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Cours de Première ES : 2. La production dans l'entreprise

Question 1. Comment l'entreprise produit-elle ?

Découverte

Document 1 - Deux exemples d'entreprises

Vous disposez des informations suivantes sur différentes organisations

 

 

  1. Comment calcule-t-on le chiffre d'affaires ?
  2. Qu'est-ce qui différencie Artisants du Monde des trois autres organisations ?
  3. A l'aide du site de l'Agence pour la création d'entreprise ( www.APCE.com, et notamment la page : http://www.apce.com/pid223/7-choisir-un-statut-juridique.html , en sachant que les SA et les SCOP sont des sociétés), remplissez le tableau suivant :

​ 

Document 2 - Caractéristiques des entreprises

Caractéristiques des entreprises françaises selon la branche d'activité en 2009

Source : INSEE, Tableaux de l'économie française, 2012

* Le total ne correspond pas à la somme des lignes au-dessus, car seules certaines branches sont mentionnées ici.

 

  1. Complétez le tableau.
  2. Calculez le chiffre d'affaires moyen pour les entreprises de chaque secteur.
  3. Quel est le secteur qui compte, en moyenne, les plus grandes entreprises ? Quel est celui qui compte, en moyenne, les plus petites entreprises ?
Document 3 - La taille des entreprises

Caractéristiques des entreprises françaises selon leur taille

A partir de cette classification, on peut établir les résutlats suivants pour les entreprises hors activités financières et assurances :

Note : * : en millions d’euros

Source : INSEE, Tableaux de l’économie française, 2012

 

  1. Classez dans la bonne catégorie chacune des entreprises de l’exercice 1
  2. Indiquez si la proposition suivante est vraie ou fausse et justifiez à l’aide des données du tableau :
    1. La plupart des entreprises en France sont des Grandes entreprises.
    2. En moyenne, ce sont les PME qui comptent le plus de salariés.
    3. Ce sont les Grandes entreprises qui réalisent la plus grande part du chiffre d’affaires des entreprises en France.
    4. En proportion de leur chiffre d’affaires total, ce sont les PME qui exportent le plus.
    5. En moyenne, les PME comptent un nombre de salariés proche de 250.
    6. Les micro-entreprises réalisent une part de la valeur ajoutée totale proche de celle des PME ou des ETI.​
Document 4 - La production d'une entreprise

Soit les entreprises suivantes :

  • Une boulangerie
  • Une agence bancaire
  • Une exploitation agricole de blé
  • Une compagnie de voyages
  1. Que produit chacune de ces entreprises ?
  2. Qu’est-ce qui est nécessaire à chacune de ces entreprises pour produire ?
  3. Reliez à chacun des termes la définition qui convient :

  1. Regroupez les éléments mis en avant à la question 2 dans la catégorie qui convient : facteur travail, facteur capital ou consommations intermédiaires.
Document 5 -

Vous êtes le gérant d'une pizzeria. Votre activité productive se décompose en deux :

  • la cuisine : vous avez trois cuisiniers qui préparent les pizzas et les cuisent. Chacun travaille sur un four.
  • la livraison : vous avez quatre livreurs qui disposent chacun d'un scooter pour livrer aux quatre coins de la ville.
  1. Quel est le facteur capital utilisé pour la cuisine ? Quel est le facteur travail utilisé pour cette activité ?
  2. Au forum international des producteurs de pizzas, vous vous rendez compte que vous pourriez réaliser les 150 pizzas que vous faites chaque jour en moyenne de différentes façons avec des fours de même valeur :

 

Quelle combinaison pouvez-vous tout de suite exclure ? Pourquoi ?

  1. Qu'est-ce qui déterminera votre choix entre les deux combinaisons restantes ?
  2. En quoi peut-on dire que le passage de la combinaison 1 à la combinaison 2 correspond à une substitution du capital au travail ?
  3. Peut-on réaliser le même type d'opérations avec l'activité de livraison ?
Document 6 -

Capital : A quand la fin des caisses ?

Notre objectif est de réduire l’attente en caisse. Pour cela, nous avons déjà mis en place des caisses automatiques pour les petits paniers, qui évitent aux gens d’attendre en leur permettant de scanner eux-mêmes les produits en caisse, éventuellement avec l’aide d’une hôtesse. Nous proposons aussi dans certains magasins le système Rapid Auchan pour les clients qui ont notre carte de fidélité. Avec un décodeur de code barre mis à leur disposition à l’entrée des magasins équipés, ils scannent les produits au fur et à mesure de leurs achats et n’ont plus qu’à payer à la sortie. On peut imaginer qu’un jour tous les produits seront équipés un jour d’une puce RFID qui permettra à la caisse d’afficher instantanément le prix total d’un caddy sans le vider comme à un télépéage d’autoroute. Pour l’instant, le coût est totalement prohibitif. Mais les nouvelles technologies vont avoir un impact majeur sur la manière de faire notre métier

Arnaud Mulliez :

