une même génération sont bachelières (Document 1).

Ce phénomène est un aspect du processus de massification scolaire, c’est-à-dire de l’allongement de la durée des études et de l’accès d’une large partie de la population à un niveau de qualification élevé.

Cependant, des inégalités d'accès au baccalauréat et aux études supérieures selon l'origine sociale persistent…

Cependant, cette massification, sous la forme de progression de l’accès au baccalauréat, cache des inégalités sociales. En effet, encore aujourd’hui, les enfants issus de milieu populaire ont moins de chances d’accéder au baccalauréat que les enfants issus de milieu supérieur (Document 2). Ces inégalités se retrouvent dans l’enseignement supérieur (document 3). On peut donc dire que l’accès au baccalauréat et aux études supérieures est influencé par l’origine sociale, c’est-à-dire par le milieu social de parents.

… ainsi que des inégalités de choix des filières.

Des inégalités s’observent dans l’accès au baccalauréat et aux études supérieures mais également dans le choix des filières d’enseignement. En effet, le choix du baccalauréat est influencé par l’origine sociale : par exemple, dans les baccalauréats généraux, les enfants de milieu très favorisé sont plus présents en filière scientifique, tandis que les enfants de milieu défavorisé sont plus présents en filière littéraire (Document 4). On constate aussi des inégalités dans le choix du type de baccalauréat : les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures et d’artisans, commerçants chefs d’entreprise sont surreprésentés dans les filières générales, tandis que les enfants d’ouvriers et, dans une moindre mesure d’employés, sont surreprésentés dans les filières professionnelles. Comme le baccalauréat général conduit davantage à des études longues et le baccalauréat professionnel à des études courtes, voire à une insertion immédiate sur le marché du travail, ces inégalités de choix de filières dans le secondaire ont des conséquences sur les études supérieures.

En effet, les enfants de milieu supérieur s’orientent davantage que les autres vers des études longues et sélectives. L’exemple le plus frappant est celui des classes préparatoires aux grandes écoles, qui recrutent les meilleurs élèves de filières le plus souvent générales. Ce sont des études généralistes qui préparent à des concours d’entrée dans les grandes écoles et donc à des études longues: écoles de commerce, écoles d’ingénieurs, IEP… Les étudiants qui sortent de ces formations postulent à des postes de cadres dirigeants. Inversement, les sections de techniciens supérieurs accueillent proportionnellement plus d’enfants d’ouvriers ou d’employés que d’enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures. Ces sections, préparant au diplôme du BTS, recrutent des élèves issus de bacs professionnels et technologiques en priorité. Ce sont des études de deux ans, professionnalisantes, qui s’accompagnent de stages et peuvent se faire en alternance. Elles débouchent en général sur des emplois de professions intermédiaires. (Document 5)

Ainsi, même si l’école s’est massifiée, en donnant accès aux études à une part de plus en plus large de la population, elle ne s’est pas complètement démocratisée : les enfants n’ont pas tous les mêmes chances d’accéder au baccalauréat ou à l’enseignement supérieur et lorsqu’ils y ont accès, leur choix de filière est conditionné par leur origine sociale.

De nombreux sociologues se sont penchés sur ces inégalités scolaires selon l’origine sociale pour les expliquer.

Ces inégalités scolaires peuvent s’expliquer par des inégalités de dotation en capital culturel…

Dans Les Héritiers (1964) et La reproduction (1970), Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron expliquent que les enfants de milieu supérieur sont fortement dotés en capital culturel, ce qui facilite leur compréhension des attentes de l’école et leurs apprentissages scolaires. Le capital culturel est l’ensemble des ressources culturelles (savoirs, savoir-faire ou compétences, maîtrise de la langue et des arts) détenus par un individu et qu’il peut mobiliser. Il est transmis par les parents à leurs enfants. Par exemple, les parents de milieu supérieur organisent des sorties culturelles (musée, théâtre) et utiliser un type de langage qui est valorisé par l’école. L’école, s’adresse à tous les enfants avec les codes culturels des milieux supérieurs (langage, référence à des œuvres d’art ou des œuvres littéraires…) et valorise ainsi les enfants issus de milieux favorisés (Document 6).

… et par des stratégies familiales différentes selon le milieu social.

Selon Raymond Boudon, les inégalités scolaires s’expliquent par des différences de stratégies scolaires des familles. Pour guider leurs enfants dans leurs choix d’orientation, les familles font des calculs coûts-avantages. Par exemple, pour décider de la poursuite d’études longues, les familles vont comparer les coûts liés aux frais d’inscription, au logement ou encore au retardement de l’entrée dans la vie active, aux avantages en termes de salaires et de facilités d’insertion sur le marché du travail. Or, l’estimation de ces coûts et de ces avantages dépend du propre vécu scolaire et professionnel des parents : les parents peu diplômés et peu qualifiés auront tendance à surestimer les coûts des études longues et à en sous-estimer les avantages. C’est le processus inverse pour les parents de milieu supérieur. De plus, chaque parent se réfère à sa propre position sociale pour envisager celle de son enfant. Devenir instituteur pour une enfant d’ouvrier est considéré par sa famille comme une réussite sociale alors que ce peut être considéré comme un échec dans les familles de milieu supérieur. Les familles de milieu modeste auront donc tendance à orienter leurs enfants vers des études plus courtes que les familles de milieu supérieur (Document 7).

