Cours

Cours de Première ES : 4. La monnaie et financement

Question 3. Qui crée la monnaie ?

Découverte

Document 1 - Les mécanismes de la création monétaire

Pour commencer, plaçons-nous dans le cadre d’une économie où il n’existerait qu’une seule banque qui détiendrait, de plus, le monopole de l’émission de billets dans l’économie (simpliste, irréaliste, mais tellement parlant pour expliquer des concepts compliqués). Si cette banque octroie des crédits aux entreprises et aux particuliers, cela se traduit par une émission de billets de banque ou par une émission de monnaie scripturale sous forme d’une inscription au crédit du compte à vue du client. Prenons un exemple et suivons ce qui se passe au niveau des comptes :

Supposons que la banque accorde un crédit de 1000 euros à un particulier et dispose d’un compte chez elle. La banque a ici le choix entre deux possibilités :

  • Emettre 1000 euros de billets qu’elle remettra au client.

  • Une écriture scripturale sur son compte pour 1000 euros (cas le plus fréquent) :

On voit bien que dans un cas comme dans l’autre, le client dispose désormais d’une certaine somme pour consommer ou investir. Il y a donc bien une création de monnaie sans aucune contrepartie matérielle : on appelle cela la création de monnaie ex nihilo (à partir de rien). On dit aussi souvent que les crédits font les dépôts. Lors du remboursement du crédit, il y aura donc destruction de monnaie, le règlement se faisant soit par remise de billets, soit par écriture scripturale au débit du compte à vue de l’emprunteur (c’est ce qui se passe le plus souvent : la banque vous prélève chaque mois sans que vous ne rameniez de billets au guichet). Si la quantité de monnaie augmente dans une économie, c’est que les opérations de création de monnaie l’emportent donc sur les opérations de destruction de monnaie. Comme ce processus peut s’appliquer indifféremment aux particuliers, aux entreprises, ou même à l’Etat, on dit que la création monétaire résulte d’un processus de monétisation de créances : créances sur l’économie dans le cas des particuliers et des entreprises, créances sur l’Etat s’il s’agit du Trésor public qui emprunte de l’argent (par exemple pour financer le déficit de l’Etat). Mais il existe encore un dernier type de créances que nous n’avons pas encore abordé : les créances sur l’extérieur. Il s’agit des devises qu’un exportateur reçoit et qu’il livre à sa banque pour obtenir sa monnaie nationale. Pour ce faire, la banque crée la monnaie nationale nécessaire pour acquérir les devises de l’exportateur.

Dans le cadre du processus que nous venons de voir, il semblerait que le pouvoir de création monétaire est potentiellement illimité, puisqu’il ne s’agit que de jeux d’écritures. Ce constat occulte le fait qu’un fléau guette alors l’économie : l’inflation. La banque devra dès lors adapter sa création monétaire aux besoins de l’économie si elle ne veut pas créer les conditions d’une crise. C’est ce qui explique la nécessité d’avoir une banque différente des autres, que l’on appelle Banque centrale, à qui le pouvoir exécutif (politique) va octroyer le monopole de l’émission de billets sous des contraintes institutionnelles fortes

Source : Raphaël Didier, Les grans mécanismes de l'économie, Ellipses, 2011.

Questions :

  1. Qu'appelle-t-on le mécanisme de la "monétisation de créances" ?
  2. Expliquez la phrase soulignée.
Document 2 - Un système bancaire hiérarchisé : Banque centrale et banque commerciale

Venons-en donc enfin à une économie monétaire plus réaliste, c’est-à-dire comportant de nombreuses banques –il y a tout de même 331 établissements habilités par le comité des établissements de Crédit et des entreprises d’investissement à traiter toutes les opérations de banque au 31 janvier 2010. On parle aussi de système bancaire hiérarchisé : en effet, dans un système comprenant plusieurs banques, seule l’une d’entre elles, qualifiée de Banque centrale (ou banque de premier rang) dispose du pouvoir d’émettre les billets, pour les raisons que nous venons d’évoquer. Les autres banques, appelées banques commerciales (ou banques de second rang), ne peuvent créer que de la monnaie scripturale mais aucun billet. Néanmoins, ce sont toujours les banques commerciales qui réalisent la majeure partie de la création monétaire. Dans le cadre du système bancaire hiérarchisé dont nous parlons actuellement (qui est celui en vigueur un peu partout dans le monde), le processus de création monétaire fait intervenir les postes suivants dans le bilan des banques :

