Question 2. Connaître les critères de classement des PCS 

Plan du cours

Les groupes sociaux sont fortement marqués par une identité professionnelle. Le lien professionnel est un puissant critère d’identité pour un groupe social.

L’INSEE a construit un outil de classement des individus en fonction de leurs catégories socioprofessionnelles : les Professions et Catégories Socioprofessionnelles (PCS). Il considère ainsi qu’un individu appartient à une catégorie homogène socialement avec laquelle il a des affinités.

Les critères du classement font appel au statut professionnel, à la profession exercée, à la position dans la hiérarchie, au niveau de qualification ou encore au secteur d’activité. Ceci permet de « ranger » les individus dans 6 PCS d’actifs. La nomenclature permet ainsi d’étudier la société et de réfléchir à la formation de groupes fondés sur les professions.

Par exemple, les indépendants sont classés au même endroit de la nomenclature (PCS1 et 2 pour l’essentiel quelques-uns dans les PCS 3 et 4 parmi les professions libérales). Pour autant, forment-ils un groupe social ? On peut en douter car leurs liens et leur capacité à se reconnaitre en tant que membre du même groupe sont limités. Leur hétérogénéité est parfois trop grande pour qu’ils puissent identifier leurs intérêts communs (agriculteurs sur petite exploitation ou sur grande exploitation, artisans, chefs d’entreprise). Leur unité en tant que groupe est ainsi remise en cause par la faiblesse des liens sociaux qu’ils entretiennent entre eux.

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Cette réflexion peut être menée pour chaque PCS et les éléments constitutifs d’un groupe sont très variables d’une PCS à l’autre. Comme elles sont un outil statistique elles n’ont pas été réalisées pour repérer des groupes conscients de leur existence, elles sont des catégories sociales.

Néanmoins, les PCS constituent un outil puissant d’analyse de la société. Elles permettent de suivre l’évolution au cours du temps des effectifs de chaque catégorie sociale et montrent les tendances de long terme de la société (baisse de la part des ouvriers caractéristique d’une désindustrialisation, augmentation de la part des cadres et professions intermédiaires lié à l’augmentation des besoins en postes qualifiés, salarisation de la population qui répond au déclin des indépendants…). Elles permettent également de repérer des pratiques communes aux membres d’une même PCS (en matière de vote ou de pratiques culturelles par exemple).

Documents et exercices

Document 1. Catégories socio-professionnelles

Facile

Questions :

1. Précisez le mode de calcul de la donnée concernant les Employés.

2. Qui sont les employés dans les catégories socioprofessionnelles ? Donnez un exemple de profession qui y est classée.

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1. La part des employés dans la population totale se mesure : Nombre d’Employés / Population Totale x100

2. Les employés sont une catégorie d’actifs salariés, peu qualifiés, ils sont en bas de la hiérarchie et reçoivent des ordres, on les appelle des salariés d’exécution. Le plus souvent on les retrouve dans le secteur Tertiaire. Ex : secrétaire, vendeur(se), hôte(sse) de caisse, personnel d’entretien, gardien(ne) de la paix, serveur(se)…

Document 2. Nomenclature des professions

Facile

En 1954 (modifiée en 1982), l’INSEE a élaboré une grille complexe (nomenclature) des professions. « Il s’agit de caractériser les individus et d’abord les actifs selon leur profession mais en même temps d’associer un statut social à l’activité professionnelle. [...] Les P.C.S. ont pour objet de classer l’ensemble de la population en un nombre restreint de catégories présentant chacune une certaine homogénéité sociale. [...] C’est dire que l’activité professionnelle, si elle constitue un point de départ, n’est pas suffisante. [...] De fait la nomenclature de l’INSEE est multidimensionnelle en ce sens qu’elle est le résultat de la combinaison de plusieurs critères discriminants : profession individuelle (métier), statut (position juridique de l’actif), qualification, place dans la hiérarchie, importance de l’entreprise, éventuellement secteur d’activité.

Serge Bosc, « Stratification et classes sociales » Cursus, Armand Colin, 7ème édition, 2011, pp. 51 et suivantes

Questions :

  1. Quel est l’objectif général de la nomenclature des PCS ?
  2. Quels sont les différents critères permettant de classer un individu dans les PCS ?
  3. Pourquoi un commerçant à son compte n’est pas classé dans la même PCS qu’un employé de commerce ?

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  1. La nomenclature des PCS a pour but de classer la population en un nombre restreint de catégories homogènes socialement. Les ouvriers, les professions intermédiaires parmi les salariés ; les artisans, commerçants et chefs d’entreprise parmi les indépendants par exemple.
  2. La construction des PCS s’appuie sur de multiples critères. Du statut professionnel, à la profession exercée, à la position dans la hiérarchie, au niveau de qualification ou encore au secteur d’activité. Ceci permet de « ranger » les individus dans 6 PCS d’actifs. Cf Tableau du DOC.1
  3. Un commerçant à son compte n’est pas classé dans la même PCS qu’un employé de commercé car ils n’ont pas le même statut professionnel : le premier est un indépendant classé dans les Artisans, commerçants, chef d’entreprises PCS 2, tandis que le deuxième est un salarié de commerce c’est-à-dire qu’il a un employeur qui l’embauche et lui verse un salaire en échange de sa force de travail.