Toutefois, des parcours scolaires improbables existent.

Depuis quelques décennies, de nombreuses études sociologiques se penchent sur des parcours scolaires qualifiés d’improbables ou d’atypiques, parce qu’ils ne correspondent pas aux tendances tirées des statistiques. Ces études s’intéressent ainsi aux parcours scolaires brillants d’enfants de milieu populaire, ou au contraire à l’échec scolaire des enfants de classe supérieure. Ils montrent le rôle déterminant joué par les conseils d’orientation des professeurs ou de l’entourage (Document 8) mais aussi par les croyances de l’élève dans ses capacités ou encore son engagement de réussite auprès de ses parents et ses enseignants.

Exercice 1 Connaître les principales inégalités scolaires

Facile

Exercice 1      Connaître les principales inégalités scolaires *

Complétez le texte à l'aide des termes suivants: classes préparatoires aux grandes écoles, longues, d’origine, baccalauréat, des études supérieures, milieu social, plus, courtes.

Les statistiques montrent que l’accès aux formations diplômantes est socialement différencié, c’est-à-dire que la scolarité des enfants est influencée par le …………………………………..….. de leurs parents (appelé aussi milieu social ……………………). Le milieu social peut être assimilé au groupe socioprofessionnel des parents. On distingue six groupes d’actifs : les agriculteurs exploitants, les artisans, commerçants et chefs d’entreprises, les cadres et professions intellectuelles supérieures, les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers.

On constate que les chances d’accéder au ……………………………… et de faire ………………………………………………………………… ne sont pas les même selon le milieu social d’origine : les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures ont ……………………. de chances d’être bacheliers puis diplômés du supérieur que les enfants d’employés par exemple.

Des inégalités se constatent aussi au niveau des filières choisies : les enfants milieu supérieur sont surreprésentés dans les études …………………. et les filières plus prestigieuses (ex :…………………………………………………………………) et les enfants de milieu populaire dans les filières …………………… (ex : STS).

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Exercice 1      Connaître les principales inégalités scolaires *

Complétez le texte à l'aide des termes suivants: classes préparatoires aux grandes écoles, longues, d’origine, baccalauréat, des études supérieures, milieu social, plus, courtes.

Les statistiques montrent que l’accès aux formations diplômantes est socialement différencié, c’est-à-dire que la scolarité des enfants est influencée par le milieu social de leurs parents (appelé aussi milieu social d’origine). Le milieu social peut être assimilé au groupe socioprofessionnel des parents. On distingue six groupes d’actifs : les agriculteurs exploitants, les artisans, commerçants et chefs d’entreprises, les cadres et professions intellectuelles supérieures, les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers.

On constate que les chances d’accéder au baccalauréat et de faire des études supérieures ne sont pas les même selon le milieu social d’origine : les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures ont plus de chances d’être bacheliers puis diplômés du supérieur que les enfants d’employés par exemple.

Des inégalités se constatent aussi au niveau des filières choisies : les enfants de milieu supérieur sont surreprésentés dans les études longues et les filières plus prestigieuses (ex : classes préparatoires aux grandes écoles) et les enfants de milieu populaire dans les filières courtes (ex : STS).

Exercice 2 Connaître les notions importantes

Facile

Reliez chaque notion à sa définition:

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Exercice 2      Connaître les notions importantes

Massification : augmentation du nombre d’élèves et de la durée de scolarité.

Milieu social d’origine : milieu social des parents.

Egalité des chances : mêmes chances d’accès aux études et de réussite quel que soit le milieu social des parents.

Démocratisation : massification accompagnée de l’égalité des chances.

Scolarité socialement différenciée : scolarité influencée par le milieu social des parents.

Exercice 3 Expliquer les inégalités scolaires

Modéré

Exercice 3      Expliquer les inégalités scolaires **

Vrai ou Faux? Corrigez lorsque la proposition est fausse

  1. Les familles de milieu supérieur sont plus dotées en capital culturel que les familles de milieu populaire.
  2. Pierre Bourdieu explique les inégalités scolaires par les inégalités de dotation en capital culturel.
  3. L’école utilise les cades culturels des milieux populaires lorsqu’elle s’adresse aux élèves.
  4. A même niveau scolaire de leurs enfants, les parents font les mêmes choix d’orientation, quel que soit leur milieu social.
  5. Selon Raymond Boudon, les familles font des choix rationnels d’orientation.
  6. Les familles de milieu populaire orientent davantage leurs enfants vers des filières longues car elles surestiment les coûts de ces études par rapport à leurs avantages.