A ce stade, il est important de comprendre que la Banque centrale ayant le monopole de l’émission des billets, toute banque commerciale qui aurait besoin de monnaie papier pour répondre à la demande de sa clientèle devra s’adresser à la Banque centrale. On dit que la banque commerciale cherche à se refinancer auprès de la Banque centrale ; cette opération s’effectue en cédant des actifs (titres, devises) en échange de billets. La Banque centrale enregistre alors à l’actif de son bilan des actifs cédés et ouvre un compte à chaque banque commerciale (compte au passif comme on peut le voir ci-dessus). Dès lors, toute opération de refinancement d’une banque commerciale a pour effet d’augmenter le solde créditeur de son compte dans les registres de la Banque centrale et d’augmenter le volume des billets qu’elle pourra demander.

Source : Raphaël Didier, Les grands mécanismes de l’économie, Ellipses, 2011.

Question :

Pourquoi peut-on dire que la Banque centrale est la "banque des banques" ?

Document 3 - Le réglage de la quantité de monnaie en circulation

A chaque fois qu’une économie instaure un système de monnaie fiduciaire –toutes les économies avancées le font d’ailleurs-, un organisme doit être en charge de sa régulation. Cet organisme est en général connu sous le nom de banque centrale –une institution conçue pour réguler la quantité de monnaie disponible dans l’économie, que l’on appelle l’offre de monnaie. En Europe, la banque centrale s’appelle la Banque centrale européenne et trois autres banques importantes dans le monde dont la banque centrale américaine –la Réserve fédérale-, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon (…) La banque centrale d’une économie a le pouvoir d’augmenter ou de diminuer la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. L’ensemble des actions menées par la banque centrale dans le but de contrôler l’offre de monnaie s’appelle la politique monétaire. Pour prendre une métaphore simple, vous pouvez imaginer la banque centrale qui imprime des billets et qui les jette par hélicoptère. De manière similaire, vous pouvez imaginer la banque centrale comme un aspirateur géant qui aspire les billets hors des portefeuilles des individus. Bien qu’en pratique les méthodes de la banque centrale pour faire varier l’offre de monnaie sont plus complexes et subtiles, la métaphore de l’hélicoptère et de l’aspirateur est une bonne première approximation de la signification de la politique monétaire (…) la banque centrale d’une économie est une institution importante car les variations de l’offre de monnaie peuvent profondément affecter l’économie.

Source : Gregory N. Mankiw, Mark P. Taylor, Principes de l’économie, de Boeck, 2010.

Question :

Pourquoi l’auteur choisit-il la métaphore de l’hélicoptère et de l’aspirateur pour expliquer le rôle de la banque centrale ?

Document 4 - Les limites de la création monétaire par les banques commerciales

Dans le cadre d’un système bancaire hiérarchisé, il y a donc deux types de monnaie :

  • La monnaie Banque centrale, encore appelée monnaie centrale, qui est émise par la Banque de premier rang. Elle est composée des billets de banque et du solde créditeur du compte de la banque commerciale et du compte du Trésor.
  • La monnaie banque commerciale qui est émise par la banque de second rang. Elle est composée des soldes créditeurs des comptes de ses clients.

Dès lors, plusieurs mécanismes limitent la création monétaire. Tout d’abord la banque commerciale devant faire face à un éventuel retrait de billets par sa clientèle et n’ayant pas la possibilité d’en créer, elle se doit de limiter la création de monnaie scripturale. De plus, la Banque centrale jouera un rôle important à travers le refinancement. Enfin, la Banque centrale oblige les banques commerciales à maintenir à tout moment leur compte en monnaie centrale à un certain niveau minimum que l’on appelle les réserves obligatoires. Pour finir sur la création monétaire, il faut bien comprendre que chaque banque commerciale crée sa propre monnaie scripturale, puisque les réseaux informatiques des banques n’ont aucune raison d’être les mêmes. Dès lors, il est indispensable qu’une communication s’effectue par l’intermédiaire de la monnaie centrale et du système informatique Target (Trans-european Automated Real-time Gross settlement Express Transfer System) de la manière suivante : une compensation quotidienne est réalisée entre les créances et les dettes de chaque banque à l’égard des autres qui débouche sur le calcul d’un solde pour chacune d’elles. Le solde est réglé par une inscription au crédit ou au débit de son compte dans les registres de la Banque centrale, ce qui se traduit par une augmentation ou une diminution de ses avoirs en monnaie centrale. Si le montant en monnaie centrale est insuffisant pour régler ce solde, la banque commerciale doit se refinancer soit en apportant des actifs à la Banque centrale, soit à d’autres banques commerciales.