Source : « De grands industriels veulent refaire leur marge et exagèrent en présentant des hausses de prix injustifiées », Interview d’Arnaud Mulliez président d’Auchan France par le site Internet Capital.fr, le 29/03/2010

  1. En quoi l'installation des caisses automatiques est-elle une substitution du capital au travail ? De manière générale, qu'est-ce qui semble déterminer la possibilité de substituer du capital au travail ?
  2. Recherchez ce qu'est la productivité. Comment peut-on mesurer la productivité d'une "hôtesse de caisse" ?
  3. Montrez que le système Rapid Auchan permet d'augmenter la productivité de ces hôtesses.
Document 7

Vous êtes le gérant d’un magasin et vous souhaitez réorganiser vos caisses. Vous pouvez opter pour l’une des 5 combinaisons productives suivantes pour réaliser un même chiffre d’affaires de 10 000 euros par semaine.

  1. Donnez une définition simple de productivité du travail.
  2. Calculez pour chaque combinaison la productivité moyenne de chacun des hôtes de caisse.
  3. Calculez pour chaque combinaison la productivité moyenne pour une heure de travail.
  4. Quelle combinaison semble la meilleure ?
Document 8

Dans la cuisine d’un restaurant kebab, sur un même matériel on établit le nombre de kebabs réalisés en une heure selon le nombre de salariés

  1. Calculez la productivité moyenne d’un salarié dans chacune des situations.
  2. On appelle productivité marginale du travail l’augmentation de la production apportée par chaque nouveau salarié. Calculez la productivité marginale de chacun des salariés.
  3. Comment évolue cette productivité ? Comment peut-on l’expliquer ?
Document 9

La "structure de coûts" d'une paire de Nike Air

 

Considérons ainsi une paire de Nike : le modèle Air Pegasus, qui coûte 70 $ aux États-Unis. La structure de coûts qui y conduit se présente ainsi. Le salaire tout d'abord du travailleur, plus probablement de la travailleuse est de 2,75 $ (...) Il faut également du cuir, du textile, des machines pour l'assembler, à quoi s'ajoutent également les coûts du transport et de douane. En ajoutant ces éléments, on arrive à un total qui s'élève à 16 $. (...) A ce coût matériel s'ajoute l'ensemble des dépenses que Nike va devoir entreprendre pour transformer cet objet physique en objet social, c'est-à-dire une basket que les gens auront envie d'acheter. (...) A ce stade, la moitié du coût total de la chaussure est expliquée. (...) Comment passe-t-on ensuite de 35 $ aux 70 $ qui sont facturés au consommateur ? C'est simple : il reste à payer toutes les dépenses nécessaires pour la mettre physiquement au pied du consommateur, c'est-à-dire toutes les dépenses de distribution.

Source : D. Cohen, Trois leçons sur la société post-industrielle, coll. "La république des Idées", Seuil, 2006

  1. Parmi les coûts de production présentés dans ce texte, quels sont ceux qui rémunèrent le travail ? Quels sont ceux qui rémunèrent le capital ? Quels sont ceux qui représentent l’achat des consommations intermédiaires ?
  2. Parmi ces coûts, quels sont ceux qui augmentent en fonction du nombre de paires de chaussures produites ? Quels sont ceux qui ne varient pas ?
Document 10

Les coûts dans l’entreprise

Supposons une entreprise produisant des chaussures de luxe. Elle vend une paire de ces chaussures pour 170 €.

Chaque jour, elle supporte des coûts fixes de 300 €. D'autres coûts varient en fonction des quantités produites de la façon suivante

  1. Donnez des exemples de coûts fixes et de coûts variables que peut supporter cette entreprise.
  2. Remplissez le tableau suivant :

  1. Représentez graphiquement le coût moyen et le coût marginal avec en abscisse les unités et en ordonnée les coûts en euros. Commencez à partir de la deuxième unité.
  2. A partir de quelle quantité le coût moyen commence-t-il à augmenter ?
  3. Que constate-t-on pour cette quantité ? Comment peut-on l’expliquer ?
Document 11

La détermination de la quantité produite

On reprend les données du document 10.

On suppose que l’entreprise vend une paire de chaussures 150 euros.

 

 

  1. Remplissez le tableau suivant

  1. Reportez sur le graphique du document 10 la recette marginale.
  2. Pourquoi l’entreprise ne doit-elle pas produire plus de 7 paires de chaussures si elle ne veut pas faire de pertes ?
  3. L’entreprise a-t-elle intérêt à produire moins de 7 paires de chaussures ?

Approfondissement

Faisons le point

Les entreprises : un monde diversifié

Quoi de commun entre la boulangerie dans laquelle vous achetez votre pain tous les jours, la SNCF et la géante multinationale Total ? Ce sont des entreprises, qui réalisent une production marchande de biens ou de services et cherchent donc à réaliser un profit, indispensable à leur survie et à leur développement. On peut distinguer les entreprises privées des entreprises publiques mais aussi les entreprises individuelles des sociétés. Parmi ces sociétés, on retrouve des entreprises aux modes de fonctionnement très variés (document 1).

