Question 1. Comprendre et pouvoir illustrer la diversité des liens qui relient les individus au sein de différents groupes sociaux (familles, groupes de pairs, univers professionnel, associations, réseaux)

Plan du cours

La recherche des origines du lien social, qui unirait l’ensemble des membres d’un groupe social et assurerait leur cohésion, est essentielle en sociologie.

L'individu est relié à la société par différents types de liens sociaux.

Au cours de sa vie, à l’aide de sa famille, l’enfant apprend petit à petit les règles de vie en société. En les respectant il acquiert une place dans son groupe familial puis par extension dans la société tout entière. Les liens familiaux sont donc essentiels à la construction de l’individu.

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L’individu va ensuite côtoyer d’autres instances comme les groupes de pairs. Il s’agit, par exemple, des amis à l’école qui vont permettre à celui-ci d’intérioriser des règles et des valeurs propres au groupe auquel il appartient. A travers les jeux, les interactions se construisent et donnent une place à chacun. L’individu est en interdépendance avec ses semblables.

Le lien marchand est typique des sociétés modernes. Par la mise en relation d’acheteurs et de vendeurs, nos économies sont des facteurs de liens sociaux. Nous sommes interdépendants les uns des autres. L’organisation économique permet ainsi de trouver le producteur spécialisé dans une production qui échange le fruit de son travail contre celui des autres. Les salariés sont aussi en lien direct avec un employeur dans le cadre du contrat de travail qui fournit de nombreuses sources de sociabilités (lien avec la hiérarchie, les collègues, les organisations syndicales…).

Il existe aussi des liens politiques : un individu est un citoyen qui est amené à prendre part aux décisions collectives par le vote par exemple et à exprimer ses idées à l’occasion de divers événements (manifestations, réunions publiques…).

On distingue donc de multiples groupes sociaux

Un groupe social est un ensemble d’individus qui ont des liens entre eux qui se connaissent et se reconnaissent en tant que membre du même groupe. Ils ont donc une conscience d’appartenir à ce groupe et sont aussi perçus de l’extérieur comme membre du groupe. Les supporters d’une équipe de foot ont ces caractéristiques par exemple.

On appelle groupe « primaire » un ensemble de personnes qui se connaissent toutes et pour lesquelles les relations sont directes, fréquentes et personnelles, la famille par exemple ou le groupe de pairs. On le distingue des groupes « secondaires » qui désignent un ensemble de personnes qui sont plus à distance les uns des autres et pour lesquels les relations sont plus limitées, plus fonctionnelles (c'est à dire liées à un espace social particulier : l’univers professionnel...) ex : une communauté religieuse, les habitants d’un quartier.

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Documents et exercices

Document 1. Dans les années d'après guerre

Facile

« Dans les années d'après-guerre, […] la classe ouvrière s'intégrait au système social par un processus de socialisation qui reposait sur une articulation serrée entre la famille, l'école, le quartier, l'usine, les collectifs de travail et les formes organisées des luttes syndicales et politiques. Le destin des ouvriers était presque tracé […] il assurait une forme d'intégration sociale et permettait même, pendant les années de forte croissance économique et de plein emploi, de participer au sentiment collectif d'un progrès social. Le chômage de masse qui s'est développé à partir des années 1980 est venu stopper ce processus et la précarité professionnelle n'a cessé depuis de s'accroître. La belle mécanique de l'intégration sociale a commencé à se gripper. De nombreux jeunes ouvriers ont été subitement et cruellement confrontés au chômage à la fin de leurs études alors même lorsqu'ils avaient suivi une filière professionnelle qui devaient les conduire vers un emploi. »

Entretien avec Serge PAUGAM, par Anne Châteauneuf-Malclès, ENS Lyon, Juillet 2012

Questions :

1. Mettez en évidence les différents groupes auxquels l’individu, membre de la classe ouvrière dans les années 1950, était relié.

2. Quel processus sociologique est à l’origine de cette intégration sociale ?

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  1. L’individu était relié à sa famille, groupe fondamental dans l’apprentissage des règles de vie en société. Il était aussi relié par l’école à une communauté scolaire qui lui permet d’apprendre les règles de l’école, ses codes et de se construire auprès de son groupe de pairs (camarades). Le quartier est un lieu où se côtoient des individus marqués par une identité collective et un lieu de vie en commun (les voisins). L’usine rythme la vie des individus et leur offre un emploi et des relations sociales riches et nombreuses à travers des collectifs de travail, véritables lieux de solidarité sociale. Cette solidarité est visible à travers les luttes collectives pour manifester ensemble des intérêts en commun lors des grèves par exemple.

  2. Le processus sociologique à l’œuvre est la socialisation : processus d’apprentissage des normes, valeurs, rôles que la société attend des individus. Cette socialisation apporte une conformité de l’individu par rapport à ce que la société attend de lui et elle garantira son acceptation par les groupes sociaux qu’il côtoie.

Document 2. Vote

Facile

Question : Quelle est l’origine du lien, évoqué par chaque image, qui unit un individu à un groupe ?

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On peut identifier le lien marchand (vente de pommes) : dans nos sociétés, les individus échangent des biens et des services en fonction de leur spécialisation (métier). Ceci est créateur de liens sociaux.

On voit dans la manifestation une communauté d’intérêts réunie pour la défense d’une cause. Le lien social découle du partage de valeurs communes.

Enfin, le lien politique unit une communauté de citoyens entre eux et par le biais d’institutions. Il crée un sentiment d’appartenance à une communauté et les associe dans la prise de décision (ici par le vote).

Document 3. Qu’est-ce qu’un groupe ?

Facile

Les sociologues ont pris l’habitude de définir de manière précise ce qu’on appelle les groupes sociaux pour les distinguer de simples agrégats physiques ou de catégories statistiques. On insiste généralement sur deux critères : l’existence d’une interaction directe ou indirecte entre les personnes composant le groupe ; la conscience d’une appartenance commune. Cette définition permet de distinguer le groupe social d’autres groupements qui n’en sont pas. Par exemple, un simple agrégat physique, constitué par un regroupement de personnes en un même lieu ne constitue pas un groupe social. Ainsi en est-il du rassemblement de personnes sur une place publique pour regarder un spectacle. […]

Source : J. Etienne, F. Bloes, J.P. Noreck, J.P. Roux, Dictionnaire de sociologie, Hatier, 2004

Questions :

1) Distinguez groupe social de catégorie sociale 

2) Quel critère manque à une foule d’anonyme pour constituer un groupe social ?

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1) Distinguez groupe social de catégorie sociale 

Le groupe social peut être distingué de la catégorie sociale qui ne constitue qu’un agrégat d’individus, une somme d’individus classés le plus souvent sans qu’ils le sachent pour des besoins statistiques (voir la partie sur les PCS). Le groupe social peut être défini au contraire autour de la nécessité d’interactions entre membres du groupe et de la capacité à se définir en tant que membre du groupe et être reconnu par les autres membres comme en faisant partie.

2) Quel critère manque à une foule d’anonyme pour constituer un groupe social ?

Une foule d’anonyme n’a pas la capacité à reconnaître ses membres et chaque membre n’est pas reconnu par les autres. La foule se disperse et ne se reformera plus jamais ainsi au contraire d’un groupe social (le groupe se spécialité de première par exemple).

Exercice 1. Pour chaque exemple proposé dans ce tableau, dites s’il s’agit d’un groupe social et justifiez votre réponse 

Modéré