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Cours de Première ES : Regards croisés - Entreprise, Institution, Organisation

Question 1. Comment les rapports sociaux s'organisent-ils au sein de l'entreprise ?

Découverte

Document 1 - Qualification et type de travail

 

a) Le travail à la chaîne                     b) Réunion dans le secteur des services

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  1. Associez à chaque photo les caractéristiques qui conviennent :

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Document 2 - Organisation du travail

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Représentez l’organigramme de l’entreprise Balthazar en intégrant les fonctions suivantes:

PDG, Directrice des ventes et du marketing, Directrice des questions financières, Directrice de la production, vendeur n°1, vendeur n° 2, vendeur n°3, ouvrier n°1, ouvrier n°2, comptable.

Document 3 - Relation au travail

Il ne s’agit pas d’oublier que la firme n’est pas naturellement ou spontanément un lieu de coopération, ce qui serait un point de vue naïf. La firme est bien d’abord une hiérarchie qui délimite des positions: des individus commandent et d’autres obéissent, via un système de délégation de l’autorité en provenance de l’employeur, qui possède le pouvoir de conclure et de mettre un terme aux contrats de travail, bien évidemment dans les limites fixées par la loi.

Source:Bernard Baudry, Economie de la firme, La découverte, Repères, 2003

 

  1. Quelle est, selon l’auteur, la principale caractéristique de l’entreprise ?

  2. Quels sont les éléments qui permettent d’obtenir la coopération dans l’entreprise ?

Document 4 - Conception des relations au travail

Côté américain, chaque membre du personnel est lié individuellement à l’entreprise, en tant qu’ employee , par une relation contractuelle qui définit précisément ses droits et ses devoirs. Il est considéré à ce titre comme une sorte de fournisseur tenu de répondre aux exigences de l’entreprise de la même manière que celle-ci répond à celles des clients. De plus, l’ensemble du personnel est regardé comme formant une communauté morale (...). Chacun est tenu individuellement, par le contrat qui le lie à l’entreprise, de respecter les obligations qui dérivent des valeurs que la communauté célèbre collectivement.

Côté français, un autre type d’intégration fait référence. L’entreprise se montre prête à concéder à son personnel une forme d’autonomie fière (...). Il s’agit d’une sorte de réinterprétation moderne de l’ancienne relation d’allégeance noble, relation qui, dans l’ancienne France, caractérisait la forme de subordination jugée compatible avec la condition d’homme libre.(...) Le terme «collaborateurs », utilisé par la version française, exprime cette idée de soutien apporté par chacun au succès de l’œuvre à laquelle l’entreprise se consacre

Source: Philippe d’Iribarne, l’épreuve des différences, Seuil, 2009

  1. Associez à chacun des modèles décrits par le texte les termes qui le caractérisent.

  1. Choisissez le titre qui résumerait le mieux le document :
    1. L’influence du modèle américain sur l’entreprise française
    2. La hiérarchie, un fondement de l’entreprise
    3. Droits et devoirs des salariés dans les entreprises françaises et américaines
    4. L’influence de la culture sur l’entreprise
Document 5 - Part en % des entreprises ayant connu au moins un conflit social entre 2002 et 2004

 

  1. Formulez le sens de la valeur en gras.

  2. Complétez le texte suivant : Entre 2002 et 2004, sur 100 petites entreprises, ........ ont connu au moins un conflit du travail alors que c’est le cas de.........des très grandes entreprises. Globalement, on peut donc constater que la conflictualité ................. avec la taille de l’entreprise.

Document 6 - Le répertoire des conflits du travail

 

* La grève La grève se définit comme la cessation totale du travail afin d’appuyer des revendications professionnelles.

* Le débrayage Comme la grève, le débrayage est un conflit avec arrêt de travail, mais il n’excède pas une durée de quelques heures. (...)

* La grève perlée Lorsque les salariés se concertent pour réduire le rythme de la production (baisse des cadences et ralentissement du travail), on parle de grève perlée.

* La grève du zèle Les salariés peuvent réduire considérablement la production en observant scrupuleusement toutes les procédures réglementaires: on parle alors de grève du zèle.

* La pétition Décider d’adresser une lettre collective à la direction constitue une autre forme de conflit sans arrêt de travail.

* La manifestation Survenant en dehors des locaux de l’entreprise, la manifestation constitue un moyen d’alerter l’opinion publique sur le conflit en cours (...).

* L’absentéisme et le refus d’heures supplémentaires (...) peuvent constituer des manières pour les salariés de protester silencieusement contre leur entreprise. (...)

* Le recours aux Prud’hommes Les salariés peuvent attaquer leur entreprise devant le Conseil des Prud’hommes, en vue d’obtenir la réparation d’une faute imputée à leur entreprise (licenciement abusif, discrimination etc.)

Source: Xavier de la Vega, Conflits du travail, de nouvelles mobilisations ?, Sciences Humaines, juin 2011   

  1. Rechercher ce que sont les « Prud’hommes ».

lien: http://www.justice.gouv.fr http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr 

  1. Cochez les caractéristiques de chacune des formes de conflits décrites par le texte :

 

Document 7 - L'objet des conflits sociaux

 

  1. Cherchez un exemple de « mots d’ordre de grève extérieurs à l’entreprise » ? 

  2. Vrai-Faux ?

    1. En 2007, plus de la moitié des grèves ont porté sur les rémunérations. 

    2. 22 % des salariés ont participé à une grève concernant les conditions de travail, en 2007. 

