Blanche Segrestin : Climat, explorer de nouveaux mécanismes de solidarité (Sociétal)

La professeure à l’Ecole des Mines ParisTech propose d’explorer d’autres mécanismes, plus solidaires, que la taxe carbone, comme celui inspiré de la loi des avaries communes, la plus ancienne loi du commerce international. 

    SOCIETAL.- Une politique publique de lutte contre le réchauffement climatique peut-elle être efficace et équitable ?   

    Blanche SEGRESTIN.- La justice climatique est un sujet essentiel pour l’avenir de nos sociétés. De nombreux pays veulent limiter le réchauffement climatique. Mais cela suppose des mesures pour limiter effectivement le réchauffement (respecter les 2°C), tout en minimisant le coût de dépollution et en étant équitable. Ils ont retenu deux grandes méthodes. La première est la taxe carbone qui repose sur le principe le pollueur est le payeur. La seconde est la mise en place de quotas d’émission de CO2 et la création d’un marché des droits à polluer. 

    La taxe carbone et la méthode des quotas sont-elles inéquitables ? 

    La méthode des quotas permet de diminuer les coûts grâce à la mise en place d’un marché qui permet que la pollution soit réalisée là où son coût est minimal. Elle peut être efficace mais il est difficile de se prononcer sur son équité : cela dépend de la manière dont sont alloués les quotas. La taxe carbone repose quant à elle, sur un principe d’équité particulier : le pollueur paie. Mais elle ne prend en compte ni les contraintes de chacun, ni les pollutions passées. Elle est donc très contestée, comme en témoigne le mouvement des gilets jaunes en novembre 2018. 

    Source : Societal.fr