Regards croisés

Production, consommation, distribution : nos modèles et nos comportements face aux enjeux du développement durable ?

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Regards croisés modérés par Sophie Jacquier (académie de Lyon, économie et gestion) et Emmanuel Oger (académie de Nantes, histoire-géographie)

« Dieu créa l’homme à son image ». Il déclare ensuite à Adam et Eve : « Remplissez la terre et soumettez-la, dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout être vivant ». Ces mots, extraits de la Genèse, traduisent ce que fut la pensée occidentale. Ils permettent de comprendre la place que l’homme s’est attribuée sur Terre. Colons, le monde vivant nous a été donné. Nous consommons le monde.
Les réflexions sur l’écologie sont anciennes mais l’intégration d’une pensée plus globale est tardive. En 1987, le rapport Brundtland rédigé par la commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU définissait le développement durable comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». 

Les activités humaines de production, de distribution puis de consommation de biens et de services en constituent des leviers majeurs qu’il convient aujourd’hui d’interroger : quels sont les modes de fonctionnement des marchés et dans quelle mesure intègrent-ils les enjeux du développement durable ? Les interactions entre comportements de consommation et modes de production ou de distribution sont-elles de nature à servir ces enjeux ? Finalement, quelles sont les solutions émergentes pour adapter davantage les comportements et modèles ?
Dès 1977, un embryon de réflexion s’était déjà opéré au sein de l’Education nationale. Une circulaire faisait mention d’une nécessaire « éducation à l’environnement » suite à la conférence de Stockholm de 1972. Il faut cependant attendre 2004 pour que le concept de développement durable tel que défini dans le rapport Brundtland soit intégré aux programmes. On passe alors d’une « éducation à l’environnement » à une « éducation à l’environnement et au développement durable ». En 2007, le concept se précise et s’affine à l’aune des travaux universitaires récents. Il se définit alors à partir de 5 dimensions : environnementale, économique, sociale, culturelle et politique.

La loi de refondation pour l’Ecole (2013) inscrit ce concept transversal dans le code de l’éducation. Celui-ci apparaît dans de nombreux programmes d’enseignement en SES, en économie et gestion et en histoire-géographie qui le mettent en perspective et le confrontent aux notions de production, de transport, de consommation et de croissance soutenable.