    3. 24 % des entreprises françaises ont connu une grève portant sur les questions d’emploi, en 2007. 

    4. 57 % des salariés ont fait grève pour leur rémunération, en 2007. 

    5. En 2007, le temps de travail n’a représenté que 8 % des conflits dans les entreprises en France.

Document 8 - Les représentants des salariés dans l'entreprise

  1. En quoi ces différentes instances sont-elles censées favoriser la coopération ?
Document 9 - Convention collective

Une convention collective est un accord écrit qui résulte de la négociation entre syndicats d’employeurs et de salariés (...) (et qui) porte sur les conditions d’emploi et de travail des salariés.Perçue à l’origine comme le moyen d’améliorer la situation des travailleurs, elle est aussi devenue au fil du temps un instrument de régulation sociale : elle joue au XXIe siècle un rôle essentiel de complément et d’adaptation du droit. Ainsi, comme le souligne le Guide pratique du droit du travail « Elle institue souvent des dispositions que le Code du travail ne prévoit pas telles que les salaires minimaux, un régime de prévoyance, des primes, des congés etc. , ou améliore celles qu’il prévoit ». Il arrive aussi qu’ « elle adapte des dispositions générales du Code du travail aux situations particulières d’un secteur d’activité ou d’une entreprise (exemple : l’aménagement du temps de travail ).»

  1. Qui négocie les conventions collectives ?

  2. Quel est leur rôle ?

Approfondissement

Faisons le point

L’entreprise est une organisation, une institution qui est caractérisée par un objectif économique spécifique (organiser une activité de production, dégager des revenus de cette activité ...). Elle n’en est pas moins un lieu de coordination humaine et de rapports sociaux.

* Un lieu de rapports sociaux Les rapports sociaux dans l’entreprise peuvent d’abord être envisagés du point de vue des rapports hiérarchiques tels que les décrivent les organigrammes de la plupart des entreprises (en particulier les grandes entreprises). La subordination et la hiérarchie fondent un type de relation sociale caractérisée par la division du travail (à la fois verticale et horizontale) et l’interdépendance. Le contrat de travail traduit également cette relation hiérarchique. Documents 1,2,3

Mais n’analyser l’entreprise que comme un lieu d’autorité serait restrictif.

C’est aussi un espace de coopération. Pour fonctionner, l’entreprise doit obtenir la collaboration des salariés par des techniques de « management ». Le seul recours à l’obéissance ne semble plus aujourd’hui le fondement légitime de la gestion des ressources humaines comme ce fut le cas dans la logique taylorienne par exemple. La coopération ne peut être obtenue que si elle est fondée sur des règles juridiques (conventions collectives, contrat de travail), une représentation des salariés dans un certain nombre d’instances, une culture de la négociation entre les différents acteurs, des valeurs communes (une culture d’entreprise) etc. Documents 3,8,9

Mais, les rapports sociaux dans l’entreprise ne peuvent être analysés en dehors de leur contexte culturel. Philippe d’Iribarne montre que la perception même du rapport à l’entreprise est profondément différent aux Etats Unis et en France par exemple. Si la relation à l’entreprise est pensée en termes de contrats individuels définissant des obligations du côté américain, elle est pensée en termes de collaboration autonome du côté français. Le contrôle du supérieur hiérarchique ne sera donc pas perçu de la même façon par chacun: la culture du contrat conduit à vivre le contrôle comme un signe normal du processus alors que la culture de l’honneur y verra un signe de surveillance.

Il n’existe donc pas un modèle rationnel et unique d’entreprise. Son fonctionnement est déterminé par des variables sociologiques presque invisibles.

*Un lieu de conflit

Malgré les pratiques et les discours sur le management participatif, l’entreprise reste un lieu de conflits. Les intérêts divergents en matière de partage de la valeur ajoutée, les relations hiérarchiques, les conditions de travail et d’accès à des emplois stables etc. débouchent sur des conflits collectifs dans une part importante des entreprises. Documents 5, 7

Les conflits peuvent prendre des formes très variées dont l’usage varie dans le temps. Les formes de protestations plus individuelles (pétitions, absentéisme, etc.) ont tendance à augmenter mais les formes collectives restent fortes dans certains secteurs d’activité. Document 6

* Des dispositifs de négociation Certaines instances ont été mises en place pour favoriser le dialogue social dans l’entreprise, éviter le conflit ou permettre de le résoudre. Le Code du Travail définit les conditions légales de la relation employeur-salarié dans l’entreprise: il prescrit un certain nombre de règles concernant le contrat de travail, le temps de travail, les conditions de licenciement, les congés payés etc. Des conventions collectives précisent, dans chaque branche, les aménagements particuliers aux règles générales (règles de sécurité, horaires etc.). Enfin, la loi a favorisé la présence de représentants des salariés dans certaines instances dans l’entreprise de façon à favoriser la coopération. Document 8 Cet encadrement institutionnel est un gage de la coopération dans l’entreprise. Toute remise en cause est évidemment un facteur de conflit.

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