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Exercice 3      Expliquer les inégalités scolaires **

  1. Faux : Les familles de milieu supérieur sont plus dotées en capital culturel que les familles de milieu populaire.
  1. Vrai
  1. Faux : L’école utilise les codes culturels des milieux supérieurs lorsqu’elle s’adresse aux élèves.
  1. Faux : Les choix d’orientation dépendent du milieu social.
  1. Vrai
  1. Faux : les familles de milieu populaire orientent davantage leurs enfants vers des filières courtes car elles surestiment les coûts de ces études par rapport à leurs avantages.

Exercice 4 Lire et analyser des % de répartition

Difficile

Exercice 4      Lire et analyser des % de répartition

  1. Choisissez la bonne proposition :
  1. En 2017, sur 100 agriculteurs exploitants, 1.7 avaient le bac général.
  2. En 2017, sur 100 enfants d’agriculteur, 1.7 avaient le bac général.
  3. En 2017, sur 100 admis au bac général, 1.7 étaient des enfants d’agriculteurs.
  1. Comparez la répartition des bacheliers selon la PCS de leurs parents au poids de ces PCS dans la population active (deux dernières colonnes du tableau). Que constatez-vous ?
  2. Quelles sont les groupes socioprofessionnels dont les enfants sont surreprésentées parmi les diplômés du bac général ? Du bac technologique ? Du bac professionnel ?
  3. L’origine sociale a-t-elle une influence sur l’accès au baccalauréat ? Justifiez votre réponse

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Exercice 4      Lire et analyser des % de répartition

  1. En 2017, sur 100 admis au baccalauréat général, 1.7 étaient des enfants d’agriculteurs.
  2. On peut constater que certaines PCS sont surreprésentées parmi les bacheliers, c’est-à-dire que le % des enfants parmi les bacheliers est supérieur au % des parents parmi les actifs. Il s’agit des CPIS et ACCE. En effet, alors que les CPIS représentent 16.8% des actifs, leurs enfants représentent 25.5% des bacheliers.

D’autres, au contraire sont sous-représentées : professions intermédiaires, employés et ouvriers. Par exemple, alors que les employés représentent 27.4% des actifs, leurs enfants ne représentent que 19.5% des bacheliers.

  1. Pour répondre à cette question, on compare les % de bacheliers tous bacs confondus aux % de bacheliers par filière. Les enfants d’ACCE et de CPIS sont surreprésentés parmi les bacheliers du bac général.

Pas de net sur ou sous-représentation chez les bacheliers du bac technologique.

En revanche, les enfants d’ouvriers et dans une moindre mesure d’employés sont largement surreprésentés parmi les bacheliers professionnels (alors que les enfants de CPIS sont nettement sous-représentés).

  1. L’origine sociale a une influence sur l’accès au baccalauréat : par exemple les enfants de CPIS ont plus de chances d’être bacheliers que les enfants d’employés ou d’ouvriers. L’origine sociale a aussi une influence sur la filière du baccalauréat obtenu : Les enfants de CPIS sont surreprésentés parmi les diplômés du bac général tandis que les enfants d’ouvriers sont surreprésentés parmi les diplômés du bac professionnel.

Exercice 5 Expliquez des statistiques en s’appuyant sur un auteur

Modéré

Exercice 5      Expliquez des statistiques en s’appuyant sur un auteur

Alors que 66 % des enfants de cadres, d'enseignants, de chefs d'entreprise et de professions libérales entrés en sixième en 2007 et ayant obtenu une note comprise entre 8 et 10 au contrôle continu du brevet des collèges demandent une seconde générale et technologique, les enfants d’ouvriers (qualifiés ou non qualifiés) sont environ deux fois moins nombreux, avec les mêmes résultats.

Ces analyses mettent donc en évidence, qu’au-delà des disparités de résultats scolaires, les processus de choix dans l’orientation sont marqués par des inégalités sociales qui leur sont propres. Comme le montre l’étude de la filière du lycée la plus prestigieuse, c’est la détermination et la constance dans les aspirations des familles les plus favorisées qui est fortement en lien avec l’orientation future de leurs enfants.

Source : Inégalités sociales et migratoires, Comment l’école amplifie-t-elle les inégalités? Rapport Scientifique Sept. 2016, Cnesco.

 

  1. Quel est le pourcentage d’enfants d’ouvriers ayant entre 8 et 10 au contrôle continu du brevet des collèges qui demandent une orientation en seconde générale et technologique ?
  2. Quel est ce pourcentage pour les enfants de cadres, d’enseignants et de professions libérales ?
  3. Comment Raymond Boudon expliquerait-il ces différences de choix d’orientation ?