Document 3. Personnes en emploi selon la catégorie socioprofessionnelle

Facile

Champ : France métropolitaine en 2006 et France hors Mayotte en 2016, population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.

Source : Insee, enquêtes Emploi.

 

  1. Faites une phrase présentant la donnée chiffrée 20,3 en 2016.

  2. Quelles PCS ont les parts les plus fortes et les plus faibles en 2016 ?

  3. Comment a évolué la part des ouvriers dans la population en emploi ? Utilisez les données chiffrées.

  4. Pourquoi l’outil PCS permet-il d’analyser les évolutions de la société et de l’économie ?

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  1. En 2016, les ouvriers (PCS 6) représentaient 20,3% des actifs en emploi en France selon l’INSEE. Autrement dit, un emploi sur cinq en France était un emploi d’ouvrier.

  2. Les employés et les professions intermédiaires représentent aujourd’hui plus de moitié de la population en emploi. Les agriculteurs exploitants et les Artisans, commerçants et chefs d’entreprise ne représentent que 8,4% de la population en emploi. C’est caractéristique d’un déclin des indépendants.

  3. On remarque une diminution de la part des ouvriers dans la population en emploi. En effet, ils représentaient 23 ;2% des emplois en 2006 et leur part a diminué de 2,9 points et ils représentent donc 20,3% des emplois français en 2016.

  4. Les PCS constituent un outil puissant d’analyse de la société. Elles permettent de suivre l’évolution au cours du temps des effectifs de chaque catégorie sociale et montre les tendances de long terme de la société (baisse de la part des ouvriers caractéristique d’une désindustrialisation, augmentation de la part des cadres et professions intermédiaires lié à l’augmentation des besoins en postes qualifiés, déclin des indépendants…)

Exercice 1. Classez les individus suivants dans leur bonne PCS :

Facile

Exercice 2. SUJET TYPE-BAC:

Modéré

Sujet : A partir de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que différents critères contribuent à classer les individus en PCS.

 

Document. 1

Élaborée au tournant des années 1980 et 1990, la nomenclature PCS est-elle encore pertinente ? Certains en doutent au vu de l'ampleur des évolutions qu'a connues la société française depuis 20 ans. De fait, la structure des emplois s'est modifiée, de nouveaux métiers, de nouveaux champs professionnels sont apparus (cf. l'informatique, la communication), certaines professions ont été reclassées (instituteurs). L'explosion des emplois dans les services fragilise la nomenclature du groupe « employés » (discordances grandissantes entre emplois « qualifiés » et « non qualifiés » alors que la nomenclature est muette sur ce point). Surtout les transformations majeures du marché du travail ont généré des clivages transversaux au sein des groupes sociaux : les emplois précaires et le chômage à répétition concernent des effectifs toujours plus importants, surtout parmi les jeunes. Le chômage de longue durée affecte durablement certains segments de la population. D'où des oppositions entre « stables » et « vulnérables », intégrés et marginalisés dont la nomenclature ne rend pas compte.

Source : Serge Bosc, Stratification et classes sociales, Armand Colin, 2008.

 

Document.2

 

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CORRIGE : éléments de réponse :

La nomenclature de l’INSEE s’appuie sur différents critères pour construire des catégories statistiques socialement homogènes.

La profession exercée par l’individu est le premier critère. Elle indique précisément la mission qu’il ou elle a à accomplir. Elle est difficilement détachable d’un deuxième critère qui est le statut professionnel. L’INSEE choisi en effet de couper en deux sa nomenclature entre les indépendants et les salariés. Les premiers possèdent leur outil de production, leur commerce, entreprise et peuvent même être les employeurs des seconds. Le salarié est en lien de subordination avec son employeur par le contrat de travail qui le lien à lui. Il est donc nécessaire de faire une place essentielle à ce critère qui décrivent deux « mondes » différents.

Les salariés sont classés selon le niveau de qualification que leur emploi requiert. Les PCS 5 et 6 regroupent ainsi les salariés les moins qualifié et le niveau de qualification augmente en passant de la PCS 4 à la PCS3.

Le secteur d’activité a été utilisé principalement pour séparer les activités de services de celles de l’industrie. Elle se manifeste avec le plus de visibilité dans le clivage ouvrier/ employés (PCS 5).

La place dans la hiérarchie est aussi un critère qui permet de ne pas classer dans la même PCS ceux qui reçoivent les ordres et sont des salariés exécutants de ceux qui les donnent et font partie du personnel d’encadrement.

L’ensemble ainsi présenté fonde une nomenclature d’actifs réunis sur des critères communs dans des catégories présentant une certaine homogénéité sociale.

Pour les inactifs du classement, ils sont répertoriés selon leur ancienne profession. Les inactifs n’ayant jamais travaillé sont classés à part, il peut s’agir d’étudiants ou de personnes au foyer.