Source : Raphaël Didier, Les grands mécanismes de l’économie, Ellipses, 2011.

Question :

Quelles sont les limites de la création monétaire ?

Document 5 - Programme d'émissions de billets pour 2010 (BCE)

La production des billets en euros est du ressort de la BCE mais celle-ci l’attribue aux banques centrales nationales de la zone euro, de sorte que chaque valeur unitaire est produite par un nombre limité d’imprimeries et chaque banque centrale nationale est chargée de fournir seulement une ou quelques valeurs unitaires. Il existe des réserves logistiques et une réserve stratégique commune de billets en euros, destinées à garantir la continuité de l’approvisionnement en billets libellés en euros. La Banque de France contribue à la production de billets de la monnaie unique européenne, avec onze autres imprimeurs européens. En France les deux sites de la Banque de France sont l’imprimerie de Chamalières et la papeterie de Vic-le-Comte, soumises à des normes européennes de certification en termes de qualité et d’environnement.

Source : Banque centrale européenne (in Jézabel Couppey-Soubeyran, Monnaie, banques, finance, PUF, 2010).

Questions :

  1. Faire une phrase avec les chiffres soulignés dans le document.
  2. Calculer la part des coupures de 20 euros dans le total d'émissions de billets, puis la part des coupures de 100 euros et de 500 euros.
Document 6 - Le dilemme des banques centrales

La monnaie est créée par les banques commerciales, des institutions financières privées, dont l’activité est essentiellement orientée par la recherche du profit, et qui sont en compétition entre elles. En période de bonne conjoncture économique, quand on s’approche du plein emploi et que la croissance est forte, elles n’ont aucune raison de ralentir spontanément leur offre de crédit. Réciproquement, en période de récession, quand l’économie s’éloigne du plein emploi, que la croissance est faible, la fréquence des faillites chez leurs clients augmente. Les banques deviennent prudentes, presque inévitablement trop prudentes : elles refusent des crédits à des consommateurs solvables et à des entreprises qui présentent des projets rentables. La création monétaire est ralentie, ce qui aggrave la récession. Les banques n’ont aucune raison de créer spontanément exactement la quantité de monnaie qui maintiendrait l’économie au plein-emploi sans accélération de l’inflation. C’est donc à l’Etat, en l’occurrence à la banque centrale, d’intervenir pour « réguler » la création monétaire. Naturellement, l’Etat doit d’abord se fixer un objectif : le plein emploi cela va sans dire, mais avec un niveau d’inflation acceptable (…)

Lorsqu’une économie est en sous-emploi de ses moyens de production (chômage et sous- utilisation des capacités de production), c’est que la demande est insuffisante pour engendrer une production qui sature les capacités existantes. Une augmentation de l’activité de crédit des banques, qu’il s’agisse de crédits à la consommation octroyés à des particuliers ou de crédits consentis à des entreprises pour réaliser des projets d’augmentation de leur production, crée une demande supplémentaire. Si l’économie est en sous-emploi, cette demande peut être immédiatement satisfaite par une augmentation de la production, égale à la demande supplémentaire. En créant ex nihilo de la monnaie par une augmentation de leurs crédits, les banques créent des droits supplémentaires sur la production . Les bénéficiaires des crédits disposent en effet de quantités supplémentaires de monnaie immédiatement échangeables en biens et services réels. Mais lorsque l’économie est en sous-emploi, cela a pour effet d’augmenter d’autant la production et les revenus (…) Il n’en serait pas de même si l’économie, très proche de la saturation des capacités de production, n’était pas capable de répondre par une augmentation de la production à une augmentation de la demande engendrée par la création monétaire. Dans ce cas, les entreprises à qui s’adresse la demande supplémentaire, ne pouvant augmenter leur production, augmentent leur prix. Par propagation, l’ensemble des prix est modifié à des degrés divers. Le niveau général des prix augmente, donc la monnaie se déprécie, tandis que les prix relatifs se modifient. C’est l’inflation.

Source : Pierre Noël Giraud, Le commerce des promesses, Seuil, 2009.