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Exercice 5      Expliquez des statistiques en s’appuyant sur un auteur

  1. 33% environ des d’enfants d’ouvriers ayant entre 8 et 10 au contrôle continu du brevet des collèges qui demandent une orientation en seconde générale et technologique.
  1. 66%
  1. Raymond Boudon expliquerait ces différences de choix d’orientation par des stratégies différentes des familles selon le milieu social. Les familles modestes ont tendance à surestimer les coûts d’études longues et à sous-estimer leurs avantages et orientent donc leurs enfants vers des études plus courtes, telles que les filières professionnelles. Inversement, pour les familles socialement plus favorisées.

Exercice 6 Analyser un texte

Difficile

Exercice 6      Analyser un texte

 

Les résultats de PISA 2015

Les tests du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) sont organisés tous les trois ans par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Depuis les années 1990, ils imposent une norme mondiale d’évaluation des systèmes éducatifs. 72 États et "économies partenaires" participent aux tests PISA (la Chine ayant intégré le programme en 2015). Les sciences sont le domaine majeur d’évaluation de l’enquête PISA 2015 (mathématiques en 2012, compréhension de l’écrit en 2009). Les domaines mineurs de l’enquête sont la compréhension de l’écrit, les mathématiques et la résolution de problèmes.

Publiés fin 2016, les résultats de l’édition 2015 placent la France au 27e rang des 72 pays participants aux enquêtes de l’OCDE (elle était 22e en 2009, 25e en 2012), au 21e rang si l’on ne considère que les 35 pays membres de l’OCDE.

Les résultats de la France en sciences et en mathématiques se situent dans la moyenne des pays de l’OCDE, tandis que la performance en compréhension de l’écrit est légèrement au-dessus de la moyenne. Les résultats montrent toutefois que la France favorise la réussite d’une élite, celle des enfants qui réussissent le mieux tandis qu’elle est de moins en moins capable de faire réussir les enfants les moins privilégiés. La ministre en charge de l’éducation a ainsi souligné que "la France est le pays du grand écart avec une école efficace pour une grande majorité de ses élèves mais qui ne parvient pas à faire réussir 20 à 30% d’entre eux".

L’enquête PISA met en évidence l’écart croissant entre les élèves français les plus forts et les élèves les plus faibles, cette évolution étant due à la dégradation des performances scolaires des élèves les moins bons. La France apparaît de moins en moins capable de faire réussir les élèves les plus fragiles et son école ; elle est en train de devenir duale, avec deux groupes extrêmes qui grossissent et s’éloignent. Le niveau socio-économique explique plus de 20% de la performance obtenue par les élèves de 15 ans, contre 13% en moyenne dans l’OCDE. Seuls la Hongrie et le Luxembourg se situent également à un niveau supérieur à 20%. En 2015, comme en 2006, 8% des élèves français se situent parmi les plus performants, alors que 22% figurent parmi ceux en difficulté. En France, près de 40% des élèves issus d’un milieu défavorisé sont en difficulté, soit une proportion supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (34%). Les élèves des milieux les plus défavorisés ont quatre fois moins de chances de réussir que les autres, c’est la proportion la plus élevée des pays de l’OCDE.

Source : vie-publique.fr

  1. Par qui sont organisées les enquêtes PISA ?
  2. Combien de pays y ont participé en 2015 ?
  3. Quel est l’objectif de cette enquête ?
  4. Selon l’enquête PISA 2015, les résultats du système éducatif français sont-ils satisfaisants ? Répondez à cette question avec au moins deux arguments contradictoires.

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Exercice 6      Analyser un texte

  1. Les enquêtes PISA sont organisées par l’OCDE.
  1. 72 pays y ont participé en 2015.
  1. L’objectif de cette enquête est d’évaluer le niveau scolaire et donc le système éducatif des pays participants. Des tests en Sciences, Mathématiques, Compréhension de l’écrit et Résolution de problèmes sont proposés à des élèves de 15 ans.
  1. Les résultats du système éducatif français sont relativement satisfaisants car la France se situe au 27e rang des 72 pays participants aux enquêtes de l’OCDE / ses résultats en sciences et mathématiques sont dans la moyenne des pays de l’OCDE / ses résultats en compréhension de l’écrit sont légèrement au-dessus de la moyenne / école efficace pour une grande partie des élèves (70 à 80% d’entre eux).

// La France est moins bien placée en 2015 qu’en 2009 ou 2012 / elle n’est que 21ème sur les 35 pays membres de l’OCDE / le système éducatif français peine à faire réussir les élèves les plus en difficultés / il reproduit les inégalités socio-économiques puisque les enfants de milieu défavorisé ont moins de chance de réussir que ceux de milieu favorisé.