On compte en France environ 3,4 millions d’entreprises (en prenant en compte les auto-entrepreneurs). Nous pouvons constater que c’est l’industrie qui compte en moyenne les plus grandes entreprises, que l’on prenne en compte comme critère pour mesurer la taille des entreprises leur chiffre d’affaires ou le nombre de salariés (document 2). La plupart des entreprises en France ne comptent aucun salarié (document 2) et sont des micro-entreprises (document 3). Ce sont toutefois les Grandes entreprises qui créent la plus grande part de la valeur ajoutée et qui exportent le plus. Les PME sont relativement petites et elles exportent peu, ce qui est souvent pointé comme une faiblesse de l’appareil productif français. A l’inverse, les Grandes entreprises sont très grandes puisqu’elles comptent en moyenne plus de 17000 salariés (document 3).

Le choix d’une combinaison productive

Malgré cette diversité, toutes les entreprises ont des principes de fonctionnement communs. Elles produisent toutes des biens ou des services et mobilisent pour ce faire des facteurs de production (travail : heures de travail mobilisées pour produire et capital : biens et services utilisés dans le processus de production sans être transformés) et des consommations intermédiaires (biens et services qui sont transformés ou détruits dans le processus de production). (document 4)

Le choix de la combinaison des facteurs de production est une décision importante pour l’entrepreneur. L’analyse économique utilise un modèle pour analyser ce choix. Ce modèle repose sur un certain nombre d’hypothèses parmi lesquelles : l’entreprise ne produit qu’un seul bien, elle cherche à maximiser son profit, toutes ses recettes proviennent de la vente de produits. Le choix de la combinaison productive est dépendant de la technique : les facteurs de production peuvent être complémentaires; on ne peut pas remplacer le travail par le capital ni l’inverse (ainsi, on ne peut pas augmenter le nombre de camions mobilisés pour le transport de marchandises pour diminuer le nombre de chauffeurs). Sinon, ils sont plus ou moins substituables (document 5). Cette substituabilité dépend en grande partie du progrès technique (document 6).

La mesure de la productivité des facteurs de production (le travail le plus souvent) permet d’évaluer l’efficacité de la combinaison productive. La productivité du travail peut se mesurer en volume (document 8) ou en valeur (document 7). On distingue également la productivité par tête : la production que réalise en moyenne un salarié et la productivité horaire : la production réalisée en moyenne en une heure de travail (document 7). En supposant la quantité de facteur travail fixe, on observe qu’au-delà d’un certain seuil la productivité marginale (productivité apportée par chaque nouvelle quantité) du travail est décroissante, c’est ce qu’on appelle la « loi des rendements décroissants » : l’augmentation de la quantité de travail mobilisée, à quantité de capital inchangée est source d’inefficacité. (document 8).

Le choix du volume de production

La question du choix de volume de production est très complexe pour l’entreprise. Elle est étudiée à l’aide d’un modèle qui permet de la simplifier et d’en comprendre les grands principes. Elle fait intervenir une comparaison entre les recettes et les coûts (ce qui représente le profit, dont on suppose que l’entreprise cherche à le maximiser).

Les coûts de production sont de deux natures : les coûts variables qui évoluent en fonction de la quantité produite (coût du travail, des consommations intermédiaires…) et les coûts fixes qui, eux restent inchangés (coûts de conception, de recherche et développement, de publicité…) (document 9). Les coûts fixes font que le coût moyen (coût par unité produite) est d’abord décroissant : ces coûts sont amortis sur les premières quantités produites. Au-delà d’un certain seuil, le coût moyen aura tendance à augmenter car les coûts variables deviennent, en proportion, plus importants

Cette augmentation se produit à partir du moment où le coût marginal devient supérieur au coût moyen : chaque nouvelle unité coûte plus que la moyenne, ce qui fait que cette moyenne augmente (document 10).

La détermination de la quantité produite dépend ensuite de la comparaison entre ces coûts et les recettes. Le profit total est la différence entre les recettes totales et le coût total. Le profit moyen est la différence entre les recettes moyennes et le coût moyen. L’entreprise est supposée être « preneuse de prix » : ce prix est celui fixé par le marché, il est constant. Elle produit la quantité telle que la recette marginale est égale au coût marginal : en dessous de cette quantité, la recette marginale est supérieure au coût marginal (qui est croissant) : produire davantage permet alors d’augmenter le profit total. Au-delà de cette quantité, la recette marginale est inférieure au coût marginal : chaque nouvelle quantité produite entraîne des pertes.

À lire

Site internet

http://www.apce.com/pid223/7-choisir-un-statut-juridique.html http://www.cndp.fr/stat-apprendre/insee/entreprises/qui/quiaccueil.htm

 

 

Livres et articles

P. Krugman, R. Wells, Microéconomie, de Boeck, 2009 M. Montoussé et I. Waquet, 100 fiches de micro et de macroéconomie , Bréal, 2009 B. Guerrien, La microéconomie. La pensée économique contemporaine 1 , Le Seuil, 2005

 

 

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