Questions :

  1. Expliquez les phrases soulignées.
  2. Expliquez le titre du document.
Document 7 - Principal taux d'intérêt de la BCE et de la Réserve fédérale (FED) 1998 - 2009 (en %)

Questions :

  1. Quelle a été la réponse des banques centrales face à la crise de 2007-2008 ?
  2. Quels sont les effets escomptés de ce type de mesure sur les crédits de l'économie ?
Document 8 - la banque centrale dans la crise : le rôle de prêteur en dernier ressort

Les banques commerciales peuvent à tout moment manquer de liquidités pour assurer leurs activités quotidiennes (retraits de clients, opérations de compensation entre les banques, etc.) (…) Lorsqu’une banque doit se refinancer, c’est-à-dire doit trouver des liquidités pour régler une dette, elle peut les trouver sur le marché monétaire. Ce marché permet aux banques et aux grandes entreprises de prêter ou d’emprunter des montants élevés sur des durées courtes (d’une journée à un an) et donc de placer leurs excédents de trésorerie de court terme ou au contraire de faire face à un déficit temporaire de liquidité. C’est également sur ce marché que la banque centrale peut intervenir pour prêter des liquidités ou en «emprunter» (ce qui revient à les retirer du circuit). En 2007, les premières manifestations de la crise des subprimes ont installé un tel climat de défiance qu’elles refusaient de se prêter mutuellement de l’argent via le marché monétaire : de nombreuses banques se sont donc trouvées en situation de manque de liquidités, ne pouvant honorer leurs engagements par incapacité à trouver la liquidité nécessaire alors même que les banques en question détenaient des actifs ayant une valeur supérieure aux engagements pris ! Afin d’éviter une vague de faillites bancaires, dommageable pour l’ensemble de l’économie, les banques centrales ont joué leur rôle de «prêteur en dernier ressort» : elles ont «injecté» des liquidités, ce qui signifie qu’elles ont alimenté le marché interbancaire en liquidités. Leur action a consisté à accorder massivement des prêts aux banques qui en avaient besoin, en échange d’actifs, servant de garantie. L’offre de liquidités aux banques commerciales figure parmi les «activités normales» des banques centrales, même en l’absence de crise. Face au caractère exceptionnel de la situation, les banques centrales ont cependant modifié les modalités d’octroi de la liquidité et les montants en jeu : elles ont accepté une gamme plus vaste d’actifs comme garantie, accordé des prêts plus longs et plus importants, et élargi la liste des banques pouvant en bénéficier. Lorsque les banques centrales injectent des liquidités, elles ne donnent donc pas de l’argent aux institutions financières, mais les prêtent en échanges d’actifs en garantie et d’un taux d’intérêt. Ce type d’opération se distingue donc de celles destinées à renflouer des banques au bord de la faillite par un apport de capital.

Source : Nicolas Couderc, Olivia Montel-Dumont, Des subprimes à la récession, comprendre la crise, La Documentation française, 2009.

Remarque : Le marché monétaire est le marché sur lequel les banques et les grandes entreprises peuvent prêter ou emprunter des montants élevés sur des durées courtes (d’une journée à un an). Il permet aux intervenants de placer leurs excédents de trésorerie de courte terme ou au contraire de faire face à un déficit temporaire de liquidité. C’est également là que la Banque centrale peut intervenir pour prêter des liquidités ou en «emprunter» (ce qui revient à les retirer du circuit). Le marché interbancaire est un compartiment du marché monétaire réservé aux banques et sur lequel intervient également la Banque centrale.

Questions :

  1. En quoi la crise de 2007 sur le marché monétaire s’est-elle révélée particulièrement grave?
  2. Pourquoi dit-on que la Banque centrale joue un rôle de "prêteur en dernier ressort" ?
Document 9 - Des politiques monétaires trop expansionnistes ?

Trop expansionnistes. Deux mots suffisent à résumer le débat contemporain sur la monnaie. En clair, ils signifient que la liquidité mondiale, autrement dit la monnaie créée par l’ensemble des banques centrales de la planète (ce que l’on appelle la monnaie banque centrale) est (trop) abondante. Par voie de conséquence, le crédit devient lui aussi trop abondant. Et cette abondance, on la mesure d’abord à l’évolution de la base monétaire (billets et dépôts émis auprès de la banque centrale). Celle-ci a progressé de 13% à 15% l’an depuis le début de la décennie, ce qui est déjà beaucoup, avant de s’envoler carrément à la mi-2008 sur un rythme annuel de quelque 30%. Logique. Pour lutter contre les crises et autres récessions, les banques centrales augmentent toujours énormément la liquidité. Mais compte tenu du rythme de croisière adopté depuis dix ans, le niveau atteint aujourd’hui par la liquidité mondiale est sans précédent. En 1988, la base monétaire représentait un peu plus de 8%du PIB mondial en valeur. Vingt ans plus tard, au début de 2008, elle tutoyait les 19% de PIB, avec un montant supérieur à 10000 milliards de dollars, avant de redescendre légèrement début 2009 à un peu plus de 18% du PIB mondial. Depuis une quinzaine d’années, les banques centrales des grands pays de l’OCDE ont en effet pris l’habitude de pratiquer des politiques expansionnistes. Ils l’ont fait même lorsque la croissance était au rendez-vous et que le crédit progressait très rapidement, comme ce fut le cas à la fin des années 1990 ou sur la période 2007-2009, mais la liquidité mondiale était déjà dopée depuis longtemps par des taux d’intérêt (le loyer de l’argent) inférieurs au taux de croissance. Un mouvement qui s’est encore accéléré à partir de 2002-2003.

Source : Patrick Artus, Marie-Paule Virard, La liquidité incontrôlable, Pearson, 2010.

Questions :

  1. Quel risque pourrait entraîner la croissance excessive de monnaie dans l’économie mondiale ?
  2.  Faire une phrase avec les données de la BCE entre 2000 et 201

Approfondissement

Qui crée la monnaie ?

La création de monnaie est le processus par lequel la masse monétaire s’accroît. La masse monétaire est la quantité de monnaie qui circule à l’intérieur d’un pays (pièces, billets, dépôts). Dans la mesure où la masse monétaire est composée principalement de monnaie scripturale, la création de monnaie est essentiellement une création de monnaie scripturale faite par les banques. Celles-ci créent de la monnaie en accordant des crédits aux entreprises ou aux ménages : on dit que «ce sont les crédits qui font les dépôts». Elles créent de la monnaie en accordant des crédits, et ce sont ces crédits qui entraînent les dépôts dans les banques (il faut considérer l’ensemble des banques). En contrepartie, les banques détiennent des créances sur les agents à qui elles font crédit. En effet, les banques ne sont plus de simples intermédiaires qui prêtent des fonds (crédits accordés aux clients) à partir des dépôts reçus.

La monnaie est créée par le système bancaire. Les banques commerciales et la banque centrale sont les principaux acteurs de la création monétaire. Les billets et les pièces (une toute petite partie de la monnaie créée) sont mis en circulation par les banques centrales qui émettent également de la monnaie centrale. Cette émission de monnaie centrale est un simple jeu d’écriture : les banques commerciales ont l’obligation d’avoir un compte alimenté (en monnaie centrale) au sein de la banque centrale (on dit souvent qu’elle est la «banque des banques»). C’est en effet en monnaie centrale que les banques effectuent leurs paiements interbancaires, leurs achats de pièces et de billets demandés par la clientèle, et qu’elles constituent leurs réserves obligatoires. Les banques centrales gèrent finement la quantité de monnaie centrale car la masse monétaire, c’est-à-dire la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. Plus la quantité de monnaie centrale est abondante, et plus les banques vont avoir la possibilité de créer beaucoup de monnaie, et inversement, quand la banque centrale en restreint l’émission.

La Banque centrale doit fournir les liquidités nécessaires au bon fonctionnement et à la croissance de l’économie tout en veillant à la stabilité de la monnaie. En effet :

  • La quantité de monnaie en circulation dans une économie ne doit pas être en effet trop faible, car les agents économiques seront obligés de limiter leurs activités économiques (consommation, investissement, production, etc.)
  • A l’inverse, une quantité de monnaie trop abondante met à la disposition des agents économiques un pouvoir d’achat bien supérieur à la quantité de biens et services disponibles, ce qui provoquer une hausse du niveau général des prix (inflation).

Le rôle des banques centrales est primordial afin de concilier le financement des échanges sur les marchés avec la stabilité du pouvoir d’achat de la monnaie. La récente crise financière a montré qu’elle doit agir rapidement et fortement pour empêcher une crise de confiance sur le marché monétaire et prévenir un effondrement du crédit susceptible de paralyser l’économie : en cas de crise de liquidité, la banque centrale doit augmenter ses prêts aux banques, dans des délais très brefs, sans discrimination ni limites de montant. C’est ce qu’on appelle la fonction de prêteur en dernier ressort. Pour autant, la Banque centrale doit veiller à ne pas créer une quantité excessive de monnaie qui pourrait entraîner une accélération de l’inflation et encourager la spéculation financière